Le retour à Yangshuo …

… et les nouvelles de la campagne (pas forcément très intéressantes, mais bon, c’est ça aussi la campagne …).
 
Cela fait un peu plus d’une semaine déjà que les vacances sont finies … J’avais prévu d’arriver à Yangshuo vers minuit le lundi soir en retour de Shanghai, mais avec le retard de l’avion, je suis rentrée à 4h30. J’avais été prévenue de 3 heures de retard le matin même, et c’était l’occasion d’écrire mes plus longues phrases en chinois à A Wei pour le prévenir. Finalement je suis bien arrivée, et j’ai même ramené la pluie …
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Après mon arrivée à l’aéroport de Guilin, il y a eu la guerre pour négocier le taxi. On peut dire beaucoup de choses sur les taxis parisiens mais là c’était le pompon. 3 types se ruent vers moi pour savoir lequel allait pouvoir m’arnaquer : on m’annonce 500 kuai, c’est vraiment se moquer du monde et ça, c’est le truc qui m’énerve quand après il refusent de descendre à un prix normal. Parler en s’énervant en chinois, je crois que c’est parler normalement, j’ai donc l’occasion d’essayer. Je dis que 500 c’est beaucoup trop cher et propose 300 (le juste tarif de nuit – A Wei me dira que lui il paie 250, bah oui mais il est chinois c’est plus facile …) ou de mettre le compteur, c’est refus direct. Je dis que de toute façon j’ai que 350 et là un autre gars s’énerve et me dit mei you 500 kuai qian, jiu zou lu (et plein d’autres trucs que je ne comprenais pas, évidemment), je lui dis que je vais marcher alors, ou bien dormir quelques heures ici et prendre le bus. Je rentre donc dans l’aéroport désert, vais retirer des sous (car c’est vrai que j’avais que dalle en cash), et là je me fais attaquer par des moustiques, y compris des moustiques tigre. Et franchement, s’il y a un truc dont j’ai vraiment marre depuis mon départ de France, ce sont les moustiques … et ne pas passer la nuit avec eux, ça vaut bien quelques kuai de plus ! Et quelques heures plus tard, j’ai entraînement … Finalement je m’en sors pour 380 RMB. Et je reconnais qu’à 4h30 à Yangshuo, le chauffeur n’allait pas trouver une course retour tout de suite …  Mais pppfff c’était un boulet : je lui montre l’adresse sur le téléphone et il veut à tout prix appeler pour savoir où c’est alors que je lui dis d’aller à Yangshuo et après je connais le chemin (et puis grâce au taichi, « tourner à droite », « tourner à gauche » je sais dire …). Je lui dis que mon contact dort mais c’est pas grave, il réveille A Wei que je devais appeler pour le réveiller à mon arrivée (1h30 plus tard).
 
A Wei était là en pleine forme pour m’accueillir (il devait guetter le taxi depuis 1h30) et avait envie de me raconter plein de trucs en parlant super fort. Le problème c’est qu’après 3 semaines de wechat régulier, j’en suis arrivée au point où j’arrive mieux à communiquer par écrit sur téléphone (avec l’aide de Joëlle notamment) qu’en parlant. Mais A Wei en a sans doute déduit que j’avais dû aller au Cambodge pour apprendre le chinois et que j’allais comprendre tout ce qu’il allait me raconter, sauf que là, c’était pas le cas : je m’étais un peu remise dans le bain à Shanghai mais l’accent du Guangxi c’est pas évident et s’il parle les dents serrées en souriant et sans bouger la bouche, c’est juste pas possible pour moi ! A Wei m’installe dans une nouvelle chambre à côté de la sienne en ce moment : elle n’a pas la télé mais ce n’est pas grave …l’essentiel est que je puisse aller le réveiller si j’ai peur des araignées géantes, beurk.
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Ce n’est que quelques heures plus tard que je connaîtrai la raison pour laquelle il parlait fort : nous n’étions que tous les deux à l’école : c’est vide !!!
 
Heureusement, au cours, il y a des nouveaux protagonistes : Leon, et sa copine Sasaki en spectatrice. Leon et Sasaki (j’ai oublié leur prénoms chinois mais comme vous l’aurez remarqué, Leon a aussi un prénom occidental, et Sasaki un prénom japonais) sont un jeune couple de hipsters à la campagne. Ils sont de Nanning (capitale de la province du Guangxi, tout au sud) mais après leurs études à Guilin, ils sont venus s’installer à Yangshuo. Ils parlent pas mal anglais (à l’échelle de la Chine), surtout Sasaki, avec qui j’ai passé une soirée à discuter et qui est la fille la plus cool du monde : son métier c’est dessinatrice / peintre / designer / architecte, elle est fan du Japon (elle fait du kendo, parle un peu japonais, kiffe les mangas et fait des dessins pour les jeux vidéos), elle adore le rose et les baskets en toile, elle a un caniche géant, elle fait du yoga, du skate, du violon à haut niveau et du ukulele. Et elle veut que je lui envoie tout plein de photos de tankas du Tibet car elle rêve d’y aller pour apprendre à en peindre ! Bref, on est devenues super potes. Elle pensait que j’avais son âge, 25 ans, mais à sa décharge je lui donnais aussi 9 ans de moins. Leon vient toujours au cours de taichi en jogging slim de couleur, marcel et petites baskets de toile colorée. 
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A Wei me raconte que Master Fu est parti enseigner en Espagne, que A Qiang est rentré chez lui quelque temps, que la jeune maman avec son bébé sont partis à Behai (en bord de mer) avec le papa avant de revenir en septembre mais il ne sait pas quel jour. Dans la semaine vont arriver un autre monsieur (l’amateur de thé : il a une tête de Simpson) et de nouveau le professeur de badminton à la belle Mercedes pour quelques jours : super ! Et en fin de semaine c’est le retour de Lao Wu, parti en juillet enseigner à Guangzhou, et du fils de Master Fu car c’est la rentré des classes lundi.
 
Un soir on est allés se baigner avec le professeur de badminton et A Wei et j’ai pu pas mal nager grâce à mes lunettes roses, et je veillais bien à ne rien avaler de la rivière. Le professeur de badminton a une formidable bouée orange fluo : c’est en fait un sac où il peut mettre son téléphone portable et les clés de la moto de A Wei, il le gonfle et ça se ferme hermétiquement ! Il nage très bien et n’avait donc pas besoin de bouée … il en a une juste pour ranger ses affaires, c’est astucieux. 
 
A mon retour à Yangshuo, j’étais supposée retrouver David, l’étudiant espagnol avec qui j’avais fait une balade à vélo. A Wei me dit que le dimanche il a fait une chute à vélo et a dû aller à l’hôpital à Guilin : il rentrera à l’école en fin de semaine avant de se faire rapatrier le samedi soir. Le samedi midi, avant son départ, je propose donc de cuisiner un plat français et un plat espagnol. Comme il n’y a pas de four, ce sera ratatouille et tortilla. 
 
Le vendredi soir, en l’absence du Grand Master, c’est grosse fiesta pour le retour de Lao Wu et le départ du prof de badminton le samedi après-midi. Vers 21 heures, c’est parti : bières chaudes, cacahouètes, pattes de poules et poulpe sauté sur nappe en plastique avec lumière néon et ventilateur. Tout le monde parle fort la bouche pleine et rigole bien. Ils sont venus me chercher trois fois et la troisième fois je me dis que c’est peut-être impoli de refuser leur gentille invitation et j’accepte donc de me joindre à eux pour boire un verre et manger quelques cacahouètes (je ne toucherai pas aux pattes de poulet et au poulpe). Bref, c’est un grand moment que je regrette un peu de ne pas avoir filmé pour vous montrer l’ambiance.
 
Le lendemain matin j’ai rendez-vous avec A Wei à 6h30 pour aller au marché acheter ce dont j’ai besoin pour cuisiner. A Wei ne se lèvera qu’à 8 heures, un peu dans le gaz, ce qui m’a largement laissé le temps de chercher la traduction, en chinois et en image, de tous les ingrédients nécessaires. C’est donc un peu après 8 heures que A Wei me donne le petit panier en plastique et m’emmène au marché en moto. C’est assez marrant, tout le monde le connaît là-bas. On trouve tout sauf l’huile d’olive, le thym, et pour les courgettes c’était un peu galère mais finalement A Wei savait où aller. Il porte une attention toute particulière à la sélection des légumes : là où j’aurais pris les plus moches en me disant qu’ils avaient sans doute reçu moins de pesticides, il choisissait toujours les plus beaux ! On a aussi fait un arrêt à une échoppe de viande où j’ai eu un petit haut le coeur, et où A Wei m’a dit que les trucs qui pendent c’est hen hao chi = super bon, mais je n’ai aucune envie de vérifier.
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En rentrant, je me mets donc aux fourneaux sous l’oeil attentif du cuisinier qui doit un peu halluciner que je fasse cuire des légumes plus d’une heure. A Wei a immortalisé ce moment. La tortilla, j’ai bien foiré la première, mais la deuxième ça allait : et là pour le coup on était obligé de sortir le couteau car avec les baguettes ce n’était pas très commode. Avec mes quatre kilos de moins, tout ce gras ne me fait même pas culpabiliser, au contraire, mmmhhhh. Et pour le dessert, c’est l’occasion de manger les petits sablés à la noix de coco que j’avais rapportés du Cambodge. Pour éliminer tout ça (et peut-être aussi l’alcool de la veille), après une bonne sieste l’après-midi, les profs vont s’entraîner comme des grands malades de 19 heures à minuit le samedi soir. 
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Comme ils se sont entraînés dur, c’est moi qui culpabilisais et voulais aller courir le dimanche matin mais j’ai eu la flemme de me lever à cinq heures (ensuite, il fait trop chaud) et comme après ce qui est arrivé à David, je n’ai pas voulu aller faire un tour de vélo, je suis allée faire une promenade à pied dimanche, avec un détour par la forêt de bambous jusqu’à la plage. J’ai aussi fait un petit tour en ville, où c’est la saison des moon cakes : il y en a partout !!!
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A la campagne, les activités sont assez limitées … J’ai un peu halluciné (et beaucoup rigolé) le soir où alors que j’étais en train de faire un Skype en me demandant ce que pouvais bien faire A Wei dehors à éclairer un arbre avec une torche, il vient me chercher pour me montrer les oiseaux (xiao niao) qui dorment et essayer de les compter : c’est vrai qu’il y en a plein. Bref, ces xiao niao sont devenus un grand sujet de conversation mais avec nos moyens limités, j’ai pu apprendre que le matin ils partaient manger et que A Wei n’a aucune idée d’où ils dorment quand il pleut et ne s’était jamais posé la question avant que je ne la lui pose. Voilà donc ma vie très intéressante ici. 
 
Autrement, j’ai donc le temps de rattraper mon retard de blog (les lecteurs qui se sont un peu attachés aux personnages de l’école de taichi vont être ravis), clôturer ma mission au Cambodge, et préparer le voyage à accompagner au Tibet qui approche … Je devais partir vendredi soir pour passer la nuit à Kunming avant d’aller rejoindre mon groupe à Kathmandu dimanche, mais comme le vol est annulé et qu’ils m’avaient mis sur le suivant (trop tard), j’ai dû l’avancer et partirai donc vendredi midi d’ici : ça va me faire bizarre de partir pour deux mois. Surtout que, du point de vue du climat, je vais non seulement passer en dessous de la barre des 30 degrés mais risque de me prendre un écart de « ressenti » de plus de 30 degrés en quelques jours. 
 
Ah oui, et il y a pas mal d’entraînement aussi : en une journée, je me rappelais à peu près la lao jia yi lu, qu’on a ensuite revue partie par partie, on a fait tout plein de ji ben gong, et de l’entraînement au pushing hands avec un bâton. La hanche n’est pas au top (je pense que j’avais dû faire une petite élongation en plus de l’entorse), je n’arrive plus à faire le grand écart, ne mets pas trop d’énergie dans les coup de pied et les fajing, mais je peux m’entraîner à peu près normalement. Cette semaine, Lao Wu a fait tout un cours surtout théorique (en anglais pour moi, ouf) sur le fangsong / relax des articulations et sur comment c’est l’esprit qui doit par exemple contrôler les épaules et les coudes pour qu’ils se relâchent et que la force aille dans les mains uniquement. Il a expliqué que quand on connaît la partie « externe » = on fait les mouvements pas trop trop mal, ce n’est que le début. Ensuite, il faut travailler la partie interne. Car on le sait, le taichi c’est un art martial interne, et franchement, c’est là que ça se corse davantage et qu’interviennent l’esprit, le coeur, et le qi (l’énergie). C’est super intéressant et carrément plus simple en théorie qu’en pratique. Maintenant j’ai vraiment mal partout, y compris à la tête ahahah. Bref, à mon retour ici en novembre, il y aura encore beaucoup de boulot.
 
 
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A propos émilie

En juillet 2014, je pars en congé sabbatique pour apprendre le taichi en Chine et voyager en Asie et depuis, j'écris ce blog pour donner des nouvelles à ceux que ça intéresse : la famille, les amis, les collègues...
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