L’hôpital de Lhassa

Dès les premiers jours au Tibet, les secousses du bus ont réveillé des problèmes de sciatique chez Bob (citoyen helvétique de mon groupe) qui, malheureusement, n’a pas pu continuer le voyage avec nous et a été contraint de passer ses vacances à Lhassa.

Cela a valu deux visites à l’hôpital public de Lhassa. Il s’agit de l’hôpital « officiel », l’hôpital du peuple, donc le mieux. Franchement, moi qui déteste vraiment les hôpitaux, là ça allait, je n’ai pas été traumatisée, au contraire. D’après ce que j’ai compris, toute la médecine est centralisée à l’hôpital : les docteurs n’ont pas de cabinets comme chez nous.

Ce qui m’a marquée c’est que c’est vraiment super bien organisé (euphémisme). Lorsqu’on arrive, que ce soit pour un rhume ou une urgence vitale, on passe voir un docteur qui écrit un diagnostic sommaire sur un papier, et oriente le patient qui va ensuite se faire enregistrer (pour les urgences vitales, le patient va sans doute se faire enregistrer après, hein…). « Di er lou » : nous voilà donc à la réception à l’étage supérieur « médecine générale et chirurgie ». C’est là qu’on fait une première fois la queue pour être enregistré, mais grâce à notre guide, on gruge tout le monde … Bob est donc rapidement enregistré informatiquement, on lui remet une carte magnétique, le reçu du paiement de sa future consultation, et un numéro d’attente correspondant au médecin qu’il va aller consulter (comme à la SNCF).

Étant donné son numéro et le nombre de patients devant voir ce docteur avant Bob, notre guide estime que ça ne sert à rien d’attendre : il est 16 heures et ça ferme à 19 heures. On y revient le lendemain matin vers 8 heures afin d’être sûrs de passer en premier à l’arrivée du médecin à 9 heures. On voit le docteur : les consultations ne sont pas très confidentielles étant donné que le patient suivant attend devant la porte ouverte et regarde ce qu’il se passe. Le médecin bippe la carte de Bob, indique dessus qu’il doit aller passer un scanner. Bob retourne au guichet pour régler son scanner, puis à un autre guichet (au bâtiment dédié aux radios, IRM et scanners) pour s’enregistrer et obtenir un nouveau numéro de file d’attente. Ensuite il retournera voir le premier docteur sans attendre. Ce qui est super c’est que tout son parcours est enregistré sur sa petite carte magnétique. S’il est perdu, il y aura toujours quelqu’un pour bipper la carte et lui indiquer où il doit aller.

Bref, avant l’étape scanner, on doit laisser Bob pour aller au lac Namtso car il est déjà 10 heures … Mais le chef de l’agence locale va le rejoindre pour vérifier que tout se passe bien.

À notre retour à Lhassa, nous retrouvons donc Bob !

Et sinon, dans la série « medical », j’ai acheté du fer à une pharmacie à Shigatse : un grand moment… J’arrive avec ma tablette vide et mon mauvais chinois « ni hao, wo xiang mai zheige : mei you le. you shenme yiyang ma? » J’ai dû montrer « fer » et « anémie » sur mon dictionnaire et là le mec ramène dix grosses boîtes sous blister ! Ça ne se présente pas du tout comme chez nous et c’est sous dosé en fer et sur dosé en vitamine C (et plus cher que chez nous). Maintenant je comprends que le mec voulait me vendre dix boîtes de douze petites bouteilles avec douze mini pailles (très mignon). Je prends deux boîtes pour tester, avec une posologie de « wu ping mei tian » ça va me faire quatre-cinq jours … Mais il faudrait que je prenne deux boîtes (vingt-quatre petites bouteilles) par jour pour avoir la dose de mes deux petites gélules et là, je risque l’overdose de vitamine C !

Bref, ce sera peut-être plus simple de trouver ça à Kathmandu (ou pas).

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A propos émilie

En juillet 2014, je pars en congé sabbatique pour apprendre le taichi en Chine et voyager en Asie et depuis, j'écris ce blog pour donner des nouvelles à ceux que ça intéresse : la famille, les amis, les collègues...
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3 commentaires pour L’hôpital de Lhassa

  1. vgranier dit :

    Hou pinaise ! Et question indiscrète : il a une bonne assurance maladie, le Bob ? car tout helvète qu’il soit, les scanners et tout ça ça doit coûter très cher si c’est lui qui paye, non ?

    • émilie dit :

      C’est 600 RMB le scanner, ça va … Et évidemment j’ai lancé le truc avec l’assurance voyage qui prendra tout ça en charge, de même que son retour en Suisse en business class

  2. Jean-Luc dit :

    Les mésaventures de Bob, nous aura permis de connaitre un peu l’hôpital de Lhassa, impressionner par l’organisation. Vivement les prochaines nouvelles du Bob, pour en savoir plus sur l’efficacité de l’hôpital. Bon rétablissement à Bob.

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