Retour en Chine (et à Yangshuo) #3

photo

Pour toutes les photos, c’est sur Flickr.

Cela fait déjà plus de deux semaines que je suis en Chine et je n’ai toujours pas fini de trier les photos du Tibet… Il faut dire que j’ai été bien occupée !

De Kathmandu, j’avais un vol pour Kunming où j’ai passé la nuit avant de poursuivre ma route le lendemain matin. Sur les vols Kathmandu-Lhassa, je n’avais pas profité de belle vue sur l’Himalaya, mais là, c’était WAOUH WAOUH WAOUH trop beau au coucher du soleil. J’avais mon siège préféré couloir près des issues de secours donc je pouvais me pencher en avant pour voir un peu par le hublot… Ensuite, j’avais prévu de passer la nuit à l’aéroport car mon vol était tôt le lendemain matin. Mais j’avais déjà passé la journée à l’aéroport de Kathmandu (le vol Malaysia Airlines de mon groupe était bien avant le mien et pour la première fois de ma vie je suis arrivée dans un aéroport sept heures avant de décoller) et ça caillait dans cet immense aéroport et j’en avais marre du froid. Alors finalement je vais dans un hôtel pas loin dormir cinq heures. Le matin, ce que je craignais arriva : j’étais complètement dans le gaz et oublie mon petit sac bagage à main dans la navette. Mais ce qui ne serait jamais arrivé en France arriva : par réflexe (déformation professionnelle de mon travail d’accompagnatrice), j’avais pris la carte de l’hôtel, je les appelle et le chauffeur m’a rapporté mon sac (avec dedans accessoirement ordinateur et nouvel appareil photo) juste à temps pour aller prendre l’avion. Ouf.

Comme au retour du Cambodge, c’est par Shanghai que j’ai fait un détour pour le week-end histoire de voir des gens, d’aller à la piscine et de manger un peu différemment : cette fois-ci je ne me suis pas mise aux fourneaux, situés à l’extérieurs de l’appartement, comme dans beaucoup d’immeubles shanghaiens. Je n’étais pas au courant de cette particularité et en cherchant l’appartement de Phounkeo et Benito, qui m’ont gentiment accueillie cette fois-ci, je croyais que j’allais me retrouver dans un restaurant, mais ce n’était que les voisins qui cuisinaient !

Niveau gastronomie, à Shanghai, on trouve des bons restaurants mais j’en ai aussi profité pour manger plein de baozi, ces petits pains farcis cuits à la vapeur que l’on achète dans la rue. Evidemment, lorsqu’on est végétarien en Chine, l’une des premières choses qu’on apprend en chinois, c’est comment s’assurer qu’il n’y ait pas de viande dans les plats. Pour l’instant je crois avoir fait un sans faute et, en parlant des baozi, lorsqu’on me dit « dou shi sushi de », hé bien j’en prends un de chaque ! Je me suis aussi régalée avec une glace dans le petit quartier pour touristes de Tianzifang : c’est très mignon et on trouve plein trucs à acheter (ou pas), par exemple la perche pour les selfies : a-t-on ça en France ? Teaser : un album photo sur les touristes chinois qui posent / sautent sur des photos et selfies est en cours.

Mais Shanghai, c’est aussi l’occasion de se promener à vélo dans les petites rues bordées de platanes de la concession, où les époques semblent se mélanger bien plus que chez nous : les véhicules modernes croisent des vendeurs poussant leur chariot à roulettes, boutiques d’artisans et de téléphonie mobiles sont voisines… C’est ma troisième fois en Chine depuis le début de l’année et c’est aussi ma troisième fois à Shanghai (en tout) et je n’étais encore jamais allée à Pudong auparavant (hormis passage à l’aéroport) où ce n’est pas du tout la même ambiance : grandes avenues, belles voitures, immenses bâtiments et que de la modernité !

Troisième fois à Shanghai donc, et c’est aussi ma troisième fois à la piscine de Dong’an Lu (la seule que je connais) où je commence à avoir mes habitudes. Après deux mois sans nager, ça me manquait tellement que je savais que j’allais payer le supplément pour dépassement de l’heure et demie réglementaire. En effet, j’ai nagé plus de deux heures et pour la première fois je n’étais pas essoufflée mais ai fini par avoir bien mal aux bras. Après avoir passé presque deux mois entre 3500 et 5500 mètres d’altitude, j’avais fait le plein de globules rouges mais après presque deux mois sans faire beaucoup d’exercice (un peu de marche en trek et peu de taichi) je n’étais plus très en forme.

J’ai donc passé trois jours à Shanghai avant la journée de transport pour « rentrer » à la campagne. Bien décidée à ne pas arriver au milieu de la nuit cette fois-ci, j’ai pris un vol vers midi, qui s’est enchaîné sans attente avec le car direct pour Yangshuo (nouveauté !) où j’étais tellement contente d’arriver que j’ai eu envie de marcher jusqu’à l’école de taichi : maintenant qu’ils ont déplacé la gare routière au nord de la ville, ça fait environ une heure de marche quand on a un sac d’une vingtaine de kilos. J’arrive pile pour le repas du soir à 18h, parfait.

Ma première impression « mais qu’est-ce qu’il fait chaud ici » n’a pas duré très longtemps. J’ai eu droit à une bonne dose de froid ces deux derniers mois donc il y a sans doute eu un effet contraste car tout le monde avait l’air de bien cailler. Il s’est ensuite mis à pleuvoir et là j’ai vraiment senti le froid et l’humidité avec la lessive qui ne sèche pas même étendue pendant trois jours. On ne peut pas dire que le chauffage est le point fort de l’école de taichi : il y a des climatisations réversibles qui font du bruit et ne sont pas hyper efficaces donc que je n’utilise pas trop. La prochaine fois que je reviens (en décembre) je demanderai une deuxième couette car il en faudrait une dessous et une dessus : là je dors enroulée dedans tellement le lit est dur. Sur les conseils de mon amie Christine, qui est venue passer une petite semaine ici pour ses vacances, je vais avoir une couverture électrique chauffante : j’ai demandé à la copine de Master Fu, une pro du shopping sur internet, de m’en commander une sur tao bao. Et puis j’ai mes chaussons rapportés du Tibet : impossible d’en trouver des roses ou des violets dans ma pointure, et j’ai dû me contenter de bleu marine, mais ils sont top ! Après deux hivers passés en UGG pour cause de pied cassé puis de petit orteil tordu, j’ai trouvé l’équivalent tibétain, sans cuir et beaucoup moins chers, c’est que du bonheur. Du Tibet (à Shigatse), j’étais aussi allée à la Poste pour envoyer plus de trois kilos de belle laine à moi-même dans le Guangxi, ce qui avait étonné les gens de la Poste… Je devrais peut-être renommer le blog taichi & tricot car je suis bien décidée à tricoter plein d’écharpes pour tous mes potes d’ici.

Au niveau du taichi, on a commencé par corriger tous les détails oubliés et toutes les mauvaises habitudes prises depuis que j’étais partie début septembre. Il doit y en avoir encore pas mal car au bout de deux semaines, j’ai déjà bien mal aux genoux et ça m’énerve un peu. Et pour moi qui mets toujours trois plombes avant d’être échauffée, avec les basses températures (et l’humidité et le petit vent), j’ai l’impression d’être à froid tout le temps, c’est à dire pas flexible pour un sous et ça tiraille vite… Bientôt il faudra que j’aille faire un jogging avant les cours ! J’ai couru un peu le samedi, ce qui n’a pas dû arranger tout ça. Bref, je voudrais faire un semi-marathon en Asie et ce ne sera pas pour tout de suite. Sinon à l’école, il y a un nouveau prof, Moyu, qui n’est pas vraiment nouveau mais que je n’avais jamais vu et A Qiang n’est plus là. A Wei et Lao Wu sont toujours là, ainsi que Master Fu, évidemment. Concernant les élèves, il y a toujours les mêmes : la jeune maman et son bébé (qui, à un an et demi, commence à faire des mouvements de taichi et à manier la hallebarde : c’est super lourd), le professeur de badminton qui vient le week-end et qui parle toujours aussi fort, Leon (et Sasaki qui est rentrée de ses vacances en Thaïlande). Mon amie Christine est venue une semaine, l’occasion de faire une sortie à Yangshuo pour acheter des trucs, commander mon gâteau d’anniversaire (Christine s’est démenée pour qu’ils le livrent dans le bled limitrophe où est située notre école) et aller dîner dans un resto bio végétarien avec son amie Katy, une Belge fort sympathique qui était partie en congé sabbatique ici il y a six ans et qui n’est jamais rentrée. Il y a aussi des nouveaux : Shuki, jeune retraité de Jérusalem, qui vient ici un mois par an et Peter, un photographe écossais qui vit à Malte mais plutôt partout ailleurs en ce moment.

Je serais bien restée tranquille à faire ji ben gong, lao jia yi lu et un peu de tui shou de temps en temps (le tui shou, je pense qu’ils n’ont jamais eu d’élève aussi nul que moi : heureusement qu’ils arrivent à rendre ça un peu ludique et qu’on rigole) mais on ne m’a pas laissée tranquille du tout : un après-midi, je me retrouve au milieu de tout le monde, avec un sabre dans les mains à devoir faire le petit enchaînement qui ressemble à ça. Bref, ça sautait partout en brandissant des sabres dans tous sens, et j’essayais de faire pareil. Finalement, tout le monde s’en est sorti indemne. Les jours suivants on a un peu détaillé les mouvements, et en fait, c’est trop marrant le sabre : ça donne un peu de contenance d’avoir une arme à la main et ça réchauffe presque autant que le kung fu !

Dimanche, afin de reprendre un rythme « habituel » (semaine kung fu, samedi jogging, dimanche piscine), je suis allée nager. Leon m’avait parlé d’une grande piscine au centre sportif de Guilin et je voulais aller vérifier qu’elle faisait bien 100 mètres de long : après tout, en Chine, tout est possible ! Shuki, habitué à aller à Guilin le week-end, était motivé pour venir avec moi afin de voir quelque chose de nouveau, même si je voulais y aller tôt, nager plutôt longtemps et faire du shopping l’après-midi (des joggings chauds et qui sèchent vite – j’aime bien le côté vintage 80’s des joggings chinois). Je mets donc le réveil à 6h30 pour partir en petite excursion : je récupère Shuki à son hôtel en ville, on va à la gare routière prendre un petit déjeuner rapide (baozi et soupe de nouilles) et après quasiment deux heures de car on arrive à Guilin et on se met en route vers l’immense centre sportif. Le chinois reste encore du chinois pour moi, mais j’arrive à reconnaître sans problème les trois caractères de youyongchi (les bases de survie dans le pays quoi …). 3h30 plus tard nous voilà donc à l’entrée, qui ne coûte que 15 RMB. Avant de nous vendre le billet, une dame nous fait comprendre que l’eau est froide, zenme leng ? 17 degrés : tout ça pour ça ! Le bassin plus chaud ouvrira une heure plus tard. Bref, on va commencer par la piscine froide et ensuite on ira dans la chaude… La piscine à 17 degrés était un magnifique bassin olympique (et non pas de 100 mètres de long – Leon est un chinois marseillais) en extérieur. C’était désert et, contrairement à Shanghai où il y a dix surveillants pour une piscine de taille identique, celle-ci n’était surveillée que par un gars en doudoune. Je ne sais pas s’il se serait jeté à l’eau pour venir me sauver, mais il a été très serviable en réglant mon problème d’élastique de lunettes que je n’arrivais pas à remettre avec mes doigts qui tétanisaient de froid. Shuki a préféré ne pas rentrer dans l’eau et au bout de 25 minutes, il était temps d’aller dans la partie couverte où il y avait un petit bassin (25 mètres où on a pieds tout le temps) un peu plus chaud. Entre les deux je serais bien passée sous une douche chaude ou un jacuzzi à 40 degrés pour me réchauffer mais il n’y avait ni l’un ni l’autre. Pour la douche chaude, il fallait une carte mais comme il n’y avait personne chez les filles, je n’ai pas pu en demander une. Bref, on a nagé une heure, avec une ligne d’eau par personne : nickel. Il y avait un gars qui était trop fort et qui traversait le bassin super vite en cinq mouvement de papillon. J’ai pensé qu’il était peut-être un peu célèbre (ou avait au moins fait des compétitions internationales) car il s’est pointé au bord du bassin en sweat rouge avec China écrit en jaune dessus et il avait un bonnet Canada qu’on lui avait peut-être filé.

Ensuite on s’arrête manger dans un restaurant classé catégorie C niveau hygiène… Disons que le sport et le grand air ça doit développer les défenses immunitaires car je n’ai pas encore été vraiment malade depuis mon départ: malgré tout le froid et tous les avions, même pas un rhume (mon problème habituel) et gastriquement parlant, juste une grosse indigestion de gâteaux à Lhassa : je voulais tous les goûter et c’était juste beaucoup trop et beaucoup trop gras et plein de crème. Au quotidien, je mange tellement sain que mon corps ne devait plus être habitué ! J’avoue qu’en ce moment à l’école de taichi, je craque un peu sur les petits gâteaux à la pâte verte de haricots ou les brioches pas bien cuites aux haricots rouges, c’est juste trop bon.

L’après-midi, c’est parti pour une session shopping : Shuki prenait des photos de trucs à potentiellement rapporter à sa famille pour vérifier si ça leur plait et a halluciné sur ma rapidité à acheter des vêtements. Maintenant j’ai deux nouveaux pantalons de jogging noirs, et en rose un polo, un sweat, une veste à capuche et j’ai aussi pris une veste à capuche aux couleurs nationales, le tout entre la taille XL et la taille 3XL. Je crois que ça me manquait le shopping : j’en ai fait jusqu’à avoir sur moi juste assez de cash pour mon billet de bus retour. Comme j’avais dit que j’allais rentrer pour le dîner et que j’avais des RDV Skype, je rentre avant Shuki. Mon jeune voisin de car (A Zhong An) engage la conversation (= grosse galère quand même) et tient absolument à me présenter sa petite amie qui vient d’acheter une Mercedes : ils vont venir me chercher samedi à l’école de taichi pour me faire visiter la région en Mercedes. A Zhong An doit avoir une vingtaine d’années, il veut devenir businessman pour gagner beaucoup d’argent et travailler aux Etats-Unis avec les Juifs et serait ravi de rencontrer Shuki. En attendant il ne parle pas un mot d’anglais donc ça promet de faire bien mal au crâne une journée avec eux. Je me demande donc si samedi je n’ai pas plutôt envie de faire la cuisine ici et d’aller faire un tour de vélo dans la région car c’est mon dernier week-end ici. Hé oui, mon visa expire la semaine prochaine et il faut que j’aille en refaire un autre : une bonne occasion d’aller un peu au soleil… Et puis j’ai aussi encore plein de photos à trier 🙂

Publicités

A propos émilie

En juillet 2014, je pars en congé sabbatique pour apprendre le taichi en Chine et voyager en Asie et depuis, j'écris ce blog pour donner des nouvelles à ceux que ça intéresse : la famille, les amis, les collègues...
Cet article a été publié dans baignade, Chine, cuisine, tai chi, transport, vélo, Yangshuo. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

5 commentaires pour Retour en Chine (et à Yangshuo) #3

  1. vgranier dit :

    C’est quand on commence à avoir une place préférée dans l’avion qu’on se dit qu’on le prend trop souvent (proverbe chinois).

  2. Jean-Luc dit :

    Sympa toutes ces photos avec les commentaires. A Paris, je ne sais pas si on utilise des perches pour selfies, mais à Rome tous les touristes en ont, s’amusent bien avec. Les vendeurs en vendent les jours de beau temps, et si le temps est menaçant, ils vendent des parapluies. Biz.

    • émilie dit :

      Il paraît que les perches pour selfies sont arrivées à la tour Eiffel 🙂 ça se diffuse vite : j’étais à Rome il y a à peine plus d’un an et je n’en ai pas vue une seule !!

  3. InChina dit :

    Salut émile, j’ai parcouru ton blog avec intérêt, je suis moi aussi en Chine depuis presque quatre ans, pour pratiquer les arts martiaux Chinois. Je suis à Wudang Shan, et je vais à Yangshuo la semaine prochaine, aurais tu des conseils sur les lieux, et pourrais tu me dire dans quelle école de TaiJi tu étais ?
    Merci, au plaisir de discuter avec toi.
    @plus

  4. Ping : <3 Taïwan | Tai Chi & Travel

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s