Une semaine à Hong Kong

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Comme d’habitude maintenant, les photos c’est sur Flickr, et ma vie, c’est ci-dessous.

Si vous avez suivi, je devais me rendre à Hong Kong pour refaire un visa, car ma nouvelle passion pour le taichi et mes petits progrès en putonghua ne suffisent pas à m’autoriser à rester plus de trente jours consécutifs en Chine. Faire un visa chinois à Hong Kong est facile en passant par une agence qui s’en occupe (pas besoin de fournir de documents) et rapide (enfin, quand même quatre jours si l’on est français, merci monsieur Sarkozy…). J’ai donc obtenu un « bon » visa : six mois, deux entrées de trente jours, ce qui me laissera le temps d’aller passer une partie de l’hiver au chaud (et/ou au ski), puis de retourner en Chine.

Je suis arrivée à Hong Kong un dimanche après-midi, après avoir regardé un super film d’avion qui à ma connaissance n’est pas arrivé sur jusque sur nos écrans, et comptais repartir dès le jeudi après-midi suivant avant de décider d’y rester la semaine.

En mai 2013, j’étais déjà allée passer quelques jours à Hong Kong : je ne savais alors pas que j’allais être aménée à y revenir de si tôt ! L’an dernier, après les dix jours de taichi et la visite de Joëlle, Baptiste et Daniel à Shenzhen, il aurait été dommage de ne pas passer la frontière, ne serait-ce que pour aller acheter un iPhone et un MacBook Air, qui sont revenus avec moi et me sont plus utiles que jamais pour vous donner des nouvelles. C’était là-bas que j’avais aussi fait mes premières randonnées après le pied cassé et autant dire que j’avais adoré. J’avais alors été agréablement surprise par la quantité de nature à quelques dizaines de minutes du centre-ville.

J’aime bien le centre-ville, son animation, ses marchés, sa vie, son métro bondé qui rappelle un peu trop Paris, sauf qu’il est propre car on n’a pas le droit de boire ou de manger à l’intérieur. Le plan initial c’était d’aller profiter de la nature pour surfer et camper à Sai Wan après avoir déposé ma demande de visa le lundi matin à l’ouverture. Mais avant je voulais aller sur une île car l’an passé j’avais passé une superbe journée à Cheung Chau.

Lundi, ce sera Lamma : je prends un ferry pour aller y faire une grande balade. Après un déjeuner rapide en terrasse, je pars sillonner les chemins de l’île mais aussi me poser un bon moment au bord de mer. A défaut de mon maillot de bain que je pensais utiliser les jours suivants, j’avais pris un bon bouquin rapporté de Singapour pour les trajets en ferry – il y a pire comme moyen de transport urbain. J’avance donc pas mal An Outcast of the Islands (Un paria des îles) et c’est un bonheur que d’avoir à nouveau entre les mains un roman, et celui-ci était sur ma « to-read list » depuis une dizaine d’années, depuis que j’avais étudié Lord Jim à la fac et que ce dernier roman avait dépassé Le Château en tant que ‘livre préféré’ et en nombre de lectures. Si Lord Jim avait été en rayon, je l’aurais peut-être relu une ennième fois. Avant, j’avais lu Heart of darkness puis étais « revenue en Europe » avec The secret agent. Ensuite, j’ai essayé de changer de continent à nouveau en commençant Nostromo à plusieurs reprises, sans réussir à le finir. Je m’y remettrai après avoir mis les pieds en Amérique Latine, ce n’est donc pas pour tout de suite ! Voilà comment ma monomanie conradienne avait alors pris fin… mais Joseph Conrad a écrit tellement d’autres romans dont les intrigues sont situées en Asie que ce voyage est l’occasion de m’y remettre ! Depuis mon départ en juillet, les deux seuls livres que j’ai eus entre les mains étaient le Assimil : le chinois facile (challenge depuis le pied cassé, et pas si facile au départ, maintenant ça va…) et le Lonely Planet : Tibet que j’ai pas mal potassé pour parfaire mes connaissances de la région et du bouddhisme tibétain. Lectures intéressantes mais pas forcément très stylées. Quel contraste que de retrouver de la belle prose et des héros conradiens avec leurs aventures, leurs défauts, leurs sentiments, leurs regrets ! Allez, je ne vais pas faire une dissert’ et en revenir au cœur du sujet : Hong Kong. Fin de la minute littéraire 🙂

A Lamma, donc, j’ai trop marché et j’ai mal aux pieds : des ampoules sur les ampoules (cf. Singapour) mais le gros orteil, celui qui est resté un peu tordu depuis le plâtre, a aussi un problème. En regardant sur internet, ça me dit que je fais peut-être une crise de goutte… J’arrête immédiatement de regarder internet et prends la décision raisonnable de me reposer. Je n’ai plus mes cinq jours par semaine au bureau pour limiter mon activité et je crois que mon corps me demande de fixer mes propres limites. C’est là que je décide de ne pas aller surfer : Sai Wan n’est pas hyper facile d’accès et comme surfer risquait de me soûler au bout de deux heures (c’est pas comme le ski… j’aime bien mais je ne suis pas douée pour deux sous), je voulais aussi aller là-bas pour faire des randonnées. Tant pis.

Pour me reposer, je vais essayer de pas trop marcher et m’inspire du blog d’Amélie pour aller aux jardins Nan Lian et à la nonnerie Chi Lin.

Ces jardins au cœur de la cité sont mignons et j’en profite pour aller voir une expo de vases et objets chinois et japonais en émail, certains assez chargés et d’autres assez kitchs mais il y avait quelques très belles pièces japonaises des ères Meiji et Taisho, au design épuré et aux motifs finement dessinés, qui trouveraient facilement leur place dans un intérieur. La technique est expliquée et une fois que l’on sait comment c’est fait, on se rend compte du temps nécessaire à la réalisation de ces dessins si précis.

Toujours sur recommandation d’Amélie, je vais passer une journée sur l’île de Peung Chau, où je loue un vélo (cf. mal aux pieds), écris l’article précédent sur Singapour, bouquine un peu et fais du taichi au coucher du soleil sur un espace qui semblait adapté à la pratique jusqu’à ce qu’un monsieur y arrive avec ses deux jeunes enfants bruyants. Trois lao jia yi lu plus tard, il est de toute façon temps d’aller prendre le ferry de retour.

Hong-Kong a été l’occasion de revoir ma copine de prépa Amélie, que je n’avais pas revue depuis qu’elle étais partie travailler au Japon il y a maintenant plus de dix ans. Après avoir travaillé sept ans à Tokyo, elle vit à Hong-Kong depuis quatre ans avec son mari néozélandais et leurs deux enfants. Je vais à l’école maternelle retrouver Amélie, où l’on me demande si je viens inscrire un enfant, et on file faire une jolie petite marche sur les hauteurs de Hong Kong Island… Après un repos relatif, le pied va mieux, et les savoyardes ça aime marcher 🙂 C’était super.

Quelques dumplings végétariens de Din Tai Fung plus tard (pas toujours facile de trouver des dumplings veggie à Hong Kong), je veux aller voir comment l’on peut faire du ski sur Hong Kong Island. Alors que la saison va commencer, c’est fou qu’ici je trouve trois moniteurs de ski qui ont enseigné à Courchevel et vécu au Japon… Amélie d’une part mais aussi les gens chez qui je logeais pendant ma deuxième partie du séjour.

Juste avant d’arriver, j’avais réservé une chambre pas cher sans fenêtre et pas mal située pour faire ce que j’avais à faire : arriver de l’aéroport, déposer ma demande de visa chinois, partir camper à la plage. Cette étape m’aura permis de faire la connaissance de mon voisin photographe néerlandais, Wouter, qui restait ici un mois pour son projet http://scapes.nl. Moi qui aime bien les architectures urbaines, je trouve ça génial : le mec monte au sommet de tous les immeubles, déjouant parfois vigiles et systèmes d’alarmes, pour aller sur les toits d’où il prend les photos avant de faire son montage.

Même si Wouter était bien sympathique, je me suis mis à la recherche d’un endroit un peu plus cool où habiter. Je regarde AirBNB en détails et je tombe sur l’annonce de Clem et Sophie qui proposent leur rooftop abrité avec tente sur matelas, canapé, banc et salon de jardin, frigo, lave-linge et usage de leur salle de bain et d’internet juste en-dessous. À défaut d’aller sur une plage, je vais faire du camping urbain. Et c’est super, je dors trop bien ! Sophie est toulousaine et Clem autrichien et ils sont … moniteurs de ski. Ici Sophie est prof en maternelle mais Clem enseigne vraiment le ski à Hong Kong. Je voulais essayer ça mais malheureusement les tapis où travaille Clem sont tous réservés (haute saison juste avant l’hiver) et je suis un peu dégoûtée de ne pas pouvoir essayer. Je me rends quand même voir ça au 148 Electric Road, au premier étage de l’immeuble dans une petite pièce. Clem m’avait expliqué que les sensations ne sont pas exactement les mêmes (on évite le planté de bâton ahah), et qu’il y a un grand tapis (marrant car on a un peu d’espace) et un petit (marrant car il tourne plus vite). L’avantage des tapis, si l’on peut dire, c’est que cela permet de skier sans s’arrêter pendant une heure d’affilée (ou davantage) : pas besoin de prendre de télésiège ! En arrivant, avec les affiches et les vidéos de ski, ça m’a un peu donné envie d’aller skier au Japon !

En effet, avant de quitter la France, je comptais rentrer skier et disais en rigolant « à moins d’aller au Japon cet hiver » … et voilà que j’en suis à envisager un détour par Niseko, station cependant plus réputée pour la qualité de sa poudre que pour le degré d’inclinaison de ses pistes (risque de déception). Sans ça, je vais passer mon premier hiver sans ski : j’ai commencé dans porte bébé (le truc qui ne se voit plus maintenant!) et dès que je tenais debout, mes parents m’ont mis des skis aux pieds, et je les en remercie au passage ! Et même après mon pied pété, j’avais pu y aller grâce :

  • à un kiné sympa et un peu fou : la seule personne, avec moi-même, à avoir envisagé la situation plus d’une seconde alors que je boitais et marchais encore avec une béquille début mars,
  • à Iain qui m’a gentiment emmenée à Avoriaz pour une de mes plus belles journées de ski (compte tenu du contexte) même si je me suis raisonnée à descendre le mur suisse en télésiège (la lose) et à ne pas descendre Crozats jusqu’en bas,
  • et enfin à mon comité d’entreprise où le week-end à l’Alpe d’Huez c’était trop bien aussi !

Skiera, ne skiera pas… les paris sont ouverts !!

Et sinon à Hong Kong, comme partout d’ailleurs, j’ai voulu essayer une piscine, mais c’était fermé pour gala. Après une pensée pour les nageurs parisiens victimes des grèves tous les dimanches ou presque, je me console (je n’étais pas trop en manque après Singapour…) en allant faire un peu de shopping. Hong Kong est également un paradis pour ça : on y trouve tout ! Et l’influence britannique se remarque sur le look de certains locaux : par exemple à Central, on croise des hommes d’affaires portant des beaux costards bien ajustés, avec le pantalon coupe slim qui va bien et des jolies chaussures, ça fait assez British, surtout quand il osent la rayure et que ça ne choque pas ! Et comme on est au mois de décembre et qu’il fait 15 degrés, les filles ont sorti leur UGG… Je ne fais pas de folies et pour ne pas repartir avec une paire de UGG, je repense à mes chaussons tibétains : il y aurait d’ailleurs un business à faire sur ces chaussons tibétains, il suffirait d’en faire porter une fois à Alexa Chung dans un contexte hivernal pour en vendre des milliers de paires. Bref, je craque sur une chemise d’hiver à carreaux et des livres, car forcément l’actuel est preque fini. Je tiens à rester en Asie dans mes lectures et ressors avec :

  • un truc historico-économique : le pavé de Martin Jacques When China rules the world car j’ai besoin d’une grosse mise à jour sur le sujet et ce serait dommage de rentrer de Chine avec seulement quelques bases de taichi et quelques mots de mandarin
  • un truc court qui m’a tapé dans l’oeil : What I talk about when I talk about running de Haruki Murakami.

A propos de running, pour ma dernière matinée à Hong Kong avant de rentrer mainland, je veux faire un jogging car je n’ai encore jamais couru à Hong Kong et le temps est idéal. Mes pieds ne sont toujours pas au top mais j’ai besoin de me dépenser un peu, ne serait-ce que pour bien dormir dans le train le soir. Je pars donc avec l’objectif de base d’une dizaine de kilomètres pas vite et pas très loin d’où je suis, avec possiblité de rentrer en bus. Je me mets en route quasi à jeun avec une petite orange dans l’estomac, et ma carte Octopus pour rentrer en bus et éventuellement me ravitailler dans un 7 Eleven. Au bout de 40 minutes j’ai soif, je ne trouve pas de 7 Eleven, la station service n’accepte pas les paiements avec la carte Octopus et après un aller sur trottoir avec des voitures à côté, j’ai envie d’aller explorer le Long Fu Shan County Park. Tant pis pour la soif. L’accès est un peu compliqué pour cause de travaux : autant je me repère bien avec un GPS, autant la vue d’une carte mal photocopiée avec plein de courbes de niveau et des indications en chinois ne m’aide pas beaucoup pour repérer les zones fermées. Heureusement je croise deux promeneurs qui m’expliquent que la quasi totalité du parc est ouverte et m’indiquent la direction d’un itinéraire qu’ils aiment bien. C’est reparti, sur des petits chemins et avec plein d’escaliers cette fois-ci… je vais plus lentement, je m’arrête souvent pour regarder mon GPS et fais ma flemmasse en marchant dans les longues montées car je commence à avoir des crampes dûes à la déshydratation. Je réalise alors que je ne vais pas réussir à monter au Peak si je ne bois pas un truc, et m’arrête au ruisseau : l’eau coule bien, il doit y avoir une source un peu plus haut, il n’y a pas de vaches, et ce ne sont sans doute pas les eaux usées des infrastructures du Peak (hum). Ah si j’avais su prendre ma gourde et mes tablettes !! La dernière fois que j’ai bu de l’eau d’un torrent, c’était il y a une quinzaine d’années en Ecosse. Sinon je prends du stock ou du micropur … surtout après avoir chopé un truc très très vilain en Jordanie en 2005, j’ai toujours fait hyper gaffe. J’ai tendance à me détendre de plus en plus et ça se passe bien pour l’instant. Allez, au pire je vais avoir une tourista dans le train de nuit et ça fera encore une chose à raconter ! Boire cette eau fraîche me redonne des jambes pour monter au Peak, où je sais que je trouverai un 7 Eleven. Je cours au 7 Eleven acheter une bouteille de Pocari Sweat, et, mauvaise idée car j’avais trop la dalle, un snack caramel et chocolat qui ressemblait à ça (il faudra que j’en fasse!). Je sais que j’aurais dû n’en manger qu’un pour faire un peu de sucre (quoique pour ça le Pocari Sweat aurait suffit) mais mange tout le paquet car de toute façon maintenant je ne vais plus avoir le temps de déjeuner avant d’aller prendre le train (rappel : pas le droit de manger dans le métro). Je profite des toilettes, et fais ma touriste cinq minutes sans m’attarder ! J’attaque la descente, me paume un peu et me retrouve avec 23 km dans les pattes. Vite vite une douche, le sac, et c’est parti pour le retour !

A la gare de Shenzhen Luo Hu, c’était « bon retour en Chine ! », avec les locaux qui braillent, qui poussent, qui font du bruit en mangeant, beaucoup de bruit, et qui crachent (dans les poubelles).

Ce retour à Yangshuo fera l’objet d’un prochain post, tout comme la journée à Macau qui sera le suivant !

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A propos émilie

En juillet 2014, je pars en congé sabbatique pour apprendre le taichi en Chine et voyager en Asie et depuis, j'écris ce blog pour donner des nouvelles à ceux que ça intéresse : la famille, les amis, les collègues...
Cet article a été publié dans baignade, cuisine, galères, Hong Kong, insolite, promenade, shopping, transport, vélo. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour Une semaine à Hong Kong

  1. Jean-Luc dit :

    Super, merci encore pour cette belle découverte, biz

  2. Gilles dit :

    Au delà de l’histoire et du style : « En mai 2013, j’étais déjà allée passer quelques jours à Hong Kong […] ».
    Quand je lis quelqu’un qui a encore la délicatesse de ne pas succomber au vulgaire « j’ai été » , j’ai le sourire 🙂 Merci Emilie !

    • émilie dit :

      Ça me stresse sur les fautes ce que dis 🙂 je sais que j’en fais (parfois c’est un peu fait exprès aussi ahah) !!! En meilleur français j’aurais d’ailleurs dû écrire « En mai 2013, j’allai pour la première fois à Hong Kong »

  3. Naly dit :

    Tu as oublié Les Ménuires 2014 😉

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