Hangzhou, les montagnes jaunes et le départ pour l’Indonésie

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Dernière étape de ce séjour hivernal en Chine : Hangzhou et puis direction l’Anhui pour visite de villages et randonnée aux montagnes jaunes. Les photos seront sur Flickr quand j’aurai fait le tri (et retrouvé une vraie connexion internet – dans environ deux semaines) mais pour ne pas prendre trop de retard, voilà le récit.

À Hong Kong, Amélie m’avait parlé de son projet de petit voyage en Chine début janvier. Comme il n’y avait pas assez d’inscrits dans mon groupe à accompagner aux Philippines, que les dates collaient parfaitement avec nos contraintes respectives (en particulier nos visas), que trois semaines de taichi à la suite ça suffit et surtout que j’ai envie d’aller là-bas depuis longtemps et que c’est plus sympa de voyager à deux, on va passer cinq jours ensemble au Zhejiang et en Anhui.

Amélie me rejoint le lundi midi à Hangzhou où nous allons nous balader dans environs du lac de l’ouest. J’étais arrivée le dimanche après-midi pour faire un tour de vélo et profiter des derniers rayons de soleil d’une belle journée d’hiver, mais malheureusement aussi de toutes les particules qui font rapidement mal à la gorge. Le lundi, la météo prévoyait le même temps mais dans les faits la couche de pollution était installée, ce qui nuisait aux températures mais pas forcément à la beauté du lieu qui était… différent. Amélie avait trouvé le blog de Paul et on va s’inspirer de son itinéraire pour notre balade de l’après-midi. On a raté le bon restaurant de la West Lake Guest House (qui était peut-être fermé), on a visité la villa Guo, mangé dans un endroit pas dingue (mais le seul du coin), pris le bateau pour aller sur l’île et rentrer sur la côte est faire un tour au night market qui se mettait en place et présentait une belle collection de merdouilles en tous genres et de mauvaises contrefaçons au goût douteux. On a terminé la journée épuisées par un dîner dans le restaurant du guide du routard près de Qinghefang Lao Jie (vieille rue).

Le mardi était la « mauvaise » journée d’après la météo. Ça tombe bien car on avait une matinée à passser à Hangzhou avant d’aller prendre le bus pour Tunxi. Nous retournons là où nous nous étions arrêtées la veille, dans le quartier de Qinghefang, visiter le musée de médecine chinoise. Une veille maison habrite le musée où l’on voit tous les ingrédients nécessaires à la préparation des remèdes : le minéral et le végétal ne me choquent pas plus que ça, mais tout ce qui vient des animaux (et de la maltraitance qui en découle souvent) est particulièrement affreux. Heureusement qu’à la sortie nous passons un peu de temps à observer l’animation de la pharmacie pour nous changer les idées : un paquet de blouses blanches s’affairent dans un cadre sorti d’une autre époque. Chacun a une tâche très précise qu’il effectue à toute vitesse : une employée apporte les ingrédients, une autre les pèse et fait les mélanges en suivant les recettes / ordonnances, le chef contrôle, un employé commence l’emballage et une autre le termine et étiquette. Nous empruntons ensuite, sous la pluie, une jolie petite rue qui nous mène à l’ancienne résidence de Huxueyan : tout simplement magnifique ! De plus, en plein hiver et en semaine, les touristes sont rares et nous pouvons donc bien voir sans être bousculées. Après un déjeuner rapide au marché couvert où l’on peut choisir des spécialités de fast/street food chinoises (j’opte pour la soupe de grosses nouilles et pâtes de riz dans bol en carton, et quelques baozi), nous repassons à l’hôtel prendre nos sacs pour filer à la gare routière où nous avons juste le temps de manger un dessert. Après trois semaines à l’école de taichi, j’étais clairement en manque de confort, mais aussi de variété de nourriture et de sucreries (petite culpabilité « hygiène de vie »…). Dès mon arrivée à Hangzhou, je me réjouissais beaucoup trop d’avoir une chambre avec du chauffage qui marche bien et un matelas ferme qui n’est pas une planche de bois, et encore plus de manger un « swiss breakfast » au petit-déjeuner. À la gare routière, on s’arrête prendre un dessert… au Mac Do (oui oui, vous avez bien lu, chez Mac Donald’s) où je mange mon premier Mac Flurry en plus de quinze ans. Et j’achète enfin ma barre de chocolat noir Dove dont je rêve depuis l’an dernier (enfin, depuis le 31 décembre de l’an dernier, ça va…). C’est parti pour trois heures de car en direction de Tunxi (petite ville appelée aussi HuangShan Zhen et située dans la province voisine, l’Anhui) dans un car hyper confortable : avoir de l’espace pour les jambes c’est déjà du luxe et là, à mon avis il y en avait plus que dans un avion en classe Eco Premium. C’était parfait de passer l’après-midi pluvieux dans le car. En revanche nous étions un peu moins contentes de nous retrouver sous la pluie à chercher notre hôtel car le taxi nous avait déposées au mauvais endroit (NB : le coin est piéton et j’avais complètement oublié de le localiser sur Google maps et je n’avais plus de forfait sur mon téléphone). L’hôtel est situé dans une petite ruelle que les gens ne connaissaient pas et ils nous indiquaient une mauvaise direction. Une fois arrivées, c’était top : Amélie avait choisi le Hui Style Hotel sur internet et c’est clairement l’endroit le plus charmant dans lequel j’ai séjourné depuis mon départ de France, à égalité avec ma jolie petite hutte au Cambodge à Kep (hors appartements des potes…). En plus le patron parle un anglais impeccable et est d’une efficacité incroyable : en cinq minutes, notre journée du lendemain est organisée, on sait où nous allons aller dîner et il m’a rechargé mon téléphone portable. Le petit déjeuner occidental est très basique (banane, œuf, quelques toasts) mais le chinois est hyper copieux : cacaouettes et pickles, œuf, tofu qui pue (je m’abstiens), gros bol de bouillie de riz et trois énormes baozi que la cuisinière me fait aux légumes et au tofu puisque je suis végétarienne.

Le mercredi, c’est la visite des villages et Amélie a un objectif en tête : éviter les microphones ! On a presque réussi. Par conséquent, je n’ai pas beaucoup augmenté ma collection de photos de touristes chinois qui posent, mais ce n’est pas plus mal. Notre chauffeur était très sympatique, conduisait bien, avait une voiture avec de la moumoutte sur les sièges et en prenait bien soin (nettoyage) pendant nos visites. On a commencé par le village de Xidi : le parking était presque vide à notre arrivée. A Xidi, nous nous promenons dans les ruelles quasi désertes, où les habitants commencent à ouvrir leurs maisons, leurs boutiques et à accrocher des animaux morts aux murs pour les faite sécher. Nous déambulons et visitons les maisons anciennes : les intérieurs sont sombres et poussiéreux mais bien ordonnés et l’on y voit des bas reliefs sculptés sur du bois, des tableaux, des calligraphies ainsi que des meubles et ustensiles de la vie quotidienne. Nous traversons également un ruisseau et quelques cultures pour aller à un point du vue duquel on voit tout le village, avec ses murs blancs et ses toits gris.

Après la visite de Xidi, nous nous dirigeons vers un deuxième village : Nanping, moins visité que Xidi et Hongcun. Ici une guide nous accompagne pour nous ouvrir l’intérieur des maisons. Nanping est célèbre car c’est en partie ici qu’a été tourné le drame de Zhang Yimou Ju Dou. Ensuite nous commençons à avoir faim et nous ajustons notre programme : au lieu de visiter le village de Guanlu, nous nous dirigeons vers Hongcun pour le déjeuner, faire une marche dans la forêt de bambous puis visiter l’ancien village. Pour le resto, encore une fois nous suivons la recommandation de Paul et nous nous retrouvons hors de la vieille ville touristique : la dame du restaurant hallucine un peu que l’on ait cherché son restaurant, sympathise avec notre chauffeur, et comme nous avons froid à l’intérieur, elle nous installe une petite table dehors au soleil et ce sont les locaux qui s’étonnent de nous voir déjeuner « en terrasse » à une saison où les visiteurs, notamment étrangers, ne se bousculent pas.

A quelques kilomètres de Hongcun se trouve la fameuse forêt de bambous où ont été tournées de nombreuses scènes du célèbre film de Ang Lee Tigre et Dragon. C’est le lieu idéal pour une petite marche digestive d’une heure et demi. Les bambous ne sont pas géants mais la forêt s’étend sur les collines comme on le voit très bien dans le film. Et comme nous sommes en basse saison et que les chinois n’aiment pas marcher, nous profitons du calme avant de retrouver quelques groupes à Hongcun : on a gardé le meilleur pour la fin. Hongcun, tout comme Xidi est classé au patrimoine mondial de l’Unesco et la fin de journée est le bon moment pour faire des jolies photos de ce joli village : les maisons ressemblent à celles visitées précédemment mais la spécificité de Hongcun réside dans ses deux points d’eau et son célèbre petit pont de pierre.

Nous rentrons bien fatiguées après cette longue journée et le lendemain nous partons en randonnée aux montagnes jaunes. L’entrée du site est à une bonne heure de route de Tunxi et tout y est organisé pour le tourisme de masse : billets, cars, barrières pour les files d’attente… Comme pour les villages, je recommande franchement d’y aller en hiver et en semaine quand c’est (relativement) paisible. En haute saison, ça doit être un enfer là-haut, et limite dangereux compte tenu de la configuration des lieux et de la fréquence des bousculades en Chine. Pendant l’hiver, toute une partie au sommet du site est fermée, ainsi que deux télécabines sur les trois et par conséquent tout est un peu moins cher : entrée, télécabine, hôtel… Mais nous allons réussir à nous occuper sans problème en faisant la longue montée à pied, en dormant sur place et en redescendant en télécabine le lendemain. Une randonnée aux montagnes jaunes ne se fait pas sur des petits sentiers : il n’y a que des escaliers, et beaucoup d’escaliers. La première partie de l’ascension ne présente pas de grand intérêt en soi, à part le plaisir de faire de l’exercice. Mais l’arrivée au sommet en fin de journée est tout simplement merveilleuse avec de magnifiques points de vue au soleil couchant. Rares sont ceux qui ont fait comme nous (la montée) mais nous croisons beaucoup de chinois qui descendent, crampons aux pieds jusqu’en bas pour certains : un peu comme les gens qui mettent les chaînes aux roues de leur voiture quand ils vont en station même s’il n’y a pas de neige. On se moque un peu d’eux mais les crampons sont bien utiles le soir en haut aux endroits où les escaliers sont complètement gelés et verglacés ! On en avait récupéré une paire abandonnée en route pour essayer. Tout est hyper fléché et organisé sur le site mais au lieu de mettre du sel et du sable sur la glace, ils entretiennent le business des crampons …

Concernant l’hébergement, nous avons pris le meilleur hôtel du coin car notre priorité était de ne pas avoir froid et nous n’avons pas regretté. Le Xihai Hotel était impeccable et fournissait même les doudounes bien chaudes. Dans notre belle chambre, nous n’avions pas TV5 Monde mais BBC News pour nous permettre de suivre les nouvelles de notre pays avant de prendre une bonne douche chaude et un repas dans une salle de restaurant quasi vide. Nous avons aussi acheté quelques snacks pour le lever du soleil et… des crampons : on ne sait jamais, se moquer des chinois pourrait porter la poisse. Par rapport au coucher, le lever du soleil était un peu décevant, mais on ne va pas se plaindre hein ! Tous les chinois sont allés se poster avant nous pour prendre en photo le soleil qui se lève avant de partir juste après sans profiter de la belle lumière du matin pour faire des photos plus jolies. Sans doute les tours enchaînent-ils directement avec la visite des villages. En rentrant à l’hôtel, on fait péter le petit-déjeuner buffet : trop bien ! Encore une fois, je réalise que même si la nourriture à l’école de taichi est bonne, au bout de trois semaines je suis vraiment en manque d’autre chose… et là il y a tout, et en bien meilleur que les petits-déjeuners buffet au Tibet (sauf le jus d’orange qui rappelle toujours le tang) : du chinois bien entendu, mais aussi du pain, des bons gâteaux, des céréales avec du lait de soja et des graines, des salades de fruits… Amélie adore les œufs brouillés et moi j’adore tout le reste ! Il n’y a évidemment pas grand monde mais nous avons des voisins de table qui se parlent parfois en anglais. Difficile de deviner leur nationalité même si je reconnais quelques expressions de singlish. Je me retrouve avec eux dans l’ascenseur et eux aussi devait se demander d’où on venait puisqu’il ne me posent la question : « France » « Ah, France is very famous now : many terrorists there » « Hum, or just a few crazy ones – You, where are you from ? » « Malaysia » « Ah, Malaysia is very famous too : many lost airplanes there ». A chaque pays son problème. Bref, après une petite sieste matinale digestive, nécessaire avant d’attaquer les dernières marches, nous nous mettons en route vers le télécabine et profitons de nos derniers instants au sommet où nous croisons pas mal de touristes qui doivent faire l’aller-retour sur la journée. A défaut de ski, j’aurai au moins pris le télécabine, à la descente : la vue était jolie et ça a bien préservé nos genoux. Nous avons vraiment eu de la chance avec la météo : grand soleil. Le seul inconvénient était donc que nous n’avions pas les nombreuses brumes qui donnent au site son côté féérique. Mais si c’était froid et humide, on se serait encore plus gelées en cette saison ! Et puis il y avait la couche de pollution dans la vallée qui imite bien la mer de nuages, c’était déjà pas mal et nous nous en sommes contentées.

Nous sommes de retour en ville en milieu d’après-midi et pendant qu’Amélie se repose et bouquine (la Kindle, ça a l’air pas mal, en fait ! C’est marrant comme le monde est petit, puisqu’Amélie lisait le livre de Claire que les potes du kung fu connaissent), je repars en mission Western Union pour récupérer mon loyer, que mon gentil locataire PN m’envoit dans le pays ou je veux quand je lui demande. Comme je ne sais pas comment ça va se passer en Indonésie, je voulais récupérer du cash avant de partir. Et cette fois-ci c’était un peu galère, donc un peu drôle aussi alors je vais vous raconter. Les agences Western Union, quand on n’en a pas besoin, on en voit partout, mais dès que l’on en a besoin, impossible d’en trouver. Je voulais récupérer ça à Hangzhou avant l’arrivée d’Amélie mais celles repérées sur le site web n’existaient plus et j’ai dû me balader plus d’une heure à vélo pour trouver une banque où ils faisaient ça : ouf. J’arrive à 16h40 et on me dit que ce n’est pas possible car l’agence ferme à 17h. Je demande qu’on m’explique où est le problème puisqu’il est 16h40 et il faut en fait arriver trente minutes avant la fermeture. Ça m’a rappelé la France ! Ce n’est pas grave, je ferai deux heures de vélo lundi matin pour arriver à l’ouverture. Et là, gros sketche : ils ne veulent pas me donner les sous car une psychorigide au guichet dit un truc genre mingzi xie cuo le. Et en plus ils ne veulent pas me dire où est la coquille dans mon nom. J’ai beau dire que d’habitude ça marche toujours et que PN fait toujours pareil, les connasses ne veulent rien entendre. En insistant beaucoup beaucoup beaucoup (hyper calmement et en souriant beaucoup beaucoup beaucoup) pour qu’elles me disent où se trouve l’erreur afin de pouvoir dire à PN comment écrire mon nom pour que ça marche, j’arrive à comprendre que mon deuxième prénom était manquant, ppppffffff. La fille de l’accueil est gentille quand même et m’emmène à une Poste dans une petite rue à côté pour que j’essaie chez eux : sauf que leur système est en panne.

C’était donc sans mes sous que j’ai quitté Hangzhou (et bientôt la Chine pour aller faire de la plongée). Dernière chance avant mon transit à Guangzhou où je n’ai aucune envie de courir en ville pour m’occuper de ça : la petite ville de Tunxi où quelques agences sont répertoriées sur internet. À la Commercial Bank of China, on me dit d’aller à la Poste, également répertoriée, mais où avec toute la meilleure volonté du monde de part et d’autre, au bout de trente minutes, on est d’accord sur ce que je veux, sauf que ça ne se fait pas ici. La gentille dame à l’accueil prend des photos du site de western union, de ma confirmation de transfert, envoie ça par wechat à une copine, arrive à trouver une copine qui me parle anglais au téléphone pour tout vérifier (ce que je veux et la possibilité de faire ça quelque part) et explique à la gentille postière où m’emmener. Je me retrouve donc dans une agence de la Agricultural Bank of China où j’ai eu un accueil de folie et vais avoir le temps de sympathiser avec tout le personnel ou presque : c’est juste incroyable, il faut le vivre pour le croire. En me voyant arriver, la fille de l’accueil court chercher une collègue qui est trop trop contente de parler quelques mots d’anglais avec moi et qui devrait peut-être changer ses verres de lunettes qui mesurent déjà un demi-centimètre d’épaisseur. Je vais juste chercher mon loyer, et je me retrouve à m’entendre dire que je suis vraiment trop trop jolie (sérieusement ?!), super grande (ça je sais, même miope elle ne peut pas trop se tromper) et que j’ai l’air si jeune (elle est toute petite, et regarde la jolie photo de passeport qui date d’il y a dix ans au lieu de ma tête !). Le taichi a peut-être un effet positif sur mon physique (?!) mais ce genre de paroles n’arrivent jamais au bon moment ou de la part des bonnes personnes. Je ne vais pas à la Agricultural Bank of China de Tunxi, Anhui pour entendre ça : à la Agricultural Bank of China de Tunxi, Anhui, je préférerais juste récupérer mes sous ! Ensuite, elle essaie de me faire passer devant tout le monde au guichet où il y a l’autocollant western union mais la dame est « very very busy ». Ma nouvelle copine va donc me faire asseoir en face d’un collègue à elle qui parle plutôt bien anglais, elle s’assoit également et on discute. Le sujet qui intéresse le collègue c’est les banques françaises : il me cite BNP Paribas et me dit qu’ils font du bon business avec eux, il connaît aussi l’équivalent de leur banque en France, le Crédit Agricole… il me demande si je connais ces banques et je lui réponds que oui, et que j’ai même des potes qui travaillent dans des banques : BNP Parisbas, la Société Générale, le Crédit Suisse… Ensuite il me demande si je connais Neuflize, et là ça se corse : je ne sais plus comment je connais et mets une minute avant de me rappeler que ça vient sans doute du carnet d’adresse de mon chef ! Ensuite, gentiment, il me propose un verre de thé servi à la chinoise (quelques feuilles dans un verre en papier de la banque avec de l’eau chaude par dessus) et me donne le code du wifi pour que je puisse suivre sur internet les nouvelles de mon pays. Ils sont peut-être aussi gentils car ils ont un peu de peine pour moi… mais je préférerais qu’ils soient un peu moins gentils et qu’il n’y ait pas tous ces graves problèmes en France. Et aussi qu’ils soient efficaces car une seule employée bosse et tous les autres n’ont pas l’air très occupés par leur travail : par exemple, une employée tricote derrière son ordinateur et la chef rapplique non pas pour rappeler à l’ordre son personnel mais pour me saluer et se joindre à la conversation.

Je patientais tranquillement car je savais que cette fois ça allait être gagné s’ils ne me faisaient pas le coup de la fermeture dans une heure afin de me revoir le lendemain matin. J’ai su que c’était gagné quand ils ont dû s’y prendre à trois personnes et à quatre reprises pour remplir la fiche car ils faisaient toujours une erreur. Les fois précédentes c’était moi qui remplissant la fiche mais ici ils avaient quand même envie de bosser un peu, en fait. Plus précisément, j’ai su que c’était gagné quand ma nouvelle amie qui n’y voit rien m’a demandé « nationality ? » en me montrant le champ « couleur des yeux » de mon passeport. Et en effet, une fois que c’était le tour de celle du guichet d’être dispo (celle qui est « very busy »), elle ne savait pas du tout lire nos lettres (et n’allait donc pas m’embêter avec mon deuxième prénom !), et elle comptait avec… un boulier. Pour des raisons obscures ils ont dû faire des conversions en USD pour me filer des CYN et m’entuber de 100 yuans dans l’affaire mais j’étais tellement contente d’avoir réussi cette mission la veille de mon départ que ça n’avait pas beaucoup d’importance.

C’est donc plusieurs heures après être partie à la banque que je retrouve Amélie pour notre dernier dîner ensemble en Chine. Nous allons dans un autre « bon » restaurant de la ville et on en déduit que la cuisine de l’Anhui n’est pas la meilleure du pays. Amélie mangeait mieux au Yunnan et moi je n’ai pas trop d’avis sur la question en fait : tant qu’il n’y a pas de viande dedans ça me va et je réalise que je ne suis pas difficile du tout et trouve à peu près tout hao chi même si les vraies bonnes choses me manquent quand même un peu, en fait : le chocolat Dove tient la route, mais bon… Je n’attends pas grand chose de la gastronomie indonésienne végétarienne dans des coins reculés (je crains un peu l’overdose de nasi goreng et de mi goreng et espère que ce sera la saison des bons fruits !), on verra si je me régale vraiment en Thaïlande et il faudra me dire si je cuisine des trucs dégueu à mon retour !!

Dans la soirée, j’accompagne Amélie à un taxi pour l’aéroport de Tunxi où elle va prendre un vol hyper tard pour Shanghai d’où elle continuera son petit tour : amis, Suzhou et Wuzhen au programme. On se demande bien pourquoi tous les vols de ce minuscule aéroport sont tard le soir car le mien sera à 22h55 le lendemain.

Je ne sais pas trop quoi faire pour mon dernier jour à Tunxi et vais glander un peu… et profiter de ma très belle chambre chauffée avec un grand lit à baldaquin (fin matelas sur une planche de bois : grand confort), une sorte de canapé local, des fauteuils, un bureau et une très jolie salle de bain. Les nouvelles de France vont m’occuper le vendredi soir et également une bonne partie du samedi matin, car il s’en est passées des choses dans la nuit et le VPN rame un peu (rappel : en Chine, il faut un VPN pour se connecter au reste du monde). C’est bizarre de suivre tout cela de si loin et ça faisait franchement longtemps que je n’avais pas été touchée par ce qui se passe en France. Bref ce n’est pas l’endroit pour en parler mais j’étais contente d’être quelques jours avec une compatriote dans de telles circonstances, plutôt que toute seule au milieu des chinois ou en tournée des aéroports comme c’est le cas pour me rendre à ma prochaine destination.

Avant ce long périple, je vais marcher en ville pour me dégourdir les jambes (j’avais pensé aller courir mais l’air était quand même bien pollué) et faire une pause dans un joli café où je mange de la bonne glace néozélandaise. Ensuite, je fais un stop à un endroit où deux jeunes travaillent sur ordinateur et où ils ont des imprimantes pour leur demander de m’imprimer deux docs dont je vais avoir besoin et qui sont sur ma clé USB : mon billet d’avion Lion Air (visiblement il faut imprimer : ah ces compagnies low cost sur liste noire…) et la confirmation attestant que j’ai bien suivi mes cours de plongée en ligne et réussi les tests QCM. La nuit arrive et je vois un centre de massage : juste ce qu’il me faut avant mes quatre avions et ma nuit sur le bateau, d’autant plus que depuis une bonne semaine j’ai un peu mal dans le haut du dos. Un matin je me suis réveillée légèrement coincée (planche de bois + froid), je ne faisais pas les fajin au taichi mais me suis coincée davantage en faisant le petit saut, et depuis ça n’a pas complètement passé et je fais attention à ne pas faire de mouvement trop brusque avec le sac à dos car Hadrien est un peu loin pour me remettre tout ça en place. C’est quand même une saloperie cet accident de m…. à Eurodisney avant lequel je n’avais jamais eu le moindre problème de dos. Bref, l’endroit, une pièce au premier étage, est assez roots, mal chauffé mais propre, le gars qui s’occupe du massage traditionnel corps est un peu plus aveugle que la fille de la banque, mais aussi efficace que ceux de Yangshuo (et même mieux sur la partie jambes) et comme j’ai le temps j’enchaîne sur une heure de massage des pieds exécuté par la propriétaire des lieux. Tout cela au tarif imbattable de 120 RMB les deux heures. Avant de sortir, je fais une pause aux toilettes qui sont au milieu de leur cuisine au rez de chaussée (littéralement). Mon dernier repas sera street food un peu grasse avant de retourner à l’hotel profiter d’internet pour lire les nouvelles. Alors à l’hôtel, comme souvent en Chine, ils ne mettent pas le chauffage mais des doudounes et je me gèle un peu avant d’aller à l’aéroport, prête à me prendre un choc thermique d’une trentaine de degrés, j’ai hâte !

C’est donc le début d’un long voyage … De Tunxi, j’arrive à Guangzhou après une heure du matin, où je passe la nuit dans l’hôtel des transferts de China Southern. Franchement je n’y croyais pas mais ils mettent vraiment leurs passagers dans un bel hôtel avec grande piscine (malheureusment fermée le matin), des belles chambres qui puent la clope et un super petit déjeuner buffet. Je passe l’après-midi à l’aéroport pour prendre le pire vol depuis le début du voyage : pour l’instant j’étais satisfaite de China Southern mais le fait qu’il n’y ait pas d’écran individuel sur un vol de cinq heures a commencé à me faire stresser. Ils mettent des belles sélections de « théatre du ciel » sur des vols Guangzhou – Shanghai et sur un Guangzhou – Jakarta, on n’a que le film « collectif » Lucy, de Luc Besson (aka Scarlett Johansson chez les mafieux chinois). C’est raté pour la séance de rattrapage de cinéma. Je suis également entourée de trois enfants en bas âge qui hurlent pendant le décollage, après ils se calment un peu mais ma voisine de devant et mon voisin de derrière n’arrêtent pas de bouger et de parler fort.

Le soir, je suis bien contente d’arriver à Jakarta. Quel contraste par rapport à la Chine : deux minutes pour faire un visa, il fait chaud et tous les gens sont souriants et parlent anglais ! L’hôtel Ibis de l’aéroport est plus « simple » que le précédent mais est parfait pour y passer une super nuit : tout neuf avec mobilier de meilleur goût qu’en Chine, très calme, hyper propre, personnel adorable, wifi qui marche très bien et plus besoin de VPN… J’avais réservé un hôtel avec piscine et salle de sport car mon vol pour Makassar n’était qu’en milieu d’après-midi. Comme ils l’ont avancé vers midi et que je n’ai pas envie de me lever aux aurores, je vais devoir faire un choix entre salle de sport, piscine et petit déjeuner. Je vais voir à quoi ressemble le petit-déjeuner et me retrouve obligée de faire le « mauvais » choix : il y a du fromage qui lui n’a pas l’air mauvais et du pain frais aux céréales qui a l’air trop trop bon… mais aussi des jus de fruits frais, de la salade de fruits, des petites graines et des amandes, des bonnes viennoiseries : je me régale et laisse de côté les spécialités asiatiques (indonésiennes mais aussi le petit-déjeuner classique chinois : bouillie de riz, baozi, pickles…). Avant de retourner à l’aéroport, j’envoie un petit message sur What’s App à Hendri, le guide de Sumatra avec qui j’avais emmené mon groupe à Siberut il y a deux ans et demi histoire de lui passer le bonjour de Jakarta. Hendri serait tellement content de me revoir qu’en l’espace de cinq minutes je n’envisage plus de terminer mon séjour en Indonésie en touriste à Bali, Lombok ou aux îles Gili. Je crois que je vais retourner dans le coin de Padang / Bukittinggi / Maninjau pour m’initier au pencak silat auprès d’amis de Hendri et lui apprendre à nager au lac Maninjau car je lui avais promis que si je revenais je lui apprendrai à nager là-bas ! C’est un peu stressant car je ne suis pas sûre d’être très pédagogue et capable d’apprendre à nager à des gens, mais je vais me renseigner sur les principes de base à mon centre de plongée (la flottaison par exemple… et me remettre pour l’occasion aux sciences physiques, ça promet).

La suite du voyage avec Lion Air, compagnie indonésienne sur liste noire, consiste à rejoindre Sulawesi (Makassar puis Gorontalo). Les vols se sont passés à merveille : juste quelques petites turbulences, un personnel de bord charmant et pas de voisin sur le siège du milieu. J’envisage donc sans problème l’idée de remonter dans des avions Lion Air pour aller à Sumatra dans trois semaines. Le 9 février mon visa expire et j’irai retrouver Virginie, une amie de Thonon, qui arrivera le 10 ou le 11 à Bangkok pour passer trois semaines de vacances en Thaïlande. Je prendrais sans doute des vols Air Asia puisque comme ils ont crashé un avion dernièrement, la probabilité que ça se reproduise est faible. Voilà, maintenant vous connaissez le programme, la suite immédiate c’est le bateau de nuit pour aller me couper du monde pendant deux semaines aux îles Togians.

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A propos émilie

En juillet 2014, je pars en congé sabbatique pour apprendre le taichi en Chine et voyager en Asie et depuis, j'écris ce blog pour donner des nouvelles à ceux que ça intéresse : la famille, les amis, les collègues...
Cet article a été publié dans Chine, cuisine, Indonésie, insolite, rando, transport. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Hangzhou, les montagnes jaunes et le départ pour l’Indonésie

  1. Jean-Luc dit :

    Vivement les photos, super les îles Togians, on en aurait bien besoin ici !

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