Départ de (#3) et arrivée à (#4) Yangshuo (#automne-hiver)

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Hum, attention long article : il fait un temps pourri, j’ai besoin de repos (oups, pardon), je n’ai quasi pas quitté ma couverture chauffante de la journée, je culpabilise à lire au lieu de donner des nouvelles alors j’ai passé l’après-midi sur l’ordinateur à écrire ma vie.com.

Comme d’habitude, les quelques photos sont sur Flickr.

Petit flashback avant la fin de l’année sur mes derniers jours à Yangshuo avant mon départ pour Singapour.

Au niveau de l’entraînement, au bout de deux semaines et demi, j’en ai vraiment eu marre. Après le sabre, ils ont commencé à vouloir m’apprendre la lao jia er lu (deuxième forme ancienne). Alors, c’est sûr que c’est très joli quand c’est bien fait, que j’aime bien car c’est hyper dynamique, qu’il y a des balayages, des fajin… mais ça allait beaucoup trop vite pour moi (tout le monde connaissait déjà la forme et je devais l’apprendre) et surtout j’estime que je ne suis pas encore prête à apprendre ça : j’ai encore tellement de choses à améliorer sur la lao ji yi lu ! En outre, j’avais de plus en plus mal aux genoux : je ne pouvais même plus aller courir, je boitais et devais prendre des anti-inflammatoires pour pouvoir m’entraîner et ça m’énervait d’en arriver là en faisant du taichi quoi !! J’aurais bien aimé m’entraîner davantage pour avoir des courbatures, mais non, j’avais juste mal aux genoux au point où ma priorité n’était plus d’essayer de faire les mouvements au mieux mais d’essayer de les faire en évitant la douleur. Je prenais sur moi (j’essaie d’apprendre à ne plus faire ma chochotte ahah) jusqu’au moment où, hyper fatiguée par la concentration nécessaire à l’apprentissage des nouvelles formes et par le mal de genoux, je me suis énervée un peu. Quand A Wei me dit calmement en souriant open the knee, c’était juste la fois de trop, et j’ai répondu beaucoup moins calmement et sans sourire dans mon chinois tout pourri zheli, bu neng kai xi, weishenme ha ?! Tai kuai, tai nan, yi ge ren xun lian, de man man. Et je suis allée m’entraîner un peu toute seule, à mon rythme, avant d’aller m’excuser gentiment.

Le week-end je n’avais pas fait ma grande pause de deux jours sans taichi en m’entraînant quelques heures un matin : tout un groupe de pratiquants de Shenzhen sont arrivés le vendredi avec leur maître pour un week-end taichi ici, un peu comme on va à Dinard / Houlgate pour nos week-ends kung fu. Ils ont bien animé l’école et certains n’arrêtaient pas de fumer (je n’ai plus l’habitude d’être entourée de fumeurs !), ils étaient tous très très gentils, fort sympathiques et ont tout fait pour m’intégrer au mieux à leur week-end, c’était parfois limite gênant… Certains parlent pas mal anglais donc je pouvais communiquer un peu, l’un d’eux connaît trois mot de français qu’il n’arrêtait pas de répéter et celui qui était le plus fan de moi (ah oui, je n’ai jamais autant entendu que j’étais hen piaoliang et que je portais très bien mon nom ai meili – hum, c’était embarrassant) ne connaît que le mandarin et le cantonais et parlait au google traduction du téléphone qui ne faisait pas forcément du bon boulot. Après le repas, ça a failli finir en catastrophe : ils ont sorti les bouteilles de « bon » alcool de riz. J’ai poliment décliné le petit verre comme je l’avais appris dans le Assimil wo bu hui he jiu mais ça n’a pas marché. A Wei m’a sauvé en leur expliquant un truc que je n’ai pas compris et ensuite c’est limite si leur maître, master Chen, me laissait tremper les lèvres dans le quart de petit verre qui m’avait été servi. Ensuite, quand ils ont commencé à être bourrés, on a fait toute une série de photos avant qu’ils ne fassent quelques tours de magie avec des cartes (c’était marrant) puis s’en aillent boire des coups en ville. Là encore j’ai poliment décliné l’invitation en expliquant que si je sortais le soir, je n’allais pas pouvoir m’entraîner avec eux le lendemain matin à sept heures. Après cette soirée, je me suis retrouvée avec des nouveaux potes sur wechat et un nombre incroyable de messages et de photos, des cartes de visites, des timbres collector de radio Beijing, et une magnifique tenue de taichi jaune pâle pour m’entraîner avec eux le lendemain matin.

Pendant le week-end, je devais aussi revoir « le relou du bus » du retour de Guilin après la journée piscine et shopping. Globalement la Chine c’est tranquille, mais il y a de relous des bus partout et quand on n’a pas d’impératif, on peut essayer d’être sympa (hum). Il devait venir me chercher à l’école pour me faire visiter son village et puis comme il avait plus d’une heure de retard, je lui dis que je vais me promener et que je le retrouve en ville. Ensuite il essaie d’appeler mais si j’arrive à écrire de textos et à parfois comprendre ce qu’on me dit, je suis incapable d’avoir une conversation téléphonique en chinois !!! Bref, si je ne le retrouve pas en ville, c’est pas grave, j’éteins mon portable et fais « le grand tour » pour rentrer à l’école de taichi en prenant tout mon temps, prête à passer une journée « tranquille ». Et c’est là qu’il m’attendait et que tout le monde était content de me voir arriver : Aimeili, nide pengyou !, oups. Alors mon jeune ami est très très gentil mais juste hyper fatiguant : j’ai du mal à comprendre ce qu’il raconte, il est beaucoup trop content de passer la journée avec moi, il faut poser pour des photos tout le temps, et pire que tout on n’a pas la même notion d’espace vital et il empiète un peu trop sur le mien à mon goût. Sa copine qui a une Mercedes n’était pas dispo alors on se retrouve à prendre un petit bus, puis son petit scooter un peu pourri, on s’arrête au marché, puis manger un bout de canne à sucre au bord de la route. Normalement je n’ai pas peur en deux roues mais là c’était limite : il allait à fond sur une grande route et ensuite la petite route était assez longue, pas goudronnée avec des trous partout. Je me retrouve finalement en rase campagne à faire la connaissance de la famille dont tous les membres sont aussi adorables que mon pote est bizarre ! La petite sœur parle un peu anglais, on va se promener dans les plantations de youzi et de clémentines, finalement c’était chouette. Enfin, il tient à me raccompagner jusqu’à l’école de taichi : je lui dis que me déposer à l’arrêt du bus sur la grand route c’est parfait mais il ne me laisse pas le choix… et il n’arrêtera pas de m’envoyer beaucoup trop de messages auxquels je ne réponds plus car il y en a beaucoup trop et que ce type est quand même un peu étrange.

Fin du flashback.

Pour ma quatrième arrivée à l’école de taichi depuis le mois de juillet, je voulais rentrer en avion (maintenant qu’il y a des cars directs pour Yangshuo de l’aéroport de Guilin, c’est quand même pas mal) et puis de Hong Kong c’était hyper cher, il aurait fallu aller à Guangzhou… et puis voyager en avion en Chine, c’est parfois dangereux.

Alors je me dis que je vais reprendre un car à la frontière. Sauf qu’il est impossible d’acheter un billet de car à Hong Kong, il faut aller à Shenzhen et je n’ai pas envie de me galérer le jour même alors j’achète un billet de train. Ça fait plus de quatre ans que je n’ai pas pris le train en Chine, l’occasion se présente enfin ! Je réserve une couchette dure, en haut. Les couchettes du haut sont les moins chères, mais moi c’est celles que je préfère : je suis tranquille dans mon petit espace pour écrire les nouvelles de Hong Kong. Et sur la couchette du dessus, si j’ai les pieds qui dépassent un peu, les locaux passent dessous sans s’en rendre compte et enfin je peux accéder à mon sac facilement : le rack à bagages est juste en face de l’autre côté du couloir. On est six dans le compartiment, c’est propre, il y a draps, une couette et un oreiller et les couchettes dures sont de toute façon moins dures que les lits de l’école de taichi. Et aïe aïe aïe je n’ai pas eu le temps de m’étirer après mes trois heures d’exercice le matin, je suis contente d’avoir un peu mal aux cuisses et vais passer une bonne nuit.

Après le réveil à Guilin, je prends le car pour Yangshuo : j’arrive à la gare routière juste avant le lever du jour, il fait froid mais j’ai le temps alors je vais aller à l’école à pieds, trois quarts d’heure de marche (rapide) avec quelques arrêts. Et j’aime bien l’idée de finir le voyage à pieds, avec sac à dos, pour étudier les arts martiaux, ça fait un peu warrior ahahah. Au lever du jour avec les quelques brumes, c’était juste super beau ! Bien sûr à cette heure-là tout le monde dort, l’école est fermée et je me retrouve à sauter par dessus la muraille (le portail avec les pics dessus, je ne m’y risquerais pas …) pour aller attendre sur le banc devant l’entrée et ajouter quelques épaisseurs de vêtements.

Je réalise que maintenant je « rentre » à l’école de taichi avec la même facilité que je rentrerais chez moi à Paris, ou à Thonon : arrivée en bateau, en avion + taxi, en avion + car, en train + car, en bus de nuit… Au total, c’est déjà la cinquième fois que je viens ici, et j’y arrive toujours d’une manière différente. C’est fou de me dire que je suis allée aussi souvent dans ce bled de Shibanqiao, Guangxi ! En plus de ma Savoie natale (et la Suisse voisine) et de mon Paris d’adoption, je crois m’être rendue plus de fois à Londres, Lille et Barcelone qu’à Shibanqiao, Guangxi, qui égale désormais Berlin ou Stockholm en nombre de visites. J’allais voir mes amis en Europe, maintenant je vais voir mes amis chinois 🙂

Quand j’ai vu que j’étais la seule élève, j’ai eu un moment de panique à l’idée de ne pas être tranquille une seule seconde. Et puis la clé de A Wei ne marchait pas donc je ne suis pas allée m’installer tout de suite, et Master Fu s’est levé tard à cause du jetlag causé par son retour d’Europe… pas de cours le matin. Je retrouve donc la même chambre que la dernière fois, sans la télé mais avec deux couettes cette fois-ci : super, le matelas sera moins dur et je n’aurai pas froid. Je récupère mes affaires et me réinstalle : je réalise que c’est dingue tout le bazar que j’ai réussi à accumuler. Déjà huit paires de pompes et Roselyne m’a gentiment rapatrié les grosses chaussures de rando à Paris… Je résisterai donc à la tentation d’acheter des chaussons de taichi avec de la moumoute dedans ! L’après-midi, je devais aller me faire enregistrer à la police et comme j’ai fait une sieste et que j’ai oublié de démarrer le minuteur du portable, j’ai raté l’heure de départ pour la police et l’heure du cours. Tant mieux, en fait : quatre jours d’entraînement ça suffira pour la première semaine.

Cette fois, c’est Master Fu qui m’emmène m’enregistrer à la police, en voiture car il fait hyper froid. En route, il me demande comment je suis arrivée cette fois-ci et me fait un point sur le désenclavement de la région : à partir du 26 décembre (super cadeau de Noël), un TGV relie Xingping (situé une demi-heure de Yangshuo en car) à Guangzhou en 2h30 et à Shenzen Luo Hu (gare à la frontière avec Hong Kong) en 3h. Et voilà, un nouveau moyen d’accès ! Les cars directs de l’aéroport (où un nouveau terminal serait également en construction) étaient déjà un énorme progrès. Avec un tel désenclavement, les copains et copines qui vont en déplacement à Guangzhou, Shenzhen ou Hong Kong n’ont plus d’excuse pour ne pas venir passer un week-end : j’y serai à nouveau début avril, et peut-être dès le mois de mars.  Maintenant il va y avoir encore plus de touristes avec les beaux jours. En hiver, il n’y a quasi personne et les brumes donnent un aspect féérique aux collines, c’est beau, c’est calme, j’aime bien.

Autour de l’école, c’est un peu moins calme car ils construisent toujours des immeubles, c’est hallucinant ! Lao Wu m’explique que ce sont des hôtels et des habitations pour les gens de Beijing qui fuient la pollution urbaine, ça fait peur. Mais on se réveille quand même le matin avec le chant des oiseaux. Pendant les cours c’est plus calme qu’avant car le bébé n’est plus là, je l’aimais bien le bébé mais il faut admettre qu’on s’entraîne un peu plus sérieusement quand on ne l’a pas dans les pattes.

Le mardi, Leon est revenu à l’entraînement : chouette, nous sommes deux élèves et la copine de Master Fu s’entraîne un peu avec nous ! Au niveau de l’apprentissage du taichi, la première semaine a été parfaite. On a revu lao jia yi lu en détails, en corrigeant tout ce qui n’allait pas. Et je ne veux plus me limiter à la moitié de ce qu’A Wei raconte et ai décidé de poser des questions (résolution de fin d’année!). Leon traduit gentiment quand un détail m’échappe ou que j’ai une question précise : au kung fu en France je suis un peu relou à toujours poser des questions (souvent stupides) tout le temps car je ne comprends pas les choses du premier coup et j’ai besoin qu’on m’explique. Je vais donc faire pareil ici maintenant que le vocabulaire est un peu moins problématique et qu’à chaque fois que je ne comprends pas un mot, j’interromps pour demander shenme yisi. Au bout de trois jours j’ai à nouveau mal aux genoux (qui grincent) et je le dis avant que ça empire afin de pouvoir faire ce qu’il faut pour corriger ça : je dois désormais concentrer mon énergie dans les pieds, fermer un peu plus les pieds, ne pas ouvrir trop les genoux quand il ne faut pas, aligner la colonne vertébrale et relâcher le bassin. On va voir ce que ça donne.

A mon retour, Sasaki (la femme de Leon) est déjà partie au Népal à Bhaktapur pour apprendre à peindre des tankas et Leon est resté ici pour s’entraîner au taichi. J’avais fait leur connaissance ici à mon retour du Cambodge et ils sont juste trop cools, hyper ouverts d’esprit et, chose rare en Chine, végétariens ! Leon a un parcours hyper atypique, encore plus que le mien je crois. A dix-huit ans, il quitte la Chine pour la première fois de sa vie pour aller étudier l’informatique pendant cinq ans à Birmingham, UK. Evidemment, avant de partir, il ne parlait quasi pas anglais mais la langue de Shakespeare n’a désormais plus de secret pour lui (et c’est bien pratique) et il a des relents d’accent britannique comme on ne les entend en général pas dans la bouche des chinois, j’adore ! En Angleterre, il bossait dans des restos et une fois ses études terminées, il est devenu chef : il s’est formé auprès d’un chef coréen et a ouvert un restaurant coréen végétarien à Yangshuo. Il a ensuite découvert l’école de taichi mais ne pouvait pas venir s’y entraîner à cause de son restaurant : il l’a donc vendu pour apprendre le taichi, et espère devenir coach / prof un jour. J’ai l’impression qu’en France c’est tellement compliqué de « faire autre chose » et finalement ici, si l’on prend l’exemple de Leon, tellement simple. Leon est super motivé et après les cours et avant le repas, on en profite pour s’entraîner un peu à la boxe : ça fait du bien et ça réchauffe. Malheureusement, quelques jours avant Noël, le grand père de Leon est décédé des suites d’un cancer et il est donc allé passer deux semaines dans sa famille à Nanning (capitale du Guangxi, au sud de la région). Leon est vraiment un chouette type et en cette période de fêtes, je suis super triste pour lui. On se reverra en mars ou avril.

En tant que chef, Leon était un super compagnon de cuisine : je voulais la squatter un samedi après-midi pour cuisiner indien, et Leon m’a été d’une grande aide. On a été faire le marché pour faire dal + aloo gobi + curry de légumes + raita + chapatis. J’ai laissé tomber l’idée de chercher du hing et du ghee mais on n’a pas trouvé de farine de blé complète ni de lentilles : il y avait une sorte de haricot qui ressemblait et ça a bien fait l’affaire. La cuisine de l’école de taichi est hyper spacieuse, c’est trop bien. En revanche il y fait un peu froid mais cuisiner ça réchauffe. Et j’ai eu envie de faire le ménage à fond mais je ne suis pas chez moi alors je me suis contentée du plan de travail et de l’intérieur des casseroles et poêles. Heureusement que Leon a participé à cette aventure culinaire, c’était hyper rassurant : car pour nourrir des chinois uniquement avec des plats aux saveurs inhabituelles pour eux (Lao Zhang, le cuisto, n’était pas là en back-up), la pression est énorme et on a fait attention de ne pas y aller trop fort sur les épices. Ceci dit, ils ont grillé un peu de viande au barbecue car il leur faut de la viande à tous les repas… Finalement à part le fils de Master Fu qui a trouvé la raita dégueulasse et A Wei qui a trouvé le curry un peu trop épicé, tout le monde a adoré et quand Master Fu goûte le dal et s’exclame « oh, good », j’ai su que c’était gagné. La dernière fois que Master Fu m’avait dit « oh, good ! » c’était sur mon écart une seconde avant que je me torde la hanche, mais cette fois-ci aucune catastrophe n’a suivi. Ouf. Ce dal sans hing avec de l’huile à la place du ghee et la sorte de mini haricots à la place des lentilles était le meilleur que j’ai jamais cuisiné : parfait. J’étais super déçue par l’aloo gobi un peu liquide et trop cuit et par le curry trop épicé pour eux, mais comme c’était la première fois que mes amis chinois mangeaient indien, pour eux ça allait aussi. Je crois que ce qu’ils ont préféré, ce sont les chapatis, ces petits pains souples avec lesquels on mange. Mais bon, comme on est en Chine, on a mangé indien dans les petits bols avec des baguettes ! Avec Leon, on avait prévu de faire un repas coréen et un repas français le week-end suivant, mais ce sera pour la prochaine fois…

Au niveau culinaire, ici le mois de décembre c’est la saison de la charcuterie. Comme chaque année au tout début de l’hiver, Sisi, une amie de Master Fu est venue de Guilin pour faire les saucissons et le bacon, et pratiquer intensivement son taichi. Master Fu & co sont originaires du sud de la province où il n’y a pas cette tradition culinaire car il y fait trop chaud, même en hiver. Je n’ai pas suivi toute la méthode de fabrication mais en gros ils font macérer le porc dans de la sauce soja et d’autres trucs, le pendent au soleil pendant la journée et le mettre à l’abri le soir. S’il y a des mouches qui s’approchent, Master Fu les butte à la raquette électrique. La préparation de la charcuterie a mis un peu d’animation à l’école et Sisi est vraiment hyper sympa et parle bien anglais car elle travaille dans l’adoption des petits orphelins chinois par des étrangers. Peut-être que c’est grâce à elle que ma petite cousine Louise est arrivée en France !

Le bulletin météo. En rentrant à Yangshuo au mois de novembre, l’impression de chaleur (contraste avec le Tibet) n’a pas duré très longtemps : il faisait froid et humide, avec peu de soleil, le genre de climat qui empêche les vêtements de sécher et qui met facilement un coup au moral : un véritable mois de novembre… Au delà de l’inconfort général, il n’était pas toujours facile de s’entraîner dehors dans ces conditions, « à froid » avec les muscles qui ne chauffent pas ou qui refroidissent très très vite : bien pire que les fois où je me plains de la fenêtre ouverte au kung fu. L’idée d’aller à Singapour bientôt me remonte le moral… Quelques jours avant mon départ, le temps s’est amélioré et on a eu quelques belles journées, où il était agréable de s’entraîner ou de se promener et je n’ai même pas eu besoin de ma couverture chauffante quand elle a été livrée ! Pour la petite blague, en cadeau pour mon achat, j’ai reçu avec une sorte de lampe pour éclairer les oreilles avec différents types d’embouts, super made in China.

Au retour, j’ai fait le plein de chaleur à Singapour, j’ai eu ma semaine de transition à Hong Kong et je m’apprête à affronter les températures extrêmes de l’hiver dans le Guangxi : j’exagère à peine tellement je m’attends au pire. En arrivant au lever du jour, clairement, il fait froid, et je n’ai pas mes gants. De même la nuit : parfois il gèle et c’est givré le matin. Je ne pense pas que ce soit pire qu’en France mais rappelle qu’on est dehors la plupart de temps : pour l’entraînement, pour prendre les repas (c’est abrité mais c’est dehors quand même), pour faire sa lessive et étendre le linge, internet marche bien au rez-de-chaussée (c’est-à-dire presque dehors, au courant d’air)… Ici le chauffage n’est pas le point fort : ils auraient pu construire une cheminée pour chauffer la grande pièce mais au lieu de cela en début de soirée ils font un feu dehors et en profitent pour faire cuire de la viande au barbecue. Je ne suis pas super fan, de la viande au barbecue d’une part, et du concept du feu de l’autre : on a chaud devant, froid dans le dos, et on sent la fumée. Par conséquent, je préfère passer mes soirées avec ma couverture chauffante et fais un peu mon associale. Je n’ai quasiment pas utilisé la clim en été mais là je mets un peu de vent chaud tous les soirs : ce n’est pas très efficace car les chambres sont grandes et hautes sous plafond. Et la salle de bain, dès qu’on arrête l’eau chaude, ça caille ! Mais au moins, voyons le bon côté des choses, contrairement à Singapour où il n’y avait pas d’eau froide, ici je peux terminer ma douche à l’eau glacée.

Heureusement pendant une dizaine de jours j’ai eu un bol monstrueux pour le mois de décembre : froid sec, ciel bleu (pas autant qu’au Tibet mais c’est déjà bien), soleil, températures qui montent en journée, vêtements qui sèchent et c’est SUPER AGREABLE de s’entraîner au soleil le matin ! Paraît-il que c’est aussi exceptionnel que l’absence de neige en station à cette période de l’année… je n’envisage donc pas d’aller passer tous mes Noëls dans le Guangxi. Ici, il ne neige jamais : A Wei n’a jamais vu la neige et Lao Wu a adoré la Slovénie pour la neige. En effet, cet automne, Lao Wu et Moyu ont accompagné Master Fu pour enseigner en Europe : Slovénie, Italie, Allemagne… et j’ai pu suivre leur périple sur WeChat. J’adore quand ils me parlent de la gastronomie italienne et comment ça faisait rire les locaux quand ils commandaient des « noodles » au resto… Depuis Noël, la météo s’est détériorée (retour du froid et humide) et je suis un peu nostalgique de l’Italie 🙂

Arrive Noël et ils sont tellement gentils qu’ils m’ont fait des cadeaux : Master Fu m’a dédicacé un petit calendrier souvenir de Rome et sa copine m’a trouvé des belles mitaines pour quand je fais de l’ordinateur au rez-de-chaussée ! Quand ils m’ont offert ça le soir, j’étais hyper touchée et au bord des larmes : trop d’émotion… En début de journée, le moral était comme la météo, pas au super fixe : pas de cours, une patate douce violette et un nougat chinois à la place d’une part de bûche… Comme je ne me laisse pas démolir, le matin je suis restée au chaud pour lire un peu et terminer mes cours en ligne de plongée. L’après-midi, vu que Roger (mon prof de kung fu) m’a envoyé un message, je vois ça comme un rappel d’entraînement (ahah) et je vais me bouger histoire de transpirer pendant deux bonnes heures en écoutant de la musique qui donne la patate : un petit jogging de six kilomètres (le dimanche j’avais déjà couru quasi quinze bornes) histoire de mettre la machine en route puis j’étais chaude pour boxer dans la tour de frappe qu’ils ont réparée en la fixant à nouveau au sol, avant de terminer par des ji ben gong de kung fu. Ce serait quand même dommage de rentrer en France en ne sachant plus donner un coup de poing ou un coup de pied, car là-bas on va encore m’attaquer pour me voler mon portable ou mon sac à main, pfffff… Juste au moment où j’avais trop la pêche, il était déjà 18 heures et l’heure du dîner. Et après une bonne douche chaude, j’ai passé toute la soirée sur Skype avec mes parents. C’était pas gagné, mais avec en plus les messages des amis qui m’ont fait trop plaisir (merci !), finalement j’ai passé un super Noël !

Au niveau de la météo, il paraît que le pire est à venir : pour nouvel an en février. Mon visa va expirer et comme il n’y a pas assez d’inscrits dans ce circuit aux Philippines que je devais peut-être accompagner, je prévois donc une suite pour 2015. Amélie (cf. Hong Kong) m’avait dit qu’elle voudrait aller aux montagnes jaunes : ça fait des années que j’ai aussi ça en tête et ce n’est toujours pas fait car j’essaie de profiter un max de mon visa pour étudier le taichi. Je n’aurais sans doute pas choisi le mois de janvier pour y aller mais comme les dates tombent aussi bien pour elle que pour moi et que c’est quand même plus sympa de voyager à plusieurs, c’est l’occasion ou jamais ! Et en janvier en semaine, on devrait être tranquille là haut. Ensuite, comme je trouve que les chocs thermiques c’est assez marrant (j’ai déjà passé deux étés et deux hivers), j’abandonnerai mon vieux pull en laine à col roulé adoré, une polaire, gants et bonnet pour partir… en Indonésie !

En fait, contrairement à ce que certains pourraient penser, je ne suis pas du tout aventurière… petite explication : voyager et changer d’endroit tout le temps toute seule, je n’aime pas ça, clairement. Une semaine, c’est bien. Au-delà, c’est trop. C’est sûr qu’on est jamais tout seul, qu’on rencontre plein de gens super (c’est le cas jusqu’à présent), que je me fais des potes plutôt facilement… ça va un moment mais des potes et des amis, j’en ai assez, je n’en veux pas plus ! Je n’aime pas voyager et faire des visites toute seule mais si je reste un bon moment au même endroit pour me balader ou faire des activités et apprendre des nouvelles choses, j’aime bien. Après le taichi, je vais donc (enfin) apprendre la plongée !! Les similitudes sont nombreuses : on bouge lentement, on travaille la respiration, il y a six sections dans mes cours en ligne comme il y a six sections dans la lao jia yi lu. J’espère que ça va bien se passer car il y a quand même un gros challenge sur la partie technique avec tout le matériel d’une part et comprendre la pression (oulala …), et ça doit avoir un côté un peu angoissant, mais avec tout le taichi que je vais continuer à faire sur la plage, je devrais pouvoir gérer ça.

Bref, mi-janvier, sur les recommandations de Audrey, Malvina et Séb P,  je vais aller passer mon niveau 1 , dans un petit paradis près de Sulawesi : aux îles Togian. Et comme il va me falloir quatre jours pour y aller, je compte y rester deux semaines afin de faire des plongées, du taichi (j’ai commencé un petit carnet pour noter tout ce que je fais mal histoire de m’entraîner à m’entraîner toute seule au mieux), de lire, de nager, de travailler mon chinois et de déconnecter (lol) car il n’y aura pas internet. Ensuite direction le nord-est de Sulawesi pour randonnées dans le coin et plongées à Bunaken. Après, on verra : peut-être Philippines et sûrement Thaïlande pour voir des copines en vacances, et continuer la plongée si ça me plaît. En mars, j’aurai peut-être un boulot d’accompagnement, et sinon je rentrerai une dernière fois à l’école de taichi avant de quitter l’Asie mi-avril.

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A propos émilie

En juillet 2014, je pars en congé sabbatique pour apprendre le taichi en Chine et voyager en Asie et depuis, j'écris ce blog pour donner des nouvelles à ceux que ça intéresse : la famille, les amis, les collègues...
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3 commentaires pour Départ de (#3) et arrivée à (#4) Yangshuo (#automne-hiver)

  1. Naly dit :

    Merry Xmas Emilie 😉
    Et encore merci pr le partage détaillé et illustré de tes aventures. Prends soin de toi.
    Naly Mz

  2. Jean-Luc dit :

    Je reprends mes lectures……., sympa la douche qui se termine en douche froide, il parait que c’est bon pour les glandes surrénales……
    Biz, jluc

  3. Ping : Il y a un an : dernières semaines en Chine – vélo, taichi et raviolis | Tai Chi & Travel

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