Il y a un an : dernières semaines en Chine – vélo, taichi et raviolis

Toutes les photos sont en ligne sur Flickr.

Après le départ de mes pax Adeo et une session piscine à Taipei, c’est à mon tour de quitter Formose et de « rentrer » une dernière fois en Chine. Direction l’école de Master Fu, bien sûr, mais avec deux arrêts logistiques à Shanghai. A Shanghai, on se croirait presque en Italie : pizza, fromages, glaces : que du bonheur. A la fromagerie, je me suis sentie un peu bête pendant un instant, ne sachant pas trop en quelle langue parler au vendeur : chinois, anglais ou italien ? Les quelques mots en italien ont eu du mal à sortir, mais c’était suffisant pour faire mes petites courses, parmi lesquelles du gorgonzola à tomber par terre. Se préparer au retour, c’est aussi se réhabituer progressivement à manger certains aliments ! Un arrêt à Shanghai, c’est toujours l’occasion de revoir Béatrice, que je n’avais pas revue depuis début novembre. Cette fois-ci ce sera pour un déjeuner près de son travail dans un truc bio écolo veggie. Mais aussi pour un peu de logistique : lui acheter un billet pour un spectacle près de chez elle là où les horaires d’ouverture n’excèdent pas ses horaires de travail. En ce qui me concerne, la logistique consiste à laisser un bagage chez Béatrice ! Comme elle avait déjà de la visite à ce moment là, j’allais loger chez Phounkeo (rencontrée lors de ma toute première fois chez Master Fu en 2013) et son copain Benito, qui sont adorables et vivent en Chine depuis des années. En cherchant leur appartement, dans un vieil immeuble, je dois traverser toutes les cuisines sur le palier dans le couloir. Ambiance typique assurée hihihi. Ils ont été super sympas de me laisser leur appart trop mignon (ça adoucit la transition après Taïwan) puiqu’ils partent en vacances à Hainan quelques heures plus tard.

Après une nuit sur place, je m’envole déjà pour Guilin afin de faire une nouvelle fois trois bonnes semaines de taichi avant le vol de vrai retour le 19 avril. Le vol arrive à l’heure et, chargée de mon bagage à mains uniquement, je cours au guichet des cars (normalement j’ai deux heures de battement pour avoir le dernier car pour Yangshuo, mais on ne sait jamais, les horaires ont peut-être changé depuis le temps et je ne veux pas avoir à faire aux chauffeurs de taxis qui m’avaient énervée la première fois). C’est là que j’entends quelqu’un qui m’appelle « Emilie ! Emilie ! » : en phonétique ça donne « ail mey li » et en chinois 爱 美丽 comme « amour beauté », je me demande si c’est moi que l’on appelle mais après tout le temps passé ici, je reconnais bien mon joli prénom. Il faut dire que je ne passe pas inaperçue au milieu de tous les chinois mais ça me donne l’impression d’avoir une petite notoriété dans le coin !

Qui est-ce ? C’est Sisi, la spécialiste des saucissons, amie et élève de Master Fu qui habite à Guilin et s’occupe d’adoptions d’enfant chinois !!! Elle est à l’aéroport pour attendre un couple d’Américains et leur fille de dix-sept ans, qui revient pour la première fois dans son pays natal après l’avoir quitté lorsqu’elle était bébé. J’achète mon billet, et comme le vol des américains est en retard et que le car est dans plus de deux heures, je suis bien contente d’avoir la compagnie familière et très sympa de Sisi. Une photo et quelques messages envoyés à Master Fu sur Wechat plus tard, les plans ont changé : je me fais rembourser le billet de car, Sisi et la famille me déposeront à la sortie de l’autoroute où Master Fu himself vient me chercher, accompagné de A Wei. Le bonheur de se retrouver après plus de deux mois est réciproque. Quelques dizaines de kilomètres en voiture leur évitent de devoir m’accueillir tardivement un peu après minuit. Voilà comment je suis arrivée à l’école de taichi deux heures plus tôt que prévu. Superbe accueil !

Et c’est reparti pour quelques semaines d’entraînement... avec focus sur le 74. On me dit qu’apprendre l’épée pourrait m’aider à allonger les mouvements. Mais je n’ai aucune idée de quand je serai de nouveau ici (certains parient sur le mois d’août…) alors il faut que je puisse travailler le 74 le mieux possible. Après deux mois sans professeur, j’ai grand besoin d’un rafraîchissement et cette dernière fois, il faudra vraiment que je pratique beaucoup, au mieux, et que je mémorise (et note) un maximums d’erreurs courantes et de détails. Impasse sur Lao Jia Er Lu, sabre et épée donc. Je pensais qu’en Chine on faisait beaucoup de bases mais je trouvais justement qu’on n’en faisait pas assez alors j’ai demandé ! Ji Ben Gong, Lao Jia Yi Lu, Ji Ben Gong, Lao Jia Yi Lu, Ji Ben Gong, Lao Jia Yi Lu… Tel est mon programme de taichi pour mes trois semaines à venir. Avec aussi une petite heure de boxe tous les soirs avec Leon afin d’avoir une condition physique à peu près acceptable pour la reprise du kung fu en mai. Ça fait bizarre de préparer un retour, mais toutes les bonnes choses ont une fin.

Pour agrémenter cette routine, je fais la connaissance de merveilleuses nouvelles personnes comme Deng Hui, une amie de Sisi, Lao Lu, élève de Master Fu et pratiquant quotidien depuis plusieurs dizaines d’années, Zhang Zhang, jeune fille de Wuhan pleine d’entrain et de bonne humeur et Isabelle, une française qui a passé presque toute sa vie hors de France et vit désormais à Hong Kong. Et d’autres personnes de passage moins d’une semaine comme Audrey et Karine de Rêves et Sac à dos,  en vadrouille pendant deux ans et enfin deux jeunes norvégiennes hyper gentilles et un peu baba cool. Zhang Zhang est pleine d’initiatives et un soir on va se promener juste derrière l’école (la route que je n’avais encore jamais empruntée) et je découvre la présence de la salle de badmington. Un autre après-midi, on ira déjeuner chez ses potes et voir des chiots, trop mignons.

Mais n’oublions pas mes amis habituels qui auront marqué mes nombreux séjours à l’école depuis l’été et que je remercie du fond du cœur (même s’ils ne liront jamais ces lignes, c’est ça aussi la barrière de la langue – je leur faire passer le message et quelques photos sur Wechat) : Master Fu, sa copine Hui Hui, les profs Lao Wu, A Wei (Moyu était parti passer son permis), Lao Zhang le cuisinier, Viktoriya, Xiao Zhang aka Leon, Chen Xiansheng le professeur de badminton à la Mercedes (que je commence à peine à comprendre quand il parle) et Bai Yun la jeune maman, et son bébé qui est en train de me dépasser en termes de vocabulaire et qui a été un super compagnon d’apprentissage du chinois et de rigolades. J’adorais quand il m’appelait A Yi. Tous vont me manquer.

En effet, ce dernier séjour, comme les précédents, est agrémenté d’excellents moments dans cette belle région où je commence à avoir mes petites habitudes et où refaire les mêmes choses est un bon moyen de boucler la boucle. Et je laisse des choses à faire dans le coin exprès (comme le célèbre spectacle sons et lumières) car je sais que j’y reviendrai un jour.

A l’école, on a fait deux fois des jiaozi, c’est toujours aussi convivial et bon !

Je suis retournée à la plantation de thé à vélo, avec Leon cette fois-ci. Je voulais aller au célèbre point de vue d’où sont prises des photos de cartes postales de la rivière mais on n’a jamais vraiment bien compris où c’était et comment y aller. Ahahah encore une bonne occasion de revenir – enfin on n’a pas non plus cherché très longtemps puisque la plantation de thé c’est très bien aussi, et j’allais en profiter pour faire du shopping de thé dit bio. Il ne faisait pas aussi chaud que la dernière fois avec David mais suffisamment pour transpirer un max à la montée, heureusement qu’on avait acheté nos grosses bouteilles d’eau au bord de la route en partant !

Un autre jour, Isabelle est venue avec Leon et moi pour faire la balade à vélo : dans la campagne de l’autre côté cette fois-ci. La météo était idéale et quel bonheur de terminer la promenade par une délicieuse glace !!

Cette fois le centre de massage était fermé pour travaux et je n’en ai pas testé un autre de peur d’être déçue (=qu’ils n’appuient pas assez fort). Mais j’ai fait un autre truc qu’on trouve maintenant presque partout mais surtout en Chine : sur une bonne idée d’Isabelle, après un peu de shopping en ville (je voulais trouver un petit cadeau pour l’anniversaire de Leon), on s’est arrêtées faire une fish pedicure. Je n’en avais jamais faite à proprement parler, à part une fois en Inde à l’état sauvage dans un bassin où les petits poissons ne mangeaient pas que les peaux des pieds puisqu’on pouvait s’y immerger complètement et se baigner dedans : ça chatouillait bien partout ! A Yangshuo, les boutiques avec rangées d’aquariums sont nombreuses et c’est presque étonnant que je n’y soit pas allée avant. Je choisis l’aquarium avec les gros poissons car ils paraît que c’est plus efficace et que ça chatouille plus, ce sera donc plus rigolo. En effet, c’était marrant, et j’étais bien contente que le poisson mort se trouve dans un des aquariums voisins (pas celui d’Isabelle non plus, ouf), la dame l’a attrapé avec une épuisette avant de le mettre dans la poubelle. Au delà du drame du poisson mort et des chatouilles, la fish pédicure serait réputée pour avoir plein de vertus. On y croit, ou pas.

Lors de ce séjour, je suis allée pas mal de fois en ville : pour acheter des trucs, et même juste pour voir tous les touristes, les kitcheries, et les bars et resto de karaokés animés le soir. Une folle ambiance.

Comme je pense beaucoup à ce fameux retour et que j’ai droit à 2×20 kg de bagages en soute avec Aeroflot, je me dis qu’il faut que je ramène des trucs, et des trucs utiles. Après dix ans de bons et loyaux services, ma machine à faire du lait de soja (ou d’amandes, etc.) achetée dans une foire du bio m’a lâchée quelques mois avant mon départ (comme le grille pain, elle faisait disjoncter tout l’appartement quand elle chauffait un peu trop). Je décide d’en acheter une nouvelle. Où ça ? Sur taobao évidemment. J’en parle donc à Hui Hui qui s’avère être tout autant spécialiste des machines à lait que du site de vente en ligne. C’est parfait car étant donné le nombre de modèles, je ne sais pas trop lequel choisir… Elle me conseille de prendre la Rolls de l’électroménager chinois : une Joyung petit modèle qui a en outre plein de fonctions comme le thé, la soupe, ou, très important pour je n’oublie pas le bon goût de mes petits-déjeuners ici : la bouillie de riz. La fonction nettoyage automatique finit de me convaincre. En revanche, ce modèle n’existe pas en rose, je vais donc prendre le vert, qui sera assorti à mon cuiseur de riz rapporté d’Indonésie quelques années auparavant. Je souhaite avoir quelques jours de réflexion avant de commander ce lourd objet et ai quand même besoin de peser mon bazar car j’ai déjà une quinzaine de kilos à récupérer à Shanghai. Hui Hui rentre une semaine chez elle. C’est donc Leon qui se colle à ma commande et fait livrer l’objet chez lui. Quelques jours plus tard, on part le récupérer à l’autre bout de la ville (aller à pieds et retour en mini bus ouvert qui resemble à une rosalie à moteur) et on se pointe trop en retard au cour de l’après-midi. En effet, Leon habite à l’école car l’appartement où Sazaki et lui habiteront quand il sera terminé est encore en travaux. Il est situé à l’autre bout de la ville dans une grande résidence à la chinoise. C’est juste immense : la résidence se compose de dizaines de gros bâtiments et l’appartement fait environ 150 mètres carrés avec presque autant en sous-sol, rien que la salle de bain avec son sauna en annexe et son jardin intérieur doit faire la taille de mon appartement ahahah. Leon me fait le tour du propriétaire et la déco promet d’être de plutôt bon goût pour nous occidentaux (comparé aux standards chinois) et même très chouette et quand j’apprends que le prix au mètre carré est à peu près le même qu’à Paris, mais en RMB plutôt qu’en Euros, ça fait encore plus envie. Et la piscine aussi fait envie : elle est commune à la résidence et il y a des transats autour. Vu la passion des chinois pour les sports aquatiques et l’exposition au soleil, le taux de fréquentation est insignifiant = il n’y a jamais personne dedans. J’en déduis avec une certaine tristesse que le chinois doit être fier d’habiter dans une résidence avec piscine (signe de réussite sociale ?) même s’il n’y va jamais et/ou que ça fait classe de construire des piscines pour rien. Bref… Je suis ravie d’essayer la machine le soir même et de tester les recettes les jours suivants, avec l’aide et les conseils des locaux pour une bonne utilisation. C’est important. En effet, j’ai déjà du mal à comprendre les modes d’emploi en français ou en anglais, alors en chinois, mieux vaut oublier tout de suite. Le soja noir ou vert, c’est quand même pas dingue en lait : mieux vaut le mélanger avec du jaune… Un jour le bébé a joué avec les accessoires de la machine et tout le monde s’est mobilisé pour m’aider à tout retrouver aux quatre coins de l’école… ensuite, je ne la laissais plus traîner !

Finalement, la machine va se retrouver au milieu de mon bazar dans le sac, bien protégée par plein de vêtements de sport chinois achetés en taille XL, 2XL voire 3XL: je kiffe Anta, Erke, Qiaodan et Peak et n’aurais juste pas pu acheter du Nike, Adidas ou Under Armor. Le professeur de badminton à la Mercedes noire serait actionnaire de Peak (ou serait un des patrons de la boîte, je n’ai pas bien compris). Il me dit que la prochaine fois il me filera des trucs mais malheureusement je ne pense pas le revoir de si tôt… Car cette fois-ci, je m’en fais difficilement une raison, je ne serai pas de retour dans quelques semaines ou quelques mois…

Je finis de remplir l’énorme faux sac North Face acheté à Kathmandu avec des souvenirs alimentaires locaux (thé et sucreries, pas très original) et du matériel d’entraînement à l’écriture : pinceaux, tissus pour peindre à l’eau dessus, et quelques cahiers. Je me mets avec sur la balance et il fait presque la moitié de mon poids. Et inutile de dire que je n’ai pas l’entraînement des porteurs népalais pour ne pas me casser le dos. Oups. Heureusement que Leon m’a très gentiment proposé de me conduire à la gare de Guilin Bei (pour m’éviter les galères de l’autre fois avec le car qui va à Gulin Nan). En effet, Leon s’était ouvert le front lors d’une chute (ce n’est pas moi qui lui ai mis un pain dans la face) et doit aller se faire enlever les points de suture à un hôpital près de la gare. Quand le moment du départ est arrivé, après avoir mangé quelques délicieuses crêpes de Lao Zhang pour accompagner mon dernier bol de bouillie de riz, je descends les deux étages avec mon gros sac. Arrivée dans le hall, je me dis que je ne vais jamais réussir à monter avec sur l’échelle de la couchette pour le mettre à plus de deux mètres de haut sur le rack à bagages. Mais je réalise que comme il n’y avait plus de places en haut, j’ai une couchette en bas, il pourra donc rester par terre, ouf. Le métro et la marche à Shanghaï promettent d’être sportifs !

Alors qu’on s’apprête à charger ce monstrueux bagage dans le coffre de la X5 de Leon (oui oui, rien que ça…), A Wei, qui encore une fois semble avoir compris ma peine s’écrie « deng yi xia ! deng yi xia » avant de revenir avec… un diable bien fragile par rapport à mon sac : espérons qu’il tiendra le coup pour son objectif en aller simple : Yangshuo -> Guilin -> Shanghai -> Shanghai Pudong. Pour la fin de l’histoire, il était tellement pratique qu’il est passé par Moscou (dans le sac) avant d’arriver à Genève Cointrin puis à Thonon-les-Bains, et finira même à Paris (voir le prochain épisode).

Bref, il s’agit ensuite de comprendre comment attacher le gros sac sur le petit diable équipé de deux roues, d’un manche télescopique, de rabats sur les côtés et de grosses sangles à élastiques. En gros, c’est un diable en kit. Livré sans le mode d’emploi. On est cinq à se pencher sur l’objet et son montage. La réussite n’est pas au rendez-vous avant que Chen Xiansheng ne vienne mettre fin au problème (clairement, on mettait les trucs à l’envers sans nous en rendre compte : on avait essayé tous les sens sauf celui qui après coup nous paraissait tellement évident) et par la même occasion me dire au revoir. Cela se traduit, comme d’habitude, par la photo de groupe avec les gens qui restent.

Et c’est parti en commençant par un petit tour de X5 : après ceux de Taïwan, j’admire les cerisiers du Guangxi en fleurs, on fait une pause à un garage au bout d’à peine dix minutes car un voyant est allumé. Rien de grave et nous repartons une petite demi-heure plus tard. La traversée de Guilin est plus agréable à bord d’un X5 qu’à l’arrière d’une moto taxi folle en plein hiver. On a le temps de s’arrêter déjeuner à la grande cantine à côté de la gare et j’achète quelques biscuits pour la route. Le diable tient le coup bien que l’installation ait failli se détruire lors d’un passage de trottoir. Leon m’accompagne jusqu’au point de contrôle et de sécurité d’entrée de la gare et est juste super triste que je m’en aille. Moi aussi, mais toutes les bonnes choses ont une fin.

Cette fois, j’ai carrément le temps de profiter de la salle d’embarquement dans la gare (les gares en Chine sont bien mieux organisées qu’en France) : j’attaque les sucreries, fais le plein d’eau chaude et passe quelques coups de fil. Il est temps de monter à bord. Plus qu’une bonne vingtaine d’heures de train avant Shanghai, autant dormir dans le train car le lendemain dans l’avion, ce sera une autre paire de manches. Ce n’est que le début du long retour.

A mon arrivée, je galère un peu avec mon gros bagage sur diable fragile dans la correspondance du métro et à la sortie vers chez Béatrice, qui est en travaux depuis des mois… Une fois le bagage posé, je reste toute cradasse car on enfourche vite nos vélos pour aller déjeuner dans un endroit très chouette et branché que Béatrice avait envie de me faire découvrir. On part ensuite à la découverte d’un nouveau quartier, pour moi : le long de la rivière à Xuhui avec tout d’abord la visite du musée Yuz puis une promenade sur les quais : c’est grand, moderne et bien aménagé, un peu comme le bord de mer à Shenzhen.

Avant de rentrer, j’achète mes derniers baozi aux haricots rouges au stand d’en bas de chez Béatrice et ils me font un excellent dîner. Ensuite, douche (enfin !), réorganisation des sacs pour qu’ils fassent une petite vingtaine de kilos chacun et on va au coin de la rue essayer de choper un taxi pour m’emmener… au car qui va à l’aéroport de Pudong. J’ai trop de bagages pour le métro et plus assez de sous pour payer la course jusqu’à l’aéroport et essaie de l’expliquer poliment au chauffeur. Il ne semble pas savoir où se trouve cet arrêt et voudrait bien m’emmener jusqu’à Pudong. Je me retrouve donc à devoir le guider zheli you zhuan, zai xiage lukou zuo zhuan, qing ting che zai zheli ba. Je veux mettre mes bagages dans le coffre du car, mais le conducteur me fait signe de monter avec : pfffff, je m’arrête au premier rang et essaie de les libérer l’allée centrale, ce qui est totalement inutile puisque je suis toute seule dans le car d’une cinquantaine de places, direct pour l’aéroport !!!

Jamais chariot d’aéroport de n’a été aussi utile et je me sens bien légère après avoir enregistré mes deux gros sacs. Autant j’étais au bord des larmes et m’étais fait un petit coup de stress en partant, autant maintenant qu’il faut rentrer, je me sens déjà nostalgique de tout ce que j’ai pu faire au cours de ce merveilleux long congé. J’ai malgré tout vu pas mal d’aéroports mais étais contente d’être restée dans la zone, sans gros décalage horaire, avec pour plus long vol un Guangzhou-Jakarta. Les deux vols Aeroflot se passent bien et le transit à Moscou était un peu long et dans le coin pourri de l’aéroport par lequel je suis déjà passée presque 10 mois plus tôt. En fin de matinée, j’arrive pas très fraîche à Genève où il faut mettre un pièce pour avoir un chariot à bagages : bienvenu en Suisse ! (mais les transferts en bus ou en train y sont gratuits). Heureusement que mon ami Iain me récupère juste à la sortie et m’aide à tout mettre dans le coffre de sa voiture ! Fouler à nouveau le sol européen procure la double sensation du « home sweet home » et de la page qui se tourne. Une page se tourne mais le récit n’est pas fini : il y aura encore l’épisode du retour, et je vais tenter de l’écrire sans dépasser l’année de retard, gros challenge… 

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A propos émilie

En juillet 2014, je pars en congé sabbatique pour apprendre le taichi en Chine et voyager en Asie et depuis, j'écris ce blog pour donner des nouvelles à ceux que ça intéresse : la famille, les amis, les collègues...
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