Le retour à Sumatra

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Pour plus d’images, c’est sur Flickr.

Après mes trois semaines de plongée, j’atterris à l’aéroport de Padang Minangkabau un mardi vers midi et je retrouve Hendri, le guide de mon groupe à Siberut en août 2012. Hendri m’attend pour m’emmener au lac Maninjau en moto : ce n’est pas la porte à côté mais comme il m’avait dit qu’il allait pouvoir gérer mes bagages sur la moto, c’est la solution que j’ai choisie. Ici il fait chaud et on met le casque et je suis contente de retrouver la verdure et les rizières de Sumatra. On s’arrête assez tard pour déjeuner car j’avais mangé une tablette de chocolat et quelques gâteaux locaux en guise de petit-déjeuner à l’aéroport de Jakarta.

Quelques heures de route, une pause crevaison et quarante-quatre grands virages plus tard nous voilà au bord du lac Maninjau, où il fait déjà plus frais compte tenu de l’altitude et de la nuit qui arrive. Nous sommes allés au même endroit que là où j’étais avec mon groupe, chez Arlen où ils n’ont pas fait de rénovation et où ça commence à être bien défraîchi mais où le jus de sirsak est toujours aussi délicieux : c’est d’ailleurs cela que je commence par commander. Le lendemain matin, après une bonne séance de taichi sur la terrasse de mon bungalow, on se met à l’eau. En effet, Hendri veut que je lui apprenne à nager. En réalité, il sait nager (quelques mètres) et est juste paresseux : il suffirait qu’il s’entraîne un peu tous les jours pour améliorer technique et distance avant d’être gagné par l’essoufflement et la fatigue. Mes quelques conseils lui sont sans doute utiles mais ce dont il a le plus besoin c’est de la pratique. Au bout de trente minutes, la leçon est terminée et je pars nager une heure trente, le temps de faire le tour de la petite île qui ne m’avait pas semblée si loin la dernière fois : un pêcheur s’est approché de moi en bateau pour me demander si je voulais qu’il me ramène. Mais tout allait bien à part les poissons morts qui flottaient à un endroit, ce qui m’a fait un peu paniquer, et regretter les îles Togean : le lac Maninjau, c’est bien, mais ça n’a rien a voir avec la mer.

Après une douche et le déjeuner, nous nous mettons en route vers Bukittinggi, où je comptais rester quelques jours avant d’aller en Thaïlande. Là je revois les visages familiers de André, l’assistant d’Hendri à Siberut avec nous, Paman, qui nous avait emmenés à la vallée d’Harau, et Roni, le patron de l’agence qui m’a recommandé de ne pas aller trois semaines en Thaïlande et, à la place, de rester avec eux et prendre des cours de pencak silat. Hendri fait venir son pote Adrian qui nous emmène tous chez Par Hadji Sofiane, le grande maître du coin. Dans le petit salon de son entrée, il y a toutes ses coupes et ses médailles ainsi que des photos de lui à Paris où il s’est rendu à plusieurs reprises pour participer à La Nuit des Arts Martiaux à Bercy. J’en ressors hyper motivée pour suivre trois semaines de cours.

Mais avant, à Bukittinggi, j’ai aussi récupéré l’internet et par ma même occasion la possibilité de bosser mon accompagnement du mois de mars pour lequel à l’époque je n’avais que trois inscrits (depuis il y en a eu deux supplémentaires), ce à quoi je vais occuper la majeure partie de mon temps avant de commencer mon entraînement.

Prolonger mon séjour à Sumatra, et donc en Indonésie, veut dire devoir prolonger mon visa. Le sujet alimentait de nombreuses discussions de voyageurs à Sulawesi mais ne me concernait pas à l’époque. Finalement, il suffit de se rendre à l’imigration pour en faire la demande. L’imigration n’est pas juste un bureau pour renouveler le visa des touristes, c’est aussi là que se rendent tous les Indonésiens pour faire leur passeport. La première fois, j’y suis allée avec Hendri en moto : le bureau est dans la campagne à une bonne demi-heure de Bukittinggi. On me demande pourquoi je souhaite renouveler mon visa et ma réponse have pencak silat classes semble surprendre les fonctionnaires. Ensuite, on me demande de remplir tout un tas de papiers et des photocopies qui se font à l’échoppe d’en face et une lettre de demande d’extension de visa à la main. Ça fait un bout de temps que je n’avais pas fait de lettre à la main ! Après vérification, on me dit que je peux revenir le lundi (pile le jour de l’expiration de mon visa) pour la suite. Hendri m’y conduit cette fois-ci en voiture, je paie l’extension, fournis la copie de mon billet d’avion de sortie, on prend ma photo et les empreintes de mes dix doigts, on discute et on me dit de revenir le lendemain (le temps de processer tout ça) pour récupérer mon passeport avec mon visa prolongé. Pour la dernière fois, c’est Paman qui m’y emmène en moto, je récupère donc mon passeport, rapporte au fonctionnaire une copie de mon visa prolongé (ils n’ont pas de photocopieuse, donc je retourne à l’échoppe en face…) et nous voilà repartis pour un petit tour en moto dans la campagne.

Avant de commencer mes cours de pencak silat, il me faut bien évidemment une tenue et Par Hadji Sofiane et Adrian indiquent à Hendri le tailleur du marché qui m’en fera une sur mesures en quelques jours : au moins, le pantalon et les manches ne devrait pas être trop courts ! Au marché j’en profite aussi pour faire copier ma robe de plage dans un tissu de sarong et acheter des petits gâteaux pour tout le monde = le personnel de l’hôtel et les guides qui sont tous très sympas avec moi et très disponibles car c’est la basse saison.

En basse saison, certains, et notamment André, consacrent pas mal de temps au stone business : en Indonésie, et à Sumatra en particulier, c’est la grande mode des pierres qui se montent ensuite sur de grosses bagues portées par les hommes : une c’est le minimum pour être tendance, mais cela peut aller à plus de dix (oui, oui, plusieurs à chaque doigt) chez les ultra-fashionistas de la bagouse. Cette mode récente date de quelques mois et commencerait déjà à s’affaiblir. Au marché, d’innombrables échoppes spécialisées se sont ouvertes et quasiment toute boutique a désormais son rayon pierres et/ou bagues. Et ça ne se limite pas au marché puisque tout le monde fait du stone business avec tout le monde : cela consiste à repérer une pierre brute à potentiel (couleur, clarté, dessins à l’intérieur…) qu’on achète à un bon prix puis essayer de la revendre plus cher ou de la faire couper en plusieurs morceaux et de les vendre séparément ou encore d’aller la faire tailler, de la polire pour la vendre prête à être montée.

Malgré le stone business, les guides ont pas mal de temps pour me sortir prendre les repas et dans les endroits alentours où je n’avais pas été avec mon groupe, par exemple Kotogadang, petit village où en plus de gens qui travaillent l’argent pour faire les bagues on peut y voir des chauves-souris géantes (plusieurs mètres d’envergure) en plein vol ou qui dorment dans les arbres. C’est dans la campagne à côté que j’ai conduit une moto pour la première fois de ma vie. Oui oui, j’aime bien me faire trimballer en scooter ou petite moto, je n’ai jamais essayé et ne m’étais donc jamais posé la question de savoir comment ça se passait. Paman a estimé que je devais apprendre à conduire et n’a pas peur de me laisser le guidon : c’est très marrant en fait. Je n’ai pas conduit en ville, mais sur des routes de montagne quand nous sommes retournés à l’endroit du café luwak, le fameux café caca. Vu que je ne bois plus de café, je me suis abstenue mais était contente de passer l’après-midi dans un endroit plus agréable que l’hôtel Orchid qui est quand même bruyant mais a une immense terrasse sur laquelle j’ai fait pas mal de taichi en début de séjour.

Avec mon groupe, nous n’étions pas à Bukittinggi les jours de spectacle de la culture minangkabau donc cela était sur ma to-do list et Paman m’y a emmenée. Ils font les représentations à partir d’une quinzaine de personnes dans le public et nous n’étions guère plus nombreux. Alors c’était très bien : de la musique, des dances et une démonstration de pencak silat. Parfois, c’était participatif, hum… j’ai vaincu ma timidité pour aller taper dans des tambours mais pas pour la danse ahaha.

La première semaine j’ai aussi géré mes petits soucis de carte bancaire : je n’aurais pas du dire du bien de ma banque car ils m’avaient bloqué ma carte !! Il savaient bien que j’étais à l’étranger étant donné que je les appelle pour faire mes achats par internet et que c’était le cas la veille du blocage ! J’avais alors à nouveau précisé que j’étais en Indonésie et que je n’avais plus mon téléphone français. Et étant donné l’activité réduite de mon compte bancaire, lorsque qu’on voit des achats sur le site de Lion Air et un retrait à Jakarta, il ne faut pas avoir fait polytechnique pour comprendre que c’est moi qui fais les transactions dans le pays et pas un escroc local ! Bref, ça a causé un peu d’énervement car je n’ai pas pu changer mes billets Air Asia à temps et ai dû en racheter des nouveaux, ce qui au final ne changeait pas grand chose, en fait. Quand la carte a remarché, le distributeur m’a donné un 3/4 de billet ahahah, je suis rentrée dans la banque et on me l’a changé ! Autre soucis administratif : j’ai disparu des fichiers d’EDF ! Pierre-Nicolas a eu quelques soucis dans mon appartement et n’a donc pas pu les faire intervenir. Après enquête, je n’ai plus accès à mon espace en ligne et ils ont arrêté tout prélèvement sur mon compte depuis trois ans. Quand j’avais disparu de la sécurité sociale, je cotisais sans bénéficier du service ; là c’est le contraire : je bénéficie du service sans rien payer depuis trois ans. Ce n’est quand même pas très bon signe, il va falloir ruser au retour !

Bukittinggi est une ville de montagne située à 1000 mètres d’altitude. Elle est entourée de deux volcans, Singalang et Merapi. Ce dernier est encore actif et l’une des attraction du coin et malheureusement je n’y suis pas encore allée cette fois-ci. L’effet de l’altitude se ressent sur les températures. Il ne fait plus au moins trente degrés et j’ai donc vraiment l’impression d’être en hiver. Par exemple, certains jours, je dors en jogging, sweat à capuche et doudoune (la couverture est vraiment trop crado… j’aurais peut-être dû aller m’en acheter une mais ce n’était pas non plus hyper nécessaire).

À Sumatra, j’ai eu ma première vraie maladie : un enfer qui a duré plus d’une semaine.

Le jeudi soir de ma première semaine de cours c’était l’anniversaire de Paman. Par conséquent après le pencak silat, j’ai pris une douche avant de retrouver une petite équipe (Roni, son épouse hollandaise et la sœur de Paman) au café pour dîner et boire une demi Bintang à ses trente-six ans. C’était bien sympa, à minuit j’étais couchée mais la nuit j’ai vomi et le matin aussi. J’ai logiquement mis cela sur le compte de la bière car je n’avais pas bu d’alcool depuis un verre de vin avec une pizza plus de deux mois avant à Singapour. Le problème c’est que malgré les Smecta dont j’étais contente d’enfin faire usage (on se réjouit comme on peut, et le Smecta, j’aime bien) mon état ne s’est pas amélioré et je me suis vue contrainte d’annuler mon dernier cours de la semaine et de passer un week-end pourri. J’étais clouée au lit : pour ne rien arranger, le wifi marche dans le lobby mais n’atteint pas ma chambre et, petite loi de murphy, mon disque dur externe (acheté juste avant de partir) a crashé et je ne peux donc même pas regarder / m’endormir devant tous les films ou les séries que j’ai encore à voir avant mon retour (ou pas). Il y a une télévison à tube cathodique de trente-six centimètres qui aurait pu faire mon bonheur si l’image ne ressemblait pas à une tempête de neige. C’est d’autant plus dommage qu’ils passent des films chinois en VO (sous-titrée – pas trop utile pour moi ici), IP Man par exemple. Ils diffusent aussi des séries (type sitcom) coréennes qui ont l’air formidables : sans rien comprendre, rien qu’avec la tête, le look et le jeux des acteurs, j’avais envie de regarder. J’étais trop épuisée pour lire et heureusement que le gros de mon boulot d’accompagnement était déjà fait ! Résultat : je n’ai RIEN fait pendant plus d’une semaine et ça m’a un peu énervée. Au bout de quatre jours, Paman m’a emmenée à l’hôpital de Bukittinggi où l’on m’a donné du paracétamol contre la fièvre, les douleurs et le mal de crâne et trois autres trucs pour mes crampes d’estomac étant donné que le spasfon ne faisait rien. Tout cela, consultation comprise, m’a coûté l’équivelent de quatre euros et n’a pas été très efficace et je me retrouvais toujours avec d’horribles crampes et à grelotter de froid quelques heures après chaque repas. Par conséquent, je ne voulais plus manger mais Paman insistait pour que je m’alimente histoire d’avoir des forces. Bref, au bout d’une semaine, une nuit, j’ai bien dormi pendant plus de quatre heures d’affilée et me suis réveillée trempée de sueur. Après ça a commencé à aller mieux (=je pouvais sortir de ma chambre) mais comme ce n’était pas terrible j’ai été voir la femme d’Adrian qui est médecin et m’a filé d’autres médicaments, et pas des génériques comme à l’hôpital.

Huit jours plus tard, je ne suis pas en pleine forme mais à nouveau mobile, et surtout je n’en peux plus de ma chambre d’hôtel, alors Paman m’emmène à la mer pour deux jours de convalescence avant de reprendre mon entraînement le dernier lundi. C’est toute une expédition, mais ça m’a fait un bien fou. On a d’abord pris une voiture partagée, puis un taxi, puis attendu quatre heures un bateau pour aller partir sur l’île juste après le coucher du soleil. Sur le bateau, Paman me dit qu’il n’y a plus de bungalow chez son pote et que ce sera camping au bord de la plage. Sur le coup ça m’a énervée un peu (je n’avais pas pris mes affaires pour camper!) mais finalement tout s’est bien passé. Au programme du week-end : beaucoup de repos, un peu de bateau, de la baignade, un peu de taichi, promenade en bord de mer et snorkelling : rien n’a voir avec la plongée à Sulawesi mais c’était chouette quand même. Pour le retour, on a pris le bateau avec les chinois du coin qui avaient squatté tous les bungalows, puis une voiture pour que j’arrive juste à temps pour mon entraînement de pencak silat le lundi soir !

Parenthèse sur le pencak silat. Il faudra que je mette quelques vidéos sur YouTube 🙂

La veille du début de mes cours, le dimanche matin, Hendri m’emmène voir l’entraînement des enfants en pencak silat et il y avait un petit qui était juste trop fort et trop mignon. Mes cours c’est de 19h30 à 22h tous les jours du lundi au vendredi, j’ai demandé à avoir un peu de repos le week-end. Avant de commencer, je suis stressée car je ne sais pas ce qui m’attend et rassurée qu’Hendri m’emmène (et par la même occasion assiste) à mon premier cours. Le grand-père d’Hendri était un grand maître de silat mais n’a jamais voulu lui enseigner ; Hendri avait ensuite envisagé à plusieurs reprise de s’y mettre sans jamais franchir le pas, un peu comme apprendre à nager visiblement. Maintenant il estime qu’il est trop vieux pour ça, ce qui à mon avis est une mauvaise excuse étant donné que je n’ai qu’un an de moins !

Mes cours commencent par quelques mouvements d’échauffement vite-fait, et j’ai déjà du mal à suivre Par Hadji sur quelques sortes de balayages de jambes au sol et sur le style du crocodile !

Ensuite Par Hadji m’apprend le salut qui n’est pas tout simple en soi. On fait une pause pour les présentations avec Deni et Bagu, ses deux fils, qui parlent un tout petit peu anglais et qui vont l’assister, surtout Deni qui sera là tous les jours et me dépose à mon hôtel en rentrant car c’est sur son chemin. Ça me rappelle mes cours de kung fu : un maître sympa comme tout et son fils qui adore tellement les super héros (surtout Spirderman) qu’il a un casque Marvel. Après le salut, comme si ça ne suffisait pas, on attaque les pas de base. Lorsque je suis ressortie de mon premier cours, j’ai cru que ma tête allait exploser et je savais que j’allais avoir très mal aux jambes le lendemain, ce qui s’est confirmé et a duré toute la semaine. J’avais pourtant briefé Adrian sur le fait que mes années de kung fu et mon entraînement en taichi en Chine étaient loin de faire de moi une athlète ou une experte et que j’étais plutôt lente à comprendre les choses (mais super motivée).

Le cours suivant, après l’échauffement, on voit un troisième truc avec sept pas, balabe : ça part dans tous les sens et je dois faire la même chose que Deni qui me fait face dans le coin opposé : et ça ce n’est pas comme copier quelqu’un qui fait la même chose dans le même sens juste devant. J’ai dû insister pour qu’ils me fassent travailler les pas avant d’ajouter les bras. S’ils introduisent un nouveau truc par cours, ça ne va pas du tout aller ! Heureusement, au troisième cours on révise tout ça. Et au quatrième ils m’apprennent une petite série d’enchaînements de blocages qui n’est pas hyper compliquée. Ce qui est intéressant dans les sept pas, c’est que c’est évolutif : ça se fait à deux, et une fois qu’on a compris le truc, on fait les pas de façon à se rapprocher de son adversaire. Ça ressemble à de la danse mais quand ça se fait avec des couteaux, alors là, plus du tout ! Le troisième jour, ils avaient déjà sorti les couteaux : rien de tel pour comprendre l’incroyable efficacité du pencak silat. Et la dernière semaine, on enchaîne salut, introduction, balabe et onze attaques / défenses au couteau. Et ils me montrent quelques nouveaux trucs, comme le style du crocodile, très proche du sol et épuisant !

Pour résumer, c’était intéressant mais en faire moins de deux semaines au lieu de trois c’était insuffisant pour avoir quelques bases solides. Et contrairement au taichi en Chine, c’était super cher : 300USD la semaine et non négociable. Normalement c’était le tarif pour un entraînement le matin et un l’après-midi… Adrian, le manager n’a pas voulu me faire de réduc car je n’avais qu’un entraînement par jour le soir… Certes j’avais des cours particuliers avec un maître top mais Adrian était parfois un peu énervant et quand, le dernier jour, il m’a demandé de payer mes cours pour la semaine où j’avais été malade, ça a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, je n’avais plus envie de voir sa tête et j’en ai même séché mon dernier cours pour aller dîner au café, en forme et à une heure décente en compagnie de quelques amis d’ici.

La gastronomie locale.

La dernière semaine à Bukittinggi est l’occasion de manger de la pizza puisque j’ai retrouvé de l’appétit : une au café qui n’est pas terrible et par conséquent le lendemain je vais chez Pizza Hut. Je préfère la pizza italienne à pâte fine mais je suis quand même bien contente d’avoir une pizza avec supplément fromage à me mettre sous la dent.

Lorsqu’on est végétarien en Indonésie, on peut manger du nasi goreng (riz frit) ou du mie goreng (nouilles frites) ou du mie rebus (soupe de nouilles) : la dernière fois j’avais mangé que ça et ce n’était pas terrible. Cette fois j’ai craqué sur des gado gado puisqu’il y a des légumes dedans (pas toujours cuits) et une délicieuse sauce épicée aux cacahuètes et j’en mangeais tous les jours… Ce n’est pas très bon pour la digestion alors la dernière semaine j’ai mangé local et pas mal de Padang food (comme la ville de Padang, là où il y a l’aéroport). Il s’agit de nombreux plats préparés à l’avance et épicés : surtout du poisson et de la viande mais parfois aussi des œufs, des légumes, du tofu ou du tempeh frit. Lorsqu’on va au restaurant, on nous met un peu de tout dans de petites assiettes sur la table et à la fin du repas, on paie ce que l’on a mangé. Mais j’adorais la version à emporter, ce que mangeaient souvent les employés de l’hôtel. Le riz et les plats choisis sont pliés dans une feuille de bananier doublée d’un papier. Les locaux mangent tout ça avec les mains je n’avais pas envie de faire comme en Inde et je mangeais avec la fourchette. Soit je deviens snob, soit la fourchette commençait à me manquer (cf. baguettes…). Mais sinon je faisais comme les locaux et buvais même l’eau pas en bouteille (mais qui a été bouillie) et ne me privais pas de jus, parfois avec des glaçons et j’ai même craqué sur un Magnum ! Et pas sûr que ce soit à cause de ça que j’ai été malade.

Le petit-déjeuner à l’hôtel Orchid n’était pas terrible : thé et sandwich de deux toasts avec un petit peu de confiture qui n’avait pas trop de goût entre. Quand je n’étais pas malade, assez souvent j’allais manger un bubur, un mélange de différents types de riz gluant (en pâte, en petite boules sucrées, en bouillie, noir) agrémenté de graines de soja, de gâteau gluant coco et de lait de coco. J’adore ça et ça cale bien !

Dans le sucré, la spécialité du coin c’est le martabak, et c’est bien dommage que ça ne se fasse pas pour le petit-déjeuner : la boutique n’ouvre que le soir. Il s’agit d’une énorme pancake fourrée à ce que l’on veut. J’ai toujours pris celles avec du chocolat qui coule et en plus par exemple, des cacahuètes, du maïs ou de la banane. Ce n’est pas commode à manger et on s’en met facilement partout mais c’est marrant, lourd et bon.

Avant de quitter Sumatra, étant donné que j’étais presque satisfaite de la robe de plage que j’ai faite copier (le tailleur m’a repris l’encolure qu’il n’avait pas fait assez large) et que j’ai déchiré mon petit pantalon de toile qui commençait à être usé (lors du week-end à la mer, je n’ai pas pris les escaliers mais ai fait un grand pas pour monter sur un truc, et crac), je suis allée trouver du tissu pour faire copier le pantalon ainsi que mon débardeur préféré qui lui aussi commence à être usé. Pantalon et top fleuri en total look, ça fait un peu chinois (oups). Je passe récupérer ça le dernier jour, ainsi que mon pantalon réparé et je suis super contente du résultat. Bukittinggi n’est pas le paradis du shopping et le besoin d’en faire un peu commençait à se faire sentir. J’ai aussi acheté une nouvelle pochette d’ordinateur en batik : c’était pas cher et pas vilain.

Et le samedi matin, réveil à quatre heures trente pour prendre la voiture collective de cinq heures pour l’aéroport / Padang : on est deux et on fait une pause « prière » de trente minutes à la mosquée, normal quoi. J’oublie ma bouteille de thé dans le taxi avant d’enchaîner mes deux vols pour Bangkok. À Kuala Lumpur, ils ont refait le terminal Air Asia : il est super et j’y ai mangé une pizza pas mauvaise chez Sama Sama (de rien en Indonésien, et sans doute en Malais aussi car ça ressemble).

Les nouvelles de mes trois jours à Bangkok arriveront dès que possible, car je suis déjà à Taïwan depuis mercredi dernier, et je suis pas mal occupée !!

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A propos émilie

En juillet 2014, je pars en congé sabbatique pour apprendre le taichi en Chine et voyager en Asie et depuis, j'écris ce blog pour donner des nouvelles à ceux que ça intéresse : la famille, les amis, les collègues...
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Un commentaire pour Le retour à Sumatra

  1. Jean-Luc dit :

    C’est décidément sympa les îles au soleil……

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