Nouvelle année, nouveau départ

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Après avoir encore préparé des bagages, j’ai quitté l’école de taichi, sans billet retour cette fois (ni en Chine, ni en France, et je m’apprête à prendre un billet pour… la Suisse). Le prochain séjour à Yangshuo sera le dernier (avant le prochain !). Je suis partie retrouver Amélie (cf. Hong Kong) quelques jours pour visiter Hangzhou et nous balader aux montagnes jaunes. Ensuite, je quitterai la Chine juste avant l’expiration de mon visa pour apprendre la plongée en Indonésie (et pratiquer le taichi, seule, et au chaud), et ensuite… je ne sais pas !

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pratique le filet à portable sur la porte des toilettes du train

Master Fu himself m’a gentiment conduit à la gare routière pour me mettre dans la car pour Guilin où j’ai mon train de nuit pour Hangzhou. Je suis un peu gênée mais très touchée par cette attention. Je me pointe comme une fleur à la mauvaise gare, celle qui est près de l’arrêt du car… ahahah je ne m’étais jamais dit que s’il y avait une Guilin Nan Huoche Zhan (Gare du Sud) il devait y avoir une Guilin Bei Huoche Zhan (Gare du Nord). Avant, j’avais pris le temps d’acheter quelques fruits pour le voyage, dont des kakis séchés. Je crois que le kaki fait parti du top dix de mes fruits préférés. Même ceux qui n’était pas très murs à Singapour n’étaient pas mauvais. Dans le Guangxi en ce moment c’est la saison des kakis séchés et je n’en avais jamais mangés : et c’est comme les figues, aussi bon séchés que frais. Heureusement qu’il n’y avait pas eu de galères et que j’étais arrivée cinquante minutes en avance. Je ressors comme une conne de la gare pour chercher une moto taxi car je n’ai aucune idée d’où se trouve la gare de Guilin Nord. C’est dans ce genre de situation que les bases de chinois sont bien utiles. En moins de deux minutes, je sais que je pourrai avoir mon train si on fonce, et me voilà sur une moto, avec ma petite vingtaine de kilos de bagages sans avoir pris le temps de mettre veste, gants et bonnet (ça caille) et d’avoir bien attaché le sac à dos. C’est parti pour une traversée de Guilin de nuit… Une bonne demi-heure et quelques frayeurs plus tard, me voilà à la bonne gare, j’ai juste le temps de faire la queue pour le contrôle des billets et la sécurité (c’est la fin de trois jours de congés pour les chinois, donc il y a du monde), et de monter dans le train pour un peu plus de seize heures de voyage. Mon voisin de couchette du haut, un étudiant en design à Guilin a l’air très sympa

et veut discuter mais comme mes capacités sont toujours bien limitées on a vite épuisé les sujets de conversation que je suis capable d’aborder.

Point sur mes progrès (ou pas) en taichi. Pour la dernière semaine d’entraînement avant mon départ, j’étais la seule élève à l’école et il n’y avait pas grand monde vu que Master Fu et sa copine sont partis. C’était donc cours particuliers avec A Wei : l’occasion idéale de faire ce que je veux, et rien que ce que je veux. Enfin, un peu ce que veut A Wei aussi évidemment. J’ai dit à Lao Wu que je ne voulais pas apprendre le sabre et la lao jia er lu mais ne faire que des bases (ji beng gong) et répéter les 74 mouvements de la lao jia yi lu un par un. Lao Wu explique également à A Wei que une fois que j’arrive à faire un mouvement à peu près (hai keyi comme ils disent), il faut que je le répète plein de fois avant de passer au suivant, vraiment beaucoup. Pareil pour les bases : on répète on répète on répète avant de passer au suivant. J’ai profité de ces cours particuliers détaillés pour commencer un petit carnet pour fixer les trucs. Leon tient sont taichi diary, c’est une bonne idée. A Wei m’explique donc en chinois tout ce qui ne va pas, je dois comprendre ce qu’il veut dire en détails, arriver à faire le mouvement mieux, le répéter encore et encore quelques fois en pensant à corriger un maximum de choses. Ensuite je retranscris cela en français avec mes mots à moi dans le petit carnet pour être capable de relire, de comprendre et de pouvoir travailler et corriger toute seule en en oubliant le moins possible. Je note quelques applications aussi. En Indonésie, je devrais trouver le temps de m’entraîner et il faut que j’apprenne à pratiquer seule ! Car cette fois, je voudrais vraiment continuer le taichi en France et je sais que si je galère à pratiquer seule, je ne le ferai pas. Car en plus j’aurai plein d’autres choses à faire au retour.

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le super poteau de frappe pas très bien placé

Les jours d’entraînement se sont donc beaucoup ressemblés. Le matin, c’est échauffement, deux lao jia yi lu, ji ben gong et détails de quelques mouvements de la forme. L’après-midi c’est échauffement, deux lao jia yi lu, et détails de la suite de la forme. A la fin du cours, j’ai une heure de libre pour réviser une fois ce qu’on a vu, compléter mes notes et m’échauffer vite fait pour donner des coups de poings et des coups de pieds… ça se perd vite ! Et comme Leon n’est pas là, mon nouveau meilleur ami c’est le poteau de frappe. Il est très bien et je l’adore sauf qu’il est installé trop près du mur pour optimiser l’espace, et qu’on ne peut donc pas tourner autour… L’autre problème c’est que juste quand je suis bien chaude et commence à transpirer, il est déjà l’heure de dîner. Oui, car on est en hiver, le soir il ne fait pas chaud et mes muscles ne chauffent pas vite. A vrai dire, en ne faisant que du taichi ils ne chauffent même pas du tout de la journée. Si A Wei semble préférer rester à l’ombre, je dois souvent insister pour qu’on se mette au soleil… c’est la gueguerre quotidienne.

Pas d’autre élève à l’école, ça veut aussi dire très peu d’animation : pour nouvel an, on commande un gâteau, une forêt noire pas très bonne mais pas mauvaise non plus, et à 19h15, je vais me coucher et regarder un film. J’étais quand même un peu en manque de chocolat pendant les fêtes. On va au supermarché chercher quelques jus de fruits en pack à base de concentré (la teuf quoi) et je voulais m’acheter quelques barres de Dove noir, chocolat qui tient la route quand on est en manque et en Chine, mais on m’a dit que c’était pas bon, rrraaaahhhh. Malgré le régime quasi sans sucre, je crois que j’ai dû prendre un kilo en trois semaines car Lao Zhang utilise davantage d’huile en hiver. Par exemple, il était gentil de me faire mon bol de soupe végétarienne rien que pour moi mais ensuite je dois enlever à la cuiller les ronds de gras qui flottent. 2014 s’est terminée avec une forêt noire sur l’estomac et 2015 a commencé par un jogging avant le lever du soleil, alors que la France changeait d’année … Manger bouger !

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En fin d’année, la charcuterie a pas mal avancé de sécher et les cadeaux de Chen Xiansheng ont été branchés : le tapis pour courir (il fallait mettre une rallonge) a amusé Lao Wu vingt minutes. Et le 31, A Wei fixe l’écran plat au mur, plus pour libérer de la place sur la table que pour l’utiliser. Chen Xiansheng a dû être content de voir que tout était en place à son retour puisqu’il est revenu le samedi de mon départ, en Mercedes évidemment.

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Le vendredi en fin de matinée, nous avons eu la visite de Laëtitia et James. Ils étaient à l’école de taichi lors de mon premier séjour en mai 2013 : Laëtitia était alors guide à vélo et James était resté pendant six mois pour apprendre le taichi. J’ai été très heureuse de les revoir et de passer la soirée au coin du feu à discuter. Depuis mai 2013, ils sont partis faire du vélo en Alaska et au Canada, retournés dans leurs pays quelques mois (James est canadien et Laëtitia suisse : elle est originaire de l’autre côté du lac Léman et ça faisait plaisir d’entendre à nouveau l’accent du coin) puis sont allés faire du vélo à Taïwan avant de revenir en Chine pour apprendre le chinois dans une école à quelques heures de Yangshuo. Ils ont profité des trois jours de congé du nouvel an pour passer dire bonjour ici. À leur arrivée il n’y avait donc pas beaucoup de monde mais heureusement Master Fu allait rentrer juste avant leur départ. L’école de taichi, c’est comme une grande famille avec plein de cousins partout : quand on passe pas très loin, on y revient et on est toujours bien accueilli !!

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A propos émilie

En juillet 2014, je pars en congé sabbatique pour apprendre le taichi en Chine et voyager en Asie et depuis, j'écris ce blog pour donner des nouvelles à ceux que ça intéresse : la famille, les amis, les collègues...
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Un commentaire pour Nouvelle année, nouveau départ

  1. Jean-Luc dit :

    Home office aujourd’hui, je vais pouvoir rattraper le retard dans mes lectures 🙂 , c’est toujours plaisant de te lire, a+

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