Le Tibet

IMG_7850

J’ai donc fait deux fois le tour avec deux groupes différents : en septembre, puis en octobre. Les photos sont dans l’ordre chronologique car sinon ça n’allait jamais arriver ! Je voulais faire des articles thématiques mais vous allez avoir le tout en un : si vous êtes arrivés sur cette page, c’est que vous aimez la lecture et vous allez être servis 🙂 Les brouillons que je pensais avoir écrits de mon téléphone dans le bus n’étaient pas très consistants et j’ai donc profité de mes « vacances » à Singapour puis à Hong Kong pour écrire au bord de la piscine / mer ce qui va être le plus long article du blog !

Nous entrons au Tibet par avion à partir de Kathmandu (où l’on fait les visas de groupe), avec un vol Air China au cours duquel on a au mieux une bouteille d’eau minérale et une belle vue sur la chaîne de l’Himalaya. La première fois, je m’étais assoupie pendant le vol jusqu’à que la moitié de l’avion se lève et se bouscule aux fenêtres pour voir les montagnes, tous du même côté : ça m’a fait flipper. C’était avant Lukla.

Après l’atterrissage, on passe les formalités de contrôle qui sont un peu différentes de d’habitude. L’aéroport de Lhassa est tout nickel comparé à celui de Kathmandu et nous devons nous présenter dans l’ordre de la liste du visa pour le contrôle des passeports. Comme nous avons un visa groupe, on ne nous les tamponne pas, sauf si on le demande. Ensuite, les bagages sont vérifiés : on peut apporter tous les gâteaux qu’on veut mais pas les fruits, les autorités locales ont récupéré deux pommes. A la sortie, nous retrouvons notre guide (Sonam), notre chauffeur (Djembe) et notre magnifique bus vert : il n’est pas de première jeunesse et est chinois (comprendre : japonais, c’est mieux), mais la couleur est sympa et il est spacieux.

Notre première étape au Tibet est la ville de Tsetang, située à deux heures de route de l’aéroport (pas très loin mais il faut respecter les limitations de vitesse) et à environ 3 500 mètres d’altitude. C’est là que l’acclimatation doit commencer et on peut avoir un peu mal au crâne. En septembre, j’ai pris un paracétamol ici et un à Namtso et tout s’est bien passé. Mes groupes ont bien résisté même si certaines personnes ont été plus touchées que d’autres par des nausées, insomnies et pertes d’appétit. Moi c’était le contraire : l’altitude et le froid me donnaient incroyablement faim. En cas de besoin, on avait des bouteilles d’oxygène dans le bus.

Autrefois Tsetang n’était qu’une petite ville. C’est désormais un gros centre militaire et administratif chinois avec d’immenses bâtiments de la police. Tsetang est par conséquent une ville sans âme un peu déserte : peu de gens, de voitures et quelques deux roues électriques. Au bord des grandes avenues, on trouve restaurants, épiceries, boutiques de téléphones portables et coiffeurs où les clients sont allongés sur le dos pour le shampoing ! Tout cela change de l’animation de Kathmandu ! L’hôtel où nous restons est un hôtel fumeur (ça sent mauvais) qui a dû avoir son heure de gloire mais qui est bien défraîchi (fuites d’eau, douche à jets (waouh!) qui ne marchent plus, aquariums vides, fleurs en plastique poussiéreuses…). Mais les draps sont propres et le petit déjeuner est bon : buffet chinois et tsampa (orge en poudre qu’on mélange avec du thé au lait de yak pour faire du porridge) mais aussi biscuits, toasts, oeufs et confitures. Il y en a pour tous les goûts et ils ont des couverts, ce qui tombe bien car mon groupe du mois d’octobre ne mange pas avec des baguettes. C’est vrai que pour moi c’est devenu hyper naturel et je ne m’étais pas étonné que mon groupe du mois de septembre se débrouillait très bien ! Comme j’avais super faim, en général dans les hôtels avec petit-déjeuenr « buffet » je commençais par du chinois avec bouillie de riz et plein de légumes avant de poursuivre par tsampa et toast / gâteaux et même parfois des œufs : je n’en mange que très rarement mais en voyage on prend ce qu’on nous sert et ça passait très bien !

Nous n’avons pas fait un détour par Tsetang uniquement pour nos permis. C’était la base de départ des visites des monastères aux environs :

  • Samye, monastère de l’ordre des Nyingmapa fondé au septième siècle par Guru Rimpoche
  • Yumbulagang, petite forteresse perchée sur sa colline avec magnifique vue sur la vallée : on peut même faire du cheval pour y monter
  • Trandruk, petit monastère Gelupka en bas de Yumbulagang

Après Tsetang, nous repassons vers l’aéroport par la route le long du Brahmapoutre en nous arrêtant au monastère de Mindroling, avant de rejoindre la capitale tibétaine.

J’ai vraiment adoré Lhassa ! Comme toute ville chinoise, des banlieues s’étendent aux alentours avec un nombre incroyable de bâtiments en construction, mais le centre ville est mignon. La principale zone tibétaine se trouve autour du Jokhang, le temple principal de Lhassa où les pèlerins affluent par milliers, se prosternent devant et font le tour dans le sens des aiguilles d’une montre (kora).

Pas très loin, les petites rues du quartier musulman mènent à la mosquée et on y trouve boucheries halal, pâtisseries, femmes à foulard et hommes à petit chapeau. Les hui sont des chinois musulmans en Chine : cette minorité est surtout présente dans la province du Gansu mais aussi un peu partout ailleurs. J’en profite au passage pour recommander par avance (quand il sera sorti) le livre de Roger Itier, mon professeur de kung fu, sur le kung fu des mosquées.

Entre le Jokhang et le Potala s’étend une zone complètement chinoise avec restaurants et magasins diffusant de la musique pop : hum, je commence à reconnaître les tubes et suis bientôt prête pour le karaoké (ou pas). Niveau shopping, au mois d’octobre je me suis limitée à un pantalon de survêtement noir en coton un peu chaud, qui m’a été bien utile en dessus du legging pour les nuits les plus froides. Nous sommes aussi allés à l’immense supermarché qui ressemble à un labyrinthe avec un long itinéraire à suivre pour trouver la sortie, dans lequel on trouve vraiment de tout, notamment les chaussettes et caleçons Donnie Yen (album photo à venir sur tous les produits dont Donnie Yen est l’égérie). En face il y a un grand centre commercial un peu chic, mais pas autant que celui où j’avais été à Shanghai, avec un cinéma tout en haut : j’y serais bien allée mais n’ai pas trop eu le temps.

Tout près du Potala, il y a la grande poste de Lhassa, où le personnel ne déborde pas de sympathie. Peut-être que je m’habitue, mais depuis mon arrivée en Chine en juillet, j’ai trouvé les gens sympas, sauf à cette poste de Lhassa où ils étaient carrément abominables. Et en plus ils ne faisaient même plus Western Union et j’ai dû aller récupérer mon loyer à une autre plus loin du centre ville.

Le Potala est le monument principal de la ville : il est immense et imposant. L’affluence des pèlerins est toute aussi impressionnante que la taille de la construction. Comme au Jokhang, ils font la kora en marchant ou en se prosternant. Ceux qui se prosternent le font surtout le soir quand il y a moins de monde et sont équipés d’un tablier et de patins qu’ils font glisser sous leurs mains. Certains viennent à pieds des régions tibétaines du Kham et de l’Amdo situées dans les provinces limitrophes (Qinghai, Sichuan, Yunnan) et continuent parfois leur pélerinage jusqu’à l’Ouest du Tibet pour faire le tour du Mont Kailash, montagne sacrée aussi bien pour les Hindouistes que pour les Bouddhistes. La visite du Potala coûte une fortune (200 RMB, soit 25 euros), et est très réglementée puisqu’on nous attribue un horaire de passage et la durée à l’intérieur est limitée à une heure pour le haut du bâtiment. Ensuite on rejoint le parc à l’arrière, avec lac, barques et équippement de sport comme partout en Chine, mais peu utilisés du fait de l’altitude. On peut faire la kora avec les pèlerins, et manger des bons petits pains accompagnés de yahourts au lait de yak. Devant le Potala, les chinois ont construit une immense place où il y a des jets d’eaux et des lumières le soir. Il n’ont pas mis d’immense statue de Mao comme sur la grand place de Kashgar, mais pas très loin, en face des studios de la télévision tibétaine, est érigée une grosse statue avec des yaks dorés.

A Lhassa, nous visitons aussi le Norbunlingka, résidence du Dalaï Lama avant son départ en exil. Dans un très grand parc bien fleuri, nous voyons le temple mais également ses appartements et salons de réception, dans lesquels se trouvent de nombreux cadeaux offerts par les chefs d’Etat de différents pays, par exemple des postes de radio russes et indiens ou des meubles britanniques : de beaux présents. En revanche, le cadeau qui avait été offert par les chinois au Dalaï Lama est un affreux petit cadre avec des chatons.

A Lhassa et aux alentours, nous visitons aussi :

  • une petite nonnerie (Tsam Khung)
  • le grand monastère de Drepung
  • le monastère de Sera où nous assistons aux débats des moines l’après-midi
  • le monastère de Ganden perché au milieu des montagnes
  • les grottes bouddhiques de Drak Yerpa, également perchées dans les montagnes. J’y suis allée uniquement au mois d’octobre (sous la neige) car il fallait y aller le matin pour des raisons de quotas et en septembre on n’avait pas pu les intégrer au programme (notamment à cause de notre horaire pour le Potala).

Au départ de Lhassa, nous allons passer une nuit au bord du lac Namtso. Là-bas, en septembre, tout était vert, en octobre, tout était blanc ! Le lac Namtso est un lac sacré pour les bouddhistes, le deuxième plus grand du Tibet (le plus grand est en fait au Qinghai), et des pèlerins s’y rendent pour faire le tour. Mais il attire surtout de nombreux touristes car c’est très très beau. L’eau est salée, fraîche mais on ne peut pas s’y baigner car il est sacré. Quand j’avais demandé au guide s’il était possible de piquer une tête, il m’avait dit  it’s cold  (cold is not a problem), puis it’s deep (deep is not a problem either) et enfin it’s holy (alright, holy is a problem). L’an dernier, au Ladakh à la frontière chinoise, j’avais tellement apprécié la baignade dans les eaux pures et salées du lac Pangong Tso que j’aurais bien tenté à nouveau l’expérience, mais tant pis. J’ai eu quelques regrets au mois de septembre lorsqu’il y a eu un rayon de soleil mais aucun au mois d’octobre où ça caillait beaucoup trop.

Le lac Namtso est situé au nord-est de Lhassa, à plusieurs heures de route et à plus de 4700 mètres d’altitude. Avant de bifurquer vers le col de Largen La (5150m) puis de redescendre vers le lac, la route est celle qui mène aux provinces voisines du Qinghai et du Sichuan. Après le col, ce sont des grands espaces habités par les populations nomades en été. On voit donc leur tentes (qui parfois recouvrent une habitation en préfabriqué), leurs troupeaux, leurs véhicules (des camions, pas de chevaux…). Ils s’installent souvent près des espaces réservés pour que les véhicules s’arrêtent et les nomades viennent demander de l’argent parfois de façon assez agressive pour que les touristes prennent des photos.

Au lac Namtso, nous logeons dans un campement en préfabriqué, dans des chambres pour quatre avec lumière et prises de courant mais pas de chauffage. On nous fournit des thermos d’eau chaude et nous prenons les repas dans une grande salle (un peu) chauffée par un poêle alimenté par du caca de yak. En octobre, il faisait trois degrés dans la chambre et avec l’altitude en plus du froid, il n’est pas évident de dormir. Les toilettes sont très rudimentaires : deux boxes à ciel ouvert, avec une porte qui ferme avec un caillou, des planches qui bougent avec de la glace dessus (ça glisse!) et un énorme trou au milieu. Evidemment pour s’y rendre la nuit, il faut s’armer de courage et de sa lampe frontale, braver le froid, traverser le campement et redoubler de vigilance. La récompense est l’occasion de voir un magnifique ciel étoilé avec la voie lactée bien visible : à part peut-être dans le désert, je n’en avais jamais vu d’aussi beau.

Nous allons voir le lever du soleil de la colline qui surplombe le campement et faisons une petite marche autour de cette colline. On peut se faire photographier sur des yaks dans l’eau ! Au mois de septembre, on a eu droit à une averse et on en a profité pour s’arrêter dans une petite librairie tenue par un jeune chinois qui vendait aussi plein de jolies cartes postales (voilà d’où elles venaient pour ceux qui en ont reçue une). C’était tout mignon, avec une chèvre, du thé et un piano. En attendant la fin de l’averse, je discute un peu avec le vendeur qui est du Guangxi (province de l’école de taichi!), qui fait également du taichi (essentiellement du style yang, à Lhassa) et qui me rendra visite à l’école deux mois plus tard la veille de mon départ pour Singapour. Finalement la Chine est un petit pays 🙂

Après Lhassa, nous allons à Gyantse en passant par le bord du magnifique lac Yamdrok Tso aux eaux turquoises. Là-bas aussi, on peut se faire prendre en photo avec des yaks ou pour changer avec les gros chiens tibétains qui valent très très cher et qui sont vraiment tout mignons. En octobre, comme il fait froid, il y a beaucoup moins de touristes et le parking est vide donc j’en profite pour faire un peu de taichi. Ce n’était pas toujours évident de faire du taichi au Tibet : il faut trouver le temps (rappel : je n’étais pas en vacances, j’accompagnais des petits groupes de gentils français/belge/suisse), l’espace et l’énergie (l’altitude ça fatigue vite et le froid ça démotive). Dans le parc du Norbulingka, un monsieur pratiquait la lao jia yi lu, j’avais envie de le rejoindre mais j’avais la visite à faire. J’ai pu pratiquer une fois à Lhassa, où le magnifique roof top de l’hotel n’était ouvert qu’en journée, une fois sur le parking de Yamdrok Tso, une fois sur le roof top de l’hotel de Gyantse, et une fois à Tingri.

L’étape suivante est donc Gyantse, où nous visitons :

  • Le monastère de Pelkhor Chöde qui attire de nombreux pèlerins des campagnes environnantes mais également de bien plus loin. Chose rare, ce monastère est commun à trois sectes et est réputé pour son Kumbum : stupa aux chapelles avec peintures de mille bouddhas.
  • La vielle ville avec des vaches dans les rues.
  • Le Dzong, forteresse qui domine la ville et qui a son importance historique (conquête par les anglais et Younghusband au début du siècle dernier : hé oui, le Tibet n’a pas été occupé que la les chinois).

Ensuite nous reprenons la route vers la deuxième ville du pays, Shigatse, pour y voir :

  • Le monastère de Tashilhunpo avec sa kora qui offre une belle vue sur la ville.
  • Une fabrique de tapis qui emploie des locaux : les tapis sont chouettes, avec de la laine de bonne qualité et les tarifs carrément abordables. Ils font du sur mesure et livrent donc si ça vous intéresse, je peux vous faire passer les infos.
  • Les marchés chinois et tibétains, beaux bazars où l’on trouve de tout : électroménager, vêtements (par exemple des pantalons top moumoutte bien chaud), de la belle laine… En septembre il y avait plein de vendeurs de laine et j’ai donc pensé en envoyer dans le Guangxi pour tricoter des écharpes pour les gens de l’école de taichi. En octobre il y en avait beaucoup moins mais j’en ai quand même trouvé et ai couru à la poste avant la fermeture pour envoyer mon carton de 3 kg. Contrairement à la poste de Lhassa, les employés de la poste de Shigatse étaient très aimables et ont mis la meilleure volonté du monde pour comprendre que je voulais envoyer un colis à moi-même dans le Guangxi (là j’ai dû leur raconter ma vie car ils se demandaient ce que je faisais là) et pour me remplir la fiche adresse. A Wei m’avait dit que ma carte postale écrite en chinois au mois de septembre était bien arrivée mais bon, je préférais que ce soit eux qui écrivent. J’avais le choix entre kuai et man, et j’ai opté pour le service lent (12 jours) puisque le carton était censé arriver juste après moi. Il est finalement arrivé un jour avant et A Wei est gentiment allé me le chercher à la poste de Yangshuo.

A Shigatse, nous avons fêté l’anniversaire de Sylvette. C’était l’occasion d’aller acheter un gâteau chinois. Heureusement que le guide connaissait un endroit car les pâtisseries ne courent pas les rues. Les gâteaux chinois sont kitchs, pas forcément très bons (mais pas très mauvais non plus) et dans cette pâtisserie on choisissait son gâteau sur photo et modèle en plastique. Ensuite, le pâtissier prenait une génoise toute prête, s’occupait de la déco avec toute la crème autour et en quinze minutes, le gâteau d’anniversaire de Sylvette était prêt. Le super bonus a été la bougie d’anniversaire : une fleur de lotus en plastique, qui s’ouvre quand on l’allume et se sépare en plein de petites bougies aux extrémités, avec l’air de joyeux anniversaire / happy birthday to you / zhu ni shengri kuaile… Pour arrêter la musique c’était moins évident que pour allumer la bougie, mais on a finalement réussi à couper le contact pour ne pas que ça continue pendant des heures et que Sylvette puisse rapporter ce formidable objet en souvenir.

Après Shigatse, située à environ 4000 mètres d’altitude, on monte encore un peu pour quelques jours. Nous allons à Sakya, visiter le monastère qui a pour spécificité d’être gris (avec des rayures rouge et blanches), d’avoir des grands lamas qui se succèdent de père en fils et d’abriter une immense bibliothèque avec les livres sur les fondements du bouddhisme : en sanscrit et leur traduction en tibétain. La bibliothèque est cachée derrière un grand Bouddha et n’a pas été trouvée (et donc détruite) pendant la révolution culturelle car il est important de signaler que beaucoup de choses ont été détruites dans les monastères au Tibet pendant la révolution culturelle. Et après l’étape à Namtso, c’est à partir de là qu’on va vraiment avoir froid au mois d’octobre.

Après Sakya, nous partons pour notre plus longue journée de route du voyage : direction le camp de base de l’Everest. Côté népalais, on accède au camp de base par trois semaines de trek, côté tibétain, on y va en voiture. Après la route, c’est encore de la piste. Mais des travaux sont en cours et l’an prochain une route goudronnée devrait faciliter encore plus l’accès. Les quatre heures de piste sont épuisantes. La différence entre le mois de septembre et le mois d’octobre c’est la fréquentation, et donc les contrôles. En septembre, on descend tous du bus pour aller dans une tente se faire vérifier par les autorités, on dort au campement dans une grande tente et au milieu de la nuit on peut voir les lampes torches des policiers qui sont entrés pour compter combien de personnes sont présentes, et pour aller un peu plus loin que le camp il faut payer des navettes qui autorisent à passer une heure sur place… En octobre, il n’y a aucun contrôle, aucune navette, le camp est démonté et on dort près du monastère de Rombuk, le monastère le plus élevé du monde à plus de 5000 mètres d’altitude.

L’hébergement au camp de base s’est fait sous tente en septembre : une grande tente avec un poêle au milieu (toujours chauffé avec des excréments) et tout le monde qui dort autour et en guest house en octobre car le camp était démonté. Guesthouse ne veut pas dire plus de confort, au contraire : ça signifie pas de poêle et donc pas de chauffage et quand on se réveille et qu’il fait zéro degrés à l’intérieur (dehors avec le vent, on ne veut même pas savoir), on n’a pas envie de sortir de ses trois couvertures, même pour aller au toilettes car on a bu de l’eau chaude et qu’en altitude il ne faut pas oublier de s’hydrater. Gilles, si tu cherches des idées de vacances là où il fait froid, tu peux t’éloigner des pôles : la hauteur, ça marche aussi.

Après avoir eu la chance de voir le toit du monde au lever du soleil en septembre, et au coucher et au lever en octobre, on redescend au bout de la piste au petit village de Tingri : quelques boutiques, hôtels et restaurants le long de la route Lhassa-Kathmandu, une vieille ville, un colline avec au pied une base militaire. On ne s’arrête pas à Tingri pour son confort hôtelier (hum …) mais pour la magnifique vue sur les montagnes environnantes. En effet, la limite du camp de base de l’Everest, c’est qu’on ne voit que l’Everest et pas grand chose autour. En revanche, de Tingri, on voit une grande partie de chaîne de montagne, dont le Cho Oyu que j’aime bien.

Au mois de septembre, à Tingri, nous avions fait demi-tour pour aller prendre l’avion à Lhassa. En effet, l’itinéraire avait été revu après le glissement de terrain au Népal qui avait détruit la route : tout un pan de montagne s’était effondré dans la rivière et comme c’était encore la saison des pluies de ce côté-ci de l’Himalaya, les travaux pouvaient difficilement avoir lieu. A Kathmandu on m’a dit que si c’était en Chine, ça aurait été réparé super rapidement mais le Népal n’a pas les mêmes moyens, notamment en ce qui concerne l’entretien des routes. Ceci dit, les chinois aurait pu aller réparer la route côté Népalais puisque c’est la Friendship Highway essentielle pour le commerce : au mois d’octobre on a pu observer encore tout plein de camions en file pour passer la frontière. Et on a vu le résultat du glissement de terrain : impressionnant. En fait la route n’a pas été reconstruite à proprement parler : du côté du glissement de terrain, un passage avait été aménagé et la route était utilisée pour les véhicules qui montent. Pour la descente vers Kathmandu, les véhicules empruntaient une étroite piste aménagée de l’autre côté de la vallée.

Nous avons donc pu faire le tour complet et après Tingri, nous sommes allés passer le col de Nyalam Thong La à 5126 mètres d’altitude où la vue sur les montagnes (et notamment le Shishapangma, non visible depuis Tingri) est magnifique. C’est ensuite que la vraie descente allait commencer et pour la première fois depuis plus de deux semaines on allait retourner en dessous de 3000 mètres. On le remarque tout de suite avec la réapparition de la végétation. Il fait également plus chaud, et plus humide sur ce versant. Nous longeons la vallée de Nyalam jusqu’à la ville frontière de Zhangmu, elle non plus pas réputée pour ses infrastructures hôtelières.

Pour quitter le Tibet, notre guide nous emmène à la frontière, où nous passons les formalités douanières avant de traverser en marchant le pont qui nous mène au Népal de l’autre côté de la vallée. La partie népalaise du voyage (Kathmandu) fera l’objet d’un prochain article, rapide.

Un point sur la gastronomie, dont je n’ai pas encore beaucoup parlé, à part les petits-déjeuners, les petits pains et le gâteau chinois. Traditionnellement, la cuisine tibétaine est assez limitée et constituée de tsampa, de thé salé au beurre de yak, de thukpa (soupe de nouille) et de momos (végétariens ou à la viande de yak). Mais les chinois (les han notamment) reçoivent des primes pour aller s’installer au Tibet et nombreux sont ceux qui ont tenté leur chance en ouvrant un restaurant, en particulier des sichuanais. Petite parenthèse au passage : certains chinois viennent tenter leur chance et repartent dans leur région d’origine au bout d’un an ou deux car ils ont du mal à s’habituer au climat et à l’altitude. La cuisine chinoise est plus variée que la cuisine tibétaine et nécessite d’autres ingrédients. Par conséquent, l’agriculture a été diversifiée au Tibet (sous serre aux alentours de Lhassa par exemple) et pour ce qui ne peut pas y pousser, il y a le train jusqu’à Lhassa et maintenant jusqu’à Shigatse qui simplifie l’acheminement des denrée. Et les routes sont bonnes : le reste de l’approvisionnement se fait donc par camion. La plupart des restaurants chinois ont tous la même carte et des grandes tables qui tournent, et on y commande des plats divers à partager. Pour que tout le monde soit content, on prend de la viande (porc, poulet, yak), des légumes (choux, aubergines, pommes de terre, haricots …), des œufs à la tomate, une soupe, du tofu, et le piment à part (pour moi). On mange tout ça avec le riz dans notre bol qui fait dinette et on boit le thé au jasmin servi dans des gobelets en carton. La qualité est inégale : toujours acceptable et même parfois c’est juste super bon alors qu’on est au milieu de nulle part.

Nous avons aussi été manger dans quelques gargotes tibétaines : des bonnes soupes de nouilles et même tout un assortiments de plats super bons dans un restaurant de Tstetang où notre guide nous avait conduit. Dans ce genre de restaurants où les locaux boivent leur thé, nous étions une attraction !

Au Tibet la viande de yak est partout, et à toute les sauces : momos et soupes au yak, évidemment mais aussi steak de yak, tarte au yak, pizza au yak, yak bolognaise, yak strogonoff, pot au feu de yak, yak byriani …

A Lhassa, on trouve aussi les cuisines des régions voisines, des burgers et de la cuisine italienne, ce qui permet de varier un peu les menus pour ceux qui le souhaitent. Mais franchement, en Asie ils font quand même mieux les nouilles que la pasta al dente et je me contente facilement du local (les fameux momos!).

J’ai encore plein de choses à raconter, mais je trouve que je suis déjà beaucoup trop bavarde. Si vous en voulez encore, les photos sont commentées !

Publicités

A propos émilie

En juillet 2014, je pars en congé sabbatique pour apprendre le taichi en Chine et voyager en Asie et depuis, j'écris ce blog pour donner des nouvelles à ceux que ça intéresse : la famille, les amis, les collègues...
Cet article a été publié dans Chine, promenade, tai chi, Tibet, transport. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Le Tibet

  1. dafbou dit :

    elles sont superbes tes photos!

  2. Jean-Luc dit :

    Superbe voyage, avec photos et commentaires sans bouger de son fauteuil, j’aime bien le deuxième trek avec la neige et le ciel bleu profond……biz,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s