Dimanche : vélo dans la campagne chinoise

Samedi pluvieux, dimanche heureux !

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Dimanche, les prévisions météo étaient au top : entre sept et quatorze degrés et majoritairement ensoleillé, un temps idéal pour aller faire un petit tour de vélo ! Après un samedi trop calme, j’ai besoin de bouger. Comme il n’y a pas de quoi s’attarder sur une bouillie de riz et un œuf au petit-déjeuner, je pars louer un vélo à un hôtel juste à côté de l’école. Le choix du vélo, cette fois-ci, se fait sur critères de pneus bien gonflés et de chaîne qui a l’air de bien fonctionner : par conséquent, il est noir, mais il a un panier.

La région de Yangshuo offre de nombreuses possibilités pour les cyclistes, parfaites alternatives à ma sortie hivernale habituelle à … Claye Souilly. Jusqu’à présent, je n’en ai pas encore bien profité : tout début août sous le cagnard, David m’avais motivée pour aller visiter une plantation de thé dans les collines à une quinzaine de kilomètres de Yangshuo. Et depuis, le week-end, soit j’avais prévu autre chose, soit la météo n’avait pas été au beau fixe et ce n’est pas évident de se motiver pour aller faire du vélo quand il pleut ou risque de pleuvoir. Comme David s’était pété l’épaule et déchiré la main en allant à Xingping, une autre destination est préférable : le circuit « villages » et le circuit « Yulong », avec quelques pauses photos.

C’est en quittant Yangshuo que je réalise que la ville n’est pas si petite que ça : six kilomètres pour la traverser et en sortir. De ce côté-ci, c’est beaucoup moins tranquille qu’en direction de la plantation de thé : on est accompagné par les klaxons plutôt que par les locaux en scooter qui saluent presque systématiquement d’un « hello ». Lors de mes joggings dans la campagne derrière l’école de taichi, je suis à chaque fois émerveillée par la sympathie des gens qui disent bonjour avec le sourire et un signe de la main. Le retour dans le métro ne va pas être évident. Quand après une douzaine de kilomètres sur cette route avec de la circulation, j’en vois une plus petite, je n’hésite pas bien longtemps et atteins le village de Liugong, au bord de rivière, avec son temple et ses quelques radeaux en bambous.

Ici les gens ont l’habitude de voir passer les touristes, comme c’est le cas d’Aline, qui parle un bon anglais et quelques mots de français (et aussi d’allemand, de néerlandais…) et qui est toute contente que quelqu’un s’arrête sur la terrasse de son restaurant en cette saison. Après un petit ravitaillement (boisson aux plantes sucrée et quelques biscuits maison rempli de pâte de sésame noir pas très diététiques car frits), je fais demi-tour pour rejoindre l’itinéraire. Liugong est un cul de sac et la seule autre option est de prendre un radeau pour rentrer. Heureusement que l’itinéraire n’est pas uniquement de la grand route et qu’il faut bifurquer sur une plus petite, qui serpente à travers les collines, les champs et les villages.

On ne voit pas beaucoup d’adultes dans les villages. On voit les adultes dans les voitures et sur les scooters. Dans les villages, on voit des enfants et des vieux, beaucoup de petits vieux qui s’affairent à des tâches diverses et variées : travail agricole, construction de maison, réparation de route, transport de légumes ou marchandises dans deux paniers équilibrés de chaque côté d’une planche de bois portée sur l’épaule, garde d’enfants, tricot, jeux de cartes, vente de légumes… D’autres sont tout simplement assis sur leur mini tabouret en bois au bord de la route. Les petits vieux portent leurs paniers, parfois un chapeau chinois, des vêtements simples d’une autre époque et le poids des années sur leur visage… ils paraisent tous un peu tristes, même quand ils sourient, et ont l’air tellement gentils !

En approchant de Moon Hill, je retrouve une ambiance plus touristique où il est impossible de prendre une photo tranquille sans se retrouver avec une dizaine de chinois qui veulent tous que je pose avec eux. Bon, je suis sympa et en profite pour prendre quelques clichés de chinois qui posent… Enfin, j’arrive au pied de Moon Hill et fais une « pause » du vélo en allant au sommet d’où la vue sur les environs est magnifique. Tous ces escaliers sont un bon entraînement pour ce qui m’attends aux montagnes jaunes mais la descente n’est pas idéale pour les genoux !

J’hésite à faire un stop aux autres attractions touristiques du coin (des grottes notamment), mais j’ai un peu la flemme et me rappelle l’objectif de la journée : faire du vélo et travailler un peu l’endurance. La pause déjeuner sera rapide et constituée de tofu, d’une patate douce violette et d’un truc au riz gluant achetés à une dame au bord de la route. Les barquettes de fraises (oui oui, des fraises fin décembre) sont aussi pesticidées qu’elles sont tentantes, dommage. Au cas où cela vous aurait échappé, je suis vraiment à la campagne : le Guangxi est une région agricole, en particulier dans les environs de Guilin où poussent riz, légumes, cacahuettes, agrumes… La première partie de la balade à vélo se fait essentiellement à travers champs et la deuxième sera le long de la rivière Yulong (dragon) jusqu’à un point où je fais une nouvelle pause pour aller voir les radeaux : la plupart sont vides mais les beaux dimanches d’été, cela doit être un sacré cirque.

De retour à Yangshuo après une bonne cinquantaine de kilomètres, je fais une pause massage afin d’être au top pour l’entraînement du lendemain. J’adore tellement ce centre de massage que ailleurs, ce n’est jamais aussi bien. Comme j’ai un peu de temps, je prends l’option 1h30 : une heure de massage traditionnel « corps » et trente minutes « pieds ». Et j’ai de la chance : c’est ma masseuse préférée, celle qui appuie comme une tarée et qui fait bien circuler l’énergie. La dernière fois, j’avais eu un gars qui n’y allait pas très fort et n’arrêtait pas de me demander « are you ok ? », j’avais été un peu déçue. Plus que quelques kilomètres pour rejoindre Shibanqiao, dîner, prendre une douche chaude et retrouver ma couverture chauffante dès dix-neuf heures, épuisée après cette belle journée  !

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Publié dans Chine, vélo, Yangshuo | 1 commentaire

Départ de (#3) et arrivée à (#4) Yangshuo (#automne-hiver)

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Hum, attention long article : il fait un temps pourri, j’ai besoin de repos (oups, pardon), je n’ai quasi pas quitté ma couverture chauffante de la journée, je culpabilise à lire au lieu de donner des nouvelles alors j’ai passé l’après-midi sur l’ordinateur à écrire ma vie.com.

Comme d’habitude, les quelques photos sont sur Flickr.

Petit flashback avant la fin de l’année sur mes derniers jours à Yangshuo avant mon départ pour Singapour.

Au niveau de l’entraînement, au bout de deux semaines et demi, j’en ai vraiment eu marre. Après le sabre, ils ont commencé à vouloir m’apprendre la lao jia er lu (deuxième forme ancienne). Alors, c’est sûr que c’est très joli quand c’est bien fait, que j’aime bien car c’est hyper dynamique, qu’il y a des balayages, des fajin… mais ça allait beaucoup trop vite pour moi (tout le monde connaissait déjà la forme et je devais l’apprendre) et surtout j’estime que je ne suis pas encore prête à apprendre ça : j’ai encore tellement de choses à améliorer sur la lao ji yi lu ! En outre, j’avais de plus en plus mal aux genoux : je ne pouvais même plus aller courir, je boitais et devais prendre des anti-inflammatoires pour pouvoir m’entraîner et ça m’énervait d’en arriver là en faisant du taichi quoi !! J’aurais bien aimé m’entraîner davantage pour avoir des courbatures, mais non, j’avais juste mal aux genoux au point où ma priorité n’était plus d’essayer de faire les mouvements au mieux mais d’essayer de les faire en évitant la douleur. Je prenais sur moi (j’essaie d’apprendre à ne plus faire ma chochotte ahah) jusqu’au moment où, hyper fatiguée par la concentration nécessaire à l’apprentissage des nouvelles formes et par le mal de genoux, je me suis énervée un peu. Quand A Wei me dit calmement en souriant open the knee, c’était juste la fois de trop, et j’ai répondu beaucoup moins calmement et sans sourire dans mon chinois tout pourri zheli, bu neng kai xi, weishenme ha ?! Tai kuai, tai nan, yi ge ren xun lian, de man man. Et je suis allée m’entraîner un peu toute seule, à mon rythme, avant d’aller m’excuser gentiment.

Le week-end je n’avais pas fait ma grande pause de deux jours sans taichi en m’entraînant quelques heures un matin : tout un groupe de pratiquants de Shenzhen sont arrivés le vendredi avec leur maître pour un week-end taichi ici, un peu comme on va à Dinard / Houlgate pour nos week-ends kung fu. Ils ont bien animé l’école et certains n’arrêtaient pas de fumer (je n’ai plus l’habitude d’être entourée de fumeurs !), ils étaient tous très très gentils, fort sympathiques et ont tout fait pour m’intégrer au mieux à leur week-end, c’était parfois limite gênant… Certains parlent pas mal anglais donc je pouvais communiquer un peu, l’un d’eux connaît trois mot de français qu’il n’arrêtait pas de répéter et celui qui était le plus fan de moi (ah oui, je n’ai jamais autant entendu que j’étais hen piaoliang et que je portais très bien mon nom ai meili – hum, c’était embarrassant) ne connaît que le mandarin et le cantonais et parlait au google traduction du téléphone qui ne faisait pas forcément du bon boulot. Après le repas, ça a failli finir en catastrophe : ils ont sorti les bouteilles de « bon » alcool de riz. J’ai poliment décliné le petit verre comme je l’avais appris dans le Assimil wo bu hui he jiu mais ça n’a pas marché. A Wei m’a sauvé en leur expliquant un truc que je n’ai pas compris et ensuite c’est limite si leur maître, master Chen, me laissait tremper les lèvres dans le quart de petit verre qui m’avait été servi. Ensuite, quand ils ont commencé à être bourrés, on a fait toute une série de photos avant qu’ils ne fassent quelques tours de magie avec des cartes (c’était marrant) puis s’en aillent boire des coups en ville. Là encore j’ai poliment décliné l’invitation en expliquant que si je sortais le soir, je n’allais pas pouvoir m’entraîner avec eux le lendemain matin à sept heures. Après cette soirée, je me suis retrouvée avec des nouveaux potes sur wechat et un nombre incroyable de messages et de photos, des cartes de visites, des timbres collector de radio Beijing, et une magnifique tenue de taichi jaune pâle pour m’entraîner avec eux le lendemain matin.

Pendant le week-end, je devais aussi revoir « le relou du bus » du retour de Guilin après la journée piscine et shopping. Globalement la Chine c’est tranquille, mais il y a de relous des bus partout et quand on n’a pas d’impératif, on peut essayer d’être sympa (hum). Il devait venir me chercher à l’école pour me faire visiter son village et puis comme il avait plus d’une heure de retard, je lui dis que je vais me promener et que je le retrouve en ville. Ensuite il essaie d’appeler mais si j’arrive à écrire de textos et à parfois comprendre ce qu’on me dit, je suis incapable d’avoir une conversation téléphonique en chinois !!! Bref, si je ne le retrouve pas en ville, c’est pas grave, j’éteins mon portable et fais « le grand tour » pour rentrer à l’école de taichi en prenant tout mon temps, prête à passer une journée « tranquille ». Et c’est là qu’il m’attendait et que tout le monde était content de me voir arriver : Aimeili, nide pengyou !, oups. Alors mon jeune ami est très très gentil mais juste hyper fatiguant : j’ai du mal à comprendre ce qu’il raconte, il est beaucoup trop content de passer la journée avec moi, il faut poser pour des photos tout le temps, et pire que tout on n’a pas la même notion d’espace vital et il empiète un peu trop sur le mien à mon goût. Sa copine qui a une Mercedes n’était pas dispo alors on se retrouve à prendre un petit bus, puis son petit scooter un peu pourri, on s’arrête au marché, puis manger un bout de canne à sucre au bord de la route. Normalement je n’ai pas peur en deux roues mais là c’était limite : il allait à fond sur une grande route et ensuite la petite route était assez longue, pas goudronnée avec des trous partout. Je me retrouve finalement en rase campagne à faire la connaissance de la famille dont tous les membres sont aussi adorables que mon pote est bizarre ! La petite sœur parle un peu anglais, on va se promener dans les plantations de youzi et de clémentines, finalement c’était chouette. Enfin, il tient à me raccompagner jusqu’à l’école de taichi : je lui dis que me déposer à l’arrêt du bus sur la grand route c’est parfait mais il ne me laisse pas le choix… et il n’arrêtera pas de m’envoyer beaucoup trop de messages auxquels je ne réponds plus car il y en a beaucoup trop et que ce type est quand même un peu étrange.

Fin du flashback.

Pour ma quatrième arrivée à l’école de taichi depuis le mois de juillet, je voulais rentrer en avion (maintenant qu’il y a des cars directs pour Yangshuo de l’aéroport de Guilin, c’est quand même pas mal) et puis de Hong Kong c’était hyper cher, il aurait fallu aller à Guangzhou… et puis voyager en avion en Chine, c’est parfois dangereux.

Alors je me dis que je vais reprendre un car à la frontière. Sauf qu’il est impossible d’acheter un billet de car à Hong Kong, il faut aller à Shenzhen et je n’ai pas envie de me galérer le jour même alors j’achète un billet de train. Ça fait plus de quatre ans que je n’ai pas pris le train en Chine, l’occasion se présente enfin ! Je réserve une couchette dure, en haut. Les couchettes du haut sont les moins chères, mais moi c’est celles que je préfère : je suis tranquille dans mon petit espace pour écrire les nouvelles de Hong Kong. Et sur la couchette du dessus, si j’ai les pieds qui dépassent un peu, les locaux passent dessous sans s’en rendre compte et enfin je peux accéder à mon sac facilement : le rack à bagages est juste en face de l’autre côté du couloir. On est six dans le compartiment, c’est propre, il y a draps, une couette et un oreiller et les couchettes dures sont de toute façon moins dures que les lits de l’école de taichi. Et aïe aïe aïe je n’ai pas eu le temps de m’étirer après mes trois heures d’exercice le matin, je suis contente d’avoir un peu mal aux cuisses et vais passer une bonne nuit.

Après le réveil à Guilin, je prends le car pour Yangshuo : j’arrive à la gare routière juste avant le lever du jour, il fait froid mais j’ai le temps alors je vais aller à l’école à pieds, trois quarts d’heure de marche (rapide) avec quelques arrêts. Et j’aime bien l’idée de finir le voyage à pieds, avec sac à dos, pour étudier les arts martiaux, ça fait un peu warrior ahahah. Au lever du jour avec les quelques brumes, c’était juste super beau ! Bien sûr à cette heure-là tout le monde dort, l’école est fermée et je me retrouve à sauter par dessus la muraille (le portail avec les pics dessus, je ne m’y risquerais pas …) pour aller attendre sur le banc devant l’entrée et ajouter quelques épaisseurs de vêtements.

Je réalise que maintenant je « rentre » à l’école de taichi avec la même facilité que je rentrerais chez moi à Paris, ou à Thonon : arrivée en bateau, en avion + taxi, en avion + car, en train + car, en bus de nuit… Au total, c’est déjà la cinquième fois que je viens ici, et j’y arrive toujours d’une manière différente. C’est fou de me dire que je suis allée aussi souvent dans ce bled de Shibanqiao, Guangxi ! En plus de ma Savoie natale (et la Suisse voisine) et de mon Paris d’adoption, je crois m’être rendue plus de fois à Londres, Lille et Barcelone qu’à Shibanqiao, Guangxi, qui égale désormais Berlin ou Stockholm en nombre de visites. J’allais voir mes amis en Europe, maintenant je vais voir mes amis chinois 🙂

Quand j’ai vu que j’étais la seule élève, j’ai eu un moment de panique à l’idée de ne pas être tranquille une seule seconde. Et puis la clé de A Wei ne marchait pas donc je ne suis pas allée m’installer tout de suite, et Master Fu s’est levé tard à cause du jetlag causé par son retour d’Europe… pas de cours le matin. Je retrouve donc la même chambre que la dernière fois, sans la télé mais avec deux couettes cette fois-ci : super, le matelas sera moins dur et je n’aurai pas froid. Je récupère mes affaires et me réinstalle : je réalise que c’est dingue tout le bazar que j’ai réussi à accumuler. Déjà huit paires de pompes et Roselyne m’a gentiment rapatrié les grosses chaussures de rando à Paris… Je résisterai donc à la tentation d’acheter des chaussons de taichi avec de la moumoute dedans ! L’après-midi, je devais aller me faire enregistrer à la police et comme j’ai fait une sieste et que j’ai oublié de démarrer le minuteur du portable, j’ai raté l’heure de départ pour la police et l’heure du cours. Tant mieux, en fait : quatre jours d’entraînement ça suffira pour la première semaine.

Cette fois, c’est Master Fu qui m’emmène m’enregistrer à la police, en voiture car il fait hyper froid. En route, il me demande comment je suis arrivée cette fois-ci et me fait un point sur le désenclavement de la région : à partir du 26 décembre (super cadeau de Noël), un TGV relie Xingping (situé une demi-heure de Yangshuo en car) à Guangzhou en 2h30 et à Shenzen Luo Hu (gare à la frontière avec Hong Kong) en 3h. Et voilà, un nouveau moyen d’accès ! Les cars directs de l’aéroport (où un nouveau terminal serait également en construction) étaient déjà un énorme progrès. Avec un tel désenclavement, les copains et copines qui vont en déplacement à Guangzhou, Shenzhen ou Hong Kong n’ont plus d’excuse pour ne pas venir passer un week-end : j’y serai à nouveau début avril, et peut-être dès le mois de mars.  Maintenant il va y avoir encore plus de touristes avec les beaux jours. En hiver, il n’y a quasi personne et les brumes donnent un aspect féérique aux collines, c’est beau, c’est calme, j’aime bien.

Autour de l’école, c’est un peu moins calme car ils construisent toujours des immeubles, c’est hallucinant ! Lao Wu m’explique que ce sont des hôtels et des habitations pour les gens de Beijing qui fuient la pollution urbaine, ça fait peur. Mais on se réveille quand même le matin avec le chant des oiseaux. Pendant les cours c’est plus calme qu’avant car le bébé n’est plus là, je l’aimais bien le bébé mais il faut admettre qu’on s’entraîne un peu plus sérieusement quand on ne l’a pas dans les pattes.

Le mardi, Leon est revenu à l’entraînement : chouette, nous sommes deux élèves et la copine de Master Fu s’entraîne un peu avec nous ! Au niveau de l’apprentissage du taichi, la première semaine a été parfaite. On a revu lao jia yi lu en détails, en corrigeant tout ce qui n’allait pas. Et je ne veux plus me limiter à la moitié de ce qu’A Wei raconte et ai décidé de poser des questions (résolution de fin d’année!). Leon traduit gentiment quand un détail m’échappe ou que j’ai une question précise : au kung fu en France je suis un peu relou à toujours poser des questions (souvent stupides) tout le temps car je ne comprends pas les choses du premier coup et j’ai besoin qu’on m’explique. Je vais donc faire pareil ici maintenant que le vocabulaire est un peu moins problématique et qu’à chaque fois que je ne comprends pas un mot, j’interromps pour demander shenme yisi. Au bout de trois jours j’ai à nouveau mal aux genoux (qui grincent) et je le dis avant que ça empire afin de pouvoir faire ce qu’il faut pour corriger ça : je dois désormais concentrer mon énergie dans les pieds, fermer un peu plus les pieds, ne pas ouvrir trop les genoux quand il ne faut pas, aligner la colonne vertébrale et relâcher le bassin. On va voir ce que ça donne.

A mon retour, Sasaki (la femme de Leon) est déjà partie au Népal à Bhaktapur pour apprendre à peindre des tankas et Leon est resté ici pour s’entraîner au taichi. J’avais fait leur connaissance ici à mon retour du Cambodge et ils sont juste trop cools, hyper ouverts d’esprit et, chose rare en Chine, végétariens ! Leon a un parcours hyper atypique, encore plus que le mien je crois. A dix-huit ans, il quitte la Chine pour la première fois de sa vie pour aller étudier l’informatique pendant cinq ans à Birmingham, UK. Evidemment, avant de partir, il ne parlait quasi pas anglais mais la langue de Shakespeare n’a désormais plus de secret pour lui (et c’est bien pratique) et il a des relents d’accent britannique comme on ne les entend en général pas dans la bouche des chinois, j’adore ! En Angleterre, il bossait dans des restos et une fois ses études terminées, il est devenu chef : il s’est formé auprès d’un chef coréen et a ouvert un restaurant coréen végétarien à Yangshuo. Il a ensuite découvert l’école de taichi mais ne pouvait pas venir s’y entraîner à cause de son restaurant : il l’a donc vendu pour apprendre le taichi, et espère devenir coach / prof un jour. J’ai l’impression qu’en France c’est tellement compliqué de « faire autre chose » et finalement ici, si l’on prend l’exemple de Leon, tellement simple. Leon est super motivé et après les cours et avant le repas, on en profite pour s’entraîner un peu à la boxe : ça fait du bien et ça réchauffe. Malheureusement, quelques jours avant Noël, le grand père de Leon est décédé des suites d’un cancer et il est donc allé passer deux semaines dans sa famille à Nanning (capitale du Guangxi, au sud de la région). Leon est vraiment un chouette type et en cette période de fêtes, je suis super triste pour lui. On se reverra en mars ou avril.

En tant que chef, Leon était un super compagnon de cuisine : je voulais la squatter un samedi après-midi pour cuisiner indien, et Leon m’a été d’une grande aide. On a été faire le marché pour faire dal + aloo gobi + curry de légumes + raita + chapatis. J’ai laissé tomber l’idée de chercher du hing et du ghee mais on n’a pas trouvé de farine de blé complète ni de lentilles : il y avait une sorte de haricot qui ressemblait et ça a bien fait l’affaire. La cuisine de l’école de taichi est hyper spacieuse, c’est trop bien. En revanche il y fait un peu froid mais cuisiner ça réchauffe. Et j’ai eu envie de faire le ménage à fond mais je ne suis pas chez moi alors je me suis contentée du plan de travail et de l’intérieur des casseroles et poêles. Heureusement que Leon a participé à cette aventure culinaire, c’était hyper rassurant : car pour nourrir des chinois uniquement avec des plats aux saveurs inhabituelles pour eux (Lao Zhang, le cuisto, n’était pas là en back-up), la pression est énorme et on a fait attention de ne pas y aller trop fort sur les épices. Ceci dit, ils ont grillé un peu de viande au barbecue car il leur faut de la viande à tous les repas… Finalement à part le fils de Master Fu qui a trouvé la raita dégueulasse et A Wei qui a trouvé le curry un peu trop épicé, tout le monde a adoré et quand Master Fu goûte le dal et s’exclame « oh, good », j’ai su que c’était gagné. La dernière fois que Master Fu m’avait dit « oh, good ! » c’était sur mon écart une seconde avant que je me torde la hanche, mais cette fois-ci aucune catastrophe n’a suivi. Ouf. Ce dal sans hing avec de l’huile à la place du ghee et la sorte de mini haricots à la place des lentilles était le meilleur que j’ai jamais cuisiné : parfait. J’étais super déçue par l’aloo gobi un peu liquide et trop cuit et par le curry trop épicé pour eux, mais comme c’était la première fois que mes amis chinois mangeaient indien, pour eux ça allait aussi. Je crois que ce qu’ils ont préféré, ce sont les chapatis, ces petits pains souples avec lesquels on mange. Mais bon, comme on est en Chine, on a mangé indien dans les petits bols avec des baguettes ! Avec Leon, on avait prévu de faire un repas coréen et un repas français le week-end suivant, mais ce sera pour la prochaine fois…

Au niveau culinaire, ici le mois de décembre c’est la saison de la charcuterie. Comme chaque année au tout début de l’hiver, Sisi, une amie de Master Fu est venue de Guilin pour faire les saucissons et le bacon, et pratiquer intensivement son taichi. Master Fu & co sont originaires du sud de la province où il n’y a pas cette tradition culinaire car il y fait trop chaud, même en hiver. Je n’ai pas suivi toute la méthode de fabrication mais en gros ils font macérer le porc dans de la sauce soja et d’autres trucs, le pendent au soleil pendant la journée et le mettre à l’abri le soir. S’il y a des mouches qui s’approchent, Master Fu les butte à la raquette électrique. La préparation de la charcuterie a mis un peu d’animation à l’école et Sisi est vraiment hyper sympa et parle bien anglais car elle travaille dans l’adoption des petits orphelins chinois par des étrangers. Peut-être que c’est grâce à elle que ma petite cousine Louise est arrivée en France !

Le bulletin météo. En rentrant à Yangshuo au mois de novembre, l’impression de chaleur (contraste avec le Tibet) n’a pas duré très longtemps : il faisait froid et humide, avec peu de soleil, le genre de climat qui empêche les vêtements de sécher et qui met facilement un coup au moral : un véritable mois de novembre… Au delà de l’inconfort général, il n’était pas toujours facile de s’entraîner dehors dans ces conditions, « à froid » avec les muscles qui ne chauffent pas ou qui refroidissent très très vite : bien pire que les fois où je me plains de la fenêtre ouverte au kung fu. L’idée d’aller à Singapour bientôt me remonte le moral… Quelques jours avant mon départ, le temps s’est amélioré et on a eu quelques belles journées, où il était agréable de s’entraîner ou de se promener et je n’ai même pas eu besoin de ma couverture chauffante quand elle a été livrée ! Pour la petite blague, en cadeau pour mon achat, j’ai reçu avec une sorte de lampe pour éclairer les oreilles avec différents types d’embouts, super made in China.

Au retour, j’ai fait le plein de chaleur à Singapour, j’ai eu ma semaine de transition à Hong Kong et je m’apprête à affronter les températures extrêmes de l’hiver dans le Guangxi : j’exagère à peine tellement je m’attends au pire. En arrivant au lever du jour, clairement, il fait froid, et je n’ai pas mes gants. De même la nuit : parfois il gèle et c’est givré le matin. Je ne pense pas que ce soit pire qu’en France mais rappelle qu’on est dehors la plupart de temps : pour l’entraînement, pour prendre les repas (c’est abrité mais c’est dehors quand même), pour faire sa lessive et étendre le linge, internet marche bien au rez-de-chaussée (c’est-à-dire presque dehors, au courant d’air)… Ici le chauffage n’est pas le point fort : ils auraient pu construire une cheminée pour chauffer la grande pièce mais au lieu de cela en début de soirée ils font un feu dehors et en profitent pour faire cuire de la viande au barbecue. Je ne suis pas super fan, de la viande au barbecue d’une part, et du concept du feu de l’autre : on a chaud devant, froid dans le dos, et on sent la fumée. Par conséquent, je préfère passer mes soirées avec ma couverture chauffante et fais un peu mon associale. Je n’ai quasiment pas utilisé la clim en été mais là je mets un peu de vent chaud tous les soirs : ce n’est pas très efficace car les chambres sont grandes et hautes sous plafond. Et la salle de bain, dès qu’on arrête l’eau chaude, ça caille ! Mais au moins, voyons le bon côté des choses, contrairement à Singapour où il n’y avait pas d’eau froide, ici je peux terminer ma douche à l’eau glacée.

Heureusement pendant une dizaine de jours j’ai eu un bol monstrueux pour le mois de décembre : froid sec, ciel bleu (pas autant qu’au Tibet mais c’est déjà bien), soleil, températures qui montent en journée, vêtements qui sèchent et c’est SUPER AGREABLE de s’entraîner au soleil le matin ! Paraît-il que c’est aussi exceptionnel que l’absence de neige en station à cette période de l’année… je n’envisage donc pas d’aller passer tous mes Noëls dans le Guangxi. Ici, il ne neige jamais : A Wei n’a jamais vu la neige et Lao Wu a adoré la Slovénie pour la neige. En effet, cet automne, Lao Wu et Moyu ont accompagné Master Fu pour enseigner en Europe : Slovénie, Italie, Allemagne… et j’ai pu suivre leur périple sur WeChat. J’adore quand ils me parlent de la gastronomie italienne et comment ça faisait rire les locaux quand ils commandaient des « noodles » au resto… Depuis Noël, la météo s’est détériorée (retour du froid et humide) et je suis un peu nostalgique de l’Italie 🙂

Arrive Noël et ils sont tellement gentils qu’ils m’ont fait des cadeaux : Master Fu m’a dédicacé un petit calendrier souvenir de Rome et sa copine m’a trouvé des belles mitaines pour quand je fais de l’ordinateur au rez-de-chaussée ! Quand ils m’ont offert ça le soir, j’étais hyper touchée et au bord des larmes : trop d’émotion… En début de journée, le moral était comme la météo, pas au super fixe : pas de cours, une patate douce violette et un nougat chinois à la place d’une part de bûche… Comme je ne me laisse pas démolir, le matin je suis restée au chaud pour lire un peu et terminer mes cours en ligne de plongée. L’après-midi, vu que Roger (mon prof de kung fu) m’a envoyé un message, je vois ça comme un rappel d’entraînement (ahah) et je vais me bouger histoire de transpirer pendant deux bonnes heures en écoutant de la musique qui donne la patate : un petit jogging de six kilomètres (le dimanche j’avais déjà couru quasi quinze bornes) histoire de mettre la machine en route puis j’étais chaude pour boxer dans la tour de frappe qu’ils ont réparée en la fixant à nouveau au sol, avant de terminer par des ji ben gong de kung fu. Ce serait quand même dommage de rentrer en France en ne sachant plus donner un coup de poing ou un coup de pied, car là-bas on va encore m’attaquer pour me voler mon portable ou mon sac à main, pfffff… Juste au moment où j’avais trop la pêche, il était déjà 18 heures et l’heure du dîner. Et après une bonne douche chaude, j’ai passé toute la soirée sur Skype avec mes parents. C’était pas gagné, mais avec en plus les messages des amis qui m’ont fait trop plaisir (merci !), finalement j’ai passé un super Noël !

Au niveau de la météo, il paraît que le pire est à venir : pour nouvel an en février. Mon visa va expirer et comme il n’y a pas assez d’inscrits dans ce circuit aux Philippines que je devais peut-être accompagner, je prévois donc une suite pour 2015. Amélie (cf. Hong Kong) m’avait dit qu’elle voudrait aller aux montagnes jaunes : ça fait des années que j’ai aussi ça en tête et ce n’est toujours pas fait car j’essaie de profiter un max de mon visa pour étudier le taichi. Je n’aurais sans doute pas choisi le mois de janvier pour y aller mais comme les dates tombent aussi bien pour elle que pour moi et que c’est quand même plus sympa de voyager à plusieurs, c’est l’occasion ou jamais ! Et en janvier en semaine, on devrait être tranquille là haut. Ensuite, comme je trouve que les chocs thermiques c’est assez marrant (j’ai déjà passé deux étés et deux hivers), j’abandonnerai mon vieux pull en laine à col roulé adoré, une polaire, gants et bonnet pour partir… en Indonésie !

En fait, contrairement à ce que certains pourraient penser, je ne suis pas du tout aventurière… petite explication : voyager et changer d’endroit tout le temps toute seule, je n’aime pas ça, clairement. Une semaine, c’est bien. Au-delà, c’est trop. C’est sûr qu’on est jamais tout seul, qu’on rencontre plein de gens super (c’est le cas jusqu’à présent), que je me fais des potes plutôt facilement… ça va un moment mais des potes et des amis, j’en ai assez, je n’en veux pas plus ! Je n’aime pas voyager et faire des visites toute seule mais si je reste un bon moment au même endroit pour me balader ou faire des activités et apprendre des nouvelles choses, j’aime bien. Après le taichi, je vais donc (enfin) apprendre la plongée !! Les similitudes sont nombreuses : on bouge lentement, on travaille la respiration, il y a six sections dans mes cours en ligne comme il y a six sections dans la lao jia yi lu. J’espère que ça va bien se passer car il y a quand même un gros challenge sur la partie technique avec tout le matériel d’une part et comprendre la pression (oulala …), et ça doit avoir un côté un peu angoissant, mais avec tout le taichi que je vais continuer à faire sur la plage, je devrais pouvoir gérer ça.

Bref, mi-janvier, sur les recommandations de Audrey, Malvina et Séb P,  je vais aller passer mon niveau 1 , dans un petit paradis près de Sulawesi : aux îles Togian. Et comme il va me falloir quatre jours pour y aller, je compte y rester deux semaines afin de faire des plongées, du taichi (j’ai commencé un petit carnet pour noter tout ce que je fais mal histoire de m’entraîner à m’entraîner toute seule au mieux), de lire, de nager, de travailler mon chinois et de déconnecter (lol) car il n’y aura pas internet. Ensuite direction le nord-est de Sulawesi pour randonnées dans le coin et plongées à Bunaken. Après, on verra : peut-être Philippines et sûrement Thaïlande pour voir des copines en vacances, et continuer la plongée si ça me plaît. En mars, j’aurai peut-être un boulot d’accompagnement, et sinon je rentrerai une dernière fois à l’école de taichi avant de quitter l’Asie mi-avril.

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圣诞节快乐

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Noël en Chine, c’est un peu comme Halloween en France : ça existe, mais on ne sait pas trop ce que c’est. La traduction en mot à mot c’est : Saint Naissance Festival, l’idée est là.

À Singapour, Macau et même Hong Kong, Noël c’était à tous les coins de rue. Mais Noël dans une petite ville chinoise, c’est surtout dans les magasins. Voilà ce que j’ai réussi à trouver à Yangshuo, Guangxi : un mini sapin de Noël, un père Noël et un sapin, et un sapin avec bonnet de père Noël.

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Noël en Chine, ça donne du travail aux gens.

Il y a aussi des chansons de Noël, avec un refrain en anglais, car Noël c’est exotique.

Mes amis chinois y pensent et envoient ce genre de messages sur WeChat

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Au taichi, à défaut de dinde, il y a eu un poulet entier au menu du réveillon (rappel : en cuisine chinoise, on coupe tout en petits morceaux afin que ce soit facile à manger avec les baguettes)

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Ils m’ont posé quelques questions sur le sujet, j’ai dit entre autres que c’était un jour férié et Lao Wu m’a dit hier soir, croyant me faire plaisir « Emilie, tomorrow holiday, no class ! ». J’ai envisagé d’aller faire du vélo, mais c’est le premier jour où il n’y a pas de soleil alors je verrai cet après-midi.

Pourtant, quand je suis revenue à l’école de Master Fu il y a une dizaine de jours, c’était un peu Noël avant l’heure (ou pas). Chen Xiansheng (aka le professeur de badminton à la Mercedes) avait acheté des trucs : un écran plat qui trône posé à plat sur la grande table (?!) et un tapis pour courir (ou faire du taichi) qui n’est pas branché, et dehors (?!). Et nouveauté culinaire : à Noël dans le sud de la Chine, c’est la saison où l’on fait la charcuterie (saucisson et bacon). Tout cela ne me touche pas beaucoup étant donné que je n’ai pas la télé, que je n’aime pas courir sur un tapis (sauf si pas le choix), et que je suis végétarienne.

Je vous souhaite à tous un bon Noël, ainsi qu’un bon anniversaire à mon fidèle lecteur Jean-Luc 🙂

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Une belle journée à Macau

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En images, c’est par là.

Prolonger mon séjour à Hong Kong a été l’occasion d’aller passer une journée à Macau, et j’ai choisi le samedi, pour faire comme tous les Chinois, car c’est plus marrant, ou pas. Macau est à environ une heure de ferry de Hong Kong : je suis partie par le bateau de 8 heures et ai pris mon billet retour sur le bateau de 18h30. Prendre le ferry pour aller à Macau, c’est un peu comme prendre l’avion : on a notre ticket, on va vers sa porte d’embarquement, on nous attribue un siège, on passe des douanes… Grâce à Macau, je pense avoir battu mon record de passages de « frontières » en à peine plus de deux semaines : six au total. Ce qui ne fait pas l’affaire de mon vieux passeport qui s’abîme de plus en plus depuis qu’il s’est pris la mousson l’an dernier juste avant d’être maltraité à l’aéroport de Delhi alors qu’il était encore trempé. En arrivant à Macau, ça a pris une demi-heure pour que le gars du contrôle me laisse passer (autre record battu). Dans ce genre de situation, je ne dis rien, affiche un sourire de cruche, ils ne me posent jamais de question et ça finit par passer : c’est juste long et les gens qui sont derrière moi doivent me maudire avant de changer de file.

Après avoir débarqué, tous les chinois vont rejoindre leur bus car ils ont booké un package tour. Les environs de l’arrivée du ferry sont assez affreux et comme je n’ai pas booké de package tour et que j’aime bien marcher, je me dirige vers le centre ville. Je serais bien allée jusqu’au sud manger une pizza sur une plage à Coloane (je venais de lire ça dans le Petit Futé que Sophie m’avait prêté), ou à la piscine, mais sur une journée c’est un peu juste. Je traverse des quartiers récents, moches et pas du tout conçus pour les piétons pendant quelques dizaines de minutes et rejoins le bord de l’eau où je croise au moins deux cents personnes d’un événement de taichi (d’après leur jogging). Je ne les suis pas et monte un peu sur les hauteurs, revois ma première église depuis longtemps et redescends du côté des petites ruelles « portugaises ». Ce coin est encore assez calme et ne fait visiblement pas partie du package tour.

Je me balade un peu dans le centre historique qui est très mignon avec ses petites rues et ses places pavées, et vers onze heures, je mange deux tartes aux œufs car je n’avais pas pris de petit déjeuner : ça a bien le goût de l’oeuf, c’est un peu écoeurant et ça va me caler pour un moment. A Macau, il y a plein de gâteaux et petits pains qui vont me nourrir pour la journée étant donné que les alternatives végétariennes des restaurants sont limitées. Quand je passe devant un italien avec pâtes et pizzas au menu, il est trop tard : je n’ai plus faim. Les églises sont nombreuses dans le centre historique et ça change des temples et des monastères tibétains. Je visite aussi le temple A-Ma qui est très mignon et fait partie des package tours. Ensuite, je me dirige vers le reste du package tour : les artères commerçantes près de la place du Sénat, les rues touristiques aussi remplies que celles du Marais le dimanche, les ruines de l’Eglise Saint Paul (qu’il me semblait avoir déjà vues quelque part : sur le porte clé de ma chambre à l’école de taichi !) et le musée, à l’intérieur duquel les touristes chinois sont plus passionnés par leurs selfies que par les explications. N’ayant aucune envie de faire comme eux, je prends un peu de temps pour me cultiver sur l’histoire de cette enclave portugaise, où tous les panneaux sont encore en portugais, mais où la langue n’est plus très parlée…

Entre parenthèses, je réalise que j’ai visité Goa et Macau mais que je n’ai jamais mis les pieds au Portugal. Il serait temps d’aller y faire un tour et ça pourrait être un bon point de chute avant le retour en France. Nelma, si tu lis ces lignes et que tu peux prendre quelques jours mi-avril, tiens-moi au courant… Tu as la (non)Birmanie à te faire pardonner : je vais passer les fêtes de fin d’année toute seule au froid dans la campagne chinoise, c’est affreux. Nah je déconne hein 🙂 mais je pense que Guillaume A et Mél K pourraient être motivables et ça me ferait un retour en Europe en douceur… Bref, si jamais des gens veulent aller en vacances au Portugal mi-avril, dites-le moi. Ou la Sicile, ça marche carrément aussi. Fin de parenthèse.

Macau, c’est aussi le paradis du jeu et des casinos, mais je n’y suis pas allée. Je n’étais pas habillée pour et ce n’est pas trop mon truc. J’avais pourtant envisager cinq minutes de mettre les pieds dans un casino, d’une part pour le spectacle (avec des chinois, ça ne doit pas être décevant) et d’autre part pour mettre en pratique la théorie de Marc (qui était dans mon groupe au Tibet en octobre) pour gagner à tous les coups à la roulette : miser toujours sur la même couleur, en doublant sa mise à chaque fois jusqu’à ce qu’on gagne et on refait pareil en changeant de couleur. Les mathématiques et les probabilités ont encore beaucoup de secrets pour moi, mais j’ai vaguement compris ce qu’il voulait dire et ça me semblait pas mal. La conséquence logique de la présence de casinos à Macau, c’est la présence de boutiques pour dépenser ses gains ou pour acheter d’occasion les Rolex des joueurs les moins chanceux.

Enfin, je me dirige vers le port en passant par le parc de la forteresse et du phare Guia, qui est en fait un jardin botanique pas terrible, avec un télécabine, un parcours santé avec piste de running et un musée des tunnels utilisés pendant la guerre. Afin de tester mon degré de chlostrophobie dans un endroit où l’air manque un peu (j’envisage de me mettre à la plongée le mois prochain et ne sais pas trop ce que ça va donner, hum), je vais faire la visite guidée, autant limitée par le niveau d’anglais du guide que par la longueur des tunnels. Tout s’est donc bien passé et je termine la journée en allant lire sur un banc au bord de l’eau en attendant le ferry, car j’en ai plein les pattes et veux aller courir le lendemain. Pour liquider ma monnaie locale j’achète quelques biscuits pour les ramener à l’école de taichi et parce j’étais en avance, j’ai loupé mon bateau de retour : à ma porte d’embarquement, je vois une file d’attente donc je fais la queue et continue mon livre, l’heure passe, le bateau part, je montre mon ticket quand c’est à mon tour et me fais engeuler parce que j’étais dans la file des gens qui n’avaient pas réservé de retour… Voilà, je prends le ferry suivant, rien de dramatique, et c’était une bien belle journée !

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Une semaine à Hong Kong

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Comme d’habitude maintenant, les photos c’est sur Flickr, et ma vie, c’est ci-dessous.

Si vous avez suivi, je devais me rendre à Hong Kong pour refaire un visa, car ma nouvelle passion pour le taichi et mes petits progrès en putonghua ne suffisent pas à m’autoriser à rester plus de trente jours consécutifs en Chine. Faire un visa chinois à Hong Kong est facile en passant par une agence qui s’en occupe (pas besoin de fournir de documents) et rapide (enfin, quand même quatre jours si l’on est français, merci monsieur Sarkozy…). J’ai donc obtenu un « bon » visa : six mois, deux entrées de trente jours, ce qui me laissera le temps d’aller passer une partie de l’hiver au chaud (et/ou au ski), puis de retourner en Chine.

Je suis arrivée à Hong Kong un dimanche après-midi, après avoir regardé un super film d’avion qui à ma connaissance n’est pas arrivé sur jusque sur nos écrans, et comptais repartir dès le jeudi après-midi suivant avant de décider d’y rester la semaine.

En mai 2013, j’étais déjà allée passer quelques jours à Hong Kong : je ne savais alors pas que j’allais être aménée à y revenir de si tôt ! L’an dernier, après les dix jours de taichi et la visite de Joëlle, Baptiste et Daniel à Shenzhen, il aurait été dommage de ne pas passer la frontière, ne serait-ce que pour aller acheter un iPhone et un MacBook Air, qui sont revenus avec moi et me sont plus utiles que jamais pour vous donner des nouvelles. C’était là-bas que j’avais aussi fait mes premières randonnées après le pied cassé et autant dire que j’avais adoré. J’avais alors été agréablement surprise par la quantité de nature à quelques dizaines de minutes du centre-ville.

J’aime bien le centre-ville, son animation, ses marchés, sa vie, son métro bondé qui rappelle un peu trop Paris, sauf qu’il est propre car on n’a pas le droit de boire ou de manger à l’intérieur. Le plan initial c’était d’aller profiter de la nature pour surfer et camper à Sai Wan après avoir déposé ma demande de visa le lundi matin à l’ouverture. Mais avant je voulais aller sur une île car l’an passé j’avais passé une superbe journée à Cheung Chau.

Lundi, ce sera Lamma : je prends un ferry pour aller y faire une grande balade. Après un déjeuner rapide en terrasse, je pars sillonner les chemins de l’île mais aussi me poser un bon moment au bord de mer. A défaut de mon maillot de bain que je pensais utiliser les jours suivants, j’avais pris un bon bouquin rapporté de Singapour pour les trajets en ferry – il y a pire comme moyen de transport urbain. J’avance donc pas mal An Outcast of the Islands (Un paria des îles) et c’est un bonheur que d’avoir à nouveau entre les mains un roman, et celui-ci était sur ma « to-read list » depuis une dizaine d’années, depuis que j’avais étudié Lord Jim à la fac et que ce dernier roman avait dépassé Le Château en tant que ‘livre préféré’ et en nombre de lectures. Si Lord Jim avait été en rayon, je l’aurais peut-être relu une ennième fois. Avant, j’avais lu Heart of darkness puis étais « revenue en Europe » avec The secret agent. Ensuite, j’ai essayé de changer de continent à nouveau en commençant Nostromo à plusieurs reprises, sans réussir à le finir. Je m’y remettrai après avoir mis les pieds en Amérique Latine, ce n’est donc pas pour tout de suite ! Voilà comment ma monomanie conradienne avait alors pris fin… mais Joseph Conrad a écrit tellement d’autres romans dont les intrigues sont situées en Asie que ce voyage est l’occasion de m’y remettre ! Depuis mon départ en juillet, les deux seuls livres que j’ai eus entre les mains étaient le Assimil : le chinois facile (challenge depuis le pied cassé, et pas si facile au départ, maintenant ça va…) et le Lonely Planet : Tibet que j’ai pas mal potassé pour parfaire mes connaissances de la région et du bouddhisme tibétain. Lectures intéressantes mais pas forcément très stylées. Quel contraste que de retrouver de la belle prose et des héros conradiens avec leurs aventures, leurs défauts, leurs sentiments, leurs regrets ! Allez, je ne vais pas faire une dissert’ et en revenir au cœur du sujet : Hong Kong. Fin de la minute littéraire 🙂

A Lamma, donc, j’ai trop marché et j’ai mal aux pieds : des ampoules sur les ampoules (cf. Singapour) mais le gros orteil, celui qui est resté un peu tordu depuis le plâtre, a aussi un problème. En regardant sur internet, ça me dit que je fais peut-être une crise de goutte… J’arrête immédiatement de regarder internet et prends la décision raisonnable de me reposer. Je n’ai plus mes cinq jours par semaine au bureau pour limiter mon activité et je crois que mon corps me demande de fixer mes propres limites. C’est là que je décide de ne pas aller surfer : Sai Wan n’est pas hyper facile d’accès et comme surfer risquait de me soûler au bout de deux heures (c’est pas comme le ski… j’aime bien mais je ne suis pas douée pour deux sous), je voulais aussi aller là-bas pour faire des randonnées. Tant pis.

Pour me reposer, je vais essayer de pas trop marcher et m’inspire du blog d’Amélie pour aller aux jardins Nan Lian et à la nonnerie Chi Lin.

Ces jardins au cœur de la cité sont mignons et j’en profite pour aller voir une expo de vases et objets chinois et japonais en émail, certains assez chargés et d’autres assez kitchs mais il y avait quelques très belles pièces japonaises des ères Meiji et Taisho, au design épuré et aux motifs finement dessinés, qui trouveraient facilement leur place dans un intérieur. La technique est expliquée et une fois que l’on sait comment c’est fait, on se rend compte du temps nécessaire à la réalisation de ces dessins si précis.

Toujours sur recommandation d’Amélie, je vais passer une journée sur l’île de Peung Chau, où je loue un vélo (cf. mal aux pieds), écris l’article précédent sur Singapour, bouquine un peu et fais du taichi au coucher du soleil sur un espace qui semblait adapté à la pratique jusqu’à ce qu’un monsieur y arrive avec ses deux jeunes enfants bruyants. Trois lao jia yi lu plus tard, il est de toute façon temps d’aller prendre le ferry de retour.

Hong-Kong a été l’occasion de revoir ma copine de prépa Amélie, que je n’avais pas revue depuis qu’elle étais partie travailler au Japon il y a maintenant plus de dix ans. Après avoir travaillé sept ans à Tokyo, elle vit à Hong-Kong depuis quatre ans avec son mari néozélandais et leurs deux enfants. Je vais à l’école maternelle retrouver Amélie, où l’on me demande si je viens inscrire un enfant, et on file faire une jolie petite marche sur les hauteurs de Hong Kong Island… Après un repos relatif, le pied va mieux, et les savoyardes ça aime marcher 🙂 C’était super.

Quelques dumplings végétariens de Din Tai Fung plus tard (pas toujours facile de trouver des dumplings veggie à Hong Kong), je veux aller voir comment l’on peut faire du ski sur Hong Kong Island. Alors que la saison va commencer, c’est fou qu’ici je trouve trois moniteurs de ski qui ont enseigné à Courchevel et vécu au Japon… Amélie d’une part mais aussi les gens chez qui je logeais pendant ma deuxième partie du séjour.

Juste avant d’arriver, j’avais réservé une chambre pas cher sans fenêtre et pas mal située pour faire ce que j’avais à faire : arriver de l’aéroport, déposer ma demande de visa chinois, partir camper à la plage. Cette étape m’aura permis de faire la connaissance de mon voisin photographe néerlandais, Wouter, qui restait ici un mois pour son projet http://scapes.nl. Moi qui aime bien les architectures urbaines, je trouve ça génial : le mec monte au sommet de tous les immeubles, déjouant parfois vigiles et systèmes d’alarmes, pour aller sur les toits d’où il prend les photos avant de faire son montage.

Même si Wouter était bien sympathique, je me suis mis à la recherche d’un endroit un peu plus cool où habiter. Je regarde AirBNB en détails et je tombe sur l’annonce de Clem et Sophie qui proposent leur rooftop abrité avec tente sur matelas, canapé, banc et salon de jardin, frigo, lave-linge et usage de leur salle de bain et d’internet juste en-dessous. À défaut d’aller sur une plage, je vais faire du camping urbain. Et c’est super, je dors trop bien ! Sophie est toulousaine et Clem autrichien et ils sont … moniteurs de ski. Ici Sophie est prof en maternelle mais Clem enseigne vraiment le ski à Hong Kong. Je voulais essayer ça mais malheureusement les tapis où travaille Clem sont tous réservés (haute saison juste avant l’hiver) et je suis un peu dégoûtée de ne pas pouvoir essayer. Je me rends quand même voir ça au 148 Electric Road, au premier étage de l’immeuble dans une petite pièce. Clem m’avait expliqué que les sensations ne sont pas exactement les mêmes (on évite le planté de bâton ahah), et qu’il y a un grand tapis (marrant car on a un peu d’espace) et un petit (marrant car il tourne plus vite). L’avantage des tapis, si l’on peut dire, c’est que cela permet de skier sans s’arrêter pendant une heure d’affilée (ou davantage) : pas besoin de prendre de télésiège ! En arrivant, avec les affiches et les vidéos de ski, ça m’a un peu donné envie d’aller skier au Japon !

En effet, avant de quitter la France, je comptais rentrer skier et disais en rigolant « à moins d’aller au Japon cet hiver » … et voilà que j’en suis à envisager un détour par Niseko, station cependant plus réputée pour la qualité de sa poudre que pour le degré d’inclinaison de ses pistes (risque de déception). Sans ça, je vais passer mon premier hiver sans ski : j’ai commencé dans porte bébé (le truc qui ne se voit plus maintenant!) et dès que je tenais debout, mes parents m’ont mis des skis aux pieds, et je les en remercie au passage ! Et même après mon pied pété, j’avais pu y aller grâce :

  • à un kiné sympa et un peu fou : la seule personne, avec moi-même, à avoir envisagé la situation plus d’une seconde alors que je boitais et marchais encore avec une béquille début mars,
  • à Iain qui m’a gentiment emmenée à Avoriaz pour une de mes plus belles journées de ski (compte tenu du contexte) même si je me suis raisonnée à descendre le mur suisse en télésiège (la lose) et à ne pas descendre Crozats jusqu’en bas,
  • et enfin à mon comité d’entreprise où le week-end à l’Alpe d’Huez c’était trop bien aussi !

Skiera, ne skiera pas… les paris sont ouverts !!

Et sinon à Hong Kong, comme partout d’ailleurs, j’ai voulu essayer une piscine, mais c’était fermé pour gala. Après une pensée pour les nageurs parisiens victimes des grèves tous les dimanches ou presque, je me console (je n’étais pas trop en manque après Singapour…) en allant faire un peu de shopping. Hong Kong est également un paradis pour ça : on y trouve tout ! Et l’influence britannique se remarque sur le look de certains locaux : par exemple à Central, on croise des hommes d’affaires portant des beaux costards bien ajustés, avec le pantalon coupe slim qui va bien et des jolies chaussures, ça fait assez British, surtout quand il osent la rayure et que ça ne choque pas ! Et comme on est au mois de décembre et qu’il fait 15 degrés, les filles ont sorti leur UGG… Je ne fais pas de folies et pour ne pas repartir avec une paire de UGG, je repense à mes chaussons tibétains : il y aurait d’ailleurs un business à faire sur ces chaussons tibétains, il suffirait d’en faire porter une fois à Alexa Chung dans un contexte hivernal pour en vendre des milliers de paires. Bref, je craque sur une chemise d’hiver à carreaux et des livres, car forcément l’actuel est preque fini. Je tiens à rester en Asie dans mes lectures et ressors avec :

  • un truc historico-économique : le pavé de Martin Jacques When China rules the world car j’ai besoin d’une grosse mise à jour sur le sujet et ce serait dommage de rentrer de Chine avec seulement quelques bases de taichi et quelques mots de mandarin
  • un truc court qui m’a tapé dans l’oeil : What I talk about when I talk about running de Haruki Murakami.

A propos de running, pour ma dernière matinée à Hong Kong avant de rentrer mainland, je veux faire un jogging car je n’ai encore jamais couru à Hong Kong et le temps est idéal. Mes pieds ne sont toujours pas au top mais j’ai besoin de me dépenser un peu, ne serait-ce que pour bien dormir dans le train le soir. Je pars donc avec l’objectif de base d’une dizaine de kilomètres pas vite et pas très loin d’où je suis, avec possiblité de rentrer en bus. Je me mets en route quasi à jeun avec une petite orange dans l’estomac, et ma carte Octopus pour rentrer en bus et éventuellement me ravitailler dans un 7 Eleven. Au bout de 40 minutes j’ai soif, je ne trouve pas de 7 Eleven, la station service n’accepte pas les paiements avec la carte Octopus et après un aller sur trottoir avec des voitures à côté, j’ai envie d’aller explorer le Long Fu Shan County Park. Tant pis pour la soif. L’accès est un peu compliqué pour cause de travaux : autant je me repère bien avec un GPS, autant la vue d’une carte mal photocopiée avec plein de courbes de niveau et des indications en chinois ne m’aide pas beaucoup pour repérer les zones fermées. Heureusement je croise deux promeneurs qui m’expliquent que la quasi totalité du parc est ouverte et m’indiquent la direction d’un itinéraire qu’ils aiment bien. C’est reparti, sur des petits chemins et avec plein d’escaliers cette fois-ci… je vais plus lentement, je m’arrête souvent pour regarder mon GPS et fais ma flemmasse en marchant dans les longues montées car je commence à avoir des crampes dûes à la déshydratation. Je réalise alors que je ne vais pas réussir à monter au Peak si je ne bois pas un truc, et m’arrête au ruisseau : l’eau coule bien, il doit y avoir une source un peu plus haut, il n’y a pas de vaches, et ce ne sont sans doute pas les eaux usées des infrastructures du Peak (hum). Ah si j’avais su prendre ma gourde et mes tablettes !! La dernière fois que j’ai bu de l’eau d’un torrent, c’était il y a une quinzaine d’années en Ecosse. Sinon je prends du stock ou du micropur … surtout après avoir chopé un truc très très vilain en Jordanie en 2005, j’ai toujours fait hyper gaffe. J’ai tendance à me détendre de plus en plus et ça se passe bien pour l’instant. Allez, au pire je vais avoir une tourista dans le train de nuit et ça fera encore une chose à raconter ! Boire cette eau fraîche me redonne des jambes pour monter au Peak, où je sais que je trouverai un 7 Eleven. Je cours au 7 Eleven acheter une bouteille de Pocari Sweat, et, mauvaise idée car j’avais trop la dalle, un snack caramel et chocolat qui ressemblait à ça (il faudra que j’en fasse!). Je sais que j’aurais dû n’en manger qu’un pour faire un peu de sucre (quoique pour ça le Pocari Sweat aurait suffit) mais mange tout le paquet car de toute façon maintenant je ne vais plus avoir le temps de déjeuner avant d’aller prendre le train (rappel : pas le droit de manger dans le métro). Je profite des toilettes, et fais ma touriste cinq minutes sans m’attarder ! J’attaque la descente, me paume un peu et me retrouve avec 23 km dans les pattes. Vite vite une douche, le sac, et c’est parti pour le retour !

A la gare de Shenzhen Luo Hu, c’était « bon retour en Chine ! », avec les locaux qui braillent, qui poussent, qui font du bruit en mangeant, beaucoup de bruit, et qui crachent (dans les poubelles).

Ce retour à Yangshuo fera l’objet d’un prochain post, tout comme la journée à Macau qui sera le suivant !

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Femme au foyer à Singapour

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Le résumé en photo c’est sur Flickr. Le post va être un peu détaillé (=long) pour plein de raisons :

  • Je suis quasiment à jour sur le blog (waouh !) et c’est tout frais, donc je me rappelle même l’anecdotique, et franchement, c’est le plus sympa à lire, non ?
  • C’était juste trop bien comme « break »
  • Ça rappellera de bons souvenirs à mes trois lecteurs qui ont vécu là-bas et que je remercie pour leurs recommandations 🙂
  • Ça intéressera les copains du sport d’avoir quelques nouvelles de Nico, que je remercie également pour son accueil, et de là où il vit
  • Ça intéressera les copines de savoir que j’ai fait du shopping
  • Et surtout j’ai (encore) trop marché, j’ai mal aux pieds et je crois qu’il faut que je me repose un peu pour aller me promener à Macau et surtout reprendre l’entraînement lundi matin ! Soit mes semelles ortho sont pourraves et j’ai trop marché et mon gros orteil resté un peu tordu depuis le plâtre n’aime pas trop (je pense que c’est ça), soit j’ai chopé une crise de goutte (ce que dit internet, lol). Je préférerais me bouger dehors que de raconter ma vie ici, mais je fais quand même des trucs et j’aurai des choses à dire sur Hong Kong aussi …

Début septembre juste avant mon départ au Tibet, Nicolas, que je connaissais du kung fu et qui s’est exilé à Singapour il y a bientôt trois ans, m’a gentiment proposé de venir passer des vacances en ville à un moment si j’en ressentais le besoin. Alors que je me gelais au milieu de nulle part en octobre et qu’il fallait trouver une destination pour fin novembre (expiration de mon visa chinois), le besoin s’est clairement fait sentir. A la base, je comptais y rester une semaine pour refaire un visa, ce qui allait s’avérer compliqué : en plus du fait d’être française, je ne suis pas résidente, et je pouvais toujours « essayer » sans garantie de succès. Dans ces conditions, j’allais devoir passer par Hong Kong de toute façon.

Je réserve un aller-retour à partir d’Hong Kong et prends le bus de nuit pour la frontière à Shenzhen, en mettant bien tous mes vêtements chauds (clim!). L’avantage du car, c’est que c’est pas cher et relativement confortable (couchette d’1m80), que j’en ai un peu marre des avions et surtout qu’il part de Yangshuo, où la copine de Master Fu, la jeune maman et le bébé m’accompagnent à mon bus (sympa!). Je dors un tout petit peu, passe la frontière et prends le bus pour l’immense aéroport d’Hong Kong qui est trop bien.

J’avais prévu large et n’ai pas galéré en chemin donc j’ai un peu de temps à y passer. Waouh : des boutiques, du high tech (sauf les iPhone 6 les plus chers qui sont en rupture de stock), des fringues !!! Je rentre dans le Zara et me sens un peu en décalage avec mon jogging après avoir porté des vêtements confortables (et pas très chics) depuis des mois… Encore plus en décalage que quand je sors en survêt’ et sweat à capuche à Paris le week-end (enfin, dans le 19ème ça passe très bien). La réponse à la question « ai-je besoin de cette jolie robe, de ce manteau moumoutte ou de ce chemisier ?» est malheureusement évidente et je ressors du magasin un peu frustrée. Finalement on se détache assez facilement des choses matérielles, mais je serai contente de refaire du shopping en rentrant ! Ensuite, j’arrive aux toilettes de l’aéroport : hyper éclairés et avec des miroirs partout. Là je me fais peur à moi-même en voyant ma tête (effets combinés du manque de lumière dans ma salle de bain, du manque d’entretien et du manque de sommeil après une nuit dans le car) donc je fonce au Kiehl’s devant lequel j’étais passée et y achète plein de trucs, dont mon gommage préféré au lait de soja et au miel. Le shopping a eu l’effet escompté, je suis trop contente !!! J’ai envie d’aller prendre une douche mais il est déjà l’heure de monter dans l’avion et de regarder des films en chinois.

Malgré sa charge de travail, Nicolas est venu m’attendre à l’arrivée de l’avion, je n’ai pas trop l’habitude qu’on vienne me chercher à l’aéroport mais c’est très appréciable… il n’y a que des copains du kung fu pour s’occuper de mes transferts aéroport, merci à vous qui vous reconnaîtrez 🙂

Après installation et douche rapide (là j’avais chaud en jogging, j’avais chaud pour la première fois depuis trois mois en fait, c’est trop bien !!!) on va dîner au resto d’en bas qui n’a que des avantages : bon, terrasse en bord de rivière, carte variée (indien, thai et un peu de tout) avec plein de choix VG, pas cher, serveurs sympas et service rapide. Le vendredi, Nico a réussi à poser sa journée pour me faire visiter le centre-ville (le bord de rivière, l’esplanade, le quartier des affaires, China Town et son temple…), attendre sagement pour traverser des avenues par des passages piétons en diagonale, et aller déjeuner dans le food court près de son bureau : un bon petit plat cantonais avec sauce au thé vert. L’après-midi il va faire une surprise à ses équipes (retour au bureau) pendant que je profite de la piscine juste en bas. La piscine du condo, c’est que du bonheur : une bonne vingtaine de mètres et jamais personne dedans. Nico m’a expliqué que les asiatiques y vont quand elle est à l’ombre et les occidentaux quand elle est au soleil, et ce sont surtout des asiatiques qui vivent ici. Un condo est une belle résidence comme il doit y en avoir aussi peu à Paris qu’il y en a beaucoup à Singapour : tout est moderne, tellement sécurisé qu’on n’a pas besoin de fermer son appartement (gardiens, badges partout), c’est super bien entretenu et il y a parking, ascenseurs, piscine évidemment (avec aussi des jets, un jacuzzi, des transats et des palmiers autour), salle de sport, barbecue extérieur et salle à dispo. Les appartements y sont top avec petit balcon donnant sur la piscine, climatisation / air pour enlever l’humidité, bonne isolation phonique, parquet, salles de bains nickel (ça change de la Chine où même dans les beaux hôtels on peut se retrouver avec un robinet dans les mains ou bien on n’arrive pas à régler la température de l’eau qui est soit trop chaude, soit trop froide), cuisine équipée avec vide ordure…

Le week-end on fait plein de sport, du vrai, pas du taichi qui fait mal aux genoux (et à la tête) et ne fatigue pas vraiment. Samedi 8h30, c’est cour de boxe anglaise. On est encore en novembre et je me pointe avec le membre du mois, trop la classe. Je suis contente de remettre des gants (c’est pas ce qui manque chez Nico) pour la première fois depuis cinq mois, et c’est bon de transpirer un peu (malgré la clim, ça va, pas trop forte) et de travailler la condition physique. La salle de boxe est très bien et j’ai tellement adoré les douches en béton ciré que si j’ai encore des sous au retour je fais (faire) ma salle de bain comme ça ! Il y a des cours tout le temps (Nicolas y va souvent le midi quand il a le temps avant de prendre à manger au food court) mais aussi un ring à l’entrée et des espaces muscu / sacs pour s’entraîner librement. Il y a deux étages : le rez-de-chaussée pour la boxe anglaise, et le premier étage pour la boxe thai.

En rentrant, on s’arrête au supermarché. Il est tenu par des chinois et situé en bas d’un bloc d’immeubles. Là on trouve tout ce que l’on veut (génial!) et encore une fois ça change de la Chine où on n’est jamais très sûr de ce qu’on achète dès qu’il y a un packaging. En France, je n’aime pas les supermarchés et je n’ai pas trop le temps d’y aller de toute façon (avec paniers bio, appli / livraison monoprix et magasin bio, je m’en sors très bien) mais là j’étais contente de voir des produits en rayon ! J’avais tellement perdu l’habitude de faire des courses que je ne sais même plus ce que j’aime manger pour le petit-déjeuner… Il y a même plein de trucs bio et on se laisse tenter par le lait de quinoa au sirop d’agave. Je réfléchis aussi à ce que je pourrais cuisiner… mon hôte n’est pas difficile du tout et super veggie friendly donc ce sera une tarte aux légumes, une soupe de nouilles de riz (j’en mange tout le temps, mais je n’en fais jamais!!!), gâteau et petits biscuits. L’après-midi, Nicolas va voir des combats de boxe avec un client (c’est ça aussi son boulot!) et supporter un gars de son club Vanda boxing, il me dit qu’il y a d’autres clubs aux noms qui font peur et que quand on boxe au Fists of Sparta on a intérêt à assurer comme dans 300 ahah. Pendant ce temps, je vais voir Little India : c’est effectivement un peu l’Inde, mais en tout propre. Chez Mustafa (department store où c’est un peu le bazar pour Singapour, ouvert 24/7), je trouve des chaussures en plastique comme je cherche depuis des mois sans arriver à en trouver en 41 ! Ce sont des Crocs qui coûtent un peu cher pour des chaussures en plastique, je ne pensais surtout jamais acheter des Crocs de ma vie (les Crocs, je suis clairement contre) mais je les trouve vraiment jolies, et ici à Hong Kong, c’est à la mode, hum. Chez Mustafa, on trouve de tout et je passe aussi au rayon pharmacie pour acheter des trucs pour mes genoux : ils ont toute la gamme Himalaya, c’est très bien. Encore un fois je suis super contente d’avoir fait du shopping, c’est fou ! En rentrant, je passe pas le Fort Canning Park où se passait le Yogathon : du yoga dans un parc toute la journée.

Nicolas m’explique que la ville de Singapour fait tout pour que ses habitants se bougent : dans les rues, il n’y a pas d’affichage publicitaire, sauf pour les événements culturels et sportifs. Le dimanche matin, de bonne heure avant qu’il y ait trop de soleil, pour nous c’est jogging et vers la Marina on se retrouve au milieu d’une « marche » avec plein de gens. Comme j’avais envisagé de faire le semi-marathon le dimanche suivant, Nico avait peur que j’aille trop vite, lol. C’était avant que le taichi me fasse mal aux genoux et que je renonce à aller courir en plus… comme quelques jours avant j’étais encore à Yangshuo et que mes genoux n’étaient pas au top, je choisis l’itinéraire « court » d’une dizaine de kilomètres. Finalement on va un peu lentement pour Nico, qui devait être dans sa zone brûle gras alors qu’il n’a rien à brûler, moi j’étais un peu en dessus. Mais, comme Thibaud ou Aymeric à Paris, il s’est gentiment adapté à mon rythme en me faisant forcer un peu quand même, et c’était mon meilleur jogging depuis le départ en Asie ! Et ça faisait depuis début juin que je n’avais pas couru avec quelqu’un – Anna, au passage, j’espère que tu vas mieux… et sans ce jogging, ça pourrait faire autant de temps qu’avec le pied pété. Avec le climat auquel je n’étais plus du tout habituée, j’étais super déshydratée, et la piscine + thé vert + repos dans transat ça a bien « refroidi ».

Après un bon curry thaï pour déjeuner, Nico m’emmène à Orchard Road pour que je fasse ma Singapourienne (shopping du dimanche après-midi) puis il rentre bosser et s’entraîner un peu. Orchard Road, c’est exceptionnel : il y a des sapins de Noël partout devant lesquels les gens se prennent en photo (là aussi il faut avoir sa perche à selfie, et avec une tablette, c’est encore plus la classe). Résultat : plein de chocolat suisse (j’ai trouvé un rayon avec du Frey comme à la Migros, pas mon préféré le Crémant mais c’était très bien quand même), deux bouquins de Conrad avec des intrigues qui se passent dans le coin, un short et un t-shirt chez H&M. Je ne voulais pas acheter de fringues, mais à part ma seule robe, je n’avais rien qui allait bien avec mes nouvelles chaussures en plastique, j’étais obligée… Et je suis quand même contente d’avoir résisté sur plein de trucs, y compris sur les sweats à capuche avec intérieur moumoute comme les chinois adorent. Nico m’avait prévenue : on est à Singapour où il fait 30 degrés, mais c’est la saison des collections automne-hiver ici aussi et les vêtements chauds sont en rayon.

La semaine suivante, Nico travaillait mais n’avait pas de déplacement : il allait juste partir au Japon le dimanche de mon départ, donc je lui ai un peu foiré son week-end à Tokyo… Il avait peur que je tourne en rond au bout de quatre jours mais c’était sans compter le fait que j’adore me balader, et que je ne m’en lasse que quand j’ai mal aux pieds. Pendant qu’il était au bureau devant tous ses écrans, j’avais plein de truc pour m’occuper !

Le lundi c’était un bon gros rhume attrappé au centre commercial (merci la clim – tout ça pour vendre des vêtements chauds, franchement …) : le truc vilain avec nez en fontaine, pif énorme, fièvre et mal de crâne. Autant dire que j’ai glandé (regardé Homeland en faisant du tricot), vaguement trié des photos, refait une sortie supermarché pour acheter du miel bio et des citrons et suis allée me poser un moment dans la piscine (sans oublier mon paquet de mouchoirs) pour perdre quelques degrés.

Le mardi, je n’avais plus de fièvre et vais suivre l’une des nombreuses recommandations d’Estelle, que Nico recommande également : faire du vélo à Pulau Ubin. Pulau Ubin est une petite île à l’est, assez « sauvage » par rapport au reste de la cité-état : on peut par exemple se trouver nez à nez avec un varan. Pour s’y rendre, il faut prendre un métro, un bus et un bateau. Le bateau part quand il y a onze personnes dedans, c’est un petit bateau un peu pourri comparé aux standards de la ville. Arrivée sur l’île, je loue un vélo, choisi sur critère de panier pour mettre mon petit sac à dos car il fait chaud et garde-boue. Si un jour j’y retourne, je pendrai un VTT et tenterai l’une des pistes noires, là j’ai fait la bleue mais il y a toute une zone avec parcours fléchés d’itinéraires VTT sur des petits chemins … en voyant ça j’ai pensé que Thibaud adorerait !!! Comme c’est super bien fait, il y a des abris partout dont j’ai pu profiter pendant une courte averse et où j’ai lu des infos sur les oiseaux de la région. J’étais bien décidée à faire toutes les routes goudronnées de l’île et à un moment où il n’y a plus personne, bam, problème de chaîne et comme je ne suis pas douée, que en plus les moustiques autour commençaient à m’énerver (très peu par rapport à ce que ça aurait pu donner en temps normal ahah, je ne vais pas m’énerver en congé sabbatique !), je me retrouve avec les mains pleines de cambouis (vraiment toutes noires). Un peu plus tard je rejoins des toilettes (ah oui, il y a tout ce qu’il faut partout à Singapour) et je passe dix bonnes minutes à vider le savon liquide et à me laver les mains. C’est en sortant que je fais la connaissance de Lek, qui avait vu mon vélo et attendait de voir qui allait sortir des toilettes des filles. Lek est chauffeur de taxi de nuit, qui ne travaille pas le lundi mais avait pris une journée de plus pour aller faire du vélo et avait envie de discuter. Nicolas m’avait parlé des spécificités de l’anglais de Singapour et j’ai pu avoir un parfait exemple de l’utilisation des can et des lah en parlant avec Lek, qui m’explique sa vie de chauffeur de taxi : à Singapour, les chauffeurs de taxi n’ont pas leur voiture, ils louent des taxis gouvernementaux à la journée, ou à la nuit. On continue notre promenade à vélo, et après le retour en bateau, on mange un bout (des fruits pour moi, car rien de bien veggie) et comme Singapour ce n’est pas très grand, que je n’ai pas peur en scooter, et que Lek est très gentil, il tient à me racompagner vu qu’il a un casque en plus (à Singapour, on met le casque). J’ai donc droit à une visite de Changi et de East Coast avec tous les barbecues en bord de mer (on peut les louer à la soirée), tous les restos de fruits de mer (et autres)… Nicolas m’avait dit que l’autre grande passion du singapourien avec le shopping c’était d’aller manger), les ports de bateaux pour la Malaisie ou l’Indonésie, on passe à côté du départ de la Formule 1 et me voilà de retour, un peu fatiguée après une belle journée. Ensuite, piscine.

Le mercredi, je n’ai plus de voix mais la pêche et pars me balader au Mc Ritchie Reservoir un peu plus au nord. Le Mc Ritchie Reservoir est comme son nom l’indique l’une des grandes réserves d’eau de la ville, sur laquelle on peut faire du canoë mais autour duquel il y a surtout tout plein d’itinéraires de promenades, y compris un pont suspendu dans les arbres. Les gens sujets au vertige ne doivent pas y aller et ça m’a fait réaliser que je ne l’ai pas tant que ça en fait, le vertige. Bref, je marche toute la matinée sur ces sentiers où tout est bien fléché, et bien organisé avec informations sur la faune et la flore le long du parcours. Après un déj rapide, je vais prendre des bus pour aller au jardin botanique : tout simplement magnifique. C’est parfaitement entretenu, immense, avec des grands arbres et des jardins thématiques comme la forêt tropicale, le jardin des bonzaïs, celui des plantes médicinales ou le magnifique jardin des orchidées : l’orchidée est la fleur nationale de Singapour et je n’en ai jamais vues d’aussi belles. A ce sujet, est ce que mes chères collègues pourraient me donner des nouvelles des miennes ? ! Puis je rentre à pieds le long de la rivière et observe l’architecture de la ville : en fait j’aime bien ces grands immeubles de différentes couleurs, de différentes formes, avec des spécificités qui témoignent de leur époque : en ce moment, la mode, c’est d’insérer du végétal, en particulier des arbres dans les constructions. Au total j’ai marché une trentaine de kilomètres (oups) et quelques longueurs de piscine ne font pas de mal en rentrant.

Le jeudi, il pleut (oui, c’est la saison des pluies, mais j’ai eu de la chance), j’ai des ampoules alors je reste faire des gâteaux (après tout, malgré la température c’est la saison des bredele). Chez Nicolas, la cuisine est super équipée, c’est que du bonheur : je trouve même des douilles et poches à pâtisserie dont j’aurais dû me servir au lieu de faire des biscuits ronds, qui n’ont pas la même gueule que les étoiles, et qui sont un peu trop secs quand on les laisse cinq minutes de trop au four. Bref, un peu déçue, je vais m’occuper autrement avec tri de photos, écriture d’article sur le Tibet (c’est pas évident de m’y mettre, j’ai l’impression de réécrire mon rapport pour Adeo lol), un peu de lecture et évidemment, piscine.

Le vendredi, les pieds n’étaient pas encore au top, alors j’ai été faire un petit tour (10 km) aux Southern Ridges voir le télécabine, la vue qui n’est pas si dingue que ça, marcher sur des passerelles dans des arbres, voir des jardins … Et puis comme c’est déjà la fin de la semaine, je me refais un après-midi « Tibet / piscine » et réalise une fois encore comment c’est agréable d’être au chaud.

Le samedi, pas de boxe à 8h30 mais comme il pleut, Nico demande la clé de la grande salle près de la piscine et on va faire plein de taichi. Après une bonne semaine de pause, ça fait du bien d’en faire tranquillement sans se prendre la tête pour faire attention à tout car il y un prof qui regarde et se prépare à lister ce qui est bu hao : le pied un petit peu trop ouvert, le genoux pas assez (mais celui qu’il ne faut pas ouvrir un peu trop), relâcher le bassin, aligner la colonne vertébrale, détendre les épaules, tendre un peu plus le bras au niveau du coude mais pas complètement, relâcher le poignet et mettre de la tension et de l’énergie dans les doigts ou les paumes, tourner la main plus lentement, bouger la jambe en même temps que le bras, amorcer le mouvement global par les mains, tourner la taille, changer le poids du corps de jambe, relâcher le pied, regarder au bon endroit, etc. C’est de penser à tout ça qui me fait parfois péter les plombs et m’empêche de me détendre car je veux bien faire. Là il y avait Nico qui est juste trop fort mais ce n’est pas pareil ! Il faisait ses trucs aussi car il en connait plein : du style chen mais aussi du yang, et il a aussi fait entre autres un peu de wing chun et de qi gong.

Après ce grand moment de détente, Nico change sa chambre à air de vélo (et j’en profite pour réviser une fois de plus la technique – sachant que quand ça m’arrivera j’opterai sans doute pour l’appel à un ami ou le passage chez Décathlon). Nicolas se sert de son vélo tous les jours pour aller au bureau : c’est écolo, pratique et rapide (parfois il double des Ferraris !). Ses autres options pour aller travailler, quand il pleut, c’est taxi (pas toujours évident quand il pleut vraiment beaucoup car tout le monde prend des taxis et les vieux chauffeurs ont peur de la pluie) ou bateau. A Singapour, ce qui est pas mal c’est que le nombre de voitures est limité (et celui des motos/scooters aussi dans une moindre mesure) : il faut non seulement payer très cher pour avoir le droit d’avoir une voiture mais s’il n’y a plus de « place » on n’a juste pas de droit d’avoir une voiture, et une fois qu’on en a une il y a encore des péages (automatiques) partout dans le centre-ville. Il faudrait faire ça à Paris !!!

Après un déj au vietnamnien (baguette aux légumes), je mange un peu (trop) de glace (mais celle à la vanille était au lait de soja, et moins bonne que les Mövenpick au café, au chocolat avec plein de crème dedans) et puis c’est l’heure de la sieste. Après, Nico va a la salle de sport du condo faire des pompes et des abdos pendant que je finis de digérer la glace et quand c’est fait, je vais nager une heure et demi. J’ai moins mal aux bras qu’en début de semaine, ouf, mais je fais quand même quelques accélérations en prévision des sessions de surf à Hong Kong (les entraînements à se lever, j’évite, je laisse ça à la voisine qui fait ça avec classe, et des deux côtés) qui n’auront pas lieu pour cause de mal au pied.

Bref, j’étais vraiment super bien à Singapour car depuis mon départ, c’est la première fois que je retrouvais le confort d’un appartement pendant plus d’une semaine. Mais rien n’aurait été pareil sans l’agréable et charmante compagnie de Nicolas qui est au top et a été un hôte exceptionnel !! Il m’a consacré beaucoup de temps malgré tout son taf, notamment en m’emmenant dîner dans des endroits que j’allais aimer (indien, thai, viet, chinois, et bien sûr pizza … ). Les copains du kung fu, allez le voir si vous en avez l’occasion …

Par conséquent le dimanche matin, j’étais un peu triste de partir… jusqu’à que je dépense mes derniers dollars en tablettes de chocolat. Après tout, c’est Noël. Finalement, ça fait toujours un peu bizarre de quitter un pays pour un autre, sans savoir où je serai quelques semaines plus tard. Outre les bons souvenirs, le résultat du shopping et une nouvelle application pour apprendre le Chinois (Nico m’a recommandé Wordpower qui me donne un mot par jour avec des phrases d’exemple d’utilisation), je ramène une horreur selon les critères locaux, un léger bronzage, mais au mois de décembre, je n’ai pas besoin de chercher de la vitamine D et moi ça me fait plaisir !

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Kathmandu

Bientôt rattrapé le retard : vous avez intérêt à lire car ça me prend un temps fou ce blog !! Au moins je saurai toujours taper sur un clavier au retour …

J’en profite pour annoncer officiellement que je ne rentrerai pas fin janvier, mais plus tard : sans doute fin avril en France et au bureau début mai.

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Au total, j’ai passé une petite dizaine de jours dans la capitale népalaise : quelques-uns ont été occupés par l’organisation rapide du trek et le reste du temps j’ai visité la ville avec mes groupes.

En y arrivant début septembre j’ai eu une sensation de « froid » : il faisait en effet moins de 30 degrés, la nuit, ce qui n’était pas arrivé une seule fois là où j’étais en juillet et en août. C’était juste un début par rapport à ce qui allait m’attendre, et bien sûr pas comparable avec ce que vous vivez en France en cette période de l’année.

Pour moi le Népal était le pays de la montagne et des sherpas, et avant de savoir que j’allais y aller, je ne m’étais jamais vraiment penchée sur l’histoire et la culture népalaise. Je ne vais pas tout raconter (allez-y!) mais Kathmandu m’a tout de suite rappelé les villes indiennes : l’ambiance, les odeurs, la circulation cahotique, tous les gens dans les rues, le yoga et l’ayurvéda, les bouis bouis et les petites échoppes où l’on trouve tout ce que l’on veut… Contrairement à la Chine, au Népal je n’allais avoir aucun mal à trouver mes cachets de fer ou un tube de glue pour recoller une semelle de Birkenstock ou encore un gars qui allait refaire la couture de mon sac à viande en une minute pour 50 roupies : tout est possible et il n’y a jamais de problème ! Notre hôtel était au sud de Thamel où il y a tout pour les touristes : l’ambiance hippie freaky patchouli n’est pas ce que je préfère mais j’étais bien contente de trouver ce qu’il me manquait pour mon trek et puis un gros sac de voyage pour rapporter quelques vêtements chauds, mais pas forcément beaux. Je pense avoir trouvé le pire ensemble caleçon + t-shirt en Polartec, en mauvaise contrefaçon d’une marque japonaise, qui a le mérite de faire un bon pyjama.

A Kathmandu, toujours comme Inde, les temples sont nombreux et la religion à tous les coins de rue. Mais ici certains temples sont à la fois hindouistes et bouddhistes car le bouddhisme est bien présent au Népal. A ce titre, on trouve des stupas partout, de type népalais (différent des stupas tibétains ou de ceux des pays d’Asie du Sud-Est qui ont également leurs spécificités) : en schématisant, le stupa Népalais est construit sur une demi-sphère et les yeux du bouddha sont peints dessus. Nous allons visiter les deux principaux : celui de Boudhanath et celui de Swayanbhunath plus connu sous le nom de Monkey Temple. Nous allons aussi voir le site où ont lieu les crémations (Pashupatinath), même si je ne suis pas super fan de ce genre de visites.

La culture newar est spécifique au Népal et le meilleur exemple pour la découvrir est de se rendre aux Durbar Squares : celui de Kathmandu évidemment mais aussi ceux de Patan et Bhaktapur, deux cités limitrophes qui présentent un grand intérêt historique, culturel et architectural. En dehors des Durbar Squares, j’ai aussi vraiment adoré me promener dans les ruelles de ces cités.

Niveau gastronomie, je me suis régalée avec les thali, dhal bat, momos, burgers et toute la variété et les saveurs de la cuisine indienne.

En images, c’est par là.

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Le Tibet

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J’ai donc fait deux fois le tour avec deux groupes différents : en septembre, puis en octobre. Les photos sont dans l’ordre chronologique car sinon ça n’allait jamais arriver ! Je voulais faire des articles thématiques mais vous allez avoir le tout en un : si vous êtes arrivés sur cette page, c’est que vous aimez la lecture et vous allez être servis 🙂 Les brouillons que je pensais avoir écrits de mon téléphone dans le bus n’étaient pas très consistants et j’ai donc profité de mes « vacances » à Singapour puis à Hong Kong pour écrire au bord de la piscine / mer ce qui va être le plus long article du blog !

Nous entrons au Tibet par avion à partir de Kathmandu (où l’on fait les visas de groupe), avec un vol Air China au cours duquel on a au mieux une bouteille d’eau minérale et une belle vue sur la chaîne de l’Himalaya. La première fois, je m’étais assoupie pendant le vol jusqu’à que la moitié de l’avion se lève et se bouscule aux fenêtres pour voir les montagnes, tous du même côté : ça m’a fait flipper. C’était avant Lukla.

Après l’atterrissage, on passe les formalités de contrôle qui sont un peu différentes de d’habitude. L’aéroport de Lhassa est tout nickel comparé à celui de Kathmandu et nous devons nous présenter dans l’ordre de la liste du visa pour le contrôle des passeports. Comme nous avons un visa groupe, on ne nous les tamponne pas, sauf si on le demande. Ensuite, les bagages sont vérifiés : on peut apporter tous les gâteaux qu’on veut mais pas les fruits, les autorités locales ont récupéré deux pommes. A la sortie, nous retrouvons notre guide (Sonam), notre chauffeur (Djembe) et notre magnifique bus vert : il n’est pas de première jeunesse et est chinois (comprendre : japonais, c’est mieux), mais la couleur est sympa et il est spacieux.

Notre première étape au Tibet est la ville de Tsetang, située à deux heures de route de l’aéroport (pas très loin mais il faut respecter les limitations de vitesse) et à environ 3 500 mètres d’altitude. C’est là que l’acclimatation doit commencer et on peut avoir un peu mal au crâne. En septembre, j’ai pris un paracétamol ici et un à Namtso et tout s’est bien passé. Mes groupes ont bien résisté même si certaines personnes ont été plus touchées que d’autres par des nausées, insomnies et pertes d’appétit. Moi c’était le contraire : l’altitude et le froid me donnaient incroyablement faim. En cas de besoin, on avait des bouteilles d’oxygène dans le bus.

Autrefois Tsetang n’était qu’une petite ville. C’est désormais un gros centre militaire et administratif chinois avec d’immenses bâtiments de la police. Tsetang est par conséquent une ville sans âme un peu déserte : peu de gens, de voitures et quelques deux roues électriques. Au bord des grandes avenues, on trouve restaurants, épiceries, boutiques de téléphones portables et coiffeurs où les clients sont allongés sur le dos pour le shampoing ! Tout cela change de l’animation de Kathmandu ! L’hôtel où nous restons est un hôtel fumeur (ça sent mauvais) qui a dû avoir son heure de gloire mais qui est bien défraîchi (fuites d’eau, douche à jets (waouh!) qui ne marchent plus, aquariums vides, fleurs en plastique poussiéreuses…). Mais les draps sont propres et le petit déjeuner est bon : buffet chinois et tsampa (orge en poudre qu’on mélange avec du thé au lait de yak pour faire du porridge) mais aussi biscuits, toasts, oeufs et confitures. Il y en a pour tous les goûts et ils ont des couverts, ce qui tombe bien car mon groupe du mois d’octobre ne mange pas avec des baguettes. C’est vrai que pour moi c’est devenu hyper naturel et je ne m’étais pas étonné que mon groupe du mois de septembre se débrouillait très bien ! Comme j’avais super faim, en général dans les hôtels avec petit-déjeuenr « buffet » je commençais par du chinois avec bouillie de riz et plein de légumes avant de poursuivre par tsampa et toast / gâteaux et même parfois des œufs : je n’en mange que très rarement mais en voyage on prend ce qu’on nous sert et ça passait très bien !

Nous n’avons pas fait un détour par Tsetang uniquement pour nos permis. C’était la base de départ des visites des monastères aux environs :

  • Samye, monastère de l’ordre des Nyingmapa fondé au septième siècle par Guru Rimpoche
  • Yumbulagang, petite forteresse perchée sur sa colline avec magnifique vue sur la vallée : on peut même faire du cheval pour y monter
  • Trandruk, petit monastère Gelupka en bas de Yumbulagang

Après Tsetang, nous repassons vers l’aéroport par la route le long du Brahmapoutre en nous arrêtant au monastère de Mindroling, avant de rejoindre la capitale tibétaine.

J’ai vraiment adoré Lhassa ! Comme toute ville chinoise, des banlieues s’étendent aux alentours avec un nombre incroyable de bâtiments en construction, mais le centre ville est mignon. La principale zone tibétaine se trouve autour du Jokhang, le temple principal de Lhassa où les pèlerins affluent par milliers, se prosternent devant et font le tour dans le sens des aiguilles d’une montre (kora).

Pas très loin, les petites rues du quartier musulman mènent à la mosquée et on y trouve boucheries halal, pâtisseries, femmes à foulard et hommes à petit chapeau. Les hui sont des chinois musulmans en Chine : cette minorité est surtout présente dans la province du Gansu mais aussi un peu partout ailleurs. J’en profite au passage pour recommander par avance (quand il sera sorti) le livre de Roger Itier, mon professeur de kung fu, sur le kung fu des mosquées.

Entre le Jokhang et le Potala s’étend une zone complètement chinoise avec restaurants et magasins diffusant de la musique pop : hum, je commence à reconnaître les tubes et suis bientôt prête pour le karaoké (ou pas). Niveau shopping, au mois d’octobre je me suis limitée à un pantalon de survêtement noir en coton un peu chaud, qui m’a été bien utile en dessus du legging pour les nuits les plus froides. Nous sommes aussi allés à l’immense supermarché qui ressemble à un labyrinthe avec un long itinéraire à suivre pour trouver la sortie, dans lequel on trouve vraiment de tout, notamment les chaussettes et caleçons Donnie Yen (album photo à venir sur tous les produits dont Donnie Yen est l’égérie). En face il y a un grand centre commercial un peu chic, mais pas autant que celui où j’avais été à Shanghai, avec un cinéma tout en haut : j’y serais bien allée mais n’ai pas trop eu le temps.

Tout près du Potala, il y a la grande poste de Lhassa, où le personnel ne déborde pas de sympathie. Peut-être que je m’habitue, mais depuis mon arrivée en Chine en juillet, j’ai trouvé les gens sympas, sauf à cette poste de Lhassa où ils étaient carrément abominables. Et en plus ils ne faisaient même plus Western Union et j’ai dû aller récupérer mon loyer à une autre plus loin du centre ville.

Le Potala est le monument principal de la ville : il est immense et imposant. L’affluence des pèlerins est toute aussi impressionnante que la taille de la construction. Comme au Jokhang, ils font la kora en marchant ou en se prosternant. Ceux qui se prosternent le font surtout le soir quand il y a moins de monde et sont équipés d’un tablier et de patins qu’ils font glisser sous leurs mains. Certains viennent à pieds des régions tibétaines du Kham et de l’Amdo situées dans les provinces limitrophes (Qinghai, Sichuan, Yunnan) et continuent parfois leur pélerinage jusqu’à l’Ouest du Tibet pour faire le tour du Mont Kailash, montagne sacrée aussi bien pour les Hindouistes que pour les Bouddhistes. La visite du Potala coûte une fortune (200 RMB, soit 25 euros), et est très réglementée puisqu’on nous attribue un horaire de passage et la durée à l’intérieur est limitée à une heure pour le haut du bâtiment. Ensuite on rejoint le parc à l’arrière, avec lac, barques et équippement de sport comme partout en Chine, mais peu utilisés du fait de l’altitude. On peut faire la kora avec les pèlerins, et manger des bons petits pains accompagnés de yahourts au lait de yak. Devant le Potala, les chinois ont construit une immense place où il y a des jets d’eaux et des lumières le soir. Il n’ont pas mis d’immense statue de Mao comme sur la grand place de Kashgar, mais pas très loin, en face des studios de la télévision tibétaine, est érigée une grosse statue avec des yaks dorés.

A Lhassa, nous visitons aussi le Norbunlingka, résidence du Dalaï Lama avant son départ en exil. Dans un très grand parc bien fleuri, nous voyons le temple mais également ses appartements et salons de réception, dans lesquels se trouvent de nombreux cadeaux offerts par les chefs d’Etat de différents pays, par exemple des postes de radio russes et indiens ou des meubles britanniques : de beaux présents. En revanche, le cadeau qui avait été offert par les chinois au Dalaï Lama est un affreux petit cadre avec des chatons.

A Lhassa et aux alentours, nous visitons aussi :

  • une petite nonnerie (Tsam Khung)
  • le grand monastère de Drepung
  • le monastère de Sera où nous assistons aux débats des moines l’après-midi
  • le monastère de Ganden perché au milieu des montagnes
  • les grottes bouddhiques de Drak Yerpa, également perchées dans les montagnes. J’y suis allée uniquement au mois d’octobre (sous la neige) car il fallait y aller le matin pour des raisons de quotas et en septembre on n’avait pas pu les intégrer au programme (notamment à cause de notre horaire pour le Potala).

Au départ de Lhassa, nous allons passer une nuit au bord du lac Namtso. Là-bas, en septembre, tout était vert, en octobre, tout était blanc ! Le lac Namtso est un lac sacré pour les bouddhistes, le deuxième plus grand du Tibet (le plus grand est en fait au Qinghai), et des pèlerins s’y rendent pour faire le tour. Mais il attire surtout de nombreux touristes car c’est très très beau. L’eau est salée, fraîche mais on ne peut pas s’y baigner car il est sacré. Quand j’avais demandé au guide s’il était possible de piquer une tête, il m’avait dit  it’s cold  (cold is not a problem), puis it’s deep (deep is not a problem either) et enfin it’s holy (alright, holy is a problem). L’an dernier, au Ladakh à la frontière chinoise, j’avais tellement apprécié la baignade dans les eaux pures et salées du lac Pangong Tso que j’aurais bien tenté à nouveau l’expérience, mais tant pis. J’ai eu quelques regrets au mois de septembre lorsqu’il y a eu un rayon de soleil mais aucun au mois d’octobre où ça caillait beaucoup trop.

Le lac Namtso est situé au nord-est de Lhassa, à plusieurs heures de route et à plus de 4700 mètres d’altitude. Avant de bifurquer vers le col de Largen La (5150m) puis de redescendre vers le lac, la route est celle qui mène aux provinces voisines du Qinghai et du Sichuan. Après le col, ce sont des grands espaces habités par les populations nomades en été. On voit donc leur tentes (qui parfois recouvrent une habitation en préfabriqué), leurs troupeaux, leurs véhicules (des camions, pas de chevaux…). Ils s’installent souvent près des espaces réservés pour que les véhicules s’arrêtent et les nomades viennent demander de l’argent parfois de façon assez agressive pour que les touristes prennent des photos.

Au lac Namtso, nous logeons dans un campement en préfabriqué, dans des chambres pour quatre avec lumière et prises de courant mais pas de chauffage. On nous fournit des thermos d’eau chaude et nous prenons les repas dans une grande salle (un peu) chauffée par un poêle alimenté par du caca de yak. En octobre, il faisait trois degrés dans la chambre et avec l’altitude en plus du froid, il n’est pas évident de dormir. Les toilettes sont très rudimentaires : deux boxes à ciel ouvert, avec une porte qui ferme avec un caillou, des planches qui bougent avec de la glace dessus (ça glisse!) et un énorme trou au milieu. Evidemment pour s’y rendre la nuit, il faut s’armer de courage et de sa lampe frontale, braver le froid, traverser le campement et redoubler de vigilance. La récompense est l’occasion de voir un magnifique ciel étoilé avec la voie lactée bien visible : à part peut-être dans le désert, je n’en avais jamais vu d’aussi beau.

Nous allons voir le lever du soleil de la colline qui surplombe le campement et faisons une petite marche autour de cette colline. On peut se faire photographier sur des yaks dans l’eau ! Au mois de septembre, on a eu droit à une averse et on en a profité pour s’arrêter dans une petite librairie tenue par un jeune chinois qui vendait aussi plein de jolies cartes postales (voilà d’où elles venaient pour ceux qui en ont reçue une). C’était tout mignon, avec une chèvre, du thé et un piano. En attendant la fin de l’averse, je discute un peu avec le vendeur qui est du Guangxi (province de l’école de taichi!), qui fait également du taichi (essentiellement du style yang, à Lhassa) et qui me rendra visite à l’école deux mois plus tard la veille de mon départ pour Singapour. Finalement la Chine est un petit pays 🙂

Après Lhassa, nous allons à Gyantse en passant par le bord du magnifique lac Yamdrok Tso aux eaux turquoises. Là-bas aussi, on peut se faire prendre en photo avec des yaks ou pour changer avec les gros chiens tibétains qui valent très très cher et qui sont vraiment tout mignons. En octobre, comme il fait froid, il y a beaucoup moins de touristes et le parking est vide donc j’en profite pour faire un peu de taichi. Ce n’était pas toujours évident de faire du taichi au Tibet : il faut trouver le temps (rappel : je n’étais pas en vacances, j’accompagnais des petits groupes de gentils français/belge/suisse), l’espace et l’énergie (l’altitude ça fatigue vite et le froid ça démotive). Dans le parc du Norbulingka, un monsieur pratiquait la lao jia yi lu, j’avais envie de le rejoindre mais j’avais la visite à faire. J’ai pu pratiquer une fois à Lhassa, où le magnifique roof top de l’hotel n’était ouvert qu’en journée, une fois sur le parking de Yamdrok Tso, une fois sur le roof top de l’hotel de Gyantse, et une fois à Tingri.

L’étape suivante est donc Gyantse, où nous visitons :

  • Le monastère de Pelkhor Chöde qui attire de nombreux pèlerins des campagnes environnantes mais également de bien plus loin. Chose rare, ce monastère est commun à trois sectes et est réputé pour son Kumbum : stupa aux chapelles avec peintures de mille bouddhas.
  • La vielle ville avec des vaches dans les rues.
  • Le Dzong, forteresse qui domine la ville et qui a son importance historique (conquête par les anglais et Younghusband au début du siècle dernier : hé oui, le Tibet n’a pas été occupé que la les chinois).

Ensuite nous reprenons la route vers la deuxième ville du pays, Shigatse, pour y voir :

  • Le monastère de Tashilhunpo avec sa kora qui offre une belle vue sur la ville.
  • Une fabrique de tapis qui emploie des locaux : les tapis sont chouettes, avec de la laine de bonne qualité et les tarifs carrément abordables. Ils font du sur mesure et livrent donc si ça vous intéresse, je peux vous faire passer les infos.
  • Les marchés chinois et tibétains, beaux bazars où l’on trouve de tout : électroménager, vêtements (par exemple des pantalons top moumoutte bien chaud), de la belle laine… En septembre il y avait plein de vendeurs de laine et j’ai donc pensé en envoyer dans le Guangxi pour tricoter des écharpes pour les gens de l’école de taichi. En octobre il y en avait beaucoup moins mais j’en ai quand même trouvé et ai couru à la poste avant la fermeture pour envoyer mon carton de 3 kg. Contrairement à la poste de Lhassa, les employés de la poste de Shigatse étaient très aimables et ont mis la meilleure volonté du monde pour comprendre que je voulais envoyer un colis à moi-même dans le Guangxi (là j’ai dû leur raconter ma vie car ils se demandaient ce que je faisais là) et pour me remplir la fiche adresse. A Wei m’avait dit que ma carte postale écrite en chinois au mois de septembre était bien arrivée mais bon, je préférais que ce soit eux qui écrivent. J’avais le choix entre kuai et man, et j’ai opté pour le service lent (12 jours) puisque le carton était censé arriver juste après moi. Il est finalement arrivé un jour avant et A Wei est gentiment allé me le chercher à la poste de Yangshuo.

A Shigatse, nous avons fêté l’anniversaire de Sylvette. C’était l’occasion d’aller acheter un gâteau chinois. Heureusement que le guide connaissait un endroit car les pâtisseries ne courent pas les rues. Les gâteaux chinois sont kitchs, pas forcément très bons (mais pas très mauvais non plus) et dans cette pâtisserie on choisissait son gâteau sur photo et modèle en plastique. Ensuite, le pâtissier prenait une génoise toute prête, s’occupait de la déco avec toute la crème autour et en quinze minutes, le gâteau d’anniversaire de Sylvette était prêt. Le super bonus a été la bougie d’anniversaire : une fleur de lotus en plastique, qui s’ouvre quand on l’allume et se sépare en plein de petites bougies aux extrémités, avec l’air de joyeux anniversaire / happy birthday to you / zhu ni shengri kuaile… Pour arrêter la musique c’était moins évident que pour allumer la bougie, mais on a finalement réussi à couper le contact pour ne pas que ça continue pendant des heures et que Sylvette puisse rapporter ce formidable objet en souvenir.

Après Shigatse, située à environ 4000 mètres d’altitude, on monte encore un peu pour quelques jours. Nous allons à Sakya, visiter le monastère qui a pour spécificité d’être gris (avec des rayures rouge et blanches), d’avoir des grands lamas qui se succèdent de père en fils et d’abriter une immense bibliothèque avec les livres sur les fondements du bouddhisme : en sanscrit et leur traduction en tibétain. La bibliothèque est cachée derrière un grand Bouddha et n’a pas été trouvée (et donc détruite) pendant la révolution culturelle car il est important de signaler que beaucoup de choses ont été détruites dans les monastères au Tibet pendant la révolution culturelle. Et après l’étape à Namtso, c’est à partir de là qu’on va vraiment avoir froid au mois d’octobre.

Après Sakya, nous partons pour notre plus longue journée de route du voyage : direction le camp de base de l’Everest. Côté népalais, on accède au camp de base par trois semaines de trek, côté tibétain, on y va en voiture. Après la route, c’est encore de la piste. Mais des travaux sont en cours et l’an prochain une route goudronnée devrait faciliter encore plus l’accès. Les quatre heures de piste sont épuisantes. La différence entre le mois de septembre et le mois d’octobre c’est la fréquentation, et donc les contrôles. En septembre, on descend tous du bus pour aller dans une tente se faire vérifier par les autorités, on dort au campement dans une grande tente et au milieu de la nuit on peut voir les lampes torches des policiers qui sont entrés pour compter combien de personnes sont présentes, et pour aller un peu plus loin que le camp il faut payer des navettes qui autorisent à passer une heure sur place… En octobre, il n’y a aucun contrôle, aucune navette, le camp est démonté et on dort près du monastère de Rombuk, le monastère le plus élevé du monde à plus de 5000 mètres d’altitude.

L’hébergement au camp de base s’est fait sous tente en septembre : une grande tente avec un poêle au milieu (toujours chauffé avec des excréments) et tout le monde qui dort autour et en guest house en octobre car le camp était démonté. Guesthouse ne veut pas dire plus de confort, au contraire : ça signifie pas de poêle et donc pas de chauffage et quand on se réveille et qu’il fait zéro degrés à l’intérieur (dehors avec le vent, on ne veut même pas savoir), on n’a pas envie de sortir de ses trois couvertures, même pour aller au toilettes car on a bu de l’eau chaude et qu’en altitude il ne faut pas oublier de s’hydrater. Gilles, si tu cherches des idées de vacances là où il fait froid, tu peux t’éloigner des pôles : la hauteur, ça marche aussi.

Après avoir eu la chance de voir le toit du monde au lever du soleil en septembre, et au coucher et au lever en octobre, on redescend au bout de la piste au petit village de Tingri : quelques boutiques, hôtels et restaurants le long de la route Lhassa-Kathmandu, une vieille ville, un colline avec au pied une base militaire. On ne s’arrête pas à Tingri pour son confort hôtelier (hum …) mais pour la magnifique vue sur les montagnes environnantes. En effet, la limite du camp de base de l’Everest, c’est qu’on ne voit que l’Everest et pas grand chose autour. En revanche, de Tingri, on voit une grande partie de chaîne de montagne, dont le Cho Oyu que j’aime bien.

Au mois de septembre, à Tingri, nous avions fait demi-tour pour aller prendre l’avion à Lhassa. En effet, l’itinéraire avait été revu après le glissement de terrain au Népal qui avait détruit la route : tout un pan de montagne s’était effondré dans la rivière et comme c’était encore la saison des pluies de ce côté-ci de l’Himalaya, les travaux pouvaient difficilement avoir lieu. A Kathmandu on m’a dit que si c’était en Chine, ça aurait été réparé super rapidement mais le Népal n’a pas les mêmes moyens, notamment en ce qui concerne l’entretien des routes. Ceci dit, les chinois aurait pu aller réparer la route côté Népalais puisque c’est la Friendship Highway essentielle pour le commerce : au mois d’octobre on a pu observer encore tout plein de camions en file pour passer la frontière. Et on a vu le résultat du glissement de terrain : impressionnant. En fait la route n’a pas été reconstruite à proprement parler : du côté du glissement de terrain, un passage avait été aménagé et la route était utilisée pour les véhicules qui montent. Pour la descente vers Kathmandu, les véhicules empruntaient une étroite piste aménagée de l’autre côté de la vallée.

Nous avons donc pu faire le tour complet et après Tingri, nous sommes allés passer le col de Nyalam Thong La à 5126 mètres d’altitude où la vue sur les montagnes (et notamment le Shishapangma, non visible depuis Tingri) est magnifique. C’est ensuite que la vraie descente allait commencer et pour la première fois depuis plus de deux semaines on allait retourner en dessous de 3000 mètres. On le remarque tout de suite avec la réapparition de la végétation. Il fait également plus chaud, et plus humide sur ce versant. Nous longeons la vallée de Nyalam jusqu’à la ville frontière de Zhangmu, elle non plus pas réputée pour ses infrastructures hôtelières.

Pour quitter le Tibet, notre guide nous emmène à la frontière, où nous passons les formalités douanières avant de traverser en marchant le pont qui nous mène au Népal de l’autre côté de la vallée. La partie népalaise du voyage (Kathmandu) fera l’objet d’un prochain article, rapide.

Un point sur la gastronomie, dont je n’ai pas encore beaucoup parlé, à part les petits-déjeuners, les petits pains et le gâteau chinois. Traditionnellement, la cuisine tibétaine est assez limitée et constituée de tsampa, de thé salé au beurre de yak, de thukpa (soupe de nouille) et de momos (végétariens ou à la viande de yak). Mais les chinois (les han notamment) reçoivent des primes pour aller s’installer au Tibet et nombreux sont ceux qui ont tenté leur chance en ouvrant un restaurant, en particulier des sichuanais. Petite parenthèse au passage : certains chinois viennent tenter leur chance et repartent dans leur région d’origine au bout d’un an ou deux car ils ont du mal à s’habituer au climat et à l’altitude. La cuisine chinoise est plus variée que la cuisine tibétaine et nécessite d’autres ingrédients. Par conséquent, l’agriculture a été diversifiée au Tibet (sous serre aux alentours de Lhassa par exemple) et pour ce qui ne peut pas y pousser, il y a le train jusqu’à Lhassa et maintenant jusqu’à Shigatse qui simplifie l’acheminement des denrée. Et les routes sont bonnes : le reste de l’approvisionnement se fait donc par camion. La plupart des restaurants chinois ont tous la même carte et des grandes tables qui tournent, et on y commande des plats divers à partager. Pour que tout le monde soit content, on prend de la viande (porc, poulet, yak), des légumes (choux, aubergines, pommes de terre, haricots …), des œufs à la tomate, une soupe, du tofu, et le piment à part (pour moi). On mange tout ça avec le riz dans notre bol qui fait dinette et on boit le thé au jasmin servi dans des gobelets en carton. La qualité est inégale : toujours acceptable et même parfois c’est juste super bon alors qu’on est au milieu de nulle part.

Nous avons aussi été manger dans quelques gargotes tibétaines : des bonnes soupes de nouilles et même tout un assortiments de plats super bons dans un restaurant de Tstetang où notre guide nous avait conduit. Dans ce genre de restaurants où les locaux boivent leur thé, nous étions une attraction !

Au Tibet la viande de yak est partout, et à toute les sauces : momos et soupes au yak, évidemment mais aussi steak de yak, tarte au yak, pizza au yak, yak bolognaise, yak strogonoff, pot au feu de yak, yak byriani …

A Lhassa, on trouve aussi les cuisines des régions voisines, des burgers et de la cuisine italienne, ce qui permet de varier un peu les menus pour ceux qui le souhaitent. Mais franchement, en Asie ils font quand même mieux les nouilles que la pasta al dente et je me contente facilement du local (les fameux momos!).

J’ai encore plein de choses à raconter, mais je trouve que je suis déjà beaucoup trop bavarde. Si vous en voulez encore, les photos sont commentées !

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La police au Tibet

Comme je mets un temps fou à trier les photos du Tibet, je commence par le sujet sur lequel il n’y en a pas ! Ah si … juste une prise par erreur. Ceci est un nouveau teaser de l’album à venir sur les chinois en vacances.

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Le 110 est partout. Mais il est interdit de photographier tout ça, sinon c’est notre guide qui a des problèmes (risque de perte de travail ou de prison).

Ceci dit, les policiers ont l’air plutôt détendus et sympathiques avec leurs lunettes de soleil. Ils sont tellement nombreux qu’ils n’ont pas beaucoup de travail et passent beaucoup de temps à jouer avec leur téléphone portable. Dans la police au Tibet il y a des « chinois » (la majorité) mais aussi des Tibétains.

Dans les villes, ils ont des sortes de grosses casernes avec un garde à l’entrée qui ne bouge pas. C’est par exemple le cas à Tsetang où il est difficile de se retenir de prendre une photo quand le garde est sous un parasol avec des pandas dessus. Deux fois j’ai accompagné notre guide à la caserne de Tsetang pour aller faire les permis : un grand building avec beaucoup d’espace vide, des néons et du carrelage. On y remplit plein de papiers (informations sur les participants, itinéraire, dates du voyage) qui sont photocopiés, tamponnés, recopiés, signés tout plein de fois puis classés pour arriver à ça :

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Dans les villes et les villages, des petits postes sont à tous les coins de rue (littéralement). C’est ceux-là qu’il est parfois difficile d’éviter de photographier sans le faire exprès ! Par conséquent, je ne pense pas que l’insécurité soit un problème au Tibet. Les tensions doivent sans doute exister, sinon ce déploiement de forces de l’ordre ne serait pas là, mais en tant que touriste on ne s’en rend pas trop compte (ils sont forts ces chinois !), beaucoup moins qu’au Xinjiang par exemple où ça m’avait marqué. Le seul endroit où la présence de la police est pesante c’est au monastère de Ganden, où il y a eu des émeutes à plusieurs reprises dans le passé. Perdu dans les montagnes à quelques heures de route de Lhassa, le monastère de Ganden est entouré d’un parking, d’une épicerie, d’un restaurant tout pourri et … d’une caserne presque aussi grande que le monastère. De plus, des caméras de vidéosurveillance filment tout ce qui se passe et comme si cela ne suffisait pas, il y a plein de gardes armés sur les toits.

Sur les routes, les contrôles sont nombreux : parfois c’est pour vérifier les permis des touristes et/ou les identités des voyageurs mais il s’agit pour la plupart de points de contrôle de vitesse. En effet, des limitations ont été mises en place au Tibet suite à quelques accidents de cars de touristes chinois et taïwanais. Elles vont de 40 km/h en ville à 80 km/h sur l’autoroute entre l’aéroport et Lhassa. Et pour les faire respecter il y a bien évidemment des radars (notre chauffeur avait un détecteur : une voiture en plastique doré planquée sous un chiffon à l’avant du véhicule) mais aussi des points de contrôle : le véhicule est enregistré à un endroit et on ne doit pas arriver à telle ou telle destination avant une certaine heure – dans ce cas on peut par exemple, quand cela est possible, rouler un peu vite et s’arrêter déjeuner entre les deux. Les limitations sont différentes pour chaque type de véhicule : c’est pour les minibus et cars de touristes qu’elles sont le plus sévères. Un local a le droit de rouler deux fois plus vite, et les voitures de police peuvent aller encore plus vite. Un fait assez marrant (ou pas), c’est que pour tous les cars de touristes avec plus de vingt personnes (y compris chauffeur et guide), il est obligatoire d’avoir un policier à bord !

Les forces de l’ordre surveillent aussi… les voies ferrées, comme par exemple celle qui relie Lhassa à Xining (Qinghai). Sur la route du lac Namtso, nous voyons passer quelques trains mais nous voyons surtout les postes de surveillance le long de la voie (une petite cabane environ tous les cinq cents mètres) pour la protéger contre d’éventuels actes de vandalisme (terrorisme ?). La pose de bombes n’est pas du tout dans la culture tibétaine, mais cela dissuade carrément de s’inspirer des terroristes ouïgours si jamais quelqu’un voudrait détruire le principal moyen de transports utilisé par les chinois des autres provinces pour venir visiter le Tibet, mais aussi s’installer ici. Dans les faits, ce sont sans doute ces policiers ou militaires qui passent le plus de temps à jouer aux cartes ou avec leur téléphone portable.

Outre la police, on croise aussi dans une moindre mesure, l’armée. Du toit du Jokhang on pouvait les voir faire du kung fu sur un toit voisin le matin ! Et il y a des bases militaires un peu partout, même dans le tout petit village de Tingri.

Voilà l’essentiel sur un sujet pas très intéressant et non illustré. A bientôt pour la suite !

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Retour en Chine (et à Yangshuo) #3

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Pour toutes les photos, c’est sur Flickr.

Cela fait déjà plus de deux semaines que je suis en Chine et je n’ai toujours pas fini de trier les photos du Tibet… Il faut dire que j’ai été bien occupée !

De Kathmandu, j’avais un vol pour Kunming où j’ai passé la nuit avant de poursuivre ma route le lendemain matin. Sur les vols Kathmandu-Lhassa, je n’avais pas profité de belle vue sur l’Himalaya, mais là, c’était WAOUH WAOUH WAOUH trop beau au coucher du soleil. J’avais mon siège préféré couloir près des issues de secours donc je pouvais me pencher en avant pour voir un peu par le hublot… Ensuite, j’avais prévu de passer la nuit à l’aéroport car mon vol était tôt le lendemain matin. Mais j’avais déjà passé la journée à l’aéroport de Kathmandu (le vol Malaysia Airlines de mon groupe était bien avant le mien et pour la première fois de ma vie je suis arrivée dans un aéroport sept heures avant de décoller) et ça caillait dans cet immense aéroport et j’en avais marre du froid. Alors finalement je vais dans un hôtel pas loin dormir cinq heures. Le matin, ce que je craignais arriva : j’étais complètement dans le gaz et oublie mon petit sac bagage à main dans la navette. Mais ce qui ne serait jamais arrivé en France arriva : par réflexe (déformation professionnelle de mon travail d’accompagnatrice), j’avais pris la carte de l’hôtel, je les appelle et le chauffeur m’a rapporté mon sac (avec dedans accessoirement ordinateur et nouvel appareil photo) juste à temps pour aller prendre l’avion. Ouf.

Comme au retour du Cambodge, c’est par Shanghai que j’ai fait un détour pour le week-end histoire de voir des gens, d’aller à la piscine et de manger un peu différemment : cette fois-ci je ne me suis pas mise aux fourneaux, situés à l’extérieurs de l’appartement, comme dans beaucoup d’immeubles shanghaiens. Je n’étais pas au courant de cette particularité et en cherchant l’appartement de Phounkeo et Benito, qui m’ont gentiment accueillie cette fois-ci, je croyais que j’allais me retrouver dans un restaurant, mais ce n’était que les voisins qui cuisinaient !

Niveau gastronomie, à Shanghai, on trouve des bons restaurants mais j’en ai aussi profité pour manger plein de baozi, ces petits pains farcis cuits à la vapeur que l’on achète dans la rue. Evidemment, lorsqu’on est végétarien en Chine, l’une des premières choses qu’on apprend en chinois, c’est comment s’assurer qu’il n’y ait pas de viande dans les plats. Pour l’instant je crois avoir fait un sans faute et, en parlant des baozi, lorsqu’on me dit « dou shi sushi de », hé bien j’en prends un de chaque ! Je me suis aussi régalée avec une glace dans le petit quartier pour touristes de Tianzifang : c’est très mignon et on trouve plein trucs à acheter (ou pas), par exemple la perche pour les selfies : a-t-on ça en France ? Teaser : un album photo sur les touristes chinois qui posent / sautent sur des photos et selfies est en cours.

Mais Shanghai, c’est aussi l’occasion de se promener à vélo dans les petites rues bordées de platanes de la concession, où les époques semblent se mélanger bien plus que chez nous : les véhicules modernes croisent des vendeurs poussant leur chariot à roulettes, boutiques d’artisans et de téléphonie mobiles sont voisines… C’est ma troisième fois en Chine depuis le début de l’année et c’est aussi ma troisième fois à Shanghai (en tout) et je n’étais encore jamais allée à Pudong auparavant (hormis passage à l’aéroport) où ce n’est pas du tout la même ambiance : grandes avenues, belles voitures, immenses bâtiments et que de la modernité !

Troisième fois à Shanghai donc, et c’est aussi ma troisième fois à la piscine de Dong’an Lu (la seule que je connais) où je commence à avoir mes habitudes. Après deux mois sans nager, ça me manquait tellement que je savais que j’allais payer le supplément pour dépassement de l’heure et demie réglementaire. En effet, j’ai nagé plus de deux heures et pour la première fois je n’étais pas essoufflée mais ai fini par avoir bien mal aux bras. Après avoir passé presque deux mois entre 3500 et 5500 mètres d’altitude, j’avais fait le plein de globules rouges mais après presque deux mois sans faire beaucoup d’exercice (un peu de marche en trek et peu de taichi) je n’étais plus très en forme.

J’ai donc passé trois jours à Shanghai avant la journée de transport pour « rentrer » à la campagne. Bien décidée à ne pas arriver au milieu de la nuit cette fois-ci, j’ai pris un vol vers midi, qui s’est enchaîné sans attente avec le car direct pour Yangshuo (nouveauté !) où j’étais tellement contente d’arriver que j’ai eu envie de marcher jusqu’à l’école de taichi : maintenant qu’ils ont déplacé la gare routière au nord de la ville, ça fait environ une heure de marche quand on a un sac d’une vingtaine de kilos. J’arrive pile pour le repas du soir à 18h, parfait.

Ma première impression « mais qu’est-ce qu’il fait chaud ici » n’a pas duré très longtemps. J’ai eu droit à une bonne dose de froid ces deux derniers mois donc il y a sans doute eu un effet contraste car tout le monde avait l’air de bien cailler. Il s’est ensuite mis à pleuvoir et là j’ai vraiment senti le froid et l’humidité avec la lessive qui ne sèche pas même étendue pendant trois jours. On ne peut pas dire que le chauffage est le point fort de l’école de taichi : il y a des climatisations réversibles qui font du bruit et ne sont pas hyper efficaces donc que je n’utilise pas trop. La prochaine fois que je reviens (en décembre) je demanderai une deuxième couette car il en faudrait une dessous et une dessus : là je dors enroulée dedans tellement le lit est dur. Sur les conseils de mon amie Christine, qui est venue passer une petite semaine ici pour ses vacances, je vais avoir une couverture électrique chauffante : j’ai demandé à la copine de Master Fu, une pro du shopping sur internet, de m’en commander une sur tao bao. Et puis j’ai mes chaussons rapportés du Tibet : impossible d’en trouver des roses ou des violets dans ma pointure, et j’ai dû me contenter de bleu marine, mais ils sont top ! Après deux hivers passés en UGG pour cause de pied cassé puis de petit orteil tordu, j’ai trouvé l’équivalent tibétain, sans cuir et beaucoup moins chers, c’est que du bonheur. Du Tibet (à Shigatse), j’étais aussi allée à la Poste pour envoyer plus de trois kilos de belle laine à moi-même dans le Guangxi, ce qui avait étonné les gens de la Poste… Je devrais peut-être renommer le blog taichi & tricot car je suis bien décidée à tricoter plein d’écharpes pour tous mes potes d’ici.

Au niveau du taichi, on a commencé par corriger tous les détails oubliés et toutes les mauvaises habitudes prises depuis que j’étais partie début septembre. Il doit y en avoir encore pas mal car au bout de deux semaines, j’ai déjà bien mal aux genoux et ça m’énerve un peu. Et pour moi qui mets toujours trois plombes avant d’être échauffée, avec les basses températures (et l’humidité et le petit vent), j’ai l’impression d’être à froid tout le temps, c’est à dire pas flexible pour un sous et ça tiraille vite… Bientôt il faudra que j’aille faire un jogging avant les cours ! J’ai couru un peu le samedi, ce qui n’a pas dû arranger tout ça. Bref, je voudrais faire un semi-marathon en Asie et ce ne sera pas pour tout de suite. Sinon à l’école, il y a un nouveau prof, Moyu, qui n’est pas vraiment nouveau mais que je n’avais jamais vu et A Qiang n’est plus là. A Wei et Lao Wu sont toujours là, ainsi que Master Fu, évidemment. Concernant les élèves, il y a toujours les mêmes : la jeune maman et son bébé (qui, à un an et demi, commence à faire des mouvements de taichi et à manier la hallebarde : c’est super lourd), le professeur de badminton qui vient le week-end et qui parle toujours aussi fort, Leon (et Sasaki qui est rentrée de ses vacances en Thaïlande). Mon amie Christine est venue une semaine, l’occasion de faire une sortie à Yangshuo pour acheter des trucs, commander mon gâteau d’anniversaire (Christine s’est démenée pour qu’ils le livrent dans le bled limitrophe où est située notre école) et aller dîner dans un resto bio végétarien avec son amie Katy, une Belge fort sympathique qui était partie en congé sabbatique ici il y a six ans et qui n’est jamais rentrée. Il y a aussi des nouveaux : Shuki, jeune retraité de Jérusalem, qui vient ici un mois par an et Peter, un photographe écossais qui vit à Malte mais plutôt partout ailleurs en ce moment.

Je serais bien restée tranquille à faire ji ben gong, lao jia yi lu et un peu de tui shou de temps en temps (le tui shou, je pense qu’ils n’ont jamais eu d’élève aussi nul que moi : heureusement qu’ils arrivent à rendre ça un peu ludique et qu’on rigole) mais on ne m’a pas laissée tranquille du tout : un après-midi, je me retrouve au milieu de tout le monde, avec un sabre dans les mains à devoir faire le petit enchaînement qui ressemble à ça. Bref, ça sautait partout en brandissant des sabres dans tous sens, et j’essayais de faire pareil. Finalement, tout le monde s’en est sorti indemne. Les jours suivants on a un peu détaillé les mouvements, et en fait, c’est trop marrant le sabre : ça donne un peu de contenance d’avoir une arme à la main et ça réchauffe presque autant que le kung fu !

Dimanche, afin de reprendre un rythme « habituel » (semaine kung fu, samedi jogging, dimanche piscine), je suis allée nager. Leon m’avait parlé d’une grande piscine au centre sportif de Guilin et je voulais aller vérifier qu’elle faisait bien 100 mètres de long : après tout, en Chine, tout est possible ! Shuki, habitué à aller à Guilin le week-end, était motivé pour venir avec moi afin de voir quelque chose de nouveau, même si je voulais y aller tôt, nager plutôt longtemps et faire du shopping l’après-midi (des joggings chauds et qui sèchent vite – j’aime bien le côté vintage 80’s des joggings chinois). Je mets donc le réveil à 6h30 pour partir en petite excursion : je récupère Shuki à son hôtel en ville, on va à la gare routière prendre un petit déjeuner rapide (baozi et soupe de nouilles) et après quasiment deux heures de car on arrive à Guilin et on se met en route vers l’immense centre sportif. Le chinois reste encore du chinois pour moi, mais j’arrive à reconnaître sans problème les trois caractères de youyongchi (les bases de survie dans le pays quoi …). 3h30 plus tard nous voilà donc à l’entrée, qui ne coûte que 15 RMB. Avant de nous vendre le billet, une dame nous fait comprendre que l’eau est froide, zenme leng ? 17 degrés : tout ça pour ça ! Le bassin plus chaud ouvrira une heure plus tard. Bref, on va commencer par la piscine froide et ensuite on ira dans la chaude… La piscine à 17 degrés était un magnifique bassin olympique (et non pas de 100 mètres de long – Leon est un chinois marseillais) en extérieur. C’était désert et, contrairement à Shanghai où il y a dix surveillants pour une piscine de taille identique, celle-ci n’était surveillée que par un gars en doudoune. Je ne sais pas s’il se serait jeté à l’eau pour venir me sauver, mais il a été très serviable en réglant mon problème d’élastique de lunettes que je n’arrivais pas à remettre avec mes doigts qui tétanisaient de froid. Shuki a préféré ne pas rentrer dans l’eau et au bout de 25 minutes, il était temps d’aller dans la partie couverte où il y avait un petit bassin (25 mètres où on a pieds tout le temps) un peu plus chaud. Entre les deux je serais bien passée sous une douche chaude ou un jacuzzi à 40 degrés pour me réchauffer mais il n’y avait ni l’un ni l’autre. Pour la douche chaude, il fallait une carte mais comme il n’y avait personne chez les filles, je n’ai pas pu en demander une. Bref, on a nagé une heure, avec une ligne d’eau par personne : nickel. Il y avait un gars qui était trop fort et qui traversait le bassin super vite en cinq mouvement de papillon. J’ai pensé qu’il était peut-être un peu célèbre (ou avait au moins fait des compétitions internationales) car il s’est pointé au bord du bassin en sweat rouge avec China écrit en jaune dessus et il avait un bonnet Canada qu’on lui avait peut-être filé.

Ensuite on s’arrête manger dans un restaurant classé catégorie C niveau hygiène… Disons que le sport et le grand air ça doit développer les défenses immunitaires car je n’ai pas encore été vraiment malade depuis mon départ: malgré tout le froid et tous les avions, même pas un rhume (mon problème habituel) et gastriquement parlant, juste une grosse indigestion de gâteaux à Lhassa : je voulais tous les goûter et c’était juste beaucoup trop et beaucoup trop gras et plein de crème. Au quotidien, je mange tellement sain que mon corps ne devait plus être habitué ! J’avoue qu’en ce moment à l’école de taichi, je craque un peu sur les petits gâteaux à la pâte verte de haricots ou les brioches pas bien cuites aux haricots rouges, c’est juste trop bon.

L’après-midi, c’est parti pour une session shopping : Shuki prenait des photos de trucs à potentiellement rapporter à sa famille pour vérifier si ça leur plait et a halluciné sur ma rapidité à acheter des vêtements. Maintenant j’ai deux nouveaux pantalons de jogging noirs, et en rose un polo, un sweat, une veste à capuche et j’ai aussi pris une veste à capuche aux couleurs nationales, le tout entre la taille XL et la taille 3XL. Je crois que ça me manquait le shopping : j’en ai fait jusqu’à avoir sur moi juste assez de cash pour mon billet de bus retour. Comme j’avais dit que j’allais rentrer pour le dîner et que j’avais des RDV Skype, je rentre avant Shuki. Mon jeune voisin de car (A Zhong An) engage la conversation (= grosse galère quand même) et tient absolument à me présenter sa petite amie qui vient d’acheter une Mercedes : ils vont venir me chercher samedi à l’école de taichi pour me faire visiter la région en Mercedes. A Zhong An doit avoir une vingtaine d’années, il veut devenir businessman pour gagner beaucoup d’argent et travailler aux Etats-Unis avec les Juifs et serait ravi de rencontrer Shuki. En attendant il ne parle pas un mot d’anglais donc ça promet de faire bien mal au crâne une journée avec eux. Je me demande donc si samedi je n’ai pas plutôt envie de faire la cuisine ici et d’aller faire un tour de vélo dans la région car c’est mon dernier week-end ici. Hé oui, mon visa expire la semaine prochaine et il faut que j’aille en refaire un autre : une bonne occasion d’aller un peu au soleil… Et puis j’ai aussi encore plein de photos à trier 🙂

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