<3 Taïwan

Enfin !!!! Je suis rentrée depuis plus d’un mois mais j’ai encore des trucs à raconter.

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Toutes les photos sont sur Flickr.

C’était en Indonésie, lors d’une connexion à internet exceptionnelle aux îles Togeans que j’avais eu la confirmation de mon groupe à accompagner : trois personnes déjà inscites. Mais il allait sans doute y en avoir plus, et effectivement, au final nous étions six. Sans internet sur la petite île de Kadidiri, je pouvais difficilement commencer à préparer le voyage. Mais j’ai eu de la chance : mes voisins de bungalow, Anita et Valera, avaient tous les Lonely Planet en PDF. J’allais pouvoir commencer la lecture dans mon hamac. A Sumatra, je finis de préparer le voyage (réservation d’hôtels, de billets de train, Skype, etc.) et de Bangkok, je m’envole pour Taipei le 4 mars. J’aurais bien aimé prendre la compagnie nationale Eva Air, 100% Hello Kitty, mais je vais repasser par Hong Kong et arrive tard le soir. Le lendemain, je passe la journée à l’aéroport pour récupérer mon groupe : cinq personnes arrivent par trois avions différents. Et le bagage de Gérard n’arrivera que le lendemain par encore un autre avion…

Nous allons passer un peu moins de trois semaines ensemble et faire le tour de cette belle île comme son ancien nom, Formose, l’indique. Nous commençons par Taipei, ses temples, ses marchés de nuit, sa grande tour, ses boutiques (mission numéro un : aller acheter un Lonely Planet pour Marie-France, qui s’est pourtant inscrite au voyage plus d’un an à l’avance), son Carrefour, mais aussi ses environs. J’ai particulièrement aimé notre excursion à Wulai, fief aborigène, mais Wulai ce n’est pas Siberut pour autant ! En effet, s’il y a des aborigènes à Taïwan, l’ensemble des tribus représente moins de deux pour cent de la population. La tribu des environs de Wulai est la tribu des Atayals et le musée nous en apprend pas mal sur leur histoire et leurs coutumes. De Wulai, nous partons faire une promenade à la forêt de Neidong qui est à quelques kilomètres. Notre chauffeur parle un français impeccable avec un accent belge : normal, il a vécu a proximité de chez Martine, la citoyenne belge du groupe ! La balade est l’occasion de marcher en bord de rivière, et d’y voir cascades et oiseaux. L’après-midi, certains prennent le téléphérique au-dessus de la cascade et j’en emmène d’autres faire une promenade de l’autre côté du village jusqu’à un cimetière qui surplombe la vallée. Les tombes sont immenses, avec des terrasses (parfois table, chaises en pierre et barbecue) avec vue sur la vallée et nous remarquons celle du Jim Morrison local, tombe décorée de guitare, de photos de l’artiste, de bouteilles d’alcools et de mégots de cigarettes. Mais Wulai, ce sont aussi des sources d’eau chaude : de nombreux hôtels proposent des locations de chambres à l’heure pour profiter de la baignoire, souvent avec vue. Avec Martine et Philippe, également motivés pour aller se baigner, nous préférons l’option plein air au bord de la rivière au milieu des locaux. Après le plein de chaleur, on peut aller faire un petit plongeon pour se rafraîchir (l’amplitude thermique n’est pas celle d’un sauna en Suède en plein hiver, mais quand même!) et on retourne se mettre un peu au chaud avant de boire beaucoup d’eau et de prendre le bus pour rentrer.

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Nous avons aussi fait une excursion au nord de l’île pour voir les formations rocheuses de Yeliu, sous la pluie et au milieu de tous les touristes.

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Puis nous prenons deux bus pour rejoindre le village de Jiufen. Jiufen est réputé pour sa grande rue et vendeurs de street food (je me régale d’une soupe de gros morceaux de pâtes au taro, haricots rouges, etc. légèrement sucrée) et pour avoir été le lieu de tournage de A city of sadness  de Hou Hsiao-hsien datant de 1989. Nous terminons la journée sans la pluie dans les collines à Jialeshui avec son ancienne mine et ses cerisiers en fleurs.

Après quelques jours avec une météo mitigée, nous prenons le train pour la ville côtière de Hualien. A Taïwan, le train, c’est bien : il y en a tout le temps, ils sont à l’heure et on a beaucoup de place pour les jambes. On peut facilement commander les billets par internet et, si besoin, les changer une fois sans frais. L’intéret de Hulien réside dans l’hôtel où nous allons séjourner deux nuits : il est tout mignon (euphémisme) avec un personnel qui ne parle pas un mot d’anglais mais qui est très très gentil. Le patron arrive même à me trouver un jeune chauffeur pour le lendemain, Tony, qui est au top et se débrouille en anglais. Car le véritable intérêt de Hualien, ce sont les gorges de Taroko situées à proximité. Au programme (plus ou moins sous la pluie) : un arrêt photo vers les falaises de Qingshui, des petites marches, des arrêts photos, des tunnels, des cascades…

L’étape suivante est le sud de l’île : Kenting. Les quelques jours de mauvais temps commencent à me plomber le moral et j’ai attrappé un rhume. Mon groupe arrive de France et de Belgique donc pour eux, c’est forcément dans le bon sens mais moi je viens de passer près de deux mois en Indonésie et en Thaïlande (bam, nouveau choc thermique pas dans le bon sens). Heureusement que le sud va tenir toutes ses promesses : du soleil, du soleil et encore du soleil. Il ne fait pas quarante degrés mais c’est agréable quand même.

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L’idéal pour circuler, c’est le petit scooter : heureusement que j’avais appris à conduire ça quelques semaines auparavant en Indonésie ! On peut y faire des chouettes promenades en bord de mer et à pieds dans les parcs sur les hauteurs (on a vraiment vu les daims) mais aussi se baigner. Si j’y étais en vacances, j’y serais bien restée quelques jours de plus pour y faire du surf et de la plongée mais visiter l’acquarium, c’était déjà top : ça m’a rappelé mes bons souvenirs d’Indonésie. Ce n’était pas forcément des vacances étant donné que j’étais au service de mon groupe, ou plutôt de Marie-France qui me demandait tout et n’importe quoi. Le soir, Marie-France mangeait son porridge de Carrefour dans sa chambre et j’allais dîner avec Florence, Martine et Philippe qui sont hyper sympatiques : pizza gin tonic, grosse fête. La dernière personne du groupe, c’est Gérard, qui est tellement autonome que je l’oublierai presque, mais très sympa aussi.

Le temps plus clément va nous accompagner pour la suite du voyage, à commencer par Kaohsiung et le monastère de Foguangshan. Foguangshan n’est pas uniquement un monastère mais un véritable complexe bouddhique, autrement dit, le Disney Land du bouddhisme, avec parade et boutiques souvenir.

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J’ai failli m’y faire embrigader pour y faire une retraite de plusieurs mois et étudier le bouddhisme mais à un mois du retour, ça ne me semblait pas très sérieux. Foguangshan, c’est immence et hyperaseptisé (rien n’a voir avec les monastères au Tibet) mais ça vaut le détour. Le côté religieux de Taïwan, et notamment le culte des ancêtres, est vraiment très présent sur toute l’île : il y a des temples à tous les coins de rue (un peu comme les 7 Eleven) où les croyants brûlent de l’encens, déposent des fleurs, prient en jetant des morceaux de bois par terre… Le passage au temple semble faire partie du mode de vie et s’intègre au quotidien. En redescendant de Foguangshan, on va voir un petit feu d’artifice en ville à Kaohsiung pour célébrer la fin de la fête des lanternes. Les lanternes, on en a vues un peu partout au cours de notre séjour : de toutes les tailles, de toutes les formes, de toutes les couleurs, et même des lanternes animées, waouh.

En remontant le long de la côte ouest, nous nous arrêtons à Tainan, deuxième ville du pays, où nous visitons beaucoup de temples (pour changer), et où je loue un vélo à l’auberge (super propre, stylée vintage meets Ikea) et retrouve une partie de mon groupe (et un autre grand groupe très enthousiaste) pour faire une sortie en bateau dans la mangrove. Le but était de voir les oiseaux. Nous verrons de loin en écoutant des explications au micro en chinois qui faisaient pas mal fuir les oiseaux.

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Après la partie urbaine, et toujours avec le beau temps, nous allons à l’une des attractions majeure de l’île, surtout quand les cerisiers sont en fleurs : Alishan. Nous avons la chance de prendre le célèbre petit train (car, sur les conseils d’Eric, l’accompagnateur précédent, je l’avais fait réserver dès mon arrivée à Taipei) qui nous y monte en traversant trois types de végétation. Comme c’était période de pointe à cause des cerisiers en fleur, en revanche, même bien à l’avance je n’avais pas pu réserver d’hôtel dans le parc où nous sommes donc allés sur une journée. Alishan a un côté très chinois au sens où dans le parc, tout est bien fléché et expliqué, avec parking de bus et circuits-type mais en dehors, il n’est pas évident de se déplacer dans les collines et plantations de thé. Heureusement, le patron du homestay où nous logions était venu nous chercher à l’arrivée du train à Fenqihu, après avoir eu un peu de temps pour déguster la spécialité locale (la célèbre lunch box) et pour faire une promenade en forêt au calme. Au parc d’Alishan, la forêt c’était très chouette mais moins calme, surtout quand on était dans la zone des cerisiers en fleur.

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On y a vu des vieux arbres géants mais le comble de la curiosité c’était quand on m’a demandé are you from Korea ? J’ai pris cela comme un compliment car en Asie, la plupart des gens adorent tout ce qui est coreén. Nous logions donc un peu loin du parc, au milieu des plantations de thé. Au mois de mars, c’était le début de la saison des lucioles et le propriétaire des lieux nous a emmené les voir et je n’en avais jamais vues autant. Il faut dire que la seule fois où j’en avais vu auparavant, c’était dans les environs de l’école de taichi à Yangshuo ! Le lendemain matin, c’est quartier libre / repos dans la nature, et j’en profite pour faire un peu de taichi sur une terrasse avec vue sur les théiers ! Nous prenons ensuite la route en minibus pour l’autre top site touristique de l’île : Sun Moon Lake, le lac du soleil et de la lune. En route, nous nous arrêtons dans une pizzeria perdue au milieu de nulle part, je trouve ça génial !

A Sun Moon Lake, autre lieu aborigène, on peut faire plein de choses sauf se baigner. J’ai fait le tour du lac à vélo avec arrêts pour voir les bords du lac, pour monter à une pagode en hauteur, pour déjeuner à un 7 Eleven et pour visiter un grand temple. C’était chouette, et notre dernière étape avant le retour à Taipei au cours duquel je me retrouve contrainte à abandonner la moitié de mon groupe car il manque deux places dans le bus direct. Avec Philippe, on va donc faire une petite correspondance pour rejoindre la capitale et en profiter une dernière fois en explorant de nouveaux quartiers et en fêtant la fin de voyage avec les gens sympas du groupe (gin tonic pizza, bis).

Je ne suis jamais allée au Japon mais Taïwan m’en a donné un avant-goût ! En effet les Japonais ont occupé Taïwan de 1895 à 1945 et y ont laissé des traces : les petites maisons en briques, les restaurants teppanyaki, le goût pour les sources d’eau chaude mais aussi (surtout?) les trucs kawai / trop mignons partout. Et ça j’adore ! Par exemple mon souvenir du 7 Eleven dont je vais vous raconter la petite histoire.

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A Taïwan, comme à Hong-Kong par exemple, il y a des convenience stores et notamment des 7 Eleven partout, litéralement à tous les coins de rue. C’est juste hyper pratique car on y trouve tout ce dont on peut avoir besoin au quotidien mais pas que : de la nourriture, des recharges de mobile, des parapluies, des distributeurs d’argent, des machines pour les billets de train, des machines pour se faire prendre en photo avec un fond kawai, etc. Dans mon groupe, Gérard était assez fan du 7 Eleven, mais globalement tout le monde y allait assez souvent. Lors de nos achats au 7 Eleven, on a des points sous forme d’autocollants tout mignons, les points se collent sur une fiche toute mignonne. Je ne suis pas du tout branchée points fidélités car ça pousse à la consommation, mais là je m’y intéresse un peu. On peut avoir jusqu’à quarante-huit points, et par tranche de huit points, on peut avoir un truc, je ne sais pas trop quoi ni comment. À la fin du séjour, les gens de mon groupe me filent leurs points pour que j’atteigne les vingt-quatre. Le dernier jour, on va demander ce que je peux avoir avec : visiblement ce sont des petits personnages de Line Friends. Nous changeons de 7 Eleven car dans le premier on n’arrive pas à se faire comprendre et ils ne veulent pas me donner le petit lapin blanc et rose, clairement le plus mignon de tous. Dans l’autre 7 Eleven, je comprends qu’avec huit points et un peu d’argent, je peux avoir un petit personnage mais que je ne peux pas le choisir (c’est le hasard qui fait le choix – voilà pourquoi ils ne voulaient pas me donner le lapin au 7 Eleven précedent) et qu’avec les quarante-huit, j’ai la série avec les six petits personnages, sans payer. Ici commence la négociation : impossible d’avoir le lapin avec vingt-quatre points (au lieu de huit) et un peu d’argent (il faudrait ouvrir les boîtes, ce qui est contraire au principe de hasard)… Comme il n’y a que le lapin qui m’intéresse vraiment, j’explique que je ne veux pas payer pour un avoir un autre et demande si je peux tenter ma chance de choix d’une boîte avec vingt-quatre points et sans payer. La jeune caissière accepte, j’ouvre une boîte, et quand j’en sors le lapin, elle avait l’air encore plus contente que moi : la magie du 7 Eleven.

Taïwan, j’ai adoré. En deux mots, et en schématisant à peine, c’est la Chine en mieux : l’air est pur, c’est propre et super bien organisé et la gastronomie est variée et réputée. Le Taïwanais est un chinois en mieux : il parle mandarin avec un accent compréhensible (voire anglais avec un peu de chance), il ne crache pas, il a un bon style et est super gentil. J’ai tellement adoré que dans l’avion du retour, quelque part entre Shanghai et Moscou en plein milieu de la nuit, je choisis de regarder un documentaire sur la tour Taipei 101 : c’est juste une prouesse technique que d’avoir réussi à construire une tour aussi haute sur une île où les ouragans et les tremblements de terre sont fréquents ! Pour y parvenir, les architectes se sont par exemple inspirés de la structure du bambou.

Mais avant cela, mes cinq pax sont rentrés chez eux par trois avions différents et j’ai profité de ma dernière matinée à Taipei pour aller… à la piscine.

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Le dernier soir, j’avais envisagé d’aller au concert d’un groupe indé que je trouvais pas mal (Macbeth) mais je me suis sentie un peu vieille et suis allée me coucher. Si j’étais sortie, je ne me serais peut-être pas levée le lendemain pour marcher sous la pluie et aller nager une heure avant d’aller prendre mon avion. Ça faisait une éternité que je n’étais pas allée à la piscine : depuis mon expédition à celle de Guilin puis celle bien plus facile d’accès à Singapour.

Ensuite, j’étais supposée me retrouver à 23h30 à l’aéroport de Guangzhou après une connexion à Shanghai, car mon billet était comme ça et qu’on ne pouvait pas le changer. Heureusement, j’arrive à enregistrer mon bagage jusqu’à Shanghai seulement et fais par la même occasion mon premier no show 100% prémédité 🙂

La suite (disponible bientôt), ce sera sur le dernier séjour en Chine (snif) !

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A propos émilie

En juillet 2014, je pars en congé sabbatique pour apprendre le taichi en Chine et voyager en Asie et depuis, j'écris ce blog pour donner des nouvelles à ceux que ça intéresse : la famille, les amis, les collègues...
Cet article a été publié dans baignade, Chine, cuisine, insolite, promenade, Taïwan, tai chi, transport, vélo. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour <3 Taïwan

  1. Jean-Luc dit :

    Merci encore une fois pour tes commentaires et photos qui donnent envies d’aller à Taïwan. Bon retour en France et profite bien des bienfaits de ton break avant que la vie parisienne reprenne le dessus. bon courage, biz, jluc

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