Il y a un an : dernières semaines en Chine – vélo, taichi et raviolis

Toutes les photos sont en ligne sur Flickr.

Après le départ de mes pax Adeo et une session piscine à Taipei, c’est à mon tour de quitter Formose et de « rentrer » une dernière fois en Chine. Direction l’école de Master Fu, bien sûr, mais avec deux arrêts logistiques à Shanghai. A Shanghai, on se croirait presque en Italie : pizza, fromages, glaces : que du bonheur. A la fromagerie, je me suis sentie un peu bête pendant un instant, ne sachant pas trop en quelle langue parler au vendeur : chinois, anglais ou italien ? Les quelques mots en italien ont eu du mal à sortir, mais c’était suffisant pour faire mes petites courses, parmi lesquelles du gorgonzola à tomber par terre. Se préparer au retour, c’est aussi se réhabituer progressivement à manger certains aliments ! Un arrêt à Shanghai, c’est toujours l’occasion de revoir Béatrice, que je n’avais pas revue depuis début novembre. Cette fois-ci ce sera pour un déjeuner près de son travail dans un truc bio écolo veggie. Mais aussi pour un peu de logistique : lui acheter un billet pour un spectacle près de chez elle là où les horaires d’ouverture n’excèdent pas ses horaires de travail. En ce qui me concerne, la logistique consiste à laisser un bagage chez Béatrice ! Comme elle avait déjà de la visite à ce moment là, j’allais loger chez Phounkeo (rencontrée lors de ma toute première fois chez Master Fu en 2013) et son copain Benito, qui sont adorables et vivent en Chine depuis des années. En cherchant leur appartement, dans un vieil immeuble, je dois traverser toutes les cuisines sur le palier dans le couloir. Ambiance typique assurée hihihi. Ils ont été super sympas de me laisser leur appart trop mignon (ça adoucit la transition après Taïwan) puiqu’ils partent en vacances à Hainan quelques heures plus tard.

Après une nuit sur place, je m’envole déjà pour Guilin afin de faire une nouvelle fois trois bonnes semaines de taichi avant le vol de vrai retour le 19 avril. Le vol arrive à l’heure et, chargée de mon bagage à mains uniquement, je cours au guichet des cars (normalement j’ai deux heures de battement pour avoir le dernier car pour Yangshuo, mais on ne sait jamais, les horaires ont peut-être changé depuis le temps et je ne veux pas avoir à faire aux chauffeurs de taxis qui m’avaient énervée la première fois). C’est là que j’entends quelqu’un qui m’appelle « Emilie ! Emilie ! » : en phonétique ça donne « ail mey li » et en chinois 爱 美丽 comme « amour beauté », je me demande si c’est moi que l’on appelle mais après tout le temps passé ici, je reconnais bien mon joli prénom. Il faut dire que je ne passe pas inaperçue au milieu de tous les chinois mais ça me donne l’impression d’avoir une petite notoriété dans le coin !

Qui est-ce ? C’est Sisi, la spécialiste des saucissons, amie et élève de Master Fu qui habite à Guilin et s’occupe d’adoptions d’enfant chinois !!! Elle est à l’aéroport pour attendre un couple d’Américains et leur fille de dix-sept ans, qui revient pour la première fois dans son pays natal après l’avoir quitté lorsqu’elle était bébé. J’achète mon billet, et comme le vol des américains est en retard et que le car est dans plus de deux heures, je suis bien contente d’avoir la compagnie familière et très sympa de Sisi. Une photo et quelques messages envoyés à Master Fu sur Wechat plus tard, les plans ont changé : je me fais rembourser le billet de car, Sisi et la famille me déposeront à la sortie de l’autoroute où Master Fu himself vient me chercher, accompagné de A Wei. Le bonheur de se retrouver après plus de deux mois est réciproque. Quelques dizaines de kilomètres en voiture leur évitent de devoir m’accueillir tardivement un peu après minuit. Voilà comment je suis arrivée à l’école de taichi deux heures plus tôt que prévu. Superbe accueil !

Et c’est reparti pour quelques semaines d’entraînement... avec focus sur le 74. On me dit qu’apprendre l’épée pourrait m’aider à allonger les mouvements. Mais je n’ai aucune idée de quand je serai de nouveau ici (certains parient sur le mois d’août…) alors il faut que je puisse travailler le 74 le mieux possible. Après deux mois sans professeur, j’ai grand besoin d’un rafraîchissement et cette dernière fois, il faudra vraiment que je pratique beaucoup, au mieux, et que je mémorise (et note) un maximums d’erreurs courantes et de détails. Impasse sur Lao Jia Er Lu, sabre et épée donc. Je pensais qu’en Chine on faisait beaucoup de bases mais je trouvais justement qu’on n’en faisait pas assez alors j’ai demandé ! Ji Ben Gong, Lao Jia Yi Lu, Ji Ben Gong, Lao Jia Yi Lu, Ji Ben Gong, Lao Jia Yi Lu… Tel est mon programme de taichi pour mes trois semaines à venir. Avec aussi une petite heure de boxe tous les soirs avec Leon afin d’avoir une condition physique à peu près acceptable pour la reprise du kung fu en mai. Ça fait bizarre de préparer un retour, mais toutes les bonnes choses ont une fin.

Pour agrémenter cette routine, je fais la connaissance de merveilleuses nouvelles personnes comme Deng Hui, une amie de Sisi, Lao Lu, élève de Master Fu et pratiquant quotidien depuis plusieurs dizaines d’années, Zhang Zhang, jeune fille de Wuhan pleine d’entrain et de bonne humeur et Isabelle, une française qui a passé presque toute sa vie hors de France et vit désormais à Hong Kong. Et d’autres personnes de passage moins d’une semaine comme Audrey et Karine de Rêves et Sac à dos,  en vadrouille pendant deux ans et enfin deux jeunes norvégiennes hyper gentilles et un peu baba cool. Zhang Zhang est pleine d’initiatives et un soir on va se promener juste derrière l’école (la route que je n’avais encore jamais empruntée) et je découvre la présence de la salle de badmington. Un autre après-midi, on ira déjeuner chez ses potes et voir des chiots, trop mignons.

Mais n’oublions pas mes amis habituels qui auront marqué mes nombreux séjours à l’école depuis l’été et que je remercie du fond du cœur (même s’ils ne liront jamais ces lignes, c’est ça aussi la barrière de la langue – je leur faire passer le message et quelques photos sur Wechat) : Master Fu, sa copine Hui Hui, les profs Lao Wu, A Wei (Moyu était parti passer son permis), Lao Zhang le cuisinier, Viktoriya, Xiao Zhang aka Leon, Chen Xiansheng le professeur de badminton à la Mercedes (que je commence à peine à comprendre quand il parle) et Bai Yun la jeune maman, et son bébé qui est en train de me dépasser en termes de vocabulaire et qui a été un super compagnon d’apprentissage du chinois et de rigolades. J’adorais quand il m’appelait A Yi. Tous vont me manquer.

En effet, ce dernier séjour, comme les précédents, est agrémenté d’excellents moments dans cette belle région où je commence à avoir mes petites habitudes et où refaire les mêmes choses est un bon moyen de boucler la boucle. Et je laisse des choses à faire dans le coin exprès (comme le célèbre spectacle sons et lumières) car je sais que j’y reviendrai un jour.

A l’école, on a fait deux fois des jiaozi, c’est toujours aussi convivial et bon !

Je suis retournée à la plantation de thé à vélo, avec Leon cette fois-ci. Je voulais aller au célèbre point de vue d’où sont prises des photos de cartes postales de la rivière mais on n’a jamais vraiment bien compris où c’était et comment y aller. Ahahah encore une bonne occasion de revenir – enfin on n’a pas non plus cherché très longtemps puisque la plantation de thé c’est très bien aussi, et j’allais en profiter pour faire du shopping de thé dit bio. Il ne faisait pas aussi chaud que la dernière fois avec David mais suffisamment pour transpirer un max à la montée, heureusement qu’on avait acheté nos grosses bouteilles d’eau au bord de la route en partant !

Un autre jour, Isabelle est venue avec Leon et moi pour faire la balade à vélo : dans la campagne de l’autre côté cette fois-ci. La météo était idéale et quel bonheur de terminer la promenade par une délicieuse glace !!

Cette fois le centre de massage était fermé pour travaux et je n’en ai pas testé un autre de peur d’être déçue (=qu’ils n’appuient pas assez fort). Mais j’ai fait un autre truc qu’on trouve maintenant presque partout mais surtout en Chine : sur une bonne idée d’Isabelle, après un peu de shopping en ville (je voulais trouver un petit cadeau pour l’anniversaire de Leon), on s’est arrêtées faire une fish pedicure. Je n’en avais jamais faite à proprement parler, à part une fois en Inde à l’état sauvage dans un bassin où les petits poissons ne mangeaient pas que les peaux des pieds puisqu’on pouvait s’y immerger complètement et se baigner dedans : ça chatouillait bien partout ! A Yangshuo, les boutiques avec rangées d’aquariums sont nombreuses et c’est presque étonnant que je n’y soit pas allée avant. Je choisis l’aquarium avec les gros poissons car ils paraît que c’est plus efficace et que ça chatouille plus, ce sera donc plus rigolo. En effet, c’était marrant, et j’étais bien contente que le poisson mort se trouve dans un des aquariums voisins (pas celui d’Isabelle non plus, ouf), la dame l’a attrapé avec une épuisette avant de le mettre dans la poubelle. Au delà du drame du poisson mort et des chatouilles, la fish pédicure serait réputée pour avoir plein de vertus. On y croit, ou pas.

Lors de ce séjour, je suis allée pas mal de fois en ville : pour acheter des trucs, et même juste pour voir tous les touristes, les kitcheries, et les bars et resto de karaokés animés le soir. Une folle ambiance.

Comme je pense beaucoup à ce fameux retour et que j’ai droit à 2×20 kg de bagages en soute avec Aeroflot, je me dis qu’il faut que je ramène des trucs, et des trucs utiles. Après dix ans de bons et loyaux services, ma machine à faire du lait de soja (ou d’amandes, etc.) achetée dans une foire du bio m’a lâchée quelques mois avant mon départ (comme le grille pain, elle faisait disjoncter tout l’appartement quand elle chauffait un peu trop). Je décide d’en acheter une nouvelle. Où ça ? Sur taobao évidemment. J’en parle donc à Hui Hui qui s’avère être tout autant spécialiste des machines à lait que du site de vente en ligne. C’est parfait car étant donné le nombre de modèles, je ne sais pas trop lequel choisir… Elle me conseille de prendre la Rolls de l’électroménager chinois : une Joyung petit modèle qui a en outre plein de fonctions comme le thé, la soupe, ou, très important pour je n’oublie pas le bon goût de mes petits-déjeuners ici : la bouillie de riz. La fonction nettoyage automatique finit de me convaincre. En revanche, ce modèle n’existe pas en rose, je vais donc prendre le vert, qui sera assorti à mon cuiseur de riz rapporté d’Indonésie quelques années auparavant. Je souhaite avoir quelques jours de réflexion avant de commander ce lourd objet et ai quand même besoin de peser mon bazar car j’ai déjà une quinzaine de kilos à récupérer à Shanghai. Hui Hui rentre une semaine chez elle. C’est donc Leon qui se colle à ma commande et fait livrer l’objet chez lui. Quelques jours plus tard, on part le récupérer à l’autre bout de la ville (aller à pieds et retour en mini bus ouvert qui resemble à une rosalie à moteur) et on se pointe trop en retard au cour de l’après-midi. En effet, Leon habite à l’école car l’appartement où Sazaki et lui habiteront quand il sera terminé est encore en travaux. Il est situé à l’autre bout de la ville dans une grande résidence à la chinoise. C’est juste immense : la résidence se compose de dizaines de gros bâtiments et l’appartement fait environ 150 mètres carrés avec presque autant en sous-sol, rien que la salle de bain avec son sauna en annexe et son jardin intérieur doit faire la taille de mon appartement ahahah. Leon me fait le tour du propriétaire et la déco promet d’être de plutôt bon goût pour nous occidentaux (comparé aux standards chinois) et même très chouette et quand j’apprends que le prix au mètre carré est à peu près le même qu’à Paris, mais en RMB plutôt qu’en Euros, ça fait encore plus envie. Et la piscine aussi fait envie : elle est commune à la résidence et il y a des transats autour. Vu la passion des chinois pour les sports aquatiques et l’exposition au soleil, le taux de fréquentation est insignifiant = il n’y a jamais personne dedans. J’en déduis avec une certaine tristesse que le chinois doit être fier d’habiter dans une résidence avec piscine (signe de réussite sociale ?) même s’il n’y va jamais et/ou que ça fait classe de construire des piscines pour rien. Bref… Je suis ravie d’essayer la machine le soir même et de tester les recettes les jours suivants, avec l’aide et les conseils des locaux pour une bonne utilisation. C’est important. En effet, j’ai déjà du mal à comprendre les modes d’emploi en français ou en anglais, alors en chinois, mieux vaut oublier tout de suite. Le soja noir ou vert, c’est quand même pas dingue en lait : mieux vaut le mélanger avec du jaune… Un jour le bébé a joué avec les accessoires de la machine et tout le monde s’est mobilisé pour m’aider à tout retrouver aux quatre coins de l’école… ensuite, je ne la laissais plus traîner !

Finalement, la machine va se retrouver au milieu de mon bazar dans le sac, bien protégée par plein de vêtements de sport chinois achetés en taille XL, 2XL voire 3XL: je kiffe Anta, Erke, Qiaodan et Peak et n’aurais juste pas pu acheter du Nike, Adidas ou Under Armor. Le professeur de badminton à la Mercedes noire serait actionnaire de Peak (ou serait un des patrons de la boîte, je n’ai pas bien compris). Il me dit que la prochaine fois il me filera des trucs mais malheureusement je ne pense pas le revoir de si tôt… Car cette fois-ci, je m’en fais difficilement une raison, je ne serai pas de retour dans quelques semaines ou quelques mois…

Je finis de remplir l’énorme faux sac North Face acheté à Kathmandu avec des souvenirs alimentaires locaux (thé et sucreries, pas très original) et du matériel d’entraînement à l’écriture : pinceaux, tissus pour peindre à l’eau dessus, et quelques cahiers. Je me mets avec sur la balance et il fait presque la moitié de mon poids. Et inutile de dire que je n’ai pas l’entraînement des porteurs népalais pour ne pas me casser le dos. Oups. Heureusement que Leon m’a très gentiment proposé de me conduire à la gare de Guilin Bei (pour m’éviter les galères de l’autre fois avec le car qui va à Gulin Nan). En effet, Leon s’était ouvert le front lors d’une chute (ce n’est pas moi qui lui ai mis un pain dans la face) et doit aller se faire enlever les points de suture à un hôpital près de la gare. Quand le moment du départ est arrivé, après avoir mangé quelques délicieuses crêpes de Lao Zhang pour accompagner mon dernier bol de bouillie de riz, je descends les deux étages avec mon gros sac. Arrivée dans le hall, je me dis que je ne vais jamais réussir à monter avec sur l’échelle de la couchette pour le mettre à plus de deux mètres de haut sur le rack à bagages. Mais je réalise que comme il n’y avait plus de places en haut, j’ai une couchette en bas, il pourra donc rester par terre, ouf. Le métro et la marche à Shanghaï promettent d’être sportifs !

Alors qu’on s’apprête à charger ce monstrueux bagage dans le coffre de la X5 de Leon (oui oui, rien que ça…), A Wei, qui encore une fois semble avoir compris ma peine s’écrie « deng yi xia ! deng yi xia » avant de revenir avec… un diable bien fragile par rapport à mon sac : espérons qu’il tiendra le coup pour son objectif en aller simple : Yangshuo -> Guilin -> Shanghai -> Shanghai Pudong. Pour la fin de l’histoire, il était tellement pratique qu’il est passé par Moscou (dans le sac) avant d’arriver à Genève Cointrin puis à Thonon-les-Bains, et finira même à Paris (voir le prochain épisode).

Bref, il s’agit ensuite de comprendre comment attacher le gros sac sur le petit diable équipé de deux roues, d’un manche télescopique, de rabats sur les côtés et de grosses sangles à élastiques. En gros, c’est un diable en kit. Livré sans le mode d’emploi. On est cinq à se pencher sur l’objet et son montage. La réussite n’est pas au rendez-vous avant que Chen Xiansheng ne vienne mettre fin au problème (clairement, on mettait les trucs à l’envers sans nous en rendre compte : on avait essayé tous les sens sauf celui qui après coup nous paraissait tellement évident) et par la même occasion me dire au revoir. Cela se traduit, comme d’habitude, par la photo de groupe avec les gens qui restent.

Et c’est parti en commençant par un petit tour de X5 : après ceux de Taïwan, j’admire les cerisiers du Guangxi en fleurs, on fait une pause à un garage au bout d’à peine dix minutes car un voyant est allumé. Rien de grave et nous repartons une petite demi-heure plus tard. La traversée de Guilin est plus agréable à bord d’un X5 qu’à l’arrière d’une moto taxi folle en plein hiver. On a le temps de s’arrêter déjeuner à la grande cantine à côté de la gare et j’achète quelques biscuits pour la route. Le diable tient le coup bien que l’installation ait failli se détruire lors d’un passage de trottoir. Leon m’accompagne jusqu’au point de contrôle et de sécurité d’entrée de la gare et est juste super triste que je m’en aille. Moi aussi, mais toutes les bonnes choses ont une fin.

Cette fois, j’ai carrément le temps de profiter de la salle d’embarquement dans la gare (les gares en Chine sont bien mieux organisées qu’en France) : j’attaque les sucreries, fais le plein d’eau chaude et passe quelques coups de fil. Il est temps de monter à bord. Plus qu’une bonne vingtaine d’heures de train avant Shanghai, autant dormir dans le train car le lendemain dans l’avion, ce sera une autre paire de manches. Ce n’est que le début du long retour.

A mon arrivée, je galère un peu avec mon gros bagage sur diable fragile dans la correspondance du métro et à la sortie vers chez Béatrice, qui est en travaux depuis des mois… Une fois le bagage posé, je reste toute cradasse car on enfourche vite nos vélos pour aller déjeuner dans un endroit très chouette et branché que Béatrice avait envie de me faire découvrir. On part ensuite à la découverte d’un nouveau quartier, pour moi : le long de la rivière à Xuhui avec tout d’abord la visite du musée Yuz puis une promenade sur les quais : c’est grand, moderne et bien aménagé, un peu comme le bord de mer à Shenzhen.

Avant de rentrer, j’achète mes derniers baozi aux haricots rouges au stand d’en bas de chez Béatrice et ils me font un excellent dîner. Ensuite, douche (enfin !), réorganisation des sacs pour qu’ils fassent une petite vingtaine de kilos chacun et on va au coin de la rue essayer de choper un taxi pour m’emmener… au car qui va à l’aéroport de Pudong. J’ai trop de bagages pour le métro et plus assez de sous pour payer la course jusqu’à l’aéroport et essaie de l’expliquer poliment au chauffeur. Il ne semble pas savoir où se trouve cet arrêt et voudrait bien m’emmener jusqu’à Pudong. Je me retrouve donc à devoir le guider zheli you zhuan, zai xiage lukou zuo zhuan, qing ting che zai zheli ba. Je veux mettre mes bagages dans le coffre du car, mais le conducteur me fait signe de monter avec : pfffff, je m’arrête au premier rang et essaie de les libérer l’allée centrale, ce qui est totalement inutile puisque je suis toute seule dans le car d’une cinquantaine de places, direct pour l’aéroport !!!

Jamais chariot d’aéroport de n’a été aussi utile et je me sens bien légère après avoir enregistré mes deux gros sacs. Autant j’étais au bord des larmes et m’étais fait un petit coup de stress en partant, autant maintenant qu’il faut rentrer, je me sens déjà nostalgique de tout ce que j’ai pu faire au cours de ce merveilleux long congé. J’ai malgré tout vu pas mal d’aéroports mais étais contente d’être restée dans la zone, sans gros décalage horaire, avec pour plus long vol un Guangzhou-Jakarta. Les deux vols Aeroflot se passent bien et le transit à Moscou était un peu long et dans le coin pourri de l’aéroport par lequel je suis déjà passée presque 10 mois plus tôt. En fin de matinée, j’arrive pas très fraîche à Genève où il faut mettre un pièce pour avoir un chariot à bagages : bienvenu en Suisse ! (mais les transferts en bus ou en train y sont gratuits). Heureusement que mon ami Iain me récupère juste à la sortie et m’aide à tout mettre dans le coffre de sa voiture ! Fouler à nouveau le sol européen procure la double sensation du « home sweet home » et de la page qui se tourne. Une page se tourne mais le récit n’est pas fini : il y aura encore l’épisode du retour, et je vais tenter de l’écrire sans dépasser l’année de retard, gros challenge… 

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<3 Taïwan

Enfin !!!! Je suis rentrée depuis plus d’un mois mais j’ai encore des trucs à raconter.

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C’était en Indonésie, lors d’une connexion à internet exceptionnelle aux îles Togeans que j’avais eu la confirmation de mon groupe à accompagner : trois personnes déjà inscites. Mais il allait sans doute y en avoir plus, et effectivement, au final nous étions six. Sans internet sur la petite île de Kadidiri, je pouvais difficilement commencer à préparer le voyage. Mais j’ai eu de la chance : mes voisins de bungalow, Anita et Valera, avaient tous les Lonely Planet en PDF. J’allais pouvoir commencer la lecture dans mon hamac. A Sumatra, je finis de préparer le voyage (réservation d’hôtels, de billets de train, Skype, etc.) et de Bangkok, je m’envole pour Taipei le 4 mars. J’aurais bien aimé prendre la compagnie nationale Eva Air, 100% Hello Kitty, mais je vais repasser par Hong Kong et arrive tard le soir. Le lendemain, je passe la journée à l’aéroport pour récupérer mon groupe : cinq personnes arrivent par trois avions différents. Et le bagage de Gérard n’arrivera que le lendemain par encore un autre avion…

Nous allons passer un peu moins de trois semaines ensemble et faire le tour de cette belle île comme son ancien nom, Formose, l’indique. Nous commençons par Taipei, ses temples, ses marchés de nuit, sa grande tour, ses boutiques (mission numéro un : aller acheter un Lonely Planet pour Marie-France, qui s’est pourtant inscrite au voyage plus d’un an à l’avance), son Carrefour, mais aussi ses environs. J’ai particulièrement aimé notre excursion à Wulai, fief aborigène, mais Wulai ce n’est pas Siberut pour autant ! En effet, s’il y a des aborigènes à Taïwan, l’ensemble des tribus représente moins de deux pour cent de la population. La tribu des environs de Wulai est la tribu des Atayals et le musée nous en apprend pas mal sur leur histoire et leurs coutumes. De Wulai, nous partons faire une promenade à la forêt de Neidong qui est à quelques kilomètres. Notre chauffeur parle un français impeccable avec un accent belge : normal, il a vécu a proximité de chez Martine, la citoyenne belge du groupe ! La balade est l’occasion de marcher en bord de rivière, et d’y voir cascades et oiseaux. L’après-midi, certains prennent le téléphérique au-dessus de la cascade et j’en emmène d’autres faire une promenade de l’autre côté du village jusqu’à un cimetière qui surplombe la vallée. Les tombes sont immenses, avec des terrasses (parfois table, chaises en pierre et barbecue) avec vue sur la vallée et nous remarquons celle du Jim Morrison local, tombe décorée de guitare, de photos de l’artiste, de bouteilles d’alcools et de mégots de cigarettes. Mais Wulai, ce sont aussi des sources d’eau chaude : de nombreux hôtels proposent des locations de chambres à l’heure pour profiter de la baignoire, souvent avec vue. Avec Martine et Philippe, également motivés pour aller se baigner, nous préférons l’option plein air au bord de la rivière au milieu des locaux. Après le plein de chaleur, on peut aller faire un petit plongeon pour se rafraîchir (l’amplitude thermique n’est pas celle d’un sauna en Suède en plein hiver, mais quand même!) et on retourne se mettre un peu au chaud avant de boire beaucoup d’eau et de prendre le bus pour rentrer.

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Nous avons aussi fait une excursion au nord de l’île pour voir les formations rocheuses de Yeliu, sous la pluie et au milieu de tous les touristes.

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Puis nous prenons deux bus pour rejoindre le village de Jiufen. Jiufen est réputé pour sa grande rue et vendeurs de street food (je me régale d’une soupe de gros morceaux de pâtes au taro, haricots rouges, etc. légèrement sucrée) et pour avoir été le lieu de tournage de A city of sadness  de Hou Hsiao-hsien datant de 1989. Nous terminons la journée sans la pluie dans les collines à Jialeshui avec son ancienne mine et ses cerisiers en fleurs.

Après quelques jours avec une météo mitigée, nous prenons le train pour la ville côtière de Hualien. A Taïwan, le train, c’est bien : il y en a tout le temps, ils sont à l’heure et on a beaucoup de place pour les jambes. On peut facilement commander les billets par internet et, si besoin, les changer une fois sans frais. L’intéret de Hulien réside dans l’hôtel où nous allons séjourner deux nuits : il est tout mignon (euphémisme) avec un personnel qui ne parle pas un mot d’anglais mais qui est très très gentil. Le patron arrive même à me trouver un jeune chauffeur pour le lendemain, Tony, qui est au top et se débrouille en anglais. Car le véritable intérêt de Hualien, ce sont les gorges de Taroko situées à proximité. Au programme (plus ou moins sous la pluie) : un arrêt photo vers les falaises de Qingshui, des petites marches, des arrêts photos, des tunnels, des cascades…

L’étape suivante est le sud de l’île : Kenting. Les quelques jours de mauvais temps commencent à me plomber le moral et j’ai attrappé un rhume. Mon groupe arrive de France et de Belgique donc pour eux, c’est forcément dans le bon sens mais moi je viens de passer près de deux mois en Indonésie et en Thaïlande (bam, nouveau choc thermique pas dans le bon sens). Heureusement que le sud va tenir toutes ses promesses : du soleil, du soleil et encore du soleil. Il ne fait pas quarante degrés mais c’est agréable quand même.

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L’idéal pour circuler, c’est le petit scooter : heureusement que j’avais appris à conduire ça quelques semaines auparavant en Indonésie ! On peut y faire des chouettes promenades en bord de mer et à pieds dans les parcs sur les hauteurs (on a vraiment vu les daims) mais aussi se baigner. Si j’y étais en vacances, j’y serais bien restée quelques jours de plus pour y faire du surf et de la plongée mais visiter l’acquarium, c’était déjà top : ça m’a rappelé mes bons souvenirs d’Indonésie. Ce n’était pas forcément des vacances étant donné que j’étais au service de mon groupe, ou plutôt de Marie-France qui me demandait tout et n’importe quoi. Le soir, Marie-France mangeait son porridge de Carrefour dans sa chambre et j’allais dîner avec Florence, Martine et Philippe qui sont hyper sympatiques : pizza gin tonic, grosse fête. La dernière personne du groupe, c’est Gérard, qui est tellement autonome que je l’oublierai presque, mais très sympa aussi.

Le temps plus clément va nous accompagner pour la suite du voyage, à commencer par Kaohsiung et le monastère de Foguangshan. Foguangshan n’est pas uniquement un monastère mais un véritable complexe bouddhique, autrement dit, le Disney Land du bouddhisme, avec parade et boutiques souvenir.

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J’ai failli m’y faire embrigader pour y faire une retraite de plusieurs mois et étudier le bouddhisme mais à un mois du retour, ça ne me semblait pas très sérieux. Foguangshan, c’est immence et hyperaseptisé (rien n’a voir avec les monastères au Tibet) mais ça vaut le détour. Le côté religieux de Taïwan, et notamment le culte des ancêtres, est vraiment très présent sur toute l’île : il y a des temples à tous les coins de rue (un peu comme les 7 Eleven) où les croyants brûlent de l’encens, déposent des fleurs, prient en jetant des morceaux de bois par terre… Le passage au temple semble faire partie du mode de vie et s’intègre au quotidien. En redescendant de Foguangshan, on va voir un petit feu d’artifice en ville à Kaohsiung pour célébrer la fin de la fête des lanternes. Les lanternes, on en a vues un peu partout au cours de notre séjour : de toutes les tailles, de toutes les formes, de toutes les couleurs, et même des lanternes animées, waouh.

En remontant le long de la côte ouest, nous nous arrêtons à Tainan, deuxième ville du pays, où nous visitons beaucoup de temples (pour changer), et où je loue un vélo à l’auberge (super propre, stylée vintage meets Ikea) et retrouve une partie de mon groupe (et un autre grand groupe très enthousiaste) pour faire une sortie en bateau dans la mangrove. Le but était de voir les oiseaux. Nous verrons de loin en écoutant des explications au micro en chinois qui faisaient pas mal fuir les oiseaux.

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Après la partie urbaine, et toujours avec le beau temps, nous allons à l’une des attractions majeure de l’île, surtout quand les cerisiers sont en fleurs : Alishan. Nous avons la chance de prendre le célèbre petit train (car, sur les conseils d’Eric, l’accompagnateur précédent, je l’avais fait réserver dès mon arrivée à Taipei) qui nous y monte en traversant trois types de végétation. Comme c’était période de pointe à cause des cerisiers en fleur, en revanche, même bien à l’avance je n’avais pas pu réserver d’hôtel dans le parc où nous sommes donc allés sur une journée. Alishan a un côté très chinois au sens où dans le parc, tout est bien fléché et expliqué, avec parking de bus et circuits-type mais en dehors, il n’est pas évident de se déplacer dans les collines et plantations de thé. Heureusement, le patron du homestay où nous logions était venu nous chercher à l’arrivée du train à Fenqihu, après avoir eu un peu de temps pour déguster la spécialité locale (la célèbre lunch box) et pour faire une promenade en forêt au calme. Au parc d’Alishan, la forêt c’était très chouette mais moins calme, surtout quand on était dans la zone des cerisiers en fleur.

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On y a vu des vieux arbres géants mais le comble de la curiosité c’était quand on m’a demandé are you from Korea ? J’ai pris cela comme un compliment car en Asie, la plupart des gens adorent tout ce qui est coreén. Nous logions donc un peu loin du parc, au milieu des plantations de thé. Au mois de mars, c’était le début de la saison des lucioles et le propriétaire des lieux nous a emmené les voir et je n’en avais jamais vues autant. Il faut dire que la seule fois où j’en avais vu auparavant, c’était dans les environs de l’école de taichi à Yangshuo ! Le lendemain matin, c’est quartier libre / repos dans la nature, et j’en profite pour faire un peu de taichi sur une terrasse avec vue sur les théiers ! Nous prenons ensuite la route en minibus pour l’autre top site touristique de l’île : Sun Moon Lake, le lac du soleil et de la lune. En route, nous nous arrêtons dans une pizzeria perdue au milieu de nulle part, je trouve ça génial !

A Sun Moon Lake, autre lieu aborigène, on peut faire plein de choses sauf se baigner. J’ai fait le tour du lac à vélo avec arrêts pour voir les bords du lac, pour monter à une pagode en hauteur, pour déjeuner à un 7 Eleven et pour visiter un grand temple. C’était chouette, et notre dernière étape avant le retour à Taipei au cours duquel je me retrouve contrainte à abandonner la moitié de mon groupe car il manque deux places dans le bus direct. Avec Philippe, on va donc faire une petite correspondance pour rejoindre la capitale et en profiter une dernière fois en explorant de nouveaux quartiers et en fêtant la fin de voyage avec les gens sympas du groupe (gin tonic pizza, bis).

Je ne suis jamais allée au Japon mais Taïwan m’en a donné un avant-goût ! En effet les Japonais ont occupé Taïwan de 1895 à 1945 et y ont laissé des traces : les petites maisons en briques, les restaurants teppanyaki, le goût pour les sources d’eau chaude mais aussi (surtout?) les trucs kawai / trop mignons partout. Et ça j’adore ! Par exemple mon souvenir du 7 Eleven dont je vais vous raconter la petite histoire.

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A Taïwan, comme à Hong-Kong par exemple, il y a des convenience stores et notamment des 7 Eleven partout, litéralement à tous les coins de rue. C’est juste hyper pratique car on y trouve tout ce dont on peut avoir besoin au quotidien mais pas que : de la nourriture, des recharges de mobile, des parapluies, des distributeurs d’argent, des machines pour les billets de train, des machines pour se faire prendre en photo avec un fond kawai, etc. Dans mon groupe, Gérard était assez fan du 7 Eleven, mais globalement tout le monde y allait assez souvent. Lors de nos achats au 7 Eleven, on a des points sous forme d’autocollants tout mignons, les points se collent sur une fiche toute mignonne. Je ne suis pas du tout branchée points fidélités car ça pousse à la consommation, mais là je m’y intéresse un peu. On peut avoir jusqu’à quarante-huit points, et par tranche de huit points, on peut avoir un truc, je ne sais pas trop quoi ni comment. À la fin du séjour, les gens de mon groupe me filent leurs points pour que j’atteigne les vingt-quatre. Le dernier jour, on va demander ce que je peux avoir avec : visiblement ce sont des petits personnages de Line Friends. Nous changeons de 7 Eleven car dans le premier on n’arrive pas à se faire comprendre et ils ne veulent pas me donner le petit lapin blanc et rose, clairement le plus mignon de tous. Dans l’autre 7 Eleven, je comprends qu’avec huit points et un peu d’argent, je peux avoir un petit personnage mais que je ne peux pas le choisir (c’est le hasard qui fait le choix – voilà pourquoi ils ne voulaient pas me donner le lapin au 7 Eleven précedent) et qu’avec les quarante-huit, j’ai la série avec les six petits personnages, sans payer. Ici commence la négociation : impossible d’avoir le lapin avec vingt-quatre points (au lieu de huit) et un peu d’argent (il faudrait ouvrir les boîtes, ce qui est contraire au principe de hasard)… Comme il n’y a que le lapin qui m’intéresse vraiment, j’explique que je ne veux pas payer pour un avoir un autre et demande si je peux tenter ma chance de choix d’une boîte avec vingt-quatre points et sans payer. La jeune caissière accepte, j’ouvre une boîte, et quand j’en sors le lapin, elle avait l’air encore plus contente que moi : la magie du 7 Eleven.

Taïwan, j’ai adoré. En deux mots, et en schématisant à peine, c’est la Chine en mieux : l’air est pur, c’est propre et super bien organisé et la gastronomie est variée et réputée. Le Taïwanais est un chinois en mieux : il parle mandarin avec un accent compréhensible (voire anglais avec un peu de chance), il ne crache pas, il a un bon style et est super gentil. J’ai tellement adoré que dans l’avion du retour, quelque part entre Shanghai et Moscou en plein milieu de la nuit, je choisis de regarder un documentaire sur la tour Taipei 101 : c’est juste une prouesse technique que d’avoir réussi à construire une tour aussi haute sur une île où les ouragans et les tremblements de terre sont fréquents ! Pour y parvenir, les architectes se sont par exemple inspirés de la structure du bambou.

Mais avant cela, mes cinq pax sont rentrés chez eux par trois avions différents et j’ai profité de ma dernière matinée à Taipei pour aller… à la piscine.

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Le dernier soir, j’avais envisagé d’aller au concert d’un groupe indé que je trouvais pas mal (Macbeth) mais je me suis sentie un peu vieille et suis allée me coucher. Si j’étais sortie, je ne me serais peut-être pas levée le lendemain pour marcher sous la pluie et aller nager une heure avant d’aller prendre mon avion. Ça faisait une éternité que je n’étais pas allée à la piscine : depuis mon expédition à celle de Guilin puis celle bien plus facile d’accès à Singapour.

Ensuite, j’étais supposée me retrouver à 23h30 à l’aéroport de Guangzhou après une connexion à Shanghai, car mon billet était comme ça et qu’on ne pouvait pas le changer. Heureusement, j’arrive à enregistrer mon bagage jusqu’à Shanghai seulement et fais par la même occasion mon premier no show 100% prémédité 🙂

La suite (disponible bientôt), ce sera sur le dernier séjour en Chine (snif) !

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Trois jours à Bangkok

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Les photos sont sur Flickr.

Si vous avez suivi, au lieu de passer trois semaines en Thaïlande, je n’ai passé que trois jours à Bangkok et c’était super. J’y ai retrouvé ma copine de Thonon Virginie, à qui mes parents avaient donné quelques tablettes de mon chocolat suisse préféré. Si j’arrive à trouver du bon chocolat dans les grandes villes ou dans les grands aéroports, ce n’est jamais le crémant de la Migros ! J’avais réservé un super petit appart sur AirBNB qui était top : au calme avec une belle vue, des grands lits confortables avec des draps roses, tout était neuf et on avait surtout tous les services du condo : la piscine, la salle de sport dont je n’ai même pas eu le temps de profiter, la laverie, l’accueil pour la commande de taxis, etc.

Depuis mon départ de Paris, c’est à l’aéroport de Don Muang que je vois le plus grand nombre d’occidentaux ! Je fais la queue une heure pour avoir un taxi avec des français impatients qui ronchonnent juste derrière moi, et au milieu de tous les taxis verts et jaunes, le mien est rose fushia : le week-end commence bien. Le chauffeur ne capte pas un mot d’anglais mais je me retrouve à bon port et me précipite dans la piscine en attendant Virginie qui arrivera quelques heures plus tard.

À Bangkok, j’avais une mission « disque dur » et, le lendemain matin, nous nous rendons à un immense centre commercial de l’informatique à côté duquel la rue Montgallet ou Surcouf font pâle figure, c’est vraiment un mall de l’informatique sur tout plein d’étages. Comme on me dit que la récupération des données allait prendre trois jours et me coûter plus de cent euros (ferme, j’ai pourtant essayé de négocier), j’achète un nouveau disque à moindre coût et ne craque pas sur des merdouilles ou sur une nouvelle clé USB, ou un lecteur de cartes ou des cartes mémoires pour les photos et me contente d’un adaptateur pour Taïwan à quarante bahts.

Nous nous dirigeons ensuite vers l’un des plus grands marchés de la ville (Jatujak). Un bon gros marché pour touristes où on trouve tout et n’importe quoi à tous les prix. Après un déjeuner pas mauvais mais pas dingue non plus dans cet immense marché, on va voir les combats de boxe thaï qui sont diffusés en direct à la télévision sur Channel 7. On arrive un peu en retard et on va voir trois combats :

  • la fin de l’un, terminé au bout des cinq rounds,
  • le deuxième n’a pas duré longtemps car l’un des boxeurs a été grave K.O. en moins d’une minute,
  • le troisième a fini par abandon à la fin du premier round.

Ce n’était pas très long mais suffisamment pour se rendre compte que ce n’est pas de la rigolade, et, si j’aurais pu y rester des heures, je ne suis pas sûre qu’il en aurait été de même pour Virginie, qui était cependant contente de voir de la boxe thaï en Thaïlande. Comme nous étions arrivées en retard, nous n’étions pas dans la tribunes de sièges pour étrangers mais debout au milieu des locaux ravis de nous faire une petite place. Comme pour la boxe khmère, les paris allaient bon train et le spectacle était autant autour de nous que sur le ring.

Après tout ça, je veux aller faire un massage au super endroit recommandé par PN ; mais il faut que j’attende vingt heures car c’est très fréquenté. Il s’agit d’un immence centre très classe sur plusieurs étages où seul le massage thaï de deux heures n’est pas cher (cinq cents bahts, soit environ quinze euros). Le massage thaï en Thaïlande est effectivement un peu plus fort que ceux que j’avais fait ailleurs mais moins que les massages chinois : j’ai juste souffert un peu à la fin quand la masseuse me « détentait » les épaules, ce qui était presque décevant ! Mais j’étais toute détendue et j’ai super bien dormi plus de dix heures d’affilé.

Par conséquent, le lendemain, nous ne sommes donc pas parties très tôt pour notre journée « visite de la ville ». On a fait un grand tour à pieds : les quartiers non touristiques autour du condo qui contrastent avec Wat Arun, puis Wat Pho que l’on a rejoint en bateau. Nous avons ensuite mangé quelques bons snacks dans un food court avant de traverser Chinatown (avec tous les bijoutiers qui vendent des chaînes en or – bling bling) et rentrer à pieds avec quelques kakis séchés qui venaient peut-être du Guangxi car ils étaient aussi bon et notre repas du soir : deux petits sachets de crudités préparées par une vieille dame au bord de la route, avec des sachets de sauce à part. Les crudités, ça me manque pas mal, et j’ai trouvé ça trop bon ! Et comme il y avait des mangoustans au marché à côté, on a aussi fait le plein ! Je crois que tous ces bons fruits vont me manquer au retour en France ! J’attendais beaucoup de la cuisine thaï et j’ai donc forcément été un peu déçue… quand on est végétarien, le choix est limité : j’ai mangé un très bon curry vert dans un petit resto du quartier, sinon ce n’est pas mauvais, mais pas dingue non plus… Mais j’ai enfin trouvé de la glace au lait de soja !! Bref, en fin de journée, après avoir traversé le pont vers le Shangri-La (qui a vraiment l’air pas mal avec sa piscine en bord de rivière), on a traversé un centre sportif en extérieur avec des gens qui couraient malgré la chaleur, des petites infrastructures comme en Chine, et… un ring de boxe, évidemment.

Après cette grosse journée de marche, mon dernier jour à Bangkok va être consacré à finaliser la préparation de mon voyage à Taïwan dans un transat au bord de la piscine et à faire la lessive. Et figurez-vous que j’ai eu le temps de nager qu’une heure pendant que la machine tournait ! Car le lendemain en fin de matinée, je m’envole pour Hong-Kong puis Taipei, où j’arrive le soir avant de retourner le lendemain récupérer mon groupe à l’aéroport : comme ils arrivent par des avions différents, ça me fait deux journées dans des aéroports, c’est beaucoup trop !

Taïwan, j’y suis déjà depuis plus de deux semaines et j’adore ! Les nouvelles détaillées quand je serai de retour à l’école de taichi et que j’aurai le temps de vous raconter tout ça.

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Le retour à Sumatra

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Pour plus d’images, c’est sur Flickr.

Après mes trois semaines de plongée, j’atterris à l’aéroport de Padang Minangkabau un mardi vers midi et je retrouve Hendri, le guide de mon groupe à Siberut en août 2012. Hendri m’attend pour m’emmener au lac Maninjau en moto : ce n’est pas la porte à côté mais comme il m’avait dit qu’il allait pouvoir gérer mes bagages sur la moto, c’est la solution que j’ai choisie. Ici il fait chaud et on met le casque et je suis contente de retrouver la verdure et les rizières de Sumatra. On s’arrête assez tard pour déjeuner car j’avais mangé une tablette de chocolat et quelques gâteaux locaux en guise de petit-déjeuner à l’aéroport de Jakarta.

Quelques heures de route, une pause crevaison et quarante-quatre grands virages plus tard nous voilà au bord du lac Maninjau, où il fait déjà plus frais compte tenu de l’altitude et de la nuit qui arrive. Nous sommes allés au même endroit que là où j’étais avec mon groupe, chez Arlen où ils n’ont pas fait de rénovation et où ça commence à être bien défraîchi mais où le jus de sirsak est toujours aussi délicieux : c’est d’ailleurs cela que je commence par commander. Le lendemain matin, après une bonne séance de taichi sur la terrasse de mon bungalow, on se met à l’eau. En effet, Hendri veut que je lui apprenne à nager. En réalité, il sait nager (quelques mètres) et est juste paresseux : il suffirait qu’il s’entraîne un peu tous les jours pour améliorer technique et distance avant d’être gagné par l’essoufflement et la fatigue. Mes quelques conseils lui sont sans doute utiles mais ce dont il a le plus besoin c’est de la pratique. Au bout de trente minutes, la leçon est terminée et je pars nager une heure trente, le temps de faire le tour de la petite île qui ne m’avait pas semblée si loin la dernière fois : un pêcheur s’est approché de moi en bateau pour me demander si je voulais qu’il me ramène. Mais tout allait bien à part les poissons morts qui flottaient à un endroit, ce qui m’a fait un peu paniquer, et regretter les îles Togean : le lac Maninjau, c’est bien, mais ça n’a rien a voir avec la mer.

Après une douche et le déjeuner, nous nous mettons en route vers Bukittinggi, où je comptais rester quelques jours avant d’aller en Thaïlande. Là je revois les visages familiers de André, l’assistant d’Hendri à Siberut avec nous, Paman, qui nous avait emmenés à la vallée d’Harau, et Roni, le patron de l’agence qui m’a recommandé de ne pas aller trois semaines en Thaïlande et, à la place, de rester avec eux et prendre des cours de pencak silat. Hendri fait venir son pote Adrian qui nous emmène tous chez Par Hadji Sofiane, le grande maître du coin. Dans le petit salon de son entrée, il y a toutes ses coupes et ses médailles ainsi que des photos de lui à Paris où il s’est rendu à plusieurs reprises pour participer à La Nuit des Arts Martiaux à Bercy. J’en ressors hyper motivée pour suivre trois semaines de cours.

Mais avant, à Bukittinggi, j’ai aussi récupéré l’internet et par ma même occasion la possibilité de bosser mon accompagnement du mois de mars pour lequel à l’époque je n’avais que trois inscrits (depuis il y en a eu deux supplémentaires), ce à quoi je vais occuper la majeure partie de mon temps avant de commencer mon entraînement.

Prolonger mon séjour à Sumatra, et donc en Indonésie, veut dire devoir prolonger mon visa. Le sujet alimentait de nombreuses discussions de voyageurs à Sulawesi mais ne me concernait pas à l’époque. Finalement, il suffit de se rendre à l’imigration pour en faire la demande. L’imigration n’est pas juste un bureau pour renouveler le visa des touristes, c’est aussi là que se rendent tous les Indonésiens pour faire leur passeport. La première fois, j’y suis allée avec Hendri en moto : le bureau est dans la campagne à une bonne demi-heure de Bukittinggi. On me demande pourquoi je souhaite renouveler mon visa et ma réponse have pencak silat classes semble surprendre les fonctionnaires. Ensuite, on me demande de remplir tout un tas de papiers et des photocopies qui se font à l’échoppe d’en face et une lettre de demande d’extension de visa à la main. Ça fait un bout de temps que je n’avais pas fait de lettre à la main ! Après vérification, on me dit que je peux revenir le lundi (pile le jour de l’expiration de mon visa) pour la suite. Hendri m’y conduit cette fois-ci en voiture, je paie l’extension, fournis la copie de mon billet d’avion de sortie, on prend ma photo et les empreintes de mes dix doigts, on discute et on me dit de revenir le lendemain (le temps de processer tout ça) pour récupérer mon passeport avec mon visa prolongé. Pour la dernière fois, c’est Paman qui m’y emmène en moto, je récupère donc mon passeport, rapporte au fonctionnaire une copie de mon visa prolongé (ils n’ont pas de photocopieuse, donc je retourne à l’échoppe en face…) et nous voilà repartis pour un petit tour en moto dans la campagne.

Avant de commencer mes cours de pencak silat, il me faut bien évidemment une tenue et Par Hadji Sofiane et Adrian indiquent à Hendri le tailleur du marché qui m’en fera une sur mesures en quelques jours : au moins, le pantalon et les manches ne devrait pas être trop courts ! Au marché j’en profite aussi pour faire copier ma robe de plage dans un tissu de sarong et acheter des petits gâteaux pour tout le monde = le personnel de l’hôtel et les guides qui sont tous très sympas avec moi et très disponibles car c’est la basse saison.

En basse saison, certains, et notamment André, consacrent pas mal de temps au stone business : en Indonésie, et à Sumatra en particulier, c’est la grande mode des pierres qui se montent ensuite sur de grosses bagues portées par les hommes : une c’est le minimum pour être tendance, mais cela peut aller à plus de dix (oui, oui, plusieurs à chaque doigt) chez les ultra-fashionistas de la bagouse. Cette mode récente date de quelques mois et commencerait déjà à s’affaiblir. Au marché, d’innombrables échoppes spécialisées se sont ouvertes et quasiment toute boutique a désormais son rayon pierres et/ou bagues. Et ça ne se limite pas au marché puisque tout le monde fait du stone business avec tout le monde : cela consiste à repérer une pierre brute à potentiel (couleur, clarté, dessins à l’intérieur…) qu’on achète à un bon prix puis essayer de la revendre plus cher ou de la faire couper en plusieurs morceaux et de les vendre séparément ou encore d’aller la faire tailler, de la polire pour la vendre prête à être montée.

Malgré le stone business, les guides ont pas mal de temps pour me sortir prendre les repas et dans les endroits alentours où je n’avais pas été avec mon groupe, par exemple Kotogadang, petit village où en plus de gens qui travaillent l’argent pour faire les bagues on peut y voir des chauves-souris géantes (plusieurs mètres d’envergure) en plein vol ou qui dorment dans les arbres. C’est dans la campagne à côté que j’ai conduit une moto pour la première fois de ma vie. Oui oui, j’aime bien me faire trimballer en scooter ou petite moto, je n’ai jamais essayé et ne m’étais donc jamais posé la question de savoir comment ça se passait. Paman a estimé que je devais apprendre à conduire et n’a pas peur de me laisser le guidon : c’est très marrant en fait. Je n’ai pas conduit en ville, mais sur des routes de montagne quand nous sommes retournés à l’endroit du café luwak, le fameux café caca. Vu que je ne bois plus de café, je me suis abstenue mais était contente de passer l’après-midi dans un endroit plus agréable que l’hôtel Orchid qui est quand même bruyant mais a une immense terrasse sur laquelle j’ai fait pas mal de taichi en début de séjour.

Avec mon groupe, nous n’étions pas à Bukittinggi les jours de spectacle de la culture minangkabau donc cela était sur ma to-do list et Paman m’y a emmenée. Ils font les représentations à partir d’une quinzaine de personnes dans le public et nous n’étions guère plus nombreux. Alors c’était très bien : de la musique, des dances et une démonstration de pencak silat. Parfois, c’était participatif, hum… j’ai vaincu ma timidité pour aller taper dans des tambours mais pas pour la danse ahaha.

La première semaine j’ai aussi géré mes petits soucis de carte bancaire : je n’aurais pas du dire du bien de ma banque car ils m’avaient bloqué ma carte !! Il savaient bien que j’étais à l’étranger étant donné que je les appelle pour faire mes achats par internet et que c’était le cas la veille du blocage ! J’avais alors à nouveau précisé que j’étais en Indonésie et que je n’avais plus mon téléphone français. Et étant donné l’activité réduite de mon compte bancaire, lorsque qu’on voit des achats sur le site de Lion Air et un retrait à Jakarta, il ne faut pas avoir fait polytechnique pour comprendre que c’est moi qui fais les transactions dans le pays et pas un escroc local ! Bref, ça a causé un peu d’énervement car je n’ai pas pu changer mes billets Air Asia à temps et ai dû en racheter des nouveaux, ce qui au final ne changeait pas grand chose, en fait. Quand la carte a remarché, le distributeur m’a donné un 3/4 de billet ahahah, je suis rentrée dans la banque et on me l’a changé ! Autre soucis administratif : j’ai disparu des fichiers d’EDF ! Pierre-Nicolas a eu quelques soucis dans mon appartement et n’a donc pas pu les faire intervenir. Après enquête, je n’ai plus accès à mon espace en ligne et ils ont arrêté tout prélèvement sur mon compte depuis trois ans. Quand j’avais disparu de la sécurité sociale, je cotisais sans bénéficier du service ; là c’est le contraire : je bénéficie du service sans rien payer depuis trois ans. Ce n’est quand même pas très bon signe, il va falloir ruser au retour !

Bukittinggi est une ville de montagne située à 1000 mètres d’altitude. Elle est entourée de deux volcans, Singalang et Merapi. Ce dernier est encore actif et l’une des attraction du coin et malheureusement je n’y suis pas encore allée cette fois-ci. L’effet de l’altitude se ressent sur les températures. Il ne fait plus au moins trente degrés et j’ai donc vraiment l’impression d’être en hiver. Par exemple, certains jours, je dors en jogging, sweat à capuche et doudoune (la couverture est vraiment trop crado… j’aurais peut-être dû aller m’en acheter une mais ce n’était pas non plus hyper nécessaire).

À Sumatra, j’ai eu ma première vraie maladie : un enfer qui a duré plus d’une semaine.

Le jeudi soir de ma première semaine de cours c’était l’anniversaire de Paman. Par conséquent après le pencak silat, j’ai pris une douche avant de retrouver une petite équipe (Roni, son épouse hollandaise et la sœur de Paman) au café pour dîner et boire une demi Bintang à ses trente-six ans. C’était bien sympa, à minuit j’étais couchée mais la nuit j’ai vomi et le matin aussi. J’ai logiquement mis cela sur le compte de la bière car je n’avais pas bu d’alcool depuis un verre de vin avec une pizza plus de deux mois avant à Singapour. Le problème c’est que malgré les Smecta dont j’étais contente d’enfin faire usage (on se réjouit comme on peut, et le Smecta, j’aime bien) mon état ne s’est pas amélioré et je me suis vue contrainte d’annuler mon dernier cours de la semaine et de passer un week-end pourri. J’étais clouée au lit : pour ne rien arranger, le wifi marche dans le lobby mais n’atteint pas ma chambre et, petite loi de murphy, mon disque dur externe (acheté juste avant de partir) a crashé et je ne peux donc même pas regarder / m’endormir devant tous les films ou les séries que j’ai encore à voir avant mon retour (ou pas). Il y a une télévison à tube cathodique de trente-six centimètres qui aurait pu faire mon bonheur si l’image ne ressemblait pas à une tempête de neige. C’est d’autant plus dommage qu’ils passent des films chinois en VO (sous-titrée – pas trop utile pour moi ici), IP Man par exemple. Ils diffusent aussi des séries (type sitcom) coréennes qui ont l’air formidables : sans rien comprendre, rien qu’avec la tête, le look et le jeux des acteurs, j’avais envie de regarder. J’étais trop épuisée pour lire et heureusement que le gros de mon boulot d’accompagnement était déjà fait ! Résultat : je n’ai RIEN fait pendant plus d’une semaine et ça m’a un peu énervée. Au bout de quatre jours, Paman m’a emmenée à l’hôpital de Bukittinggi où l’on m’a donné du paracétamol contre la fièvre, les douleurs et le mal de crâne et trois autres trucs pour mes crampes d’estomac étant donné que le spasfon ne faisait rien. Tout cela, consultation comprise, m’a coûté l’équivelent de quatre euros et n’a pas été très efficace et je me retrouvais toujours avec d’horribles crampes et à grelotter de froid quelques heures après chaque repas. Par conséquent, je ne voulais plus manger mais Paman insistait pour que je m’alimente histoire d’avoir des forces. Bref, au bout d’une semaine, une nuit, j’ai bien dormi pendant plus de quatre heures d’affilée et me suis réveillée trempée de sueur. Après ça a commencé à aller mieux (=je pouvais sortir de ma chambre) mais comme ce n’était pas terrible j’ai été voir la femme d’Adrian qui est médecin et m’a filé d’autres médicaments, et pas des génériques comme à l’hôpital.

Huit jours plus tard, je ne suis pas en pleine forme mais à nouveau mobile, et surtout je n’en peux plus de ma chambre d’hôtel, alors Paman m’emmène à la mer pour deux jours de convalescence avant de reprendre mon entraînement le dernier lundi. C’est toute une expédition, mais ça m’a fait un bien fou. On a d’abord pris une voiture partagée, puis un taxi, puis attendu quatre heures un bateau pour aller partir sur l’île juste après le coucher du soleil. Sur le bateau, Paman me dit qu’il n’y a plus de bungalow chez son pote et que ce sera camping au bord de la plage. Sur le coup ça m’a énervée un peu (je n’avais pas pris mes affaires pour camper!) mais finalement tout s’est bien passé. Au programme du week-end : beaucoup de repos, un peu de bateau, de la baignade, un peu de taichi, promenade en bord de mer et snorkelling : rien n’a voir avec la plongée à Sulawesi mais c’était chouette quand même. Pour le retour, on a pris le bateau avec les chinois du coin qui avaient squatté tous les bungalows, puis une voiture pour que j’arrive juste à temps pour mon entraînement de pencak silat le lundi soir !

Parenthèse sur le pencak silat. Il faudra que je mette quelques vidéos sur YouTube 🙂

La veille du début de mes cours, le dimanche matin, Hendri m’emmène voir l’entraînement des enfants en pencak silat et il y avait un petit qui était juste trop fort et trop mignon. Mes cours c’est de 19h30 à 22h tous les jours du lundi au vendredi, j’ai demandé à avoir un peu de repos le week-end. Avant de commencer, je suis stressée car je ne sais pas ce qui m’attend et rassurée qu’Hendri m’emmène (et par la même occasion assiste) à mon premier cours. Le grand-père d’Hendri était un grand maître de silat mais n’a jamais voulu lui enseigner ; Hendri avait ensuite envisagé à plusieurs reprise de s’y mettre sans jamais franchir le pas, un peu comme apprendre à nager visiblement. Maintenant il estime qu’il est trop vieux pour ça, ce qui à mon avis est une mauvaise excuse étant donné que je n’ai qu’un an de moins !

Mes cours commencent par quelques mouvements d’échauffement vite-fait, et j’ai déjà du mal à suivre Par Hadji sur quelques sortes de balayages de jambes au sol et sur le style du crocodile !

Ensuite Par Hadji m’apprend le salut qui n’est pas tout simple en soi. On fait une pause pour les présentations avec Deni et Bagu, ses deux fils, qui parlent un tout petit peu anglais et qui vont l’assister, surtout Deni qui sera là tous les jours et me dépose à mon hôtel en rentrant car c’est sur son chemin. Ça me rappelle mes cours de kung fu : un maître sympa comme tout et son fils qui adore tellement les super héros (surtout Spirderman) qu’il a un casque Marvel. Après le salut, comme si ça ne suffisait pas, on attaque les pas de base. Lorsque je suis ressortie de mon premier cours, j’ai cru que ma tête allait exploser et je savais que j’allais avoir très mal aux jambes le lendemain, ce qui s’est confirmé et a duré toute la semaine. J’avais pourtant briefé Adrian sur le fait que mes années de kung fu et mon entraînement en taichi en Chine étaient loin de faire de moi une athlète ou une experte et que j’étais plutôt lente à comprendre les choses (mais super motivée).

Le cours suivant, après l’échauffement, on voit un troisième truc avec sept pas, balabe : ça part dans tous les sens et je dois faire la même chose que Deni qui me fait face dans le coin opposé : et ça ce n’est pas comme copier quelqu’un qui fait la même chose dans le même sens juste devant. J’ai dû insister pour qu’ils me fassent travailler les pas avant d’ajouter les bras. S’ils introduisent un nouveau truc par cours, ça ne va pas du tout aller ! Heureusement, au troisième cours on révise tout ça. Et au quatrième ils m’apprennent une petite série d’enchaînements de blocages qui n’est pas hyper compliquée. Ce qui est intéressant dans les sept pas, c’est que c’est évolutif : ça se fait à deux, et une fois qu’on a compris le truc, on fait les pas de façon à se rapprocher de son adversaire. Ça ressemble à de la danse mais quand ça se fait avec des couteaux, alors là, plus du tout ! Le troisième jour, ils avaient déjà sorti les couteaux : rien de tel pour comprendre l’incroyable efficacité du pencak silat. Et la dernière semaine, on enchaîne salut, introduction, balabe et onze attaques / défenses au couteau. Et ils me montrent quelques nouveaux trucs, comme le style du crocodile, très proche du sol et épuisant !

Pour résumer, c’était intéressant mais en faire moins de deux semaines au lieu de trois c’était insuffisant pour avoir quelques bases solides. Et contrairement au taichi en Chine, c’était super cher : 300USD la semaine et non négociable. Normalement c’était le tarif pour un entraînement le matin et un l’après-midi… Adrian, le manager n’a pas voulu me faire de réduc car je n’avais qu’un entraînement par jour le soir… Certes j’avais des cours particuliers avec un maître top mais Adrian était parfois un peu énervant et quand, le dernier jour, il m’a demandé de payer mes cours pour la semaine où j’avais été malade, ça a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, je n’avais plus envie de voir sa tête et j’en ai même séché mon dernier cours pour aller dîner au café, en forme et à une heure décente en compagnie de quelques amis d’ici.

La gastronomie locale.

La dernière semaine à Bukittinggi est l’occasion de manger de la pizza puisque j’ai retrouvé de l’appétit : une au café qui n’est pas terrible et par conséquent le lendemain je vais chez Pizza Hut. Je préfère la pizza italienne à pâte fine mais je suis quand même bien contente d’avoir une pizza avec supplément fromage à me mettre sous la dent.

Lorsqu’on est végétarien en Indonésie, on peut manger du nasi goreng (riz frit) ou du mie goreng (nouilles frites) ou du mie rebus (soupe de nouilles) : la dernière fois j’avais mangé que ça et ce n’était pas terrible. Cette fois j’ai craqué sur des gado gado puisqu’il y a des légumes dedans (pas toujours cuits) et une délicieuse sauce épicée aux cacahuètes et j’en mangeais tous les jours… Ce n’est pas très bon pour la digestion alors la dernière semaine j’ai mangé local et pas mal de Padang food (comme la ville de Padang, là où il y a l’aéroport). Il s’agit de nombreux plats préparés à l’avance et épicés : surtout du poisson et de la viande mais parfois aussi des œufs, des légumes, du tofu ou du tempeh frit. Lorsqu’on va au restaurant, on nous met un peu de tout dans de petites assiettes sur la table et à la fin du repas, on paie ce que l’on a mangé. Mais j’adorais la version à emporter, ce que mangeaient souvent les employés de l’hôtel. Le riz et les plats choisis sont pliés dans une feuille de bananier doublée d’un papier. Les locaux mangent tout ça avec les mains je n’avais pas envie de faire comme en Inde et je mangeais avec la fourchette. Soit je deviens snob, soit la fourchette commençait à me manquer (cf. baguettes…). Mais sinon je faisais comme les locaux et buvais même l’eau pas en bouteille (mais qui a été bouillie) et ne me privais pas de jus, parfois avec des glaçons et j’ai même craqué sur un Magnum ! Et pas sûr que ce soit à cause de ça que j’ai été malade.

Le petit-déjeuner à l’hôtel Orchid n’était pas terrible : thé et sandwich de deux toasts avec un petit peu de confiture qui n’avait pas trop de goût entre. Quand je n’étais pas malade, assez souvent j’allais manger un bubur, un mélange de différents types de riz gluant (en pâte, en petite boules sucrées, en bouillie, noir) agrémenté de graines de soja, de gâteau gluant coco et de lait de coco. J’adore ça et ça cale bien !

Dans le sucré, la spécialité du coin c’est le martabak, et c’est bien dommage que ça ne se fasse pas pour le petit-déjeuner : la boutique n’ouvre que le soir. Il s’agit d’une énorme pancake fourrée à ce que l’on veut. J’ai toujours pris celles avec du chocolat qui coule et en plus par exemple, des cacahuètes, du maïs ou de la banane. Ce n’est pas commode à manger et on s’en met facilement partout mais c’est marrant, lourd et bon.

Avant de quitter Sumatra, étant donné que j’étais presque satisfaite de la robe de plage que j’ai faite copier (le tailleur m’a repris l’encolure qu’il n’avait pas fait assez large) et que j’ai déchiré mon petit pantalon de toile qui commençait à être usé (lors du week-end à la mer, je n’ai pas pris les escaliers mais ai fait un grand pas pour monter sur un truc, et crac), je suis allée trouver du tissu pour faire copier le pantalon ainsi que mon débardeur préféré qui lui aussi commence à être usé. Pantalon et top fleuri en total look, ça fait un peu chinois (oups). Je passe récupérer ça le dernier jour, ainsi que mon pantalon réparé et je suis super contente du résultat. Bukittinggi n’est pas le paradis du shopping et le besoin d’en faire un peu commençait à se faire sentir. J’ai aussi acheté une nouvelle pochette d’ordinateur en batik : c’était pas cher et pas vilain.

Et le samedi matin, réveil à quatre heures trente pour prendre la voiture collective de cinq heures pour l’aéroport / Padang : on est deux et on fait une pause « prière » de trente minutes à la mosquée, normal quoi. J’oublie ma bouteille de thé dans le taxi avant d’enchaîner mes deux vols pour Bangkok. À Kuala Lumpur, ils ont refait le terminal Air Asia : il est super et j’y ai mangé une pizza pas mauvaise chez Sama Sama (de rien en Indonésien, et sans doute en Malais aussi car ça ressemble).

Les nouvelles de mes trois jours à Bangkok arriveront dès que possible, car je suis déjà à Taïwan depuis mercredi dernier, et je suis pas mal occupée !!

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Emilie fait de la plongé, épisode 2 : fun dives @ Panorama

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Avec le changement de programme, c’est déjà le dernier épisode de la série plongée 😦

Les photos de la plongée en Indonésie sont en ligne sur Flickr. Christophe m’en a gentiment envoyé quelques-unes prises avec son iPhone équipé de la coque de plongée pour que je puisse partager un échantillon de fonds sous-marins. Au port de Gorontalo, nous (Anita, Valera et moi) partageons une voiture avec deux italiens et deux norvégiens pour nous rendre à Manado. On y arrive une bonne dizaine d’heures plus tard après un horrible trajet où j’étais au fond de la voiture et durant lequel le fait de regarder par les fenêtres me rendait malade : ils avaient collé une sorte de film plastique dessus qui troublait le paysage, et on ne pouvait pas ouvrir les vitres du fond. Autant dire que j’ai plus profité de la connexion 3G de mon téléphone que du paysage. A Manado, il y a des bouchons et on rate le ferry pour l’île de Bunaken à dix minutes près. La gentille dame du petit resort que j’avais appelée la veille ne répond pas au téléphone et bien évidemment quelqu’un nous saute dessus pour nous emmener ailleurs. Avant cela, il faut que je récupère du cash, les ATM ne marchent pas… heureusement le mec qui nous a trouvé un bateau m’emmène en scooter chez un chinois qui va me changer mes yuans dans une salle à l’arrière d’un magasin : sans doute un tripot de la mafia locale (ou pas). J’essaie de réviser mon mandarin keyi huan qian ma mais ça ne débride pas le monsieur au marcel relevé et à la cigarette au bec, qui reste muet et me tend un bon paquet de roupies, largement assez pour ma petite semaine de plongée à Bunaken.

Nous arrivons donc là où l’on s’est fait rabattre, chez Daniel, ce qui au premier abord ne nous avait pas semblé être un mauvais plan puisque recommandé par les quatre canadiens aux îles Togeans. Je suis épuisée mais la bonne nouvelle c’est que le wifi marche. La mauvaise c’est que j’entends la télé de mon bungalow, ainsi que les gens qui ne la regardent pas et parlent encore plus fort : je demande à changer de place et on me répond qu’ils coupent la télé à minuit. Après quasiment deux semaines où je m’endormais avec le bruit des vagues, je suis obligée de ressortir les boules quies. Le centre de plongée ne me paraît pas dingue et le lieu ne dégage pas beaucoup de convivialité. Le lendemain matin, j’envisage d’aller voir le Panorama ressort (allez regarder la galerie photo, c’est juste dingue) de l’autre côté de l’île, là où je comptais initialement aller étant donné que Christophe et Christine avaient trouvé ça « trop calme » lors de leur séjour de l’an dernier. Comme le temps est orageux avec quelques gouttes, je me mets à bosser sur la terrasse du petit bungalow (un peu pourri) puisqu’il y a du wifi. Malgré la pluie, je me fais déranger toutes les dix minutes par des dames qui veulent à tout prix me vendre des sarongs moches comme tout. Je profite d’une accalmie (de la pluie et du bazar ambiant : tout le monde est parti plonger) pour faire du taichi sur le terrain de pétanque. Après le déjeuner, je fais ma promenade digestive sur l’unique route de l’île en direction du Panorama. Entre temps, je sors mon portable du mode avion et vois que la gentille dame m’avait envoyé un gentil texto pour prendre des nouvelles. Après une bonne demi-heure de marche, j’atteins ce petit coin de paradis : je n’hésite pas très longtemps à faire demi-tour pour préparer mon sac à dos qu’un monsieur va venir chercher en moto.

Déménager a été la meilleure idée de la semaine à Bunaken. Mon bungalow au Panorama est tout mignon, les serviettes sont toutes douces (celle de chez Daniel me râpait la peau abîmée par le coup de soleil attrapé au retour de Una Una), il y avait un hamac (on y prend goût) et une magnifique vue (qui change de la vue sur le bungalow des voisins et sur la mangrove de l’endroit précédent). L’endroit était beaucoup moins « busy » et beaucoup plus convivial : j’avais des voisins cyclistes allemands discrets et gentils, de l’autre côté du resort il y avait deux autres allemands qui faisaient du snorkelling et au resort de luxe d’à côté, un couple d’Autrichiens, Kevin, mon camarade de plongée et sa copine Monika qui venait parfois faire un peu de snorkelling mais ne faisait pas grand chose d’autre que de fumer des clopes. Et rien n’aurait été pareil sans l’accueil chaleureux du personnel et des propriétaires des lieux : Esther et son mari Sven. Esther est indonésienne de Bunaken, et Sven allemand, ils ont deux adorables enfants et la famille d’Esther s’occupe du resort. Sven est prof de plongée mais en basse saison il était davantage occupé par la construction d’un nouveau bungalow pour lequel ils ont déjà des réservations pour février. La conséquence de cet entourage, c’est que j’ai pris l’accent allemand quand je parle anglais, à tel point qu’à Sumatra, on m’a demandé « are your German ?». Enfin, au Panorama, on y mange trop trop trop trop bien : j’ai rarement aussi bien mangé depuis le début de mon départ de France. C’est Esther et sa maman qui font la cuisine : tout est délicieux et adapté à mon végétarisme, avec parfois des soupes au tofu, parfois du tempeh (j’adore le tempeh et ce qui est génial en Indonésie c’est qu’il y en a quasi partout) et plein de légumes dont des aubergines. La corbeille de fruits (snakefruits, ramboutans et autres) en libre service fait aussi très plaisir. Le matin, Cindy, une employée adorable, me prépare un bon pancake à la banane et m’apporte parfois un morceau de gâteau l’après-midi. Ça fait d’autant plus plaisir de bien manger que la plongée ça creuse !!

Et la plongée, si vous avez raté l’épisode un, c’est génial. Kevin fait deux plongées tous les matins et je pars tous les jours avec lui et la très sympathique équipe locale. On a deux guides pour deux personnes, c’est du luxe. Comme je ne connais pas les spots, je ne suis pas contrariante et vais où ils veulent aller, et je ne suis pas déçue. Ici à Bunaken, lorsqu’on part pour deux plongées le matin, on ne rentre pas pour la pause, on la fait sur le bateau : de toute façon ils ont des ordinateurs de plongée qui calculent tout (temps hors de l’eau, profondeur, durée de la plongée). Contrairement aux îles Togeans, on reste moins longtemps à un vingtaine de mètres de profondeur car il y a énormément de choses à voir à moins de dix mètres, ce qui nous permet de se faire des bottom time de quatre-vingt minutes et ça, c’est trop bien, même si quand la profondeur est moindre c’est un peu plus chiant d’ajuster la flottaison et la pression des oreilles.

J’avais hésité à zapper Bunaken pour prolonger mon séjour aux îles Togeans mais ce qui m’a décidée à y aller quand même (hormis internet, lol) c’est la présence de tortues. Et j’en voyais presque à chaque fois : des tortues qui nagent et/ou des tortues qui dorment, avec souvent des gros poissons accrochés à leur carapace ! Comme j’adorais les tortues, les guides me faisaient le signe de la tortue à chaque fois qu’ils en repéraient une. J’ai pas mal amélioré mes connaissances des signes pour indiquer le type de faune aquatique visible : tortue, hypocampe pygmée, thon (on ouvre une boîte de conserve et on mange), crabe ourang-outang (on mime le singe puis le crabe !), mais aussi requin ! Sven m’avait dit qu’il était possible de voir des requins dans le coin et comme le dernier chapitre d’apprentissage de la plongée nous apprend que la plupart des requins sont d’adorables créatures, j’avais vraiment envie d’en voir. Le dernier jour, Kevin n’allait pas plonger car le lendemain Monika et lui prenaient l’avion pour Raja Ampat (de tout ce que j’en ai entendu parler, il faudra que j’y aille un jour… avant ça ne m’évoquait qu’une saison de Koh Lanta). Lors de la première plongée, je vois tous les petits poissons changer subitement de direction puis mon guide faire le signe du requin et me pointer du doigt les profondeurs de l’océan. Trop tard, le requin est hors de vue et je poursuis un peu déçue la plongée. Pour mon dernier jour, je voulais faire trois plongées pour la première fois : deux le matin et une après le déjeuner. Et j’ai bien fait car c’est lors de cette dernière plongée que j’ai vu mon premier requin ! Il était beaucoup plus effrayé que moi et je n’ai pas pu l’observer très longtemps. Lors de mes premières plongées, j’avais peur des raies, des poissons scorpions et surtout des anguilles qui en fait sont quasiment aveugles et n’ouvrent la bouche et montrent leur dents que pour essayer d’attraper un peu de plancton. J’adore voir les petits poissons se balader sans crainte dans la bouche ouverte de l’anguille qui cherche à avaler des trucs bien plus petits ; c’est rassurant et je réalise alors qu’elles ne vont pas m’attaquer ! Ma dernière plongée s’est déroulée dans un spot incroyable constitué de canyons mais aussi de grottes. Quand le guide m’a dit ça, j’ai flippé car ça a un côté angoissant, mais malgré cela, ou peut-être pour cette raison, c’était génial : dans les canyons, on peut voir la surface de l’eau est c’est un excellent exercice de précision. Dans les grottes, la lumière a du mal à pénétrer et mieux vaut être muni d’une torche si l’on veut y voir quelque chose, par exemple des coques électriques !!!

Dans les grottes, on trouve aussi des plastiques… tout comme à la surface de l’eau lorsqu’on termine certaines plongées et sur les petites plages qui sont nettoyées tous les jours. En effet, à Manado, ils balancent à la mer tous les détritus que les courants emmènent vers Bunaken. Les marques de produits de grande consommation ne pensent qu’à concquérir un marché en expansion sans se soucier du traitement des déchets qu’ils génèrent. Un peu comme en Inde, dans certains coins d’Indonésie, il n’y a aucune infrastructure pour leur recyclage ou leur destruction. D’où la présence regrettable de nombreux plastic fish.

Pour en revenir au merveilleux monde sous-marin, la toute première créature que j’ai vue lors de ma première plongée à Bunaken est un truc a priori hyper rare, d’autant plus rare qu’il faut réussir à le trouver : l’hypocampe pygmée. C’est tellement minuscule, que malgré le masque qui fait loupe, il faudrait une loupe en plus afin de l’observer dans ses moindres détails. Mais c’est trop mignon !!! En petites créatures, je découvre d’autres espèces de nudibranches, dont une noire avec une sorte de chou sur le dos ou des crabes qui ont des coraux qui leur ont poussé dessus et qui se fondent donc parfaitement dans le décor. Je vois aussi des grosses crevettes multicolores et de nombreux puffer fish (qui gonflent quand ils ont peur, mais je ne les effrayais pas !) et box fish. Les coraux sont un peu moins impressionnants qu’aux îles Togeans mais lors d’une plongée on pouvait slalomer entre des gros blocs de coraux entourés des sable en se laissant porter par le courant et c’était magique. Je crois qu’au fond, je préfère ce type de spots aux murs même si j’ai appris à apprécier ces derniers. Au delà de la faune et de la flore acquatique, ce que j’adore en plongée c’est cette sensation de légèreté et d’apesanteur et lorsqu’on longe des murs, les dizaines ou centaines de mètres d’eau en dessous de soi et le bleu foncé des profondeurs donnent le vertige mais c’est grisant. Je réalise que guide de plongée c’est le métier le plus cool du monde et que c’est bien dommage que ça ne ressorte jamais dans les suggestions d’orientation à l’école. Je préfère clairement passer du temps sous l’eau plutôt que dans un bureau mais il faudra bien retourner travailler un jour et pour me motiver, je me dis que j’essaierai de retrouver l’économiseur d’écran windows avec les poissons qui aura désormais un côté vintage.

Le dernier lundi je ne peux pas plonger car je prends des avions le jour suivant. Je serais bien restée un peu plus longtemps sur Bunaken mais le bateau public part à 8h30 et je n’ai pas trouvé de volontaires pour partager le coût d’un bateau à charteriser dans l’après-midi. Je suis la seule touriste sur le bateau public, entourée de bonbonnes d’eau potables à remplir, de locaux qui jouent aux cartes, d’une dame qui accompagne sans doute son mari malade à l’hopital. Je débarque au port de Manado et me dirige vers l’hôtel Celebes, qui a le double avantage d’être juste à côté du port et de proposer des services de transfert à l’aéroport. La veille j’ai revu les deux italiens avec qui nous avons partagé la voiture et qui allaient à cet hotel avant de se diriger vers Tomohon et qui m’ont recommandé la chambre 222 : pas cher (salle de bain commune à côté mais il n’y a personne à l’hôtel), ventilateur, fenêtre et wifi (important car le seul inconvénient du Panorama, c’était que le wifi marchait quand il voulait, c’est-à-dire pas très souvent). Je passe donc la journée dans ma chambre à profiter d’internet (ce qui me fait un peu culpabiliser) avant d’aller acheter quelques fruits (ramboutans, snake fruits, et les petits fruits ronds au goût de pamplemousse) pour mon repas du soir et de partir le matin à 4h30 rejoindre l’aéroport et m’envoler pour Jakarta (ou j’essaie de retirer des l’argent, en vain, et de régler par carte bancaire mes quelques tablettes de chocolat suisse, en vain – il doit y avoir un problème avec ma carte et j’envoie de suite un mail au service clients de ma banque car des aéroports, ça marche toujours) puis pour Padang à Sumatra. Au programme du prochain post : retour à Sumatra et pencak silat.

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Gros changement de plan de dernière minute : trois semaines de pencak silat !!

Je rentre demain. Nah nah… Je repousse mon départ pour la Thaïlande de trois bonnes semaines : pas de plage / plongée et le séjour se limitera à quelques jours à Bangkok pour voir Virginie et profiter d’une grande ville. Une grande ville, ce n’est jamais décevant : j’y trouverai toujours des choses qui me plairont, ne serait-ce qu’un cinéma. L’idée d’arriver dans un hypermarché du tourisme m’effrayait un peu. Mais peut-être que prendre des cours de pencak silat avec ces gens pendant trois semaines devrait m’effrayer davantage. Je ne sais pas si trop me diversifier dans les arts martiaux est une bonne idée mais je vais me lancer !

Hier, je suis arrivée à Bukittinggi (Sumatra, Indonésie) où j’ai eu un accueil hyper chaleureux de toute l’équipe avec qui j’avais bossé il y a deux ans et demi. Comme je trouve que le pencak silat ça a l’air trop cool (des styles animaliers, des couteaux…), mes potes d’ici m’ont emmenée voir le grand maître qui peut me proposer un programme personnalisé avec des cours particuliers en fin d’après-midi en semaine et cours collectifs le dimanche. Je crois que c’est un bol monstrueux car il paraît que peu de grand maîtres enseignent encore (beaucoup refusent l’idée de peur que ça incite certaines personnes à la violence), et on peut ajouter le fait que je ne suis pas musulmane, que je suis une fille et que je ne vais pas capter grand chose à ce que va me dire le grand maître, qui a un niveau d’anglais équivalent à celui de A Wei. J’ai donc trois jours pour me mettre au bahasa indonesia car après l’expérience chinoise, les cours d’arts martiaux, c’est quand même plus simple quand on comprend un peu.

Aujourd’hui a été une grosse journée :

  • prolonger le visa qui expire lundi (juste à temps, ça prend trois jours ouvrés) au centre d’immigration à trente minutes en moto. « Motif de la demande d’extension de visa : suivre des cours de pencak silat ». Ils ont complètement halluciné à l’immigration. J’ai rempli tous les papiers, fait une lettre et plein de photocopies et lundi matin, au lieu de m’envoler pour Kuala Lumpur et Bangkok, j’irai récupérer mon passeport
  • changer les billets d’avion Air Asia (et pour ça, la première étape c’est d’appeler la banque, qui a bloqué la carte bleue car ils ont cru à une fraude)
  • voir un élève du grand maître qui m’emmène au marché chez le tailleur pour me faire un uniforme sur mesure (trop la classe)
  • l’élève du grand maître m’explique que selon la tradition, le grand maître va égorger un poulet noir devant moi sur un tissu blanc et lire des informations avec le sang du poulet, ça commence bien (mais si je ne veux pas le faire, c’est ok quand même… ouf).

Je n’ai peut-être pas fait le choix vacances-bonheur, à savoir qu’ici :

  • il fait froid (comprendre moins de 30 degrés et parfois moins de 25) et que le pantalon et la veste se supportent très bien
  • tant mieux car c’est hyper musulman mais je suis un peu dégoûtée d’avoir emporté shorts et débardeurs pour rien (c’était pour la Thaïlande) et c’est réveil prière assuré avant cinq heures
  • c’est une petite ville mais c’est quand même assez bruyant car les motos ne sont pas électriques ici (les pauses lectures ne vont pas être les même que dans le hamac au bord de l’eau)
  • l’hôtel Orchid me rappelle le taichi : chambre moche mais avec eau chaude et wifi dans le lobby (qui ici est une aquarium de fumée)
  • la bouffe n’est pas dégueulasse, mais ce n’est quand même pas dingue. Avec l’entraînement, ça va être régime…
  • je sens que je vais galérer.

Mais bon, le matin, je vais pouvoir faire du taichi sur l’immense rooftop de l’hôtel et l’après-midi du pencak silat en essayant d’être une bonne élève (hum). Je vais récupérer ma tenue samedi et je commence dimanche. Comme ça avant j’ai un peu de temps de bosser le voyage à Taiwan en mars.

Bref, un gros changement de programme comme je n’ai pas l’habitude, j’espère que je ne vais pas regretter !!

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Emilie fait de la plongée, épisode 1 : open water @ Black Marlin

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Yes, it takes determination to get to the Togean Islands, but believe us, it takes much more determination to leave. Lonely Planet

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La vue du ponton où je faisais du taichi le matin

Attention, ça va être long : les îles Togean sont coupées du monde, j’ai donc le temps de vous raconter ma vie en détails. Les photos arriveront plus tard : un seul album pour toute Indonésie (préparez-vous à être dégoûtés…).

Dans un livre anecdotique sur le mode de vie du Parisien, on peut lire que pour les vacances d’hiver, les deux options sont le ski et le soleil. En bonne Parisienne d’adoption, j’ai été confrontée à ce dilemme cornélien. Je modifie mes petites habitudes et ne vais pas faire les deux : cet hiver, après le verglas des montagnes jaunes, ce sera le soleil, soit mon troisième été depuis celui du départ. Celui-ci durera presque deux mois : un mois toute seule (ou beaucoup j’espère ! #moncôtéassocial) en Indonésie, puis le reste avec Virginie, une amie de Thonon qui va en vacances en Thaïlande.

Sur les bons conseils d’Audrey, Malvina et Seb P, (merciiiiiiiiiiiiiiii !!!!!!!!!!!) j’enchaîne presque cinq jours de voyage pour rejoindre Kadidiri, îles Togean, Sulawesi, Indonésie. Le paradis, ça se mérite… mais je me demande si je mérite vraiment de me couper totalement du monde pendant deux semaines alors que c’est le bordel en France et que les gens y sont bien mobilisés. Soyons réalistes, j’aimerais que tellement de choses soient différentes mais ce n’est pas moi qui vais changer le monde ! Au mieux je vais vous changer les idées.

Bref, aux îles Togean, on déconnecte. Arrivée à Gorontalo, je me suis renseignée sur l’opérateur qui capte un peu sur place et plusieurs personnes m’avaient recommandé Telkomsel. Je me retrouve avec un nouveau numéro de mobile qui ne va pas être très utile car il y a un peu de réseau internet au port de Wakai qui est à une petite demi-heure de bateau mais à Kadidiri, pas grand chose. L’autre option est une plage déserte accessible en bateau ou par une marche à travers la jungle (dans laquelle un allemand s’est perdu un soir). A Barracuda beach, parfois il y a un peu d’internet en edge, juste de quoi y passer des heures pour récupérer quelques emails. À Gorontalo, outre la mission carte sim, je voudrais faire changer tous mes CNY (rappelez-vous l’épisode précédent à la banque qui n’a pas pu me filer des USD) et j’ai su que c’était mission impossible ici après être allée à neuf endroits, et avoir vu des points Western Union partout. Je me fais aussi un repas « Toblerone blanc » (en plein cagnard l’après-midi, mais qu’est-ce que c’est bon) et achète quelques produits de première nécessité comme du spray anti-moustiques et un gros tube d’après-shampoing pour m’aider à résister à l’envie quasi quotidienne de me couper les cheveux très courts.

Comme je ne prends désormais que des allers simples, j’attends d’être arrivée à un endroit pour prévoir la suite… internet à l’hôtel de Gorontalo marchait pour que je fasse la réservation de trois de mes quatre prochains avions. Ensuite, ça a tout simplement cessé de fonctionner et tant que je le fasse avec mon téléphone portable, l’autorisation de ma banque avait expiré et je ne pouvais pas les appeler car c’était beaucoup trop tôt en France. Avant mon départ en Asie, je n’avais pas anticipé qu’en suspendant ma ligne de portable je n’allais plus pouvoir recevoir les SMS pour confirmer les achats en ligne. En général, je paie par Paypal ou réserve sur Ctrip car ça marche tout le temps (ça ne doit pas être sécurisé). Heureusement, ING peuvent m’autoriser très temporairement à faire des achats en vérifiant mon identité par un autre moyen si je le leur demande. Franchement, la banque en ligne, c’est pas mal et les conseillers sont plutôt sympas… je ne tiens pas spécialement à faire de la pub pour l’ancien employeur de mon ancien colocataire mais, à défaut de pouvoir envoyer les SMS à un autre numéro, ils ont quand même trouvé une meilleure solution que celle de la Banque Postale « je peux vous fixer un rendez-vous avec votre conseiller » « téléphonique ça marche ? » « non, il faut venir à l’agence ». En quittant Gorontalo et le monde connecté, j’ai donc mes vols pour Jakarta puis Padang et le Padang – Kuala Lumpur et il ne me manque plus que le Kuala Lumpur – Bangkok. Lion Air et Air Asia, même pas peur. Avec tous ces avions, j’ai une empreinte écologique lamentable, c’est affreux.

Mais avant cela, pour rejoindre les îles Togean, il reste une nuit sur un bateau. Le gros ferry était du même type que celui que j’avais pris pour l’aller aux îles Mentawai il y a deux ans et demi (au retour, on était sur un petit sans place pour s’allonger et j’avais été malade toute la nuit), ouf. À l’époque, avec mon groupe Adeo, on était en business AC, j’avais pu glisser un matelas entre deux rangées de sièges vaguement inclinables mais qu’est-ce que ça caillait ! Bien décidée à ne pas attraper un rhume le deuxième jour après mon arrivée au chaud à cause de la clim (comme à Singapour), j’insiste pour ne pas qu’ils me refilent un ticket en cabine ou en business AC. Il est d’autant plus important de ne pas prendre froid qu’on ne peut pas plonger avec un rhume car les sinus ne s’équaliseraient pas (et d’après les cours en ligne ça fait des trucs dégueulasses). Je ne veux pas non plus voyager en classe éco avec les marchandises (comprendre des voitures, des caisses instables, des poules et tout ce qu’on peut imaginer aussi, et pas d’air), donc je prends un billet business sans clim (mais courant d’air) avec matelas. Comme le bateau est à moitié vide, c’est grand confort (pour les standards locaux hein). Il y a juste des gamins qui braillent un peu. Sur le bateau, je fais la connaissance d’autres touristes et tombe en premier lieu malgré moi sur un babacool allemand qui m’a soulée au bout de cinq minutes et que j’essaie d’éviter en allant sympathiser avec quatre canadiens de Vancouver, le genre de personnes que j’aime bien avoir dans mes groupes :-). Les gens s’étonnent beaucoup de voir une fille qui voyage seule « waouh, you came here alone ?!», pourtant je ne dois pas être la première, et c’est franchement moins stressant que d’accompagner des clients dans des endroits où je mets les pieds pour la première fois. Par conséquent, les gens viennent facilement me parler, par gentillesse ou par pitié, je n’en sais rien. À ce moment-là, épuisée, je cherche avant tout à éviter les relous plutôt qu’à me faire des potes. Et un bon moyen de ne pas calculer les gens et d’avoir la paix, c’est de mettre les écouteurs et d’écouter de la musique.

Parenthèse musicale. J’aime beaucoup la musique mais en chanson française, je suis inculte (vraiment, ça en est honteux), je ne connais RIEN : des amis (merci le ATD crew) m’avaient listé quelques titres à faire écouter aux chinois de l’école de taichi quand ces derniers me demandent quels sont les classiques de chez nous. Auparavant, j’avais mis un moment à leur trouver du Michel Legrand et du Joe Dassin. Et je ne voulais pas en arriver à leur faire découvrir Yves Duteil. À Tunxi, devant ma coupe glacée et mon thé oolong, j’avais entendu une chanson française… une vraie (pas la version chinoise de Hélène, je m’appelle Hélène) que, inculture oblige, j’avais shazamée (pour les non adeptes des nouvelles technologies, Shazam est une application qui « écoute » les chansons et en donne le titre, l’interprête, etc.). Pour la première fois, j’entendais Carla Bruni chanter. La chanson c’était ma jeunesse et c’était joli (oups). Ça ne m’a pas spécialement donné envie d’écouter l’intégrale de Carla Bruni mais d’écouter de la chanson française. Je dois saturer de la c-pop et d’entendre le dernier tube à la mode Little Apple / Xiao Pingguo au moins une fois par jour, avec des paroles tellement nazes que j’en comprends la moitié sans avoir regardé une seule fois sur internet (je suis prête à retourner au karaoké de Belleville). Avant le long voyage qui m’attend, il va falloir charger quelques titres en français sur Spotify (Spotify est une application bien pratique pour écouter de la musique) pour la route. Comme je ne sais pas quoi mettre, j’opte pour un best-of de Jacques Brel : mes parents aimaient bien… mais pas moi quand j’étais petite, et puis j’avais dû écouter un peu il y a une dizaine d’années et trouvé ça pas mal, en fait. Pas la même ambiance que Xiao Pingguo. Ecouter Jacques Brel pour dormir sur le ferry de nuit entre Gorontalo et Wakai était une mauvaise idée. Ou comment se retrouver la larme à l’oeil en allant sur des îles paradisiaques, ça aussi c’est affreux.

Pas si affreux que ça car après presque cinq jours de voyage, se retrouver loin de problèmes logistiques ou politiques sur une île paradisiaque, c’est plaisant. Lors de ce séjour, d’une part j’ai envie de tester ma capacité à ne rien faire et d’autre part je suis ici pour apprendre la plongée et m’entraîner à faire du taichi toute seule. Les instructeurs, Ed et Camilla, m’indiquent que les gens arrivent ici plein de bonnes intentions puis se retrouvent peu actifs ; ils se moquent gentiment de mon objectif quotidien de deux heures de taichi… en arrivant dans mon joli bungalow le matin, j’ai dormi car le sommeil ne m’a très peu occupée pendant la traversée en bateau. Le deuxième jour, je n’ai pas fait de taichi, malgré un réveil à cinq heures et demi par le jour et le bruit des vagues : j’ai hésité une seconde avant de prolonger mon sommeil de quelques heures, et puis je voulais relire le bouquin d’open water (niveau un). J’avais suivi les cours en ligne et passé les tests théoriques à Yangshuo, mais ça datait de trois semaines et je veux être une bonne élève. Les sciences ont toujours eu beaucoup de secrets pour moi (et les sciences physiques ne sont qu’un autre monde dans lequel je n’ose pas m’aventurer) et avec toutes ces histoires de pression, je risque de passer pour une débile… Et tout ce matériel, ça me fait carrément stresser ! Niveau technique, la plongée c’est un peu comme un vélo (en moins salissant) et je pense qu’aller au ski aurait été plus simple. J’essaie donc d’assimiler au mieux le bouquin… la partie sur les coraux et les poissons est bien plus motivante. C’est bien de se fixer des nouveaux challenges : en taichi, je n’ai aucune ambition étant donné qu’une vie de pratique intensive ne sera jamais assez. La plongée, c’est peut-être faisable. J’ai remarqué qu’en vieillissant, il est plus difficile d’apprendre des nouvelles choses (sport ou langue étrangère par exemple). A Singapour, Nicolas m’avait dit que ça ne s’appliquait pas à la plongée. Visiblement tout le monde y arrive et personne ne rate son niveau. Je ne voudrais pas être la première et ça met la pression ! Ed est rassurant, pense que tout le monde y arrive « even stupid american ten year old kids » et ne prend pas vraiment en compte mon côté trouillard : tout ce matériel et l’angoisse de ne pas arriver à respirer avec le truc (second stage regulator, je ne connais pas le mot en français…) ou de faire une crise de panique / claustrophobie.

Malgré cela, à force d’entendre les amis parler de plongée, j’ai depuis longtemps eu envie d’essayer, sans en avoir eu l’occasion. On n’a que les occasions qu’on se donne, et j’ai décidé de me jeter à l’eau ! C’est mon amie Elsa, que je remercie au passage, qui m’a le plus motivée. Elsa aura mis beaucoup moins de temps à me motiver à la course à pied qu’à la plongée 🙂 ! Elsa s’occupe depuis des années du club de plongée dans sa société où ils ont la piscine pour s’entraîner et organisent des week-ends de temps en temps.

Les chances que la plongée me plaise sont quand même grandes : les potes m’ont dit que vu comment j’aime passer du temps dans l’eau, je ne vais pouvoir qu’adorer. Et la plongée est à la natation ce que le taichi est au kung fu : lent. Quand on lit le bouquin, ça demande vraiment aucun effort et je suis presque déçue : on gonfle et on dégonfle son truc (BC pour buoyancy compensator) pour flotter et on avance très lentement avec des légers battements de jambes. Bientôt, je vais tout faire au ralenti, ça promet pour le retour. Les deux premiers jours ici j’ai pas mal glandé mais Ed a trouvé que lire tout le livre et nager plus d’une heure c’était déjà beaucoup. Et nager à Kadidiri, ça change de Pailleron ! Le fond est même plus joli que celui de la piscine de chez Nicolas à Singapour car c’est plein de jolis coraux et de poissons multicolores, et ça, ça motive à plonger.

Le deuxième jour, j’ai rempli des papiers, signé toutes les décharges possibles et imaginables, et menti sur le questionnaire médical en omettant de signaler mon pied pété. Il aurait alors fallu que je me fasse examiner par un médecin et ici il n’y a pas de médecin. En effet, comme tout le monde le sait, il y a pile deux ans, j’avais le pied dans le plâtre et allais entamer mon cinquième mois sans marcher. Et si ça n’était pas arrivé (ou si j’avais été soignée rapidement), je ne serais sans doute pas partie en congé sabbatique… Je vais envoyer une carte postale au Docteur T pour le remercier et lui dire que l’hiver au soleil c’est mieux que les ampoules de vitamine D ! Bref, ça ne va pas être le drame si mon pied gauche fout encore un peu le camp vers l’intérieur avec les palmes et on verra s’il m’arrivera un truc ou pas mais on peut aussi se noyer dans un verre d’eau, c’est bien connu.

Avant de commencer, je revois les bases théoriques avec Ed (et son accent britannique qui fait plaisir à entendre) et l’après-midi on fait quelques exercices pratiques qui se passent normalement en piscine comme enlever / vider son masque ou récupérer son régulateur. Le jour suivant, c’est parti et je vois le premier poisson qui s’approche de mon masque !!! On refait plein d’exercices et même si ça fait beaucoup d’informations d’un coup (#stress) ce n’est pas bien compliqué et j’arrive à tout faire sans paniquer. Je ne suis pas hyper à l’aise mais découvre que la plongée, c’est comme se retrouver au milieu d’un aquarium géant ou d’un documentaire de Cousteau en trois dimensions (à ne pas confondre avec Piranha 3D) : c’est génial !! Addictivement génial. J’en prends plein les yeux même sans les lentilles de contact (un problème de lentille peut ajouter du stress, alors j’évite). Je réalise alors enfin à quel point ça vaut le coup d’enfiler tout l’équipement, c’est juste magnifique. Lors des premières plongées, je ne suis pas super à l’aise, alors j’imagine A Wei qui me dit fangsong / relax et ça va mieux. Le pire c’est de respirer par la bouche avec le truc. Après, il y aura des plongées où je n’y penserai même plus ! Parfois j’étais aussi un peu stressée d’avoir un courant qui pousse vers un mur de jolis coraux que je n’osais pas toucher.

Le dernier stress, c’est le QCM final mais Camilla me rassure : 80% de bonnes réponses c’est suffisant. Pas de problème si je me plante sur la vitesse du son dans l’eau. Me voilà donc avec mon niveau un / open water. Et comme j’ai fait la formation en ligne, ils m’offrent une plongée. Mais avant, je prends un jour de pause car enchaîner deux plongées deux matins de suite (avec le mal de mer le premier jour et la pluie le deuxième) en essayant de penser à tout, croyez-le ou non, ça épuise. Ensuite, j’ai encore un peu d’appréhension mais de moins en moins, donc je profite de plus en plus du nouveau monde qui s’offre à moi et pour lequel je commence à me passionner au point de consulter les nombreux livres sur les coraux et la faune acquatique qui sont à disposition. Je sympathique avec Anita, qui est ultra fan du monde sous-marin et qui fait beaucoup de snorkelling. Elle est ici avec son mari, Valera, et ils travaillent à distance (quand ils ont internet – il est programmeur et elle vend des lentilles de contact en ligne) pendant quatre mois au soleil. Ce sont des jeunes ukrainiens qui sont arrivés le même jour que moi et ont été de parfaits voisins : calmes, discrets, gentils. Je prenais mes repas avec eux et avec Mitch, retraité américain qui passe peu de temps dans son Colorado et qui était là pour plonger et lire beaucoup. En dehors des livres sur les océans, la qualité des bouquins disponibles dans la mini-bibliothèque n’était pas au top et Mitch était trop content que je lui prête mon pavé sur l’histoire socio-économique de la Chine en particulier et de l’Asie en général : il l’avait acheté et commencé avant de le juger trop lourd à emporter. On a donc pris l’habitude de se laisser le bouquin sur les petites tables de nos terrasses respectives. Et en découvrant sur mon iPhone des iBooks téléchargés il y a au moins cinq ans, je me dis une nouvelle fois que le format Kindle serait mieux adapté : je craquerai peut-être à Bangkok. Bref, j’ai vraiment apprécié la compagnie d’Anita, Valera et Mitch pendant mes deux petites semaines à Kadidiri : ils n’étaient pas envahissants et j’ai sociabilisé juste ce qu’il fallait pour conserver du temps pour faire tous mes trucs (leçons de chinois, lecture, tri de photo, nager, taichi…). Au resort, quelques jours avant mon départ, sont arrivés des toulousains un peu plus bruyants que les autres guests mais très sympas et assez drôles : Christine et Christophe et un ami à eux qui vit en Australie et était là avec son fils de onze ans. Christine et Christophe étaient déjà venus ici l’an dernier et y sont revenus tellement c’est bien. Je crois qu’il faudra aussi que je retourne un jour aux îles Togean. Un Corse relou est arrivé lui aussi, tellement relou que mon détecteur à boulets a bien fonctionné pour une fois : je l’ai repéré en deux secondes et après j’essayais de l’éviter au maximum.

Pour en revenir au sujet, comme je le disais, se mettre à la plongée c’est découvrir un monde merveilleux. Anita, grande fan de la vie sous marine, s’enthousiasme encore plus que moi sur ce qu’on peut y voir : oh !! it was soooo cuuuuute !!!! est notre phrase la plus fréquemment employée. Anita filme tout ce qu’elle voit de nouveau avec sa GoPro et le soir travaille à l’identification des créatures. Contrairement à d’autres plongeurs je n’étais pas équipée de matériel photo adapté mais tant mieux : j’avais déjà assez de trucs auxquels penser lors de me premières plongées et sans essayer de prendre des trucs en photo, j’ai profité d’autant plus de ce que je voyais. Et croyez moi, les îles Togean, c’est le paradis sous la surface aussi, comme vous ne le verrez donc pas sur les photos.

Souvent en plongée, les instructeurs / guides m’appellent pour me montrer des minitrucs : par exemple des bébés crustacés et des mollusques et s’extasient devant les nudibranches. C’est très très mignon tellement c’est minuscule et à chaque fois je me dis qu’il faudrait que je mette mes lentilles de contact pour mieux y voir, et à chaque fois j’oublie… Ils adorent aussi me montrer des lionfish et scorpionfish. Soyons honnêtes, surtout au début, je préfère les gros poissons comme les napoléons, les humpheads ou les barracudas et les thons qui sont gros et moches (j’ai compris de visu tout le sens de l’expression être un thon). Au fur et à mesure, j’en arrive à trouver les mini crabes orangs-outans et les nudibranches trop chou. Ne m’y connaissant pas plus en monde sous-marin qu’en chanson française (les documentaires du commandant Cousteau ne sont qu’un bien lointain souvenir), je crois que je suis en train de devenir fan à tel point que le soir au lieu de faire du taichi je reste plongée dans les bouquins aux milliers de photos. L’avantage de partir de rien c’est qu’on s’extasie devant tout : les coraux, les mini trucs, mais les poissons sont juste incroyables. Parfois je me dis que si un jour je me remets à manger des animaux ce sera sans doute du porc en charcuterie ou du poisson. Maintenant je sais que je ne suis pas prête de remanger du poisson de si tôt : avant de me mettre à la plongée, je trouvais que les poissons c’était un peu cons. J’ai changé d’avis et ce séjour m’a super sensibilisée à la préservation des fonds marins et aux dommages causés par la pêche (notamment la pêche à la dynamite dans la région, mais aussi beaucoup d’autres formes de pêches). Les poissons sont juste de magnifiques êtres vivants : il y a tellement d’espèces différentes avec tellement de spécificités ! Ce qu’il y a d’encore plus incroyable en plongée c’est qu’on se retrouve au milieu. Parfois, un poisson curieux s’approche timidement du plongeur, c’est hyper mignon et quand j’en trouve un devant mon nez, je crois que le régulateur dans la bouche ne m’empêche pas de lui sourire un peu bêtement. Chaque espèce de poissons a ses caractéristiques physiques mais aussi ses caractéristiques sociales : il y a les poissons qui vivent en bancs et se déplacent tous ensemble, à égale distance les uns des autres et qui changent de couleur quand ils changent de direction. Il y a les grands solitaires aussi. Les degrés de cohabitation entre espèces varient également beaucoup. Certains vivent qu’à proximité de certains types de coraux…  Le monde sous-marin, c’est génial ! Zut, c’est fou comment j’arrive à m’intéresser à n’importe quoi (sauf les trucs techniques hein) et même en long congé j’arrive à ne pas trouver le temps de faire tout ce que je voudrais : taichi, chinois, plongée, natation, lecture, tri de photos, apprentissage du monde sous-marin, j’ai des journées hyper chargées !!!

Pendant quelques jours, il y avait deux militaires espagnols, des pilotes. Antonio pilote des hélicoptères et Roberto des avions de marchandises. Ils voulaient aller voir une épave de B24 de l’armée américaine qui a été crashé à une bonne vingtaine de mètres de profondeur pendant la seconde guerre mondiale. Tout l’équipage s’en est sorti indemne. J’ai donc profité de l’occasion de la sortie (à une bonne heure de bateau) pour me joindre à eux et passer ma spécialité deep diving car on allait devoir descendre à vingt-quatre mètres et le niveau un n’autorise pas à descendre plus bas que dix-huit mètres. Avec mon côté flippé, je n’étais pas spécialement enthousiaste à l’idée de descendre plus bas mais au final ça ne change pas grand chose, à part qu’on y voit un peu moins bien et qu’on utilise davantage d’air. Tout comme l’équipage à l’époque, nous en sommes revenus indemnes. Et alors qu’il fallait faire gaffe à ne pas toucher le fond vaseux, je me suis débrouillée pour perdre une palme (lol) mais au moins il y avait un fond et j’ai pu la récupérer. Ce qui est dingue dans l’épave c’est la façon dont la nature a repris le dessus : des coraux ont poussé et c’est devenu un excellent terrain de jeu pour les poissons. Et pendant le security stop, Ed nous fait une démonstration de bulles en formes de gros anneaux : on essaie et bien évidemment, ça ne donne pas grand chose.

Finalement, à chaque plongée je gagne un peu en confiance et ça c’est top. La plongée numéro neuf a été ma plongée « gestion du stress », même si j’avais Emon et Edwin (les deux guides) rien que pour moi. Nous sommes allés près des mangroves entre deux îles, entre dix et quinze mètres de profondeur, sur un fond vaseux pour voir les mini êtres vivants bizarres de toutes sortes, la visibilité n’était pas dingue, je n’arrêtais pas d’avoir de l’eau dans mon masque et surtout il y avait un courant de malade : il était impossible de lutter contre, et c’est d’autant moins évident qu’on était là pour voir les minitrucs (certains mesurent le quart d’un ongle), que j’avais une fois de plus oublié mes lentilles et que Emon faisait plein de pauses en plantant sa baguette en métal dans le sol pour chercher les minitrucs à me montrer. Parfois il était obligé de me tirer par la main et de me tenir pour pas que je me fasse emporter. J’ai lutté pendant plus d’une heure et en sortant, Emon s’est exclamé ah so much current !, si lui aussi le dit…

Chez Black Marlin, le personnel est sympa et l’hébergement est bien. Je ne suis pas allée dans la famille à côté où c’était moins cher car j’étais plus tranquille avec ma propre salle de bain et pour dix-sept euros par jour en pension complète, je suis confortablement installée : un grand lit avec une belle moustiquaire de qualité, des meubles pour ranger mes affaires, une grande salle de bain avec place pour poser les produits et l’eau deux heures par jour (et un baquet à remplir pour le reste du temps), une terrasse avec du mobilier en bois et surtout un hamac dans lequel j’ai passé un peu trop de temps. Evidemment les bungalows sont en bord de mer avec vue magnifique et bruit des vagues, et les plus récents (dont le mien) éloignés du restaurant et donc au calme. Et la nourriture est pas mal même si pas dingue non plus (ça manque de fruits et de légumes à mon goût). J’avais l’impression de manger beaucoup et d’avoir souvent faim, encore plus que d’habitude, la plongée ça creuse. Un soir, je dis à Roberto, le plus costaud des deux pilotes espagnols, que quand je vois son assiette à lui bien remplie, ça fait plaisir… car la mini assiette de Mitch me fait culpabiliser de manger autant. Roberto me répond qu’en voyant mon assiette du midi il s’est demandé comment je faisais pour manger autant que lui et être toute maigre. Chacun son référentiel mais je pense que j’aime trop manger pour être « skinny », d’autant plus que j’ai dû grossir un peu la dernière semaine en Chine (pas d’entraînement quotidien) et surtout avec les cinq jours de voyage où j’ai profité de bons petits-déjeuners buffets, mangé des saloperies et étais en manque cruel d’exercice. En plus parfois Camilla nous prépare des brownies qui sont juste une tuerie !!! Cette fois, je n’ai pas squatté la cuisine et ai passé un peu trop de temps avec un livre dans le hamac, notamment le jour où je n’ai pas plongé : une heure de taichi à l’aube, petite marche à plage le matin (pour essayer de capter de l’internet), après-midi hamac (tranquille : tout le monde est allé plonger) et une heure de nage quand le soleil tape moins (hum réflexe de chinois…). On est quasi au niveau de l’équateur et la veille, nous étions allés nous baigner dans le lac aux méduses où ils ne fallait pas mettre de crème solaire et ça c’était terminé avec le dos un peu rouge.

Un après-midi, on a fait une excursion avec mes nouveaux potes ukrainiens et espagnols mais aussi Jacques du Canada et un allemand marrant mais un peu fatiguant (il parlait tout le temps et bien plus fort que les espagnols…). L’objectif c’était le lac aux méduses : un lac d’eau salé à quelques mètres de la mer où vivent des méduses qui ne piquent pas car elles n’ont jamais eu besoin de développer ce genre de défense. Nous pouvons donc faire du snorkelling pour les observer sans crainte. On devait veiller à ne pas les toucher mais souvent c’est elles qui nous touchent : on essaie d’en éviter une et paf on s’en prend une autre dans la figure ! Les plus fréquentes étaient marron et pas très belles mais j’ai particulièrement aimé les toutes petites et des bleues quasiment transparentes. Ensuite nous avons fait un arrêt baignade / plage où les militaires espagnols ont récupéré des noix de coco fraîches pour tout le monde : on aurait pu commencer une saison de Koh Lanta ! Avant l’arrivée de la nuit, on fait une pause sur l’île de Taipi que l’on voit de Kadidiri. Taipi est une toute petite île et avant il y avait un resort qui est désormais à l’abandon. Les coraux autour sont magnifiques et j’en fais le tour à la nage. C’est là que je découvre l’existence du crown of thorn starfish car Jacques en a tué quelques-uns : il s’agit d’une sorte d’étoile de mer à piquants qui s’accroche au corail et le tue (le corail mort devient tout blanc). Il faut être très prudent quand on veut le tuer car si on ne fait pas ça bien, on ne va que les multiplier. Visiblement Jacques sait ce qu’il fait : il le tue rapidement en plantant un bout de bois bien pointu au milieu, les sort immédiatement de l’eau et les dépose sur la plage loin de l’eau pour qu’ils sèchent au soleil.

J’ai aussi fait des excursions « plongées » : voir l’avion avec les deux pilotes expagnols mais aussi Una Una. Una Una est une île volcanique à une heure trente en speed boad de Kadidiri. Elle est toute ronde et il y a un resort de luxe. L’ascension du volcan ne présente aucun intérêt à part de marcher quelques heures dans la jungle qui recouvre même le sommet. L’intérêt du coin c’est la plongée et c’est effectivement au spot de Pinacle que j’ai fait ma treizième et plus belle plongée : c’était incroyablement magnifique et peuplé de coraux et poissons divers et variés. J’étais juste un peu stressée par les bulles qui sortaient s’échappaient de l’alimentaion en air de la veste, mais rien de dramatique. Entre les deux plongées, on a déjeuné rapidement et simplement (riz et œufs sauce piquante) sur la plage et fait une petite sieste. Au retour, j’ai oublié de mettre de la crème solaire tout de suite et j’ai eu le temps de prendre un petit coup de soleil sur le ventre et le côté : en sortant de plongée, j’ai parfois un peu froid (mais pas autant que Emon qui n’arrête pas de trembler en fumant sa cigarette) alors j’étais bien contente de pouvoir m’allonger au soleil au bord du bateau pour le retour. Le temps de sécher et de me réchauffer, il était déjà trop tard. Cette sortie à Una Una était une bien belle journée : parfait pour terminer mon séjour ici. En effet, on devait y aller le samedi et puis il n’y avait plus de fuel à Wakai : j’ai eu un bol monstrueux qu’il y en ait pour le dimanche car le lundi j’allais reprendre le bateau de nuit pour Gorontalo l’après-midi, après une nouvelle matinée comme je les adore : deux heures de taichi à l’ombre sur le ponton en bois avec vue de rêve suivi de mon spot préféré du coin (Batu Panging) avec mes lentilles de contact et les deux guides (Emon et Edwin) rien que pour moi !

Petit point sur le taichi. Au début j’avoue que je n’en faisais pas très régulièrement : il m’a fallu quelques jours avant de trouver mes marques et mon rythme ici. En fin de séjour, je suis lancée et arrive sans problème à remplir mon objectif de deux heures par jour : davantage aurait été trop ambitieux. Je m’entraîne aussi à faire l’arbre pour profiter de la vue en session de quinze minutes maximum. Avec l’habitude, ça devient de plus en plus facile et je me rappelle comment j’avais souffert quand A Wei m’avait fait tenir la posture pendant une demi-heure dans le froid pour la première fois. Au bout de quinze minutes, j’en ai marre et étant donné que j’arrive désormais à concentrer l’énergie vers les pieds et les mains et à aligner la colonne vertébrale pour relâcher les tensions des épaules, ça me suffit. Le ponton n’est pas assez grand pour faire toute la forme (et sur le sable ce n’est pas hyper pratique) donc je répète mouvement par mouvement et partie par partie. Grâce aux notes détaillées prises dans mon petit carnet, je suis en mesure de réviser les sections un, deux et cinq et six et ça fait du bien de s’y remettre sérieusement suite à deux semaines de pause.

Après avoir pris mes petites habitudes ici, sympathisé avec quelques guests et mes guides, comme le dit Lonely Planet, je trouve qu’il est bien difficile de partir des îles Togean. J’avais envisagé rester trois jours de plus (il n’y a que deux bateaux par semaine) et puis comme j’ai appris lorsque j’ai capté mes emails que je vais accompagner un groupe à Taiwan en mars, je vais avoir du boulot et besoin d’internet. Le dernier soir, il s’agit de payer la note… je voulais le faire un peu avant car je savais que ça allait être galère mais ils ne voulaient pas. Pour l’hébergement je payais cash en roupies donc pas de problème. Pour ma grosse facture de plongée, ça aurait facilité les choses si j’avais réussi à changer mes CNY en USD… je voulais faire Paypal mais l’internet à la plage était beaucoup trop lent pour que ça marche. Il prennent la carte bleue mais c’est galère aussi puisqu’il faut se rendre en bateau où ça peut capter un peu avec le terminal : je sens que ça va prendre trois plombes alors je leur file ma Mastercard et ma Visa avec les codes pin pour qu’ils se débrouillent et après plusieurs tentatives le soir et le lendemain de matin, ils finissent par faire ça manuellement au sabot. C’est ça aussi d’être coupé du monde !

Le lundi, je vais donc prendre le bateau du retour à Gorontalo, avec Anita et Valera qui ont les mêmes plans que moi : aller à Bunaken. A Wakai, on passe rapidement acheter quelques fruits au marché avant de monter à bord du gros ferry. Malheureusement le bateau arrive d’ailleurs et la business sans clim est déjà pleine et je ressors, foulard, gilet et polaire… Le trajet se passe sans mal de mer, c’est déjà ça, et après douze heures de traversée on se retrouve à quatre heures du matin au port de Gorontalo.

SUITE AU PROCHAIN EPISODE

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Internet !

Les photos des vacances en Chine sont sur Flickr.

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Hangzhou, les montagnes jaunes et le départ pour l’Indonésie

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Dernière étape de ce séjour hivernal en Chine : Hangzhou et puis direction l’Anhui pour visite de villages et randonnée aux montagnes jaunes. Les photos seront sur Flickr quand j’aurai fait le tri (et retrouvé une vraie connexion internet – dans environ deux semaines) mais pour ne pas prendre trop de retard, voilà le récit.

À Hong Kong, Amélie m’avait parlé de son projet de petit voyage en Chine début janvier. Comme il n’y avait pas assez d’inscrits dans mon groupe à accompagner aux Philippines, que les dates collaient parfaitement avec nos contraintes respectives (en particulier nos visas), que trois semaines de taichi à la suite ça suffit et surtout que j’ai envie d’aller là-bas depuis longtemps et que c’est plus sympa de voyager à deux, on va passer cinq jours ensemble au Zhejiang et en Anhui.

Amélie me rejoint le lundi midi à Hangzhou où nous allons nous balader dans environs du lac de l’ouest. J’étais arrivée le dimanche après-midi pour faire un tour de vélo et profiter des derniers rayons de soleil d’une belle journée d’hiver, mais malheureusement aussi de toutes les particules qui font rapidement mal à la gorge. Le lundi, la météo prévoyait le même temps mais dans les faits la couche de pollution était installée, ce qui nuisait aux températures mais pas forcément à la beauté du lieu qui était… différent. Amélie avait trouvé le blog de Paul et on va s’inspirer de son itinéraire pour notre balade de l’après-midi. On a raté le bon restaurant de la West Lake Guest House (qui était peut-être fermé), on a visité la villa Guo, mangé dans un endroit pas dingue (mais le seul du coin), pris le bateau pour aller sur l’île et rentrer sur la côte est faire un tour au night market qui se mettait en place et présentait une belle collection de merdouilles en tous genres et de mauvaises contrefaçons au goût douteux. On a terminé la journée épuisées par un dîner dans le restaurant du guide du routard près de Qinghefang Lao Jie (vieille rue).

Le mardi était la « mauvaise » journée d’après la météo. Ça tombe bien car on avait une matinée à passser à Hangzhou avant d’aller prendre le bus pour Tunxi. Nous retournons là où nous nous étions arrêtées la veille, dans le quartier de Qinghefang, visiter le musée de médecine chinoise. Une veille maison habrite le musée où l’on voit tous les ingrédients nécessaires à la préparation des remèdes : le minéral et le végétal ne me choquent pas plus que ça, mais tout ce qui vient des animaux (et de la maltraitance qui en découle souvent) est particulièrement affreux. Heureusement qu’à la sortie nous passons un peu de temps à observer l’animation de la pharmacie pour nous changer les idées : un paquet de blouses blanches s’affairent dans un cadre sorti d’une autre époque. Chacun a une tâche très précise qu’il effectue à toute vitesse : une employée apporte les ingrédients, une autre les pèse et fait les mélanges en suivant les recettes / ordonnances, le chef contrôle, un employé commence l’emballage et une autre le termine et étiquette. Nous empruntons ensuite, sous la pluie, une jolie petite rue qui nous mène à l’ancienne résidence de Huxueyan : tout simplement magnifique ! De plus, en plein hiver et en semaine, les touristes sont rares et nous pouvons donc bien voir sans être bousculées. Après un déjeuner rapide au marché couvert où l’on peut choisir des spécialités de fast/street food chinoises (j’opte pour la soupe de grosses nouilles et pâtes de riz dans bol en carton, et quelques baozi), nous repassons à l’hôtel prendre nos sacs pour filer à la gare routière où nous avons juste le temps de manger un dessert. Après trois semaines à l’école de taichi, j’étais clairement en manque de confort, mais aussi de variété de nourriture et de sucreries (petite culpabilité « hygiène de vie »…). Dès mon arrivée à Hangzhou, je me réjouissais beaucoup trop d’avoir une chambre avec du chauffage qui marche bien et un matelas ferme qui n’est pas une planche de bois, et encore plus de manger un « swiss breakfast » au petit-déjeuner. À la gare routière, on s’arrête prendre un dessert… au Mac Do (oui oui, vous avez bien lu, chez Mac Donald’s) où je mange mon premier Mac Flurry en plus de quinze ans. Et j’achète enfin ma barre de chocolat noir Dove dont je rêve depuis l’an dernier (enfin, depuis le 31 décembre de l’an dernier, ça va…). C’est parti pour trois heures de car en direction de Tunxi (petite ville appelée aussi HuangShan Zhen et située dans la province voisine, l’Anhui) dans un car hyper confortable : avoir de l’espace pour les jambes c’est déjà du luxe et là, à mon avis il y en avait plus que dans un avion en classe Eco Premium. C’était parfait de passer l’après-midi pluvieux dans le car. En revanche nous étions un peu moins contentes de nous retrouver sous la pluie à chercher notre hôtel car le taxi nous avait déposées au mauvais endroit (NB : le coin est piéton et j’avais complètement oublié de le localiser sur Google maps et je n’avais plus de forfait sur mon téléphone). L’hôtel est situé dans une petite ruelle que les gens ne connaissaient pas et ils nous indiquaient une mauvaise direction. Une fois arrivées, c’était top : Amélie avait choisi le Hui Style Hotel sur internet et c’est clairement l’endroit le plus charmant dans lequel j’ai séjourné depuis mon départ de France, à égalité avec ma jolie petite hutte au Cambodge à Kep (hors appartements des potes…). En plus le patron parle un anglais impeccable et est d’une efficacité incroyable : en cinq minutes, notre journée du lendemain est organisée, on sait où nous allons aller dîner et il m’a rechargé mon téléphone portable. Le petit déjeuner occidental est très basique (banane, œuf, quelques toasts) mais le chinois est hyper copieux : cacaouettes et pickles, œuf, tofu qui pue (je m’abstiens), gros bol de bouillie de riz et trois énormes baozi que la cuisinière me fait aux légumes et au tofu puisque je suis végétarienne.

Le mercredi, c’est la visite des villages et Amélie a un objectif en tête : éviter les microphones ! On a presque réussi. Par conséquent, je n’ai pas beaucoup augmenté ma collection de photos de touristes chinois qui posent, mais ce n’est pas plus mal. Notre chauffeur était très sympatique, conduisait bien, avait une voiture avec de la moumoutte sur les sièges et en prenait bien soin (nettoyage) pendant nos visites. On a commencé par le village de Xidi : le parking était presque vide à notre arrivée. A Xidi, nous nous promenons dans les ruelles quasi désertes, où les habitants commencent à ouvrir leurs maisons, leurs boutiques et à accrocher des animaux morts aux murs pour les faite sécher. Nous déambulons et visitons les maisons anciennes : les intérieurs sont sombres et poussiéreux mais bien ordonnés et l’on y voit des bas reliefs sculptés sur du bois, des tableaux, des calligraphies ainsi que des meubles et ustensiles de la vie quotidienne. Nous traversons également un ruisseau et quelques cultures pour aller à un point du vue duquel on voit tout le village, avec ses murs blancs et ses toits gris.

Après la visite de Xidi, nous nous dirigeons vers un deuxième village : Nanping, moins visité que Xidi et Hongcun. Ici une guide nous accompagne pour nous ouvrir l’intérieur des maisons. Nanping est célèbre car c’est en partie ici qu’a été tourné le drame de Zhang Yimou Ju Dou. Ensuite nous commençons à avoir faim et nous ajustons notre programme : au lieu de visiter le village de Guanlu, nous nous dirigeons vers Hongcun pour le déjeuner, faire une marche dans la forêt de bambous puis visiter l’ancien village. Pour le resto, encore une fois nous suivons la recommandation de Paul et nous nous retrouvons hors de la vieille ville touristique : la dame du restaurant hallucine un peu que l’on ait cherché son restaurant, sympathise avec notre chauffeur, et comme nous avons froid à l’intérieur, elle nous installe une petite table dehors au soleil et ce sont les locaux qui s’étonnent de nous voir déjeuner « en terrasse » à une saison où les visiteurs, notamment étrangers, ne se bousculent pas.

A quelques kilomètres de Hongcun se trouve la fameuse forêt de bambous où ont été tournées de nombreuses scènes du célèbre film de Ang Lee Tigre et Dragon. C’est le lieu idéal pour une petite marche digestive d’une heure et demi. Les bambous ne sont pas géants mais la forêt s’étend sur les collines comme on le voit très bien dans le film. Et comme nous sommes en basse saison et que les chinois n’aiment pas marcher, nous profitons du calme avant de retrouver quelques groupes à Hongcun : on a gardé le meilleur pour la fin. Hongcun, tout comme Xidi est classé au patrimoine mondial de l’Unesco et la fin de journée est le bon moment pour faire des jolies photos de ce joli village : les maisons ressemblent à celles visitées précédemment mais la spécificité de Hongcun réside dans ses deux points d’eau et son célèbre petit pont de pierre.

Nous rentrons bien fatiguées après cette longue journée et le lendemain nous partons en randonnée aux montagnes jaunes. L’entrée du site est à une bonne heure de route de Tunxi et tout y est organisé pour le tourisme de masse : billets, cars, barrières pour les files d’attente… Comme pour les villages, je recommande franchement d’y aller en hiver et en semaine quand c’est (relativement) paisible. En haute saison, ça doit être un enfer là-haut, et limite dangereux compte tenu de la configuration des lieux et de la fréquence des bousculades en Chine. Pendant l’hiver, toute une partie au sommet du site est fermée, ainsi que deux télécabines sur les trois et par conséquent tout est un peu moins cher : entrée, télécabine, hôtel… Mais nous allons réussir à nous occuper sans problème en faisant la longue montée à pied, en dormant sur place et en redescendant en télécabine le lendemain. Une randonnée aux montagnes jaunes ne se fait pas sur des petits sentiers : il n’y a que des escaliers, et beaucoup d’escaliers. La première partie de l’ascension ne présente pas de grand intérêt en soi, à part le plaisir de faire de l’exercice. Mais l’arrivée au sommet en fin de journée est tout simplement merveilleuse avec de magnifiques points de vue au soleil couchant. Rares sont ceux qui ont fait comme nous (la montée) mais nous croisons beaucoup de chinois qui descendent, crampons aux pieds jusqu’en bas pour certains : un peu comme les gens qui mettent les chaînes aux roues de leur voiture quand ils vont en station même s’il n’y a pas de neige. On se moque un peu d’eux mais les crampons sont bien utiles le soir en haut aux endroits où les escaliers sont complètement gelés et verglacés ! On en avait récupéré une paire abandonnée en route pour essayer. Tout est hyper fléché et organisé sur le site mais au lieu de mettre du sel et du sable sur la glace, ils entretiennent le business des crampons …

Concernant l’hébergement, nous avons pris le meilleur hôtel du coin car notre priorité était de ne pas avoir froid et nous n’avons pas regretté. Le Xihai Hotel était impeccable et fournissait même les doudounes bien chaudes. Dans notre belle chambre, nous n’avions pas TV5 Monde mais BBC News pour nous permettre de suivre les nouvelles de notre pays avant de prendre une bonne douche chaude et un repas dans une salle de restaurant quasi vide. Nous avons aussi acheté quelques snacks pour le lever du soleil et… des crampons : on ne sait jamais, se moquer des chinois pourrait porter la poisse. Par rapport au coucher, le lever du soleil était un peu décevant, mais on ne va pas se plaindre hein ! Tous les chinois sont allés se poster avant nous pour prendre en photo le soleil qui se lève avant de partir juste après sans profiter de la belle lumière du matin pour faire des photos plus jolies. Sans doute les tours enchaînent-ils directement avec la visite des villages. En rentrant à l’hôtel, on fait péter le petit-déjeuner buffet : trop bien ! Encore une fois, je réalise que même si la nourriture à l’école de taichi est bonne, au bout de trois semaines je suis vraiment en manque d’autre chose… et là il y a tout, et en bien meilleur que les petits-déjeuners buffet au Tibet (sauf le jus d’orange qui rappelle toujours le tang) : du chinois bien entendu, mais aussi du pain, des bons gâteaux, des céréales avec du lait de soja et des graines, des salades de fruits… Amélie adore les œufs brouillés et moi j’adore tout le reste ! Il n’y a évidemment pas grand monde mais nous avons des voisins de table qui se parlent parfois en anglais. Difficile de deviner leur nationalité même si je reconnais quelques expressions de singlish. Je me retrouve avec eux dans l’ascenseur et eux aussi devait se demander d’où on venait puisqu’il ne me posent la question : « France » « Ah, France is very famous now : many terrorists there » « Hum, or just a few crazy ones – You, where are you from ? » « Malaysia » « Ah, Malaysia is very famous too : many lost airplanes there ». A chaque pays son problème. Bref, après une petite sieste matinale digestive, nécessaire avant d’attaquer les dernières marches, nous nous mettons en route vers le télécabine et profitons de nos derniers instants au sommet où nous croisons pas mal de touristes qui doivent faire l’aller-retour sur la journée. A défaut de ski, j’aurai au moins pris le télécabine, à la descente : la vue était jolie et ça a bien préservé nos genoux. Nous avons vraiment eu de la chance avec la météo : grand soleil. Le seul inconvénient était donc que nous n’avions pas les nombreuses brumes qui donnent au site son côté féérique. Mais si c’était froid et humide, on se serait encore plus gelées en cette saison ! Et puis il y avait la couche de pollution dans la vallée qui imite bien la mer de nuages, c’était déjà pas mal et nous nous en sommes contentées.

Nous sommes de retour en ville en milieu d’après-midi et pendant qu’Amélie se repose et bouquine (la Kindle, ça a l’air pas mal, en fait ! C’est marrant comme le monde est petit, puisqu’Amélie lisait le livre de Claire que les potes du kung fu connaissent), je repars en mission Western Union pour récupérer mon loyer, que mon gentil locataire PN m’envoit dans le pays ou je veux quand je lui demande. Comme je ne sais pas comment ça va se passer en Indonésie, je voulais récupérer du cash avant de partir. Et cette fois-ci c’était un peu galère, donc un peu drôle aussi alors je vais vous raconter. Les agences Western Union, quand on n’en a pas besoin, on en voit partout, mais dès que l’on en a besoin, impossible d’en trouver. Je voulais récupérer ça à Hangzhou avant l’arrivée d’Amélie mais celles repérées sur le site web n’existaient plus et j’ai dû me balader plus d’une heure à vélo pour trouver une banque où ils faisaient ça : ouf. J’arrive à 16h40 et on me dit que ce n’est pas possible car l’agence ferme à 17h. Je demande qu’on m’explique où est le problème puisqu’il est 16h40 et il faut en fait arriver trente minutes avant la fermeture. Ça m’a rappelé la France ! Ce n’est pas grave, je ferai deux heures de vélo lundi matin pour arriver à l’ouverture. Et là, gros sketche : ils ne veulent pas me donner les sous car une psychorigide au guichet dit un truc genre mingzi xie cuo le. Et en plus ils ne veulent pas me dire où est la coquille dans mon nom. J’ai beau dire que d’habitude ça marche toujours et que PN fait toujours pareil, les connasses ne veulent rien entendre. En insistant beaucoup beaucoup beaucoup (hyper calmement et en souriant beaucoup beaucoup beaucoup) pour qu’elles me disent où se trouve l’erreur afin de pouvoir dire à PN comment écrire mon nom pour que ça marche, j’arrive à comprendre que mon deuxième prénom était manquant, ppppffffff. La fille de l’accueil est gentille quand même et m’emmène à une Poste dans une petite rue à côté pour que j’essaie chez eux : sauf que leur système est en panne.

C’était donc sans mes sous que j’ai quitté Hangzhou (et bientôt la Chine pour aller faire de la plongée). Dernière chance avant mon transit à Guangzhou où je n’ai aucune envie de courir en ville pour m’occuper de ça : la petite ville de Tunxi où quelques agences sont répertoriées sur internet. À la Commercial Bank of China, on me dit d’aller à la Poste, également répertoriée, mais où avec toute la meilleure volonté du monde de part et d’autre, au bout de trente minutes, on est d’accord sur ce que je veux, sauf que ça ne se fait pas ici. La gentille dame à l’accueil prend des photos du site de western union, de ma confirmation de transfert, envoie ça par wechat à une copine, arrive à trouver une copine qui me parle anglais au téléphone pour tout vérifier (ce que je veux et la possibilité de faire ça quelque part) et explique à la gentille postière où m’emmener. Je me retrouve donc dans une agence de la Agricultural Bank of China où j’ai eu un accueil de folie et vais avoir le temps de sympathiser avec tout le personnel ou presque : c’est juste incroyable, il faut le vivre pour le croire. En me voyant arriver, la fille de l’accueil court chercher une collègue qui est trop trop contente de parler quelques mots d’anglais avec moi et qui devrait peut-être changer ses verres de lunettes qui mesurent déjà un demi-centimètre d’épaisseur. Je vais juste chercher mon loyer, et je me retrouve à m’entendre dire que je suis vraiment trop trop jolie (sérieusement ?!), super grande (ça je sais, même miope elle ne peut pas trop se tromper) et que j’ai l’air si jeune (elle est toute petite, et regarde la jolie photo de passeport qui date d’il y a dix ans au lieu de ma tête !). Le taichi a peut-être un effet positif sur mon physique (?!) mais ce genre de paroles n’arrivent jamais au bon moment ou de la part des bonnes personnes. Je ne vais pas à la Agricultural Bank of China de Tunxi, Anhui pour entendre ça : à la Agricultural Bank of China de Tunxi, Anhui, je préférerais juste récupérer mes sous ! Ensuite, elle essaie de me faire passer devant tout le monde au guichet où il y a l’autocollant western union mais la dame est « very very busy ». Ma nouvelle copine va donc me faire asseoir en face d’un collègue à elle qui parle plutôt bien anglais, elle s’assoit également et on discute. Le sujet qui intéresse le collègue c’est les banques françaises : il me cite BNP Paribas et me dit qu’ils font du bon business avec eux, il connaît aussi l’équivalent de leur banque en France, le Crédit Agricole… il me demande si je connais ces banques et je lui réponds que oui, et que j’ai même des potes qui travaillent dans des banques : BNP Parisbas, la Société Générale, le Crédit Suisse… Ensuite il me demande si je connais Neuflize, et là ça se corse : je ne sais plus comment je connais et mets une minute avant de me rappeler que ça vient sans doute du carnet d’adresse de mon chef ! Ensuite, gentiment, il me propose un verre de thé servi à la chinoise (quelques feuilles dans un verre en papier de la banque avec de l’eau chaude par dessus) et me donne le code du wifi pour que je puisse suivre sur internet les nouvelles de mon pays. Ils sont peut-être aussi gentils car ils ont un peu de peine pour moi… mais je préférerais qu’ils soient un peu moins gentils et qu’il n’y ait pas tous ces graves problèmes en France. Et aussi qu’ils soient efficaces car une seule employée bosse et tous les autres n’ont pas l’air très occupés par leur travail : par exemple, une employée tricote derrière son ordinateur et la chef rapplique non pas pour rappeler à l’ordre son personnel mais pour me saluer et se joindre à la conversation.

Je patientais tranquillement car je savais que cette fois ça allait être gagné s’ils ne me faisaient pas le coup de la fermeture dans une heure afin de me revoir le lendemain matin. J’ai su que c’était gagné quand ils ont dû s’y prendre à trois personnes et à quatre reprises pour remplir la fiche car ils faisaient toujours une erreur. Les fois précédentes c’était moi qui remplissant la fiche mais ici ils avaient quand même envie de bosser un peu, en fait. Plus précisément, j’ai su que c’était gagné quand ma nouvelle amie qui n’y voit rien m’a demandé « nationality ? » en me montrant le champ « couleur des yeux » de mon passeport. Et en effet, une fois que c’était le tour de celle du guichet d’être dispo (celle qui est « very busy »), elle ne savait pas du tout lire nos lettres (et n’allait donc pas m’embêter avec mon deuxième prénom !), et elle comptait avec… un boulier. Pour des raisons obscures ils ont dû faire des conversions en USD pour me filer des CYN et m’entuber de 100 yuans dans l’affaire mais j’étais tellement contente d’avoir réussi cette mission la veille de mon départ que ça n’avait pas beaucoup d’importance.

C’est donc plusieurs heures après être partie à la banque que je retrouve Amélie pour notre dernier dîner ensemble en Chine. Nous allons dans un autre « bon » restaurant de la ville et on en déduit que la cuisine de l’Anhui n’est pas la meilleure du pays. Amélie mangeait mieux au Yunnan et moi je n’ai pas trop d’avis sur la question en fait : tant qu’il n’y a pas de viande dedans ça me va et je réalise que je ne suis pas difficile du tout et trouve à peu près tout hao chi même si les vraies bonnes choses me manquent quand même un peu, en fait : le chocolat Dove tient la route, mais bon… Je n’attends pas grand chose de la gastronomie indonésienne végétarienne dans des coins reculés (je crains un peu l’overdose de nasi goreng et de mi goreng et espère que ce sera la saison des bons fruits !), on verra si je me régale vraiment en Thaïlande et il faudra me dire si je cuisine des trucs dégueu à mon retour !!

Dans la soirée, j’accompagne Amélie à un taxi pour l’aéroport de Tunxi où elle va prendre un vol hyper tard pour Shanghai d’où elle continuera son petit tour : amis, Suzhou et Wuzhen au programme. On se demande bien pourquoi tous les vols de ce minuscule aéroport sont tard le soir car le mien sera à 22h55 le lendemain.

Je ne sais pas trop quoi faire pour mon dernier jour à Tunxi et vais glander un peu… et profiter de ma très belle chambre chauffée avec un grand lit à baldaquin (fin matelas sur une planche de bois : grand confort), une sorte de canapé local, des fauteuils, un bureau et une très jolie salle de bain. Les nouvelles de France vont m’occuper le vendredi soir et également une bonne partie du samedi matin, car il s’en est passées des choses dans la nuit et le VPN rame un peu (rappel : en Chine, il faut un VPN pour se connecter au reste du monde). C’est bizarre de suivre tout cela de si loin et ça faisait franchement longtemps que je n’avais pas été touchée par ce qui se passe en France. Bref ce n’est pas l’endroit pour en parler mais j’étais contente d’être quelques jours avec une compatriote dans de telles circonstances, plutôt que toute seule au milieu des chinois ou en tournée des aéroports comme c’est le cas pour me rendre à ma prochaine destination.

Avant ce long périple, je vais marcher en ville pour me dégourdir les jambes (j’avais pensé aller courir mais l’air était quand même bien pollué) et faire une pause dans un joli café où je mange de la bonne glace néozélandaise. Ensuite, je fais un stop à un endroit où deux jeunes travaillent sur ordinateur et où ils ont des imprimantes pour leur demander de m’imprimer deux docs dont je vais avoir besoin et qui sont sur ma clé USB : mon billet d’avion Lion Air (visiblement il faut imprimer : ah ces compagnies low cost sur liste noire…) et la confirmation attestant que j’ai bien suivi mes cours de plongée en ligne et réussi les tests QCM. La nuit arrive et je vois un centre de massage : juste ce qu’il me faut avant mes quatre avions et ma nuit sur le bateau, d’autant plus que depuis une bonne semaine j’ai un peu mal dans le haut du dos. Un matin je me suis réveillée légèrement coincée (planche de bois + froid), je ne faisais pas les fajin au taichi mais me suis coincée davantage en faisant le petit saut, et depuis ça n’a pas complètement passé et je fais attention à ne pas faire de mouvement trop brusque avec le sac à dos car Hadrien est un peu loin pour me remettre tout ça en place. C’est quand même une saloperie cet accident de m…. à Eurodisney avant lequel je n’avais jamais eu le moindre problème de dos. Bref, l’endroit, une pièce au premier étage, est assez roots, mal chauffé mais propre, le gars qui s’occupe du massage traditionnel corps est un peu plus aveugle que la fille de la banque, mais aussi efficace que ceux de Yangshuo (et même mieux sur la partie jambes) et comme j’ai le temps j’enchaîne sur une heure de massage des pieds exécuté par la propriétaire des lieux. Tout cela au tarif imbattable de 120 RMB les deux heures. Avant de sortir, je fais une pause aux toilettes qui sont au milieu de leur cuisine au rez de chaussée (littéralement). Mon dernier repas sera street food un peu grasse avant de retourner à l’hotel profiter d’internet pour lire les nouvelles. Alors à l’hôtel, comme souvent en Chine, ils ne mettent pas le chauffage mais des doudounes et je me gèle un peu avant d’aller à l’aéroport, prête à me prendre un choc thermique d’une trentaine de degrés, j’ai hâte !

C’est donc le début d’un long voyage … De Tunxi, j’arrive à Guangzhou après une heure du matin, où je passe la nuit dans l’hôtel des transferts de China Southern. Franchement je n’y croyais pas mais ils mettent vraiment leurs passagers dans un bel hôtel avec grande piscine (malheureusment fermée le matin), des belles chambres qui puent la clope et un super petit déjeuner buffet. Je passe l’après-midi à l’aéroport pour prendre le pire vol depuis le début du voyage : pour l’instant j’étais satisfaite de China Southern mais le fait qu’il n’y ait pas d’écran individuel sur un vol de cinq heures a commencé à me faire stresser. Ils mettent des belles sélections de « théatre du ciel » sur des vols Guangzhou – Shanghai et sur un Guangzhou – Jakarta, on n’a que le film « collectif » Lucy, de Luc Besson (aka Scarlett Johansson chez les mafieux chinois). C’est raté pour la séance de rattrapage de cinéma. Je suis également entourée de trois enfants en bas âge qui hurlent pendant le décollage, après ils se calment un peu mais ma voisine de devant et mon voisin de derrière n’arrêtent pas de bouger et de parler fort.

Le soir, je suis bien contente d’arriver à Jakarta. Quel contraste par rapport à la Chine : deux minutes pour faire un visa, il fait chaud et tous les gens sont souriants et parlent anglais ! L’hôtel Ibis de l’aéroport est plus « simple » que le précédent mais est parfait pour y passer une super nuit : tout neuf avec mobilier de meilleur goût qu’en Chine, très calme, hyper propre, personnel adorable, wifi qui marche très bien et plus besoin de VPN… J’avais réservé un hôtel avec piscine et salle de sport car mon vol pour Makassar n’était qu’en milieu d’après-midi. Comme ils l’ont avancé vers midi et que je n’ai pas envie de me lever aux aurores, je vais devoir faire un choix entre salle de sport, piscine et petit déjeuner. Je vais voir à quoi ressemble le petit-déjeuner et me retrouve obligée de faire le « mauvais » choix : il y a du fromage qui lui n’a pas l’air mauvais et du pain frais aux céréales qui a l’air trop trop bon… mais aussi des jus de fruits frais, de la salade de fruits, des petites graines et des amandes, des bonnes viennoiseries : je me régale et laisse de côté les spécialités asiatiques (indonésiennes mais aussi le petit-déjeuner classique chinois : bouillie de riz, baozi, pickles…). Avant de retourner à l’aéroport, j’envoie un petit message sur What’s App à Hendri, le guide de Sumatra avec qui j’avais emmené mon groupe à Siberut il y a deux ans et demi histoire de lui passer le bonjour de Jakarta. Hendri serait tellement content de me revoir qu’en l’espace de cinq minutes je n’envisage plus de terminer mon séjour en Indonésie en touriste à Bali, Lombok ou aux îles Gili. Je crois que je vais retourner dans le coin de Padang / Bukittinggi / Maninjau pour m’initier au pencak silat auprès d’amis de Hendri et lui apprendre à nager au lac Maninjau car je lui avais promis que si je revenais je lui apprendrai à nager là-bas ! C’est un peu stressant car je ne suis pas sûre d’être très pédagogue et capable d’apprendre à nager à des gens, mais je vais me renseigner sur les principes de base à mon centre de plongée (la flottaison par exemple… et me remettre pour l’occasion aux sciences physiques, ça promet).

La suite du voyage avec Lion Air, compagnie indonésienne sur liste noire, consiste à rejoindre Sulawesi (Makassar puis Gorontalo). Les vols se sont passés à merveille : juste quelques petites turbulences, un personnel de bord charmant et pas de voisin sur le siège du milieu. J’envisage donc sans problème l’idée de remonter dans des avions Lion Air pour aller à Sumatra dans trois semaines. Le 9 février mon visa expire et j’irai retrouver Virginie, une amie de Thonon, qui arrivera le 10 ou le 11 à Bangkok pour passer trois semaines de vacances en Thaïlande. Je prendrais sans doute des vols Air Asia puisque comme ils ont crashé un avion dernièrement, la probabilité que ça se reproduise est faible. Voilà, maintenant vous connaissez le programme, la suite immédiate c’est le bateau de nuit pour aller me couper du monde pendant deux semaines aux îles Togians.

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Nouvelle année, nouveau départ

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Après avoir encore préparé des bagages, j’ai quitté l’école de taichi, sans billet retour cette fois (ni en Chine, ni en France, et je m’apprête à prendre un billet pour… la Suisse). Le prochain séjour à Yangshuo sera le dernier (avant le prochain !). Je suis partie retrouver Amélie (cf. Hong Kong) quelques jours pour visiter Hangzhou et nous balader aux montagnes jaunes. Ensuite, je quitterai la Chine juste avant l’expiration de mon visa pour apprendre la plongée en Indonésie (et pratiquer le taichi, seule, et au chaud), et ensuite… je ne sais pas !

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pratique le filet à portable sur la porte des toilettes du train

Master Fu himself m’a gentiment conduit à la gare routière pour me mettre dans la car pour Guilin où j’ai mon train de nuit pour Hangzhou. Je suis un peu gênée mais très touchée par cette attention. Je me pointe comme une fleur à la mauvaise gare, celle qui est près de l’arrêt du car… ahahah je ne m’étais jamais dit que s’il y avait une Guilin Nan Huoche Zhan (Gare du Sud) il devait y avoir une Guilin Bei Huoche Zhan (Gare du Nord). Avant, j’avais pris le temps d’acheter quelques fruits pour le voyage, dont des kakis séchés. Je crois que le kaki fait parti du top dix de mes fruits préférés. Même ceux qui n’était pas très murs à Singapour n’étaient pas mauvais. Dans le Guangxi en ce moment c’est la saison des kakis séchés et je n’en avais jamais mangés : et c’est comme les figues, aussi bon séchés que frais. Heureusement qu’il n’y avait pas eu de galères et que j’étais arrivée cinquante minutes en avance. Je ressors comme une conne de la gare pour chercher une moto taxi car je n’ai aucune idée d’où se trouve la gare de Guilin Nord. C’est dans ce genre de situation que les bases de chinois sont bien utiles. En moins de deux minutes, je sais que je pourrai avoir mon train si on fonce, et me voilà sur une moto, avec ma petite vingtaine de kilos de bagages sans avoir pris le temps de mettre veste, gants et bonnet (ça caille) et d’avoir bien attaché le sac à dos. C’est parti pour une traversée de Guilin de nuit… Une bonne demi-heure et quelques frayeurs plus tard, me voilà à la bonne gare, j’ai juste le temps de faire la queue pour le contrôle des billets et la sécurité (c’est la fin de trois jours de congés pour les chinois, donc il y a du monde), et de monter dans le train pour un peu plus de seize heures de voyage. Mon voisin de couchette du haut, un étudiant en design à Guilin a l’air très sympa

et veut discuter mais comme mes capacités sont toujours bien limitées on a vite épuisé les sujets de conversation que je suis capable d’aborder.

Point sur mes progrès (ou pas) en taichi. Pour la dernière semaine d’entraînement avant mon départ, j’étais la seule élève à l’école et il n’y avait pas grand monde vu que Master Fu et sa copine sont partis. C’était donc cours particuliers avec A Wei : l’occasion idéale de faire ce que je veux, et rien que ce que je veux. Enfin, un peu ce que veut A Wei aussi évidemment. J’ai dit à Lao Wu que je ne voulais pas apprendre le sabre et la lao jia er lu mais ne faire que des bases (ji beng gong) et répéter les 74 mouvements de la lao jia yi lu un par un. Lao Wu explique également à A Wei que une fois que j’arrive à faire un mouvement à peu près (hai keyi comme ils disent), il faut que je le répète plein de fois avant de passer au suivant, vraiment beaucoup. Pareil pour les bases : on répète on répète on répète avant de passer au suivant. J’ai profité de ces cours particuliers détaillés pour commencer un petit carnet pour fixer les trucs. Leon tient sont taichi diary, c’est une bonne idée. A Wei m’explique donc en chinois tout ce qui ne va pas, je dois comprendre ce qu’il veut dire en détails, arriver à faire le mouvement mieux, le répéter encore et encore quelques fois en pensant à corriger un maximum de choses. Ensuite je retranscris cela en français avec mes mots à moi dans le petit carnet pour être capable de relire, de comprendre et de pouvoir travailler et corriger toute seule en en oubliant le moins possible. Je note quelques applications aussi. En Indonésie, je devrais trouver le temps de m’entraîner et il faut que j’apprenne à pratiquer seule ! Car cette fois, je voudrais vraiment continuer le taichi en France et je sais que si je galère à pratiquer seule, je ne le ferai pas. Car en plus j’aurai plein d’autres choses à faire au retour.

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le super poteau de frappe pas très bien placé

Les jours d’entraînement se sont donc beaucoup ressemblés. Le matin, c’est échauffement, deux lao jia yi lu, ji ben gong et détails de quelques mouvements de la forme. L’après-midi c’est échauffement, deux lao jia yi lu, et détails de la suite de la forme. A la fin du cours, j’ai une heure de libre pour réviser une fois ce qu’on a vu, compléter mes notes et m’échauffer vite fait pour donner des coups de poings et des coups de pieds… ça se perd vite ! Et comme Leon n’est pas là, mon nouveau meilleur ami c’est le poteau de frappe. Il est très bien et je l’adore sauf qu’il est installé trop près du mur pour optimiser l’espace, et qu’on ne peut donc pas tourner autour… L’autre problème c’est que juste quand je suis bien chaude et commence à transpirer, il est déjà l’heure de dîner. Oui, car on est en hiver, le soir il ne fait pas chaud et mes muscles ne chauffent pas vite. A vrai dire, en ne faisant que du taichi ils ne chauffent même pas du tout de la journée. Si A Wei semble préférer rester à l’ombre, je dois souvent insister pour qu’on se mette au soleil… c’est la gueguerre quotidienne.

Pas d’autre élève à l’école, ça veut aussi dire très peu d’animation : pour nouvel an, on commande un gâteau, une forêt noire pas très bonne mais pas mauvaise non plus, et à 19h15, je vais me coucher et regarder un film. J’étais quand même un peu en manque de chocolat pendant les fêtes. On va au supermarché chercher quelques jus de fruits en pack à base de concentré (la teuf quoi) et je voulais m’acheter quelques barres de Dove noir, chocolat qui tient la route quand on est en manque et en Chine, mais on m’a dit que c’était pas bon, rrraaaahhhh. Malgré le régime quasi sans sucre, je crois que j’ai dû prendre un kilo en trois semaines car Lao Zhang utilise davantage d’huile en hiver. Par exemple, il était gentil de me faire mon bol de soupe végétarienne rien que pour moi mais ensuite je dois enlever à la cuiller les ronds de gras qui flottent. 2014 s’est terminée avec une forêt noire sur l’estomac et 2015 a commencé par un jogging avant le lever du soleil, alors que la France changeait d’année … Manger bouger !

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En fin d’année, la charcuterie a pas mal avancé de sécher et les cadeaux de Chen Xiansheng ont été branchés : le tapis pour courir (il fallait mettre une rallonge) a amusé Lao Wu vingt minutes. Et le 31, A Wei fixe l’écran plat au mur, plus pour libérer de la place sur la table que pour l’utiliser. Chen Xiansheng a dû être content de voir que tout était en place à son retour puisqu’il est revenu le samedi de mon départ, en Mercedes évidemment.

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Le vendredi en fin de matinée, nous avons eu la visite de Laëtitia et James. Ils étaient à l’école de taichi lors de mon premier séjour en mai 2013 : Laëtitia était alors guide à vélo et James était resté pendant six mois pour apprendre le taichi. J’ai été très heureuse de les revoir et de passer la soirée au coin du feu à discuter. Depuis mai 2013, ils sont partis faire du vélo en Alaska et au Canada, retournés dans leurs pays quelques mois (James est canadien et Laëtitia suisse : elle est originaire de l’autre côté du lac Léman et ça faisait plaisir d’entendre à nouveau l’accent du coin) puis sont allés faire du vélo à Taïwan avant de revenir en Chine pour apprendre le chinois dans une école à quelques heures de Yangshuo. Ils ont profité des trois jours de congé du nouvel an pour passer dire bonjour ici. À leur arrivée il n’y avait donc pas beaucoup de monde mais heureusement Master Fu allait rentrer juste avant leur départ. L’école de taichi, c’est comme une grande famille avec plein de cousins partout : quand on passe pas très loin, on y revient et on est toujours bien accueilli !!

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