Emilie fait de la plongé, épisode 2 : fun dives @ Panorama

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Avec le changement de programme, c’est déjà le dernier épisode de la série plongée 😦

Les photos de la plongée en Indonésie sont en ligne sur Flickr. Christophe m’en a gentiment envoyé quelques-unes prises avec son iPhone équipé de la coque de plongée pour que je puisse partager un échantillon de fonds sous-marins. Au port de Gorontalo, nous (Anita, Valera et moi) partageons une voiture avec deux italiens et deux norvégiens pour nous rendre à Manado. On y arrive une bonne dizaine d’heures plus tard après un horrible trajet où j’étais au fond de la voiture et durant lequel le fait de regarder par les fenêtres me rendait malade : ils avaient collé une sorte de film plastique dessus qui troublait le paysage, et on ne pouvait pas ouvrir les vitres du fond. Autant dire que j’ai plus profité de la connexion 3G de mon téléphone que du paysage. A Manado, il y a des bouchons et on rate le ferry pour l’île de Bunaken à dix minutes près. La gentille dame du petit resort que j’avais appelée la veille ne répond pas au téléphone et bien évidemment quelqu’un nous saute dessus pour nous emmener ailleurs. Avant cela, il faut que je récupère du cash, les ATM ne marchent pas… heureusement le mec qui nous a trouvé un bateau m’emmène en scooter chez un chinois qui va me changer mes yuans dans une salle à l’arrière d’un magasin : sans doute un tripot de la mafia locale (ou pas). J’essaie de réviser mon mandarin keyi huan qian ma mais ça ne débride pas le monsieur au marcel relevé et à la cigarette au bec, qui reste muet et me tend un bon paquet de roupies, largement assez pour ma petite semaine de plongée à Bunaken.

Nous arrivons donc là où l’on s’est fait rabattre, chez Daniel, ce qui au premier abord ne nous avait pas semblé être un mauvais plan puisque recommandé par les quatre canadiens aux îles Togeans. Je suis épuisée mais la bonne nouvelle c’est que le wifi marche. La mauvaise c’est que j’entends la télé de mon bungalow, ainsi que les gens qui ne la regardent pas et parlent encore plus fort : je demande à changer de place et on me répond qu’ils coupent la télé à minuit. Après quasiment deux semaines où je m’endormais avec le bruit des vagues, je suis obligée de ressortir les boules quies. Le centre de plongée ne me paraît pas dingue et le lieu ne dégage pas beaucoup de convivialité. Le lendemain matin, j’envisage d’aller voir le Panorama ressort (allez regarder la galerie photo, c’est juste dingue) de l’autre côté de l’île, là où je comptais initialement aller étant donné que Christophe et Christine avaient trouvé ça « trop calme » lors de leur séjour de l’an dernier. Comme le temps est orageux avec quelques gouttes, je me mets à bosser sur la terrasse du petit bungalow (un peu pourri) puisqu’il y a du wifi. Malgré la pluie, je me fais déranger toutes les dix minutes par des dames qui veulent à tout prix me vendre des sarongs moches comme tout. Je profite d’une accalmie (de la pluie et du bazar ambiant : tout le monde est parti plonger) pour faire du taichi sur le terrain de pétanque. Après le déjeuner, je fais ma promenade digestive sur l’unique route de l’île en direction du Panorama. Entre temps, je sors mon portable du mode avion et vois que la gentille dame m’avait envoyé un gentil texto pour prendre des nouvelles. Après une bonne demi-heure de marche, j’atteins ce petit coin de paradis : je n’hésite pas très longtemps à faire demi-tour pour préparer mon sac à dos qu’un monsieur va venir chercher en moto.

Déménager a été la meilleure idée de la semaine à Bunaken. Mon bungalow au Panorama est tout mignon, les serviettes sont toutes douces (celle de chez Daniel me râpait la peau abîmée par le coup de soleil attrapé au retour de Una Una), il y avait un hamac (on y prend goût) et une magnifique vue (qui change de la vue sur le bungalow des voisins et sur la mangrove de l’endroit précédent). L’endroit était beaucoup moins « busy » et beaucoup plus convivial : j’avais des voisins cyclistes allemands discrets et gentils, de l’autre côté du resort il y avait deux autres allemands qui faisaient du snorkelling et au resort de luxe d’à côté, un couple d’Autrichiens, Kevin, mon camarade de plongée et sa copine Monika qui venait parfois faire un peu de snorkelling mais ne faisait pas grand chose d’autre que de fumer des clopes. Et rien n’aurait été pareil sans l’accueil chaleureux du personnel et des propriétaires des lieux : Esther et son mari Sven. Esther est indonésienne de Bunaken, et Sven allemand, ils ont deux adorables enfants et la famille d’Esther s’occupe du resort. Sven est prof de plongée mais en basse saison il était davantage occupé par la construction d’un nouveau bungalow pour lequel ils ont déjà des réservations pour février. La conséquence de cet entourage, c’est que j’ai pris l’accent allemand quand je parle anglais, à tel point qu’à Sumatra, on m’a demandé « are your German ?». Enfin, au Panorama, on y mange trop trop trop trop bien : j’ai rarement aussi bien mangé depuis le début de mon départ de France. C’est Esther et sa maman qui font la cuisine : tout est délicieux et adapté à mon végétarisme, avec parfois des soupes au tofu, parfois du tempeh (j’adore le tempeh et ce qui est génial en Indonésie c’est qu’il y en a quasi partout) et plein de légumes dont des aubergines. La corbeille de fruits (snakefruits, ramboutans et autres) en libre service fait aussi très plaisir. Le matin, Cindy, une employée adorable, me prépare un bon pancake à la banane et m’apporte parfois un morceau de gâteau l’après-midi. Ça fait d’autant plus plaisir de bien manger que la plongée ça creuse !!

Et la plongée, si vous avez raté l’épisode un, c’est génial. Kevin fait deux plongées tous les matins et je pars tous les jours avec lui et la très sympathique équipe locale. On a deux guides pour deux personnes, c’est du luxe. Comme je ne connais pas les spots, je ne suis pas contrariante et vais où ils veulent aller, et je ne suis pas déçue. Ici à Bunaken, lorsqu’on part pour deux plongées le matin, on ne rentre pas pour la pause, on la fait sur le bateau : de toute façon ils ont des ordinateurs de plongée qui calculent tout (temps hors de l’eau, profondeur, durée de la plongée). Contrairement aux îles Togeans, on reste moins longtemps à un vingtaine de mètres de profondeur car il y a énormément de choses à voir à moins de dix mètres, ce qui nous permet de se faire des bottom time de quatre-vingt minutes et ça, c’est trop bien, même si quand la profondeur est moindre c’est un peu plus chiant d’ajuster la flottaison et la pression des oreilles.

J’avais hésité à zapper Bunaken pour prolonger mon séjour aux îles Togeans mais ce qui m’a décidée à y aller quand même (hormis internet, lol) c’est la présence de tortues. Et j’en voyais presque à chaque fois : des tortues qui nagent et/ou des tortues qui dorment, avec souvent des gros poissons accrochés à leur carapace ! Comme j’adorais les tortues, les guides me faisaient le signe de la tortue à chaque fois qu’ils en repéraient une. J’ai pas mal amélioré mes connaissances des signes pour indiquer le type de faune aquatique visible : tortue, hypocampe pygmée, thon (on ouvre une boîte de conserve et on mange), crabe ourang-outang (on mime le singe puis le crabe !), mais aussi requin ! Sven m’avait dit qu’il était possible de voir des requins dans le coin et comme le dernier chapitre d’apprentissage de la plongée nous apprend que la plupart des requins sont d’adorables créatures, j’avais vraiment envie d’en voir. Le dernier jour, Kevin n’allait pas plonger car le lendemain Monika et lui prenaient l’avion pour Raja Ampat (de tout ce que j’en ai entendu parler, il faudra que j’y aille un jour… avant ça ne m’évoquait qu’une saison de Koh Lanta). Lors de la première plongée, je vois tous les petits poissons changer subitement de direction puis mon guide faire le signe du requin et me pointer du doigt les profondeurs de l’océan. Trop tard, le requin est hors de vue et je poursuis un peu déçue la plongée. Pour mon dernier jour, je voulais faire trois plongées pour la première fois : deux le matin et une après le déjeuner. Et j’ai bien fait car c’est lors de cette dernière plongée que j’ai vu mon premier requin ! Il était beaucoup plus effrayé que moi et je n’ai pas pu l’observer très longtemps. Lors de mes premières plongées, j’avais peur des raies, des poissons scorpions et surtout des anguilles qui en fait sont quasiment aveugles et n’ouvrent la bouche et montrent leur dents que pour essayer d’attraper un peu de plancton. J’adore voir les petits poissons se balader sans crainte dans la bouche ouverte de l’anguille qui cherche à avaler des trucs bien plus petits ; c’est rassurant et je réalise alors qu’elles ne vont pas m’attaquer ! Ma dernière plongée s’est déroulée dans un spot incroyable constitué de canyons mais aussi de grottes. Quand le guide m’a dit ça, j’ai flippé car ça a un côté angoissant, mais malgré cela, ou peut-être pour cette raison, c’était génial : dans les canyons, on peut voir la surface de l’eau est c’est un excellent exercice de précision. Dans les grottes, la lumière a du mal à pénétrer et mieux vaut être muni d’une torche si l’on veut y voir quelque chose, par exemple des coques électriques !!!

Dans les grottes, on trouve aussi des plastiques… tout comme à la surface de l’eau lorsqu’on termine certaines plongées et sur les petites plages qui sont nettoyées tous les jours. En effet, à Manado, ils balancent à la mer tous les détritus que les courants emmènent vers Bunaken. Les marques de produits de grande consommation ne pensent qu’à concquérir un marché en expansion sans se soucier du traitement des déchets qu’ils génèrent. Un peu comme en Inde, dans certains coins d’Indonésie, il n’y a aucune infrastructure pour leur recyclage ou leur destruction. D’où la présence regrettable de nombreux plastic fish.

Pour en revenir au merveilleux monde sous-marin, la toute première créature que j’ai vue lors de ma première plongée à Bunaken est un truc a priori hyper rare, d’autant plus rare qu’il faut réussir à le trouver : l’hypocampe pygmée. C’est tellement minuscule, que malgré le masque qui fait loupe, il faudrait une loupe en plus afin de l’observer dans ses moindres détails. Mais c’est trop mignon !!! En petites créatures, je découvre d’autres espèces de nudibranches, dont une noire avec une sorte de chou sur le dos ou des crabes qui ont des coraux qui leur ont poussé dessus et qui se fondent donc parfaitement dans le décor. Je vois aussi des grosses crevettes multicolores et de nombreux puffer fish (qui gonflent quand ils ont peur, mais je ne les effrayais pas !) et box fish. Les coraux sont un peu moins impressionnants qu’aux îles Togeans mais lors d’une plongée on pouvait slalomer entre des gros blocs de coraux entourés des sable en se laissant porter par le courant et c’était magique. Je crois qu’au fond, je préfère ce type de spots aux murs même si j’ai appris à apprécier ces derniers. Au delà de la faune et de la flore acquatique, ce que j’adore en plongée c’est cette sensation de légèreté et d’apesanteur et lorsqu’on longe des murs, les dizaines ou centaines de mètres d’eau en dessous de soi et le bleu foncé des profondeurs donnent le vertige mais c’est grisant. Je réalise que guide de plongée c’est le métier le plus cool du monde et que c’est bien dommage que ça ne ressorte jamais dans les suggestions d’orientation à l’école. Je préfère clairement passer du temps sous l’eau plutôt que dans un bureau mais il faudra bien retourner travailler un jour et pour me motiver, je me dis que j’essaierai de retrouver l’économiseur d’écran windows avec les poissons qui aura désormais un côté vintage.

Le dernier lundi je ne peux pas plonger car je prends des avions le jour suivant. Je serais bien restée un peu plus longtemps sur Bunaken mais le bateau public part à 8h30 et je n’ai pas trouvé de volontaires pour partager le coût d’un bateau à charteriser dans l’après-midi. Je suis la seule touriste sur le bateau public, entourée de bonbonnes d’eau potables à remplir, de locaux qui jouent aux cartes, d’une dame qui accompagne sans doute son mari malade à l’hopital. Je débarque au port de Manado et me dirige vers l’hôtel Celebes, qui a le double avantage d’être juste à côté du port et de proposer des services de transfert à l’aéroport. La veille j’ai revu les deux italiens avec qui nous avons partagé la voiture et qui allaient à cet hotel avant de se diriger vers Tomohon et qui m’ont recommandé la chambre 222 : pas cher (salle de bain commune à côté mais il n’y a personne à l’hôtel), ventilateur, fenêtre et wifi (important car le seul inconvénient du Panorama, c’était que le wifi marchait quand il voulait, c’est-à-dire pas très souvent). Je passe donc la journée dans ma chambre à profiter d’internet (ce qui me fait un peu culpabiliser) avant d’aller acheter quelques fruits (ramboutans, snake fruits, et les petits fruits ronds au goût de pamplemousse) pour mon repas du soir et de partir le matin à 4h30 rejoindre l’aéroport et m’envoler pour Jakarta (ou j’essaie de retirer des l’argent, en vain, et de régler par carte bancaire mes quelques tablettes de chocolat suisse, en vain – il doit y avoir un problème avec ma carte et j’envoie de suite un mail au service clients de ma banque car des aéroports, ça marche toujours) puis pour Padang à Sumatra. Au programme du prochain post : retour à Sumatra et pencak silat.

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A propos émilie

En juillet 2014, je pars en congé sabbatique pour apprendre le taichi en Chine et voyager en Asie et depuis, j'écris ce blog pour donner des nouvelles à ceux que ça intéresse : la famille, les amis, les collègues...
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Un commentaire pour Emilie fait de la plongé, épisode 2 : fun dives @ Panorama

  1. Jean-Luc dit :

    Déjà de retour de deux semaines au Sri Lanka, bon bain de chaleur, marche, visite, bain de mer nourriture saine et un massage full body par Dct Milton……., tout cela fait du bien mais ça passe trop vite. A bientôt, biz.

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